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Mai 2000
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Conseil Municipal
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62 - QOC 2000-312 Question de Mme Danièle GIAZZI et M. Philippe GOUJON à M. le Préfet de police à propos de la montée de l'insécurité dont sont victimes les pharmaciens

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


Libellé de la question :
"A la suite de très nombreuses et très violentes agressions physiques dont ont été victimes, ces derniers mois, les pharmaciens d'officine, les représentants de la profession ont fait part de leurs très vives inquiétudes quant aux conditions d'exercice de ce service public, principalement lors des gardes dominicales et lors de la fermeture en début de soirée.
Mme Danièle GIAZZI et M. Philippe GOUJON souhaitent connaître les moyens mis en oeuvre par la Préfecture de police pour assurer la sécurité des officines et pour réprimer le trafic de médicaments, source principale, selon leurs interlocuteurs, de cet état de fait particulièrement préoccupant."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"L'importance que j'attache à la sécurité des pharmaciens m'a conduit à organiser, au mois de février, une réunion avec plusieurs responsables du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, dans le but d'adapter au mieux les dispositions prises par les services de police à la réalité de la situation.
Celle-ci n'est toutefois pas significative d'une aggravation, quand bien même une agression, perpétrée il y a quelques mois, a malheureusement revêtu un caractère tragique. En effet, le nombre total des délits (cambriolages, vols à main armée et vols avec violences), commis en 1999 à l'encontre de pharmaciens d'officine à Paris, est nettement inférieur à celui enregistré en 1998 (233 contre 250).
Il n'en demeure pas moins que cette profession est, à juste titre, considérée comme étant à risque par les services de police qui développent, dans ce domaine, plusieurs types d'actions :
Tout d'abord, une action de communication à destination des pharmaciens, souhaitée par les membres du Conseil de l'Ordre, lors de la réunion du 18 février dernier, qui a été confiée à la mission de prévention et de communication de chaque commissariat central d'arrondissement.
Ainsi, depuis la tenue de cette réunion, des tables rondes réunissant l'ensemble des pharmaciens d'officine ont-t-elles été organisées, à l'initiative de ces missions, dans 18 arrondissements, tandis que les 2 autres ont privilégié le contact direct avec les responsables de chaque établissement.
L'ensemble de ces rencontres a été l'occasion de percevoir le souci d'un renforcement des passages de policiers, en fin de matinée ou en soirée, périodes où les officines, tenues à 65 % par des femmes, sont effectivement le plus exposées. Elles ont également permis de dispenser des conseils de sécurité, de rappeler la possibilité constante de solliciter les effectifs pour une aide adaptée et d'évoquer la nécessité qu'une attention particulière soit portée, par les pharmaciens, à l'authenticité des ordonnances présentées, afin de prévenir certains trafics.
Parallèlement à ces rapprochements, des actions policières très ciblées sont conduites en direction des pharmacies de la Capitale. Il en est ainsi des plans de dissuasion, qui consistent à prévenir la commission d'actes délictueux, notamment les vols à main armée, et à exercer une action sécurisante vis-à-vis d'une activité professionnelle comportant un risque d'agression.
La mise en oeuvre de ces plans est décidée en fonction de la situation du moment en terme de commission d'actes de délinquance.
Elle se traduit, concrètement, par une affectation de tous les fonctionnaires de police disponibles, sur les sites sensibles, pendant un certain laps de temps.
Depuis le début de l'année, 28 plans de dissuasion ont été déclenchés dans les créneaux horaires à risque, n'amenant aucune interpellation, mais permettant en revanche 4.893 prises de contact avec les exploitants, soit plus de 4 par officine parisienne.
Enfin, j'évoquerai le travail d'enquête mené dès lors qu'il y a eu commission d'un délit. Des investigations approfondies sont immédiatement conduites sur les faits constatés, avec établissement éventuel de synthèses par un groupe spécialisé de l'état-major de la Direction de la Police judiciaire. Ce groupe est chargé de rapprocher certains faits délictueux ou criminels susceptibles d'avoir été commis par une même personne ou par un même groupe de malfaiteurs.
Ce travail a notamment permis au cours du premier trimestre 2000, l'interpellation et l'incarcération de 2 auteurs de vols à main armée et avec violences, agissant seul ou de concert, à l'encontre de pharmaciens d'officine de la Capitale, et de leur imputer, d'ores et déjà, au moins une douzaine de ces méfaits.
Enfin, les activités de lutte contre la délinquance de voie publique et le trafic de stupéfiants visent également le trafic de médicaments. Des interpellations sont périodiquement réalisées, essentiellement sur les sites de Beaubourg et des Halles. Je citerai la dernière d'entre elles qui a concerné, le 22 mai, un couple de toxicomanes, trouvé en possession de plusieurs plaquettes de produits de substitution.
J'ajouterai, à cet égard, que dans le but de faciliter la tâche des fonctionnaires dans ce domaine précis, chaque commissariat central dispose d'un document de travail, "le répertoire des médicaments", également diffusé au service de protection et de surveillance des réseaux ferrés parisiens.
Il me paraît donc, au vu de ces éléments, que les mesures visant à assurer de façon optimale la sécurité de cette profession sont prises à tous les niveaux d'intervention qu'il s'agisse de l'échange d'informations, de la dissuasion ou de la répression.
Les services de police, engagés dans ces diverses actions, continueront à assurer leur mission avec toute la ténacité et l'efficacité souhaitables dans ce domaine, cette nécessité venant de leur être tout récemment rappelée."