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Mai 2000
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6 - 2000, JS 244 - Communication de M. le Maire de Paris sur le sport

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous allons passer maintenant, si vous le voulez bien, Mesdames, Messieurs, à l'ordre du jour et, notamment, au premier sujet : c'est la communication sur le sport.
Mes chers collègues, l'extraordinaire réussite en 1998 de la Coupe du monde de football, le choix de Paris pour organiser en 2003 les Championnats du monde d'athlétisme et la mobilisation de tous les Parisiens, de tous les Franciliens et de tous les Français pour que notre Ville accueille les Jeux Olympiques en 2008, ces événements et d'autres viennent illustrer et souligner la place croissante que le sport, dans toute la diversité de ses pratiques, occupe dans la vie des Parisiens. Cette place devient d'autant plus essentielle que, derrière l'enthousiasme pour les grandes manifestations, se généralise chez l'ensemble de nos concitoyens le goût d'une pratique régulière, voire quotidienne, à tous les âges de la vie.
Les Parisiens montrent un véritable engouement, je crois que le mot n'est pas trop fort, pour le sport. Au-delà du loisir, cette activité est pour eux un élément essentiel de leur santé, de leur équilibre, de la qualité de leur vie. Pour les jeunes particulièrement, il est porteur de valeurs, facteur d'apaisement et aussi révélateur de vocations. Chacun doit pouvoir pratiquer à Paris le sport de son goût sans avoir nécessairement à s'inscrire dans un club privé.
Avec mon adjoint Dominique CANE j'ai toujours voulu que nos équipements municipaux proposent des activités de qualité pour des tarifs les plus accessibles possible et vous savez que nous avons encore progressé dans ce sens après les Etats généraux de la Vie puisque nos piscines sont devenues gratuites chaque jour avant 11 heures pour les demandeurs d'emploi.
Natation, course à pied, football, rugby, gymnastique douce ou arts martiaux, vélo ou rollers, notre Ville veut proposer tous les sports à tous les Parisiens. Vous savez que cet objectif occupe une place centrale dans le programme que j'ai présenté aux Parisiens pour la prochaine mandature, avec notamment la création de nouveaux équipements, le développement de l'activité des gymnases et de tous les équipements, la création d'un premier lycée parisien "sports-études" et aussi l'organisation de séances de sport inter-âges dans tous les espaces verts.
Mais, du bilan au projet, c'est un même élan qui, sans rupture, traverse l'action de la Ville. Cette action, dans le domaine du sport comme dans les autres domaines, elle ne va aller qu'en se développant et s'intensifiant durant les mois à venir et tel est bien là le sens de la communication sur le sport qui vous est présentée aujourd'hui.
A partir d'un bilan sur lequel nous pouvons solidement nous appuyer, elle vous présente toutes les actions nouvelles qui viennent d'être lancées ou qui vont l'être très prochainement et qui représenteront - hors travaux préparatoires aux Jeux Olympiques - un effort budgétaire total de près de 600 millions de francs.
Il s'agit d'abord de soutenir les quelque 2.000 associations sportives de Paris. Entre 1998 et 2000, dans un contexte budgétaire contraint, j'ai veillé à faire augmenter le montant des subventions des clubs amateurs de 35 %. Dans le même temps, j'ai très étroitement limité l'augmentation des tarifs associatifs dans les équipements de la Ville : un grand gymnase revient pour le club à 3 F de l'heure, une ligne d'eau dans une piscine à 5 F, un court de tennis à 4 F. Je veux rappeler que pour la Ville le prix de revient est 50 fois supérieur.
Il s'agit ensuite de développer chez les jeunes le goût et les valeurs du sport. Paris est la seule ville à posséder un corps de 331 professeurs d'éducation physique, présents dans toutes les écoles primaires de la Ville. Mais le sport à l'école, ce sont aussi les 1.400 ateliers bleus sportifs des fins d'après-midi et les centres d'initiation sportive du mercredi et des vacances scolaires. Toutes ces structures verront leur activité s'accroître pour accueillir davantage d'enfants. Pendant les vacances scolaires, elles proposeront désormais des stages sportifs de qualité, d'une durée de 5 jours et représenteront ainsi une véritable "école municipale du sport". Parallèlement, pour mieux responsabiliser les jeunes, les équipements de la Ville développeront l'accès libre, hors contraintes horaires et hors discipline imposée par les clubs. Dans le même temps, pour les jeunes les plus turbulents, nous proposerons un encadrement adapté, en partenariat avec les associations de prévention.
Le sport pour tous, c'est aussi naturellement l'effort pour rendre accessibles tous nos équipements aux personnes handicapées. 40 % de nos équipements sont accessibles et toutes les nouvelles constructions prévoient d'emblée l'accès aux personnes handicapées. Nous allons naturellement intensifier cet effort de mise aux normes, notamment par l'implantation de chaises de mise à l'eau dans les piscines.
