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Fevrier 2007
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2007, DDEE 4 G - Subvention de fonctionnement à l’association “Ecole de la deuxième Chance de Paris” (18e). - Montant : 200.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Février 2007


 

M. LE PRÉSIDENT. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DDEE 4 G relatif à l?attribution d?une subvention de fonctionnement de 200.000 euros à l?association ?Ecole de la deuxième Chance de Paris? (18e).

Je donne d?abord la parole à Mme Véronique DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Président.

L?échec scolaire n?est pas anecdotique. C?est le révélateur, mais également le catalyseur, de ce qui dysfonctionne dans notre modèle d?égalité sociale. C?est souvent, par ailleurs, le révélateur de discriminations qui touchent les quartiers les plus en difficulté. Le révélateur également des inégalités sociales, de la difficulté d?être enseignant, de la difficulté d?être parent et des moyens dont veut se doter notre société pour répondre à toutes ces problématiques.

Le rôle de l?école est fondamental. Ce devrait être en premier lieu de rendre accessible à chacun le bagage de connaissances et de compétences nécessaires pour appréhender le monde et pour participer activement à sa transformation. Chacun signifiant, en l?occurrence, tous les élèves, indépendamment de leur sexe ou de leur origine sociale, religieuse, ethnique ou nationale.

Manifestement, l?école actuelle ne remplit pas ce rôle car, à son corps défendant, elle sélectionne et exclut essentiellement d?ailleurs sur la base de l?origine sociale. Le stress, l?échec, les conditions matérielles déplorables engendrent chez certains élèves, et parfois certains enseignants, une souffrance qui peut être à l?origine de violences. Malgré les efforts de démocratisation de l?enseignement scolaire, puisque nous constatons qu?en moins de vingt ans le pourcentage d?une classe titulaire du baccalauréat est passé de 30 à 70 %, malgré ces efforts, le système d?enseignement semble ?patiner? lorsqu?il s?agit d?assurer à tous une formation de qualité.

Selon certaines études, à la fin de l?école primaire, un peu moins du tiers des élèves maîtriseraient l?intégralité des compétences en compréhension écrite et orale fixées par les programmes. A la fin du collège, ils ne seraient plus qu?un quart des élèves à maîtriser l?ensemble de ces compétences. En outre, chaque année, 70.000 élèves quittent le système éducatif sans aucune qualification en fin de collège. Un chiffre considérable puisqu?il représente presque 10 % d?une classe d?âge. D?ailleurs, cette proportion est bien évidemment beaucoup plus élevée dans les quartiers dits en difficulté.

Par ailleurs, à peine 30 % des enfants d?ouvriers non qualifiés ou d?inactifs accèdent aux formations post baccalauréat, et a contrario 80 % des enfants de cadres poursuivent des études supérieures. Donc, oui, les inégalités entre enfants existent avant même l?entrée en maternelle mais le problème est que l?école ne fait pas grand-chose pour changer cet état de fait et d?ailleurs elle n?en a pas forcément les moyens.

L?effort en faveur des publics les moins favorisés demeure trop faible. C?est pour cela que l?Ecole de la deuxième chance doit exister à Paris, comme elle a fait ses preuves dans d?autres communes de la région parisienne. Evidemment, je ne peux m?empêcher de faire une incise et de regretter la localisation puisque vous le savez, en lieu et place de cette Ecole de la deuxième chance, il était auparavant prévu que la Maison de l?Environnement s?installe sur ce lieu.

L?échec scolaire, pour en revenir au sujet qui nous intéresse aujourd?hui, n?est que la face la plus visible de l?iceberg ; nous le voyons bien, il s?agit de réfléchir en réalité à la société que nous voulons. Lutter contre l?échec scolaire, c?est lutter pour une société plus juste, qui donne les mêmes chances à toutes et à tous. Mais malheureusement, la promesse égalitaire de l?école s?est révélée d?autant plus impossible à tenir que la société dans son ensemble est devenue plus inégalitaire.

Bien évidemment, nous soutenons les deux projets dont il est question aujourd?hui. Bien évidemment, à nouveau j?insiste sur le fait que cela ne doit pas nous empêcher d?avoir une réflexion plus globale. Et à nouveau, j?exprime mon inquiétude sur l?empilement des dispositifs : veille éducative, réussite éducative, écoles de la deuxième chance, lutte contre l?échec scolaire, etc. Il faut être prudents et attentifs à avoir une politique coordonnée et cohérente.

Je vous remercie.

(Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, remplace M. le Président au fauteuil de la présidence).

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole est à M. Christian SAUTTER.

M. Christian SAUTTER, vice-président, au nom de la 2e Commission. - Madame la Présidente, je remercie Mme DUBARRY de son intervention qu?elle a centrée sur l?école de la première chance, c?est-à-dire l?école par laquelle passent tous nos enfants. Et je suis tout à fait d?accord avec elle pour dire que cette école doit être aussi renforcée. Quoique l?on puisse glisser au passage un message de respect et d?admiration pour les enseignants et les parents qui font que cette école de la première chance a conduit quand même à une très grande réussite ; vous avez cité des chiffres au baccalauréat.

Ce qui est soumis au Conseil de Paris aujourd?hui, et je veux en dire un mot, c?est l?Ecole de la deuxième chance : c?est-à-dire de permettre à des jeunes qui ont décroché, pour des raisons personnelles ou autres, de reprendre pied dans la société, s?ils le souhaitent, s?ils sont motivés.

Cette Ecole de la deuxième chance qui existe déjà à Marseille, en Seine Saint-Denis, nous allons la créer à Paris à la fin du mois de mars. Et l?idée est très claire : dans cette école, qui n?a rien de scolaire, on enseigne des connaissances de base qui parfois manquent ; on aide surtout le jeune à préciser un projet personnel et professionnel avec une alternance à mi-temps entre l?école et l?entreprise et on les aide, pour ceux qui le souhaitent, à reprendre pied dans la société.

Cette école va être créée. Les expériences que j?ai citées montrent que 70 % des jeunes qui passent par une Ecole de la deuxième chance trouvent un débouché tout à fait positif. Nous allons donc à notre tour nous lancer dans cette expérience et je demande vraiment au Conseil de Paris de voter cette délibération avec enthousiasme.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 4 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DDEE 4 G).