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Mars 1998
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11- 1998, DAEE 11 G - Programme départemental d'aide à l'emploi pour 1998. (Suite de la discussion).

Débat/ Conseil général/ Mars 1998



Nous passons au projet de délibération DAEE 11 G relatif au programme départemental d'aide à l'emploi pour 1998. Nous avons deux inscrits, Mme CAPELLE et Mme SILHOUETTE.
Je donne d'abord la parole à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Président.
M. CHÉRIOUX, président. - Je la lui donne et à elle seule. J'espère qu'on l'écoutera comme je souhaiterai être écouté quand je parle.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Président.
A la lecture du projet de délibération qui nous est soumis, nous sommes tentés de réitérer les observations formulées il y a un an lors de la présentation du programme départemental d'aide à l'emploi pour l'année 1997.
Le nombre de places offertes, si l'on exclut celles qui sont réservées à des allocataires du R.M.I. dans le cadre du programme complémentaire , est en baisse. Quelle en est la raison ?
La Capitale comptait encore plus de 128.000 demandeurs d'emploi au début de l'année, soit un taux de chômage toujours légèrement supérieur à la moyenne nationale, 12,3 % de la population active contre 12,2 % ce qui demeure anormal compte tenu du bassin d'emplois dont nous disposons.
Même observation encore sur la répartition des formations par secteurs effectuées en fonction des évolutions constatées des offres d'emploi, donc selon une méthode qui, d'après la présentation qui en est faite, suscite quelques interrogations. Ces évolutions sont-elles durables à moyen terme ? Les emplois offerts ne seront-ils pas le plus souvent précaires ?
Enfin, y a-t-il eu concertation avec d'autres institutions qui interviennent dans la formation des demandeurs d'emploi ?
En revanche, je constate avec satisfaction que notre demande relative à la prise en compte de la durée du chômage dans la sélection des bénéficiaires a été partiellement entendue, partiellement car nous avons demandé l'octroi d'une priorité aux chômeurs de longue durée et il n'est question, ici, que d'incitation.
L'analyse de l'évolution du chômage sur un an montre que les plus de 45 ans sont désormais avec les jeunes, pour lesquels, comme nous vous l'avons dit, l'Etat agit d'ores et déjà, les principales victimes. Leur nombre a augmenté de 6 %, ce qui traduit, à n'en pas douter, une situation extrêmement préoccupante.
Le chômage des plus de 45-50 ans est maintenant le problème auquel nous devons nous attaquer et nous aurions pu le faire en cette occasion.
Voici donc un programme sans grande surprise et nous devrons encore attendre du Département cet élan qui lui manque pour s'attaquer véritablement au chômage, qui touche trop de Parisiennes et de Parisiens.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens et socialiste).

