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Mai 2000
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Conseil Municipal
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12 - II - Question d'actualité de M. DUMAIT et Mme TAFFIN, élus indépendants, à M. le Préfet de police concernant les relations entre les élus parisiens et la Préfecture de police

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous abordons la question d'actualité déposée par M. DUMAIT à qui je donne la parole.
M. Alain DUMAIT. - Mes chers collègues, cette question d'actualité que nous posons, Benoîte TAFFIN et moi-même, s'adresse au Préfet de police. Elle porte sur la conception que vous avez, Monsieur le Préfet de police, des relations que doivent avoir entre eux votre administration d'une part et les élus parisiens d'autre part.
Je pose cette question à la lumière de deux éléments qui concernent directement les élus du 2e arrondissement et qui sont les suivants :
A la suite de nombreuses interventions des élus du 2e arrondissement, vos services ont accepté l'idée de verbaliser sérieusement les camionneurs qui encombrent l'espace public rue Saint-Denis et rue du Caire alors qu'ils ne procèdent pas à des opérations de livraison ni d'embarquement.
D'après ce qui nous a été rapporté, cette opération a été interrompue à la demande d'un commerçant de la rue du Caire qui se trouve être, par ailleurs, maire socialiste d'un arrondissement limitrophe.
Ensuite, le deuxième élément que je veux signaler est le suivant :
A la suite de quelques articles de presse qui sont parus concernant la rue Saint-Denis, vous avez cru devoir écrire au maire du 2e arrondissement, Mme TAFFIN, que vous aviez donné des instructions à vos services pour qu'ils ne poursuivent pas le travail entrepris avec elle sur ce dossier.
Je pose la question de savoir quelle est la conception que vous vous faites de vos relations avec les élus, quelles doivent être les relations entre vos services et les élus aussi bien au niveau des commissariats centraux d'arrondissement qu'au niveau de vos différentes directions. Je voudrais savoir tout simplement les consignes qu'à cet égard vous donnez, Monsieur le Préfet de police.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. le Préfet de police pour répondre à l'orateur.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
En ce qui concerne les opérations de verbalisation des véhicules de transport rue du Caire et rue Saint-Denis, elles font l'objet, je puis vous en donner l'assurance, de consignes permanentes.
Ainsi, contrairement à ce qu'on a pu dire ou redouter, les contrôles n'ont pas été interrompus dans les conditions que pourraient éventuellement suggérer des éléments d'information qui vous ont été donnés et que vous avez rapportés à l'instant.
Preuve en est que cette action régulière des services de police locaux s'est traduite par la rédaction de 785 procès-verbaux pour le mois d'avril 2000 sur l'ensemble du secteur du Sentier.
Bien entendu, les deux rues susmentionnées font l'objet d'attention particulière des services du commissariat central d'arrondissement, qui veille à lutter contre l'occupation illicite de la voie publique tout en permettant l'activité économique de ce quartier. Voilà le premier point sur lequel je souhaitais vous apporter une réponse, Monsieur le Conseiller.
La deuxième question fait référence à un certain nombre de faits que je rappelle brièvement et d'une manière tout à fait apaisée, mais bien entendu circonstanciée pour pouvoir répondre à votre attente.
J'avais demandé au Directeur adjoint de mon Cabinet de prendre contact avec le maire du 2e arrondissement, Mme Benoîte TAFFIN, pour lui donner tous les éléments qui étaient destinés à lui permettre d'être totalement informée de l'attitude de la Préfecture de police. Je les reprendrai volontiers aujourd'hui.
Par lettre en date du 24 février 2000, Mme le Maire du 2e arrondissement avait souhaité la tenue d'une réunion à la Préfecture de police afin que soient évoquées les difficultés liées à la pratique de la prostitution et à l'implantation, que nous déplorons les uns et les autres (et je peux vous dire que je suis extrêmement engagé à vos côtés et aux côtés des conseillers de Paris dans cette affaire), de commerces pornographiques dans la rue Saint-Denis notamment.
Prenant en compte cette demande, j'ai demandé au Directeur adjoint de mon Cabinet d'organiser une réunion sur ce thème avec l'ensemble des services de la Préfecture de police qui sont amenés à intervenir sur ce site. Une réunion très constructive s'est tenue le 13 mars et, le 11 avril, par une correspondance qu'elle m'a adressée, Mme le Maire du 2e arrondissement a tenu à me faire part de sa totale satisfaction.
Elle est très sensible, comme nous-mêmes, aux inquiétudes des riverains et nous avons été, bien entendu, dans cette affaire, soucieux d'associer le maire d'arrondissement au traitement du dossier. J'avais demandé que les services concernés de la Préfecture de police puissent développer un véritable partenariat en participant notamment aux différentes réunions organisées par la mairie avec les associations de riverains.
Je pense que le dire, illustre tout à fait la démarche d'esprit qui est la mienne et qui est celle des fonctionnaires de la Préfecture de police, visant à travailler de la façon la plus étroite possible avec les élus de la Capitale, qui sont en charge du contact avec nos concitoyens et exercent des responsabilités lourdes et importantes que nous reconnaissons volontiers.
Les hauts fonctionnaires de police qui ont participé à cette réunion ont été un peu surpris, mais c'est ainsi, que dans un quotidien, un article intitulé "la rue Saint-Denis face à la pornographie" on puisse présenter un certain nombre d'inexactitudes qui faisaient référence à ce qui n'était qu'un avant-projet de livre blanc sur les nuisances occasionnées par les commerces pornographiques de la rue Saint-Denis.
C'est ainsi que les Directeurs de la police judiciaire et de la police de proximité ont tenu à me dire la surprise de leurs collaborateurs.
Bien entendu, en attendant que les clarifications nécessaires aient pu être apportées (et le fait que l'on en parle aujourd'hui est un élément de clarification supplémentaire) j'ai été contraint de suspendre provisoirement le travail entrepris en commun sur ce dossier, tout en vous disant immédiatement que, du côté de la Préfecture de police, la mobilisation de l'ensemble des services demeure très vive et très forte pour lutter avec détermination, dans le respect de la législation en vigueur, contre toutes les formes de nuisances liées aux établissements à caractère pornographique et contre la prostitution, dans la rue Saint-Denis notamment, mais notamment là parce que c'est un point chaud très important.
Voilà ce que je voulais vous dire pour vous apporter quelques éléments de réponse à la question que vous avez bien voulu me poser. Et puis, il y a une question de fond qui est celle des relations de la Préfecture de police avec les élus de la Capitale.
C'est une amitié et une affection historiques qui lient la Préfecture de police et les élus de Paris ; une amitié historique qui ne s'est jamais démentie. J'ai eu, pour ma part, depuis sept ans que je suis en charge de la Préfecture de police, toujours le désir d'enrichir, de compléter, d'améliorer encore, de développer toujours les relations que nous pouvons avoir avec les Conseillers de Paris et les élus de la Capitale d'une façon plus générale.
La question que vous me posez m'offre donc l'occasion de le confirmer, de vous dire également toute la considération et toute l'estime que j'ai moi-même, ainsi que les 26.000 fonctionnaires qui composent la Préfecture de police, pour les élus de la Capitale, avec qui nous ne souhaitons qu'une chose : travailler dans la meilleure cordialité possible. Nous en apportons, les uns et les autres, chaque fois, la démonstration et je m'en réjouis.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. le Préfet de police.