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Mars 2002
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Conseil Général
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6 - 2002, DAEE 10 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer un bail concernant la location de locaux pour la Maison du développement économique et de l'emploi du 20e arrondissement

Débat/ Conseil général/ Mars 2002


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DAEE 10 G relatif à la signature d'un bail concernant la location de locaux afin de créer une Maison du développement économique et de l'emploi dans le 20e arrondissement.
Il y a deux oratrices inscrites, d'abord Mme MARTINET, puis Mme GÉGOUT.
Si vous voulez intervenir à la place de Mme MARTINET faites-le, volontiers, Madame DUBARRY.
Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Président. Effectivement, Marie-Pierre MARTINET ne pouvait pas être là et elle m'a demandé de lire l'intervention qu'elle souhaitait faire.
Ce n'est pas sans un certain plaisir que j'interviens sur cette délibération, en tant qu'élue du 20e arrondissement et déléguée dans cet arrondissement au bureau des temps, puisque c'est ce dont il est question ici.
Je me réjouis donc que notre nouvelle Municipalité se soit décidée à l'installation prochaine d'une Maison du développement économique et de l'emploi dans le 20e arrondissement, même si bien évidemment les raisons de cette installation ne sont pas réjouissantes pour cet arrondissement.
Je souhaite mettre en exergue un point sur lequel notre Municipalité se doit d'être vigilante au regard de la politique qu'elle mène sur l'égalité femmes/hommes et sur une meilleure articulation des temps de la ville, des temps professionnels et des temps familiaux.
On sait que le taux de chômage des femmes est supérieur à celui des hommes, 11,9 % contre 8,4 %. Ce sont les derniers chiffres de l'I.N.S.E.E. Et qu'elles sont aussi beaucoup plus longtemps au chômage que les hommes, même si ces tendances semblent être à la baisse.
Le 20e bénéficie d'une telle structure déconcentrée, du fait bien évidemment d'un taux de chômage supérieur à 11 %, les femmes du 20e ne font malheureusement pas exception à la règle nationale que je viens de citer. Elles rencontrent au premier chef de réelles difficultés à retrouver un emploi et une formation, difficultés liées à la charge d'organisation de la famille qui encore leur incombe en totalité.
Nous sommes nombreuses et nombreux lors de nos permanences à rencontrer cette demande insistante de ces mères de famille, souvent seules, qui ont commencé une formation qualifiante ou accédé à un emploi et qui n'ont aucune structure d'accueil pour leurs enfants, aucun relais familial possible. Combien d'entre elles souhaitent pouvoir s'échapper quelques heures du travail domestique - qui n'a de travail que le nom, puisqu'il n'a pas de valeur économique reconnue - pour s'informer sur les possibilités en termes de formation, d'emploi ou tout simplement sur les aides auxquelles elles pourraient avoir droit.
Si l'une des missions de ces structures est donc bien la mise en ?uvre d'initiatives nouvelles, essentiellement orientées vers l'emploi, et mobilisant des moyens diversifiés, si les bureaux ou agences des temps ont été créés à partir du constat que malgré l'entrée massive des femmes dans le monde du travail notre société n'a pas modifié son fonctionnement pour autant, alors il nous appartient - et ce de manière systématique - à chaque fois qu'est envisagée la mise en place d'une structure développant l'emploi, la formation, l'information ou la création d'entreprise, d'y associer des structures souples d'accueil des enfants, soit en développant des partenariats avec des structures environnantes déjà existantes, soit en introduisant l'économie sociale et solidaire, comme élément fondamental de ces projets de développement local et qui seraient également source de développement.
La mise en ?uvre pourrait d'ailleurs revenir à ces Maisons du développement et de l'emploi dont il est justement question ici. C'est en développant notre vigilance sur ces points, et à ce prix seulement, que nous pourrons enfin tendre vers une réelle égalité entre les hommes et les femmes, à défaut cela resterait simplement de belles paroles.
Ainsi en notre qualité de collectivité territoriale nous devons mettre concrètement en ?uvre les orientations sur lesquelles travaillent les services de l'Etat ; le Secrétariat d'Etat au droit des femmes et à l'égalité a justement fait des propositions allant dans ce sens.
Voici Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, chers collègues, les propositions que je tenais à apporter dans le cadre du vote de cette délibération. Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY, je crois que vous faites des suggestions très concrètes, auxquelles il sera répondu dans un instant, après que Mme GÉGOUT soit intervenue.
Mme Catherine GÉGOUT. - Je vous remercie, Monsieur le Président.
Il s'agit là de la concrétisation d'un engagement de notre Municipalité de créer de nouvelles Maisons du développement économique et de l'emploi puisqu'il en existait déjà trois, mises en place dans la précédente mandature, dans trois arrondissements. Bien sûr on ne peut que se réjouir que des moyens soient affectés dans cet arrondissement si durement frappé par les pertes d'emploi, ma collègue vient d'en parler, mais ce n'est pas sans amertume que je le dis, quel temps perdu, quel gâchis d'énergie depuis 6 ans alors que les besoins sont si grands!
Dès octobre 1995, comme adjointe au maire du 20e, chargée des affaires économiques, j'avais rencontré le délégué à l'emploi de la Ville pour qu'une telle structure, même avec des moyens modestes, soit implantée dans le 20e. Le Maire du 20e a fait la demande au Maire de Paris, arguant du fait que cet arrondissement comportait une population jeune avec peu d'emplois, un taux élevé de chômage, un grand nombre d'allocataires du R.M.I., mais en même temps était riche de potentialités, du fait d'un grand nombre de petites entreprises, d'artisans et de commerçants, qui répondaient avec difficulté à leurs besoins d'emploi faute d'accompagnement ainsi que d'un maillage associatif et institutionnel dynamique. C'est d'ailleurs une situation qui est toujours valable.