Toujours mieux accueillir tous les publics, cela implique un travail permanent de rénovation et d'amélioration du patrimoine sportif parisien. Ce patrimoine, nous allons continuer à le développer, à travers le rachat de la piscine Keller- sur ce point, la décision est définitive - la réhabilitation de la piscine de la rue Pailleron, la réhabilitation du centre sportif universitaire Jean-Sarhail, la création de la piscine Beaujon mais aussi la couverture de nos tennis, la création des pistes d'initiation aux rollers, la réalisation de nouveaux murs d'escalade dans les gymnases et même la création, dans le 14e arrondissement, d'un gymnase dédié à la pelote basque.
Naturellement, lorsque j'évoque de nouveaux équipements, je pense également aux très grands travaux que nous allons lancer sans tarder dans la perspective des Jeux Olympiques de 2008. Je veux qu'avant et après les Jeux Olympiques, les Parisiens puissent profiter de ces équipements et particulièrement du stade nautique et de la salle omnisports qui seront édifiés boulevard MacDonald, lequel deviendra un véritable "boulevard des sports".
Tous ces équipements, il faut en améliorer sans cesse la sécurité. C'est d'abord un effort de mise aux normes. La Ville a déjà consacré 50 millions de francs à ce chantier, avec un effort particulier, dans nos piscines, sur la qualité de l'eau et la sécurité des nageurs. La sécurité, c'est aussi garantir la tranquillité des sportifs et leur protection contre les intrusions, les actes de violence et le vandalisme. Renforcement et formation des personnels, nouveaux grillages dans 28 centres, vidéo-surveillance, renforcement des vitrages et création de sas d'entrée. C'est un programme de 43 millions de francs de travaux qui s'achèvera à l'automne.
Toutes ces améliorations, je veux qu'elles soient immédiatement sensibles aux Parisiens et c'est pourquoi j'ai décidé de tout faire pour leur faciliter l'accès à nos équipements.
D'abord, en améliorant leur information, qu'il s'agisse d'éditer des brochures spécifiques ou de développer les pages sports du site Internet de la Ville.
Ensuite, en élargissant les horaires d'ouverture. C'est ainsi que dès la rentrée prochaine, la plupart de nos piscines proposeront aux publics individuels au moins deux soirées par semaine jusqu'à 22 heures 30. Un même effort sera entrepris pour les créneaux correspondant aux heures de déjeuner.
En agissant de cette façon, nous allons - vous admettrez cette image - muscler la pratique amateur. Je crois véritablement que la pratique amateur est la pépinière et le terreau du sport de haut niveau. Ce dernier n'en appelle pas moins une action spécifique que la Ville va également intensifier.
Elle poursuivra :
- son soutien aux grands événements, plus de 170 par an ;
- son soutien aux structures nationales, notamment le Comité olympique, l'I.N.S.E.P., la Fédération française handisports ;
- son soutien aux sportifs de haut niveau, 14 d'entre eux étant sous contrat avec la Ville.
Mais Paris va lancer également des actions nouvelles en direction de la formation et de l'aide aux espoirs, en particulier à travers la création au stade Charléty de l'université Rugby Paris qui permettra à des jeunes, dès la rentrée prochaine, de suivre leurs études tout en pratiquant le rugby à haut niveau. Cette formation sera ouverte à tous les jeunes rugbymen désireux de s'investir dans une carrière de haut niveau, tout en poursuivant des études supérieures ou des formations professionnelles.
Le sud de la Loire, c'est bien. Toulouse, Brive, Narbonne, c'est bien. Mais Paris, ce sera très bien !
Voilà rapidement esquissée, mes chers collègues, l'action au service du sport de notre Capitale, une capitale qui se dirige vers les Jeux Olympiques d'une foulée sûre et d'un souffle alerte.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
La parole est à M. DELANOË, premier orateur inscrit que l'on écoute dans le silence... Je n'ai pas dit "religieusement".
M. Bertrand DELANOË. - Je ne postule à aucune béatification, donc pas de religiosité.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas de concurrence sur ce terrain !
M. Bertrand DELANOË. - C'est certain.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la place qu'une ville accorde à la pratique du sport est révélatrice en tant que telle de choix politiques et même culturels. Des villes comme Berlin, Londres ou New York offrent l'exemple de cités qui ont su concilier évolution urbaine et préservation d'espaces de liberté.
A Paris, la réalité vécue par les habitants est malheureusement moins convaincante. Insuffisance du nombre d'équipements de proximité, inadaptation des horaires, coût élevé d'accès à certains lieux et aussi des espaces verts trop limités.
C'est pourquoi le ton autosatisfait de votre communication peut surprendre et, à cet égard, je voudrais citer quelques chiffres très significatifs.
D'abord, les équipements sportifs. Paris compte une piscine pour 62.000 habitants, un court de tennis pour 59.000 habitants, un stade pour 54.000 habitants et, bien sûr, aucune patinoire.
Sur ce dernier point, vous évoquez certes un projet prévu sur le site de l'actuelle piscine dans le 19e mais même si cette infrastructure de quartier voit le jour, ce que nous souhaitons, elle ne répondrait pas à la demande globale des Parisiens qui nécessite la construction d'un lieu pérenne, de niveau international.
Deuxième constat majeur : il existe une inégalité de traitement entre les arrondissements et vos projets en cours ou annoncés ne remettront pas en cause cette inégalité de traitement.