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Mai 2000
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Conseil Municipal
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79 - QOC 2000-372 Question de MM. Jean-Loup MORLÉ et Pierre GABORIAU à M. le Préfet de police sur le danger que représente pour les enfants la traversée de l'avenue Bugeaud au carrefour de la rue de la Pompe (16e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


Libellé de la question :
"Les parents d'élèves, comme la Directrice de l'école élémentaire Saint-Honoré-d'Eylau, 20, avenue Bugeaud (16e), ont attiré, à plusieurs reprises, l'attention de la Mairie de Paris comme de la Préfecture de police sur le danger que représente pour les enfants la traversée de l'avenue Bugeaud au carrefour de la rue de la Pompe en raison des feux alternés situés à l'angle de cette rue.
Il y a en effet de gros risques lorsque les voitures viennent de la rue de la Pompe et tournent à droite, avenue Bugeaud. Il y a, au coin de la rue de la Pompe, un panneau "attention feux décalés" mais celui-ci est insuffisant. Il faudrait une pancarte beaucoup plus importante sur la rue de la Pompe mentionnant "attention sortie d'école".
Ceci est une mesure minimum mais indispensable. En plus de ce panneau, il faudrait la présence d'un policier aux heures d'entrée et de sortie d'école.
Certes, cet établissement ne figure pas sur la liste des 38 points créés dans le 16e arrondissement, mais il ne faut pas attendre que la dangerosité de ces abords évolue défavorablement. Faut-il qu'il y ait un accident pour assurer la surveillance du carrefour ?"
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Deux missions distinctes incombent aux fonctionnaires de police en ce qui concerne la surveillance des abords des établissements scolaires de la Capitale.
D'une part, celle visant à prévenir les risques accidentogènes dans la traversée des voies que les écoliers empruntent pour rejoindre les établissements scolaires et, d'autre part, celle consistant à lutter contre le trafic de drogue, le racket scolaire et la délinquance.
S'agissant des problèmes relevant de la sécurité routière, je puis vous indiquer que l'action de la Préfecture de police en ce domaine se traduit, au début de chaque année scolaire, par la mise en oeuvre d'un dispositif de protection des élèves aux heures d'entrée et de sortie des classes.
La liste des points d'école est mise à jour chaque année, lors de la rentrée scolaire, en liaison avec les maires d'arrondissement et les chefs d'établissement et en tenant compte à la fois de l'importance des groupes scolaires concernés, de l'âge et du nombre des enfants qui fréquentent ceux-ci, des équipements de voirie existants (tels les signaux lumineux) et des conditions de circulation.
Ces points sont classés par ordre de priorité en fonction de leur dangerosité.
Le nombre de points tenus dans chaque arrondissement peut connaître des fluctuations en fonction des contraintes d'emploi du personnel et de l'indisponibilité momentanée de certains agents.
Les personnels de la Préfecture de police qui assurent la surveillance de ces points sont des agents de surveillance de la Police nationale, des agents de surveillance de Paris, des gardiens de la paix, des policiers auxiliaires et des adjoints de sécurité.
Je précise à cet égard, que l'engagement des effectifs de police pour une telle mission n'a pas d'équivalent en France, la surveillance des points d'école étant assurée le plus souvent par des personnels municipaux, des emplois jeunes, des parents d'élèves.
L'application d'une telle formule à Paris permettrait de dégager des policiers et des adjoints de sécurité, pour les engager dans la lutte contre la délinquance autour des établissements scolaires, qui figure au tout premier rang des priorités de mes services.
En effet, dans le cadre de la réforme des services actifs de la Préfecture de police, des structures destinées à déconcentrer l'action en direction des établissements scolaires ont été mises en place.
Les fonctionnaires qui y participent s'impliquent activement dans la vie de ces derniers, notamment, par leur participation aux réunions des comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui existent dans de nombreux établissements scolaires parisiens, depuis 1998.
A cela vient s'ajouter la mise en place, dans chaque arrondissement, de groupes chargés des mineurs, dont la mission principale est de lutter contre la petite délinquance et de déceler et de prévenir les situations de mineurs victimes de violence et de racket.
Cette organisation permet de suivre au plus près la situation de la sécurité des établissements scolaires, tout en développant des actions ciblées en direction des plus difficiles.
Comme vous le savez, la protection des écoliers demeure l'une de mes préoccupations et je m'attache donc à favoriser la mise en place et le développement de toutes les mesures visant à renforcer la sécurité des écoliers parisiens.
A cet égard, un groupe de travail, associant mes services et ceux des Directions de la Protection et de la Prévention, du Développement et de l'Activité économique et de l'Emploi de la Mairie de Paris, ainsi que ceux de la Direction de l'Académie de Paris, est constitué et se réunit régulièrement, afin d'examiner les possibilités d'évolution des effectifs et de leurs missions.
En effet, des agents locaux de médiation sociale, dont la gestion relève de la Direction de la Protection et de la Prévention de la Ville de Paris, sont actuellement chargés de la surveillance de 35 points d'écoles, en coordination avec les commissariats d'arrondissements concernés.
Dans la mesure où le contrat d'objectifs, que j'ai signé avec M. le Maire de Paris, prévoit la création de 200 emplois d'agents locaux de médiation sociale par le Département de Paris, je ne verrais que des avantages à ce que l'effort consenti par la Ville de Paris concernant, notamment, le recrutement d'emplois jeunes, soit considérablement renforcé.
S'agissant plus particulièrement de la surveillance des élèves de l'école Saint-Honoré-d'Eylau, je puis vous préciser que, compte tenu de la configuration des abords de cet établissement, il ne figure pas sur la liste des 38 points d'école créés dans le 16e arrondissement.
Cependant, à l'occasion de votre intervention, des instructions ont été données aux services de police afin que des contrôles de vitesse soient réalisés dans le secteur de l'avenue Bugeaud.
De plus, afin d'améliorer la sécurité des élèves de cet établissement scolaire, j'ai demandé à la Direction de la Voirie et des Déplacements de la Mairie de Paris d'installer un panneau lumineux "endroit fréquenté par des enfants" rue de la Pompe, afin de prévenir les automobilistes qui tournent à droite vers le n° 20 de l'avenue Bugeaud.
Quoi qu'il en soit, je puis vous assurer que la mission de protection des élèves aux heures d'entrée et de sortie des classes fait l'objet d'un suivi particulièrement attentif de la part de mes services, qui s'attachent en permanence à corriger les insuffisances qui peuvent être constatées dans tel ou tel arrondissement.
Aussi, si la dangerosité des abords de l'établissement scolaire précité se confirmait, son classement parmi les points d'école du 16e arrondissement pourrait être envisagé, lors de la réunion ad hoc qui se déroulera, comme chaque année, avant la prochaine rentrée scolaire."