Préfigurer une telle maison demandait à l'époque un effort faible de la Ville. Il fallait simplement un accueil professionnel capable de mettre en réseau tous ces potentiels. Le professionnalisme des personnels dans ce type de structure est une condition absolument indispensable, ou alors il vaut mieux ne pas le faire.
A l'époque nous pouvions obtenir des aides de divers financeurs pour peu que la Ville ou le Département de Paris acceptent d'y contribuer un minimum. Jamais nous n'avons pu l'obtenir, au point que de guerre lasse nous nous sommes tournés vers une solution purement associative, qui après bien des difficultés a permis d'ouvrir fin 2000 un pôle d'insertion économique qui assure, grâce à un partenariat associatif et en liaison avec l'équipe de développement local et son chef de projet "politique de la ville" une partie de ce qu'aurait été une Maison du développement économique et de l'emploi.
Il y a un petit peu de bruit quand même... je ne sais pas si j'ai la voix assez forte.
M. Christian SAUTTER, président. - Vous avez raison, Madame GÉGOUT, il y a trop de bruit.
Mme Catherine GÉGOUT. - J'ai presque fini, rassurez-vous. Aujourd'hui nous nous réjouissons que des moyens soient affectés, qui vont permettre d'amplifier, de compléter cette action mais, bien entendu, il ne s'agit pas de calquer dans le 20e ce qui se fait ailleurs sans tenir compte de l'existant, ni du très dense réseau associatif et institutionnel qui s'est développé, qui a pris l'habitude de travailler ensemble dans une approche globale des personnes en difficulté. Or, la façon dont les choses se passent de ce point de vue actuellement nous laisse quelques craintes quant à en l'ancrage local de cette maison, gage indispensable de sa réussite.
Aussi, je souhaiterais vivement être rassurée sur ce point car un tel équipement doit être un plus réel pour les habitants et les entreprises du 20e arrondissement.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président, au nom de la 2e Commission. - Merci, Madame GÉGOUT, c'est à moi qu'il revient de vous répondre à toutes les deux.
Je dirai d'abord à Mme DUBARRY qu'elle part d'un constat évident : lorsque le taux de chômage est lourd, il est particulièrement lourd pour les femmes. Et s'il n'est pas dans la vocation des Maisons du développement économique et de l'emploi de traiter des questions relatives à la petite enfance - mais vous savez que la nouvelle Municipalité a, en la matière, non seulement des ambitions mais aussi des réalisations qui vont dans le bon sens - je crois que ces maisons peuvent aider à développer ce que vous avez appelé et que beaucoup appellent l'économie sociale et solidaire. Pour deux raisons : la première, c'est qu'il faut apporter des nouveaux services qui ne sont pas toujours fournis par le marché. La seconde est qu'elle ouvre des emplois adaptés aux personnes en difficulté.
Nous avons longuement débattu ce matin de l'avenir des personnes âgées. Il y a, en matière de services à domicile, un immense champ de travail où Paris n'est pas forcément en pointe, qui peut être fait par des associations ou par des entreprises d'insertion.
En ce qui concerne l'appui aux mères de famille qui souhaitent trouver du travail, là encore, l'économie sociale et solidaire peut leur apporter une solution en leur proposant de nouveaux services mais peut-être aussi, dans un certain nombre de cas, peut les prendre en charge, les employer, notamment dans les régies de quartier, dans les entreprises d'insertion, dans les associations intermédiaires. Il y a des formules d'emploi qui sont propices pour ceux et celles qui ont quelques difficultés à revenir sur le marché du travail.
Donc l'économie sociale et solidaire est un des champs d'action dans lesquels nous voulons travailler ; nous devons évidemment commencer dans les arrondissements où la question se pose avec le plus d'acuité.
Mme GÉGOUT a poussé un cri ! C'est vrai que Paris dispose de trois Maisons du développement économique et de l'emploi dans les 13e, 14e et 18e arrondissement, j'ai eu l'occasion d'en visiter deux sur trois. Ce sont des services municipaux de qualité et on se demande pourquoi il n'y a pas cette même qualité de service dans des arrondissements où il y a un besoin considérable de retour au travail de la part des chômeurs.
C'est pourquoi cette année, nous voulons créer deux Maisons du développement économique et de l'emploi dans le 19e et dans le 20e arrondissement et que l'on continuera de façon à ce que tous les arrondissements qui ont un taux de chômage supérieur à 11 % bénéficient d'un tel équipement.
Effectivement, c'est un long combat et il est clair - je peux vous rassurer, Madame GÉGOUT - que ces maisons ne peuvent fonctionner que pleinement immergées dans le tissu associatif, économique et politique local. Donc je n'ai pas d'inquiétude particulière pour cette maison qui va être créée, 31 rue de Pixerecourt dans le 20e arrondissement. Mais si jamais quelques difficultés survenaient, vous voudriez bien les signaler. De toute façon, le Conseil d'arrondissement du 20e et le Conseil de Paris auront dans le cadre de conventions annuelles, à se prononcer sur les objectifs, les moyens, les résultats attendus de cette nouvelle maison.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 10 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DAEE 10 G).