M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
La parole est à Mme SILHOUETTE.
Melle Cécile SILHOUETTE. - Merci.
M. CHÉRIOUX, président. - Monsieur HUBIN, vous n'avez pas la parole.
Mme Liliane CAPELLE. - Absolument !
M. CHÉRIOUX, président. - Madame CAPELLE, je vous en prie, pas de provocation.
La parole est à Mme SILHOUETTE et à elle seule.
Melle Cécile SILHOUETTE. - Merci, Monsieur le Président.
En 1997, vous écriviez : " Le nombre de cadres demandeurs d'emploi représente actuellement environ 30.000 personnes à Paris. Dans ce contexte, les formations proposées s'adressent prioritairement à des demandeurs d'emploi de haut niveau ".
Cette année, le nombre de cadres au chômage a probablement encore augmenté mais ils ne sont pas les seuls touchés par le chômage. Or, cette année encore, et sans l'indiquer clairement, vous avez fait le choix de proposer prioritairement des stages de formation professionnelle à des chômeurs ayant déjà un bon niveau de formation.
En effet, sur les 145 stages proposés, 65 s'adressent à des personnes de niveau supérieur au niveau IV. 33 stages seulement s'adressent à des personnes ayant des niveaux de qualification ou de formation moindres.
Pourtant, le 28 avril 1997, nous avons débattu des politiques de développement de l'activité économique et de l'emploi qui contenaient en annexe les niveaux de formation de 6 000 jeunes, de 16 à 26 ans, dans un suivi dit " synthèse des cinq structures ", tous arrondissements confondus.
Ces chiffres indiquaient que 3 % d'entre eux seulement avaient un niveau de formation supérieur au niveau IV. Tous les autres, soit 97 %, avaient un niveau de formation inférieur.
Même si je ne pense pas qu'il soit possible de rapporter ces chiffres à l'ensemble des Parisiens ou des sans-emploi parisiens, je suis tout de même surprise que les stages proposés pour notre programme ne s'adressent pas davantage à des personnes dont la formation initiale est insuffisante ou peu qualifiante.
Je constate d'ailleurs que l'exigence de formation pour ces personnes apparaît moins nettement que pour des cadres ou des personnes de niveau d'études supérieur. Aux uns les stages " d'employés de libre service " ou de " vente de produits frais ", aux autres " les outils de communication " et autres ateliers informatiques.
Je suis convaincue qu'il faudrait également proposer ce type de formation en intégrant, grâce à l'outil informatique, un réinvestissement dans des apprentissages écrits ou oraux à des personnes qui ont non seulement désappris la confiance qu'ils ont dans leur potentiel, mais qui ont souvent aussi désappris d'apprendre.
Notre Département doit porter son attention et son exigence non seulement sur ceux qui ont déjà beaucoup reçu en terme de formation mais aussi sur tous les autres, ceux qui ont un plus grand handicap au départ dans leur formation initiale.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des élus écologistes et des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
La parole est à M. DESTREM pour répondre aux intervenants.
M. Alain DESTREM, au lieu et place de Mme Nicole CATALA, au nom de la 7e Commission. - Monsieur le président, comme pour les emplois-jeunes, ce sujet est délicat : il concerne les demandeurs d'emploi depuis plus d'un an. Ceci est l'objet même du Programme départemental d'aide à l'emploi.
C'est un sujet délicat, sur lequel nous devons, les uns et les autres, faire preuve de beaucoup de sagesse parce qu'il est bien difficile d'y répondre.
Quelque soit notre niveau de compétence, celui de la Collectivité ou celui des élus, nous avons tous des solutions à proposer, mais lorsque l'on essaie de répondre globalement aux attentes des demandeurs d'emploi, il faut, je crois, faire preuve d'écoute, prendre note des conseils et des orientations de chacun, mais aussi faire preuve d'humilité dans nos propositions.
Le dispositif actuel est un dispositif de formation professionnelle. Les interventions de Mme CAPELLE ou de Mme SILHOUETTE vont largement dans ce sens, et je m'en félicite. Ce dispositif départemental est complémentaire. C'est important parce que notre marge de manoeuvre n'est pas si grande que cela, qu'il s'agisse du dispositif de l'Etat ou de celui de la Région.
Le taux d'insertion c'est-à-dire, concrètement, l'emploi définitif des stagiaires du Département, est de plus de 60 %. Il paraît, dans une certaine mesure, un taux positif quoiqu'encore insuffisant.
Je considère, à titre personnel, que ce plan, même s'il nous paraîtra humainement toujours insuffisant (et nous devons constamment le faire évoluer pour répondre aux besoins des demandeurs d'emploi) est somme toute efficace, puisqu'il tient compte des écarts entre offre et demande d'emploi à Paris.
Le nombre de stages du programme initial 1998 est de 2.091 places, en augmentation de 258 places. Il est vrai (et vous l'avez remarqué) que ce P.D.I. comprend un total de 2.349 places, à comparer au nombre du plan initial de 1997 : 2.242 places, soit une centaine de stagiaires en plus.
Il est évident, comme l'a dit Mme CAPELLE, que nous devrons porter dans l'avenir une attention plus particulière aux chômeurs de longue durée, au-delà d'un an, pour essayer de favoriser leur insertion, car nous savons, les uns et les autres, que plus la durée de situation de demandeur d'emploi est longue, plus difficile est encore la réinsertion de la personne, quelle que soit sa volonté, quel que soit son courage et quel que soit l'encadrement qu'elle peut avoir, en provenance de la Collectivité, de la Région, de l'Etat.
En ce qui concerne la formation initiale, dont il a été dit qu'elle pourrait être insuffisante, il est difficile de répondre car nous ne venons qu'en troisième position, Madame SILHOUETTE, derrière l'Etat et derrière la Région. Il est donc très difficile de nous préoccuper des autres niveaux de formation.
Ceci dit, nous essaierons de voir comment pouvoir y répondre. Mais vous savez que nous avons mis l'accent sur les diplômes les plus intéressants pour obtenir ensuite un emploi, un vrai métier.
Voilà, Monsieur le Président, ce que je souhaitais exposer sur le programme départemental d'aide à l'emploi 1997.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Je vais donc mettre aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 11 G.
Qui est pour ?
Epreuve contraire ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupes des Indépendants ayant voté contre. (1998, DAEE 11 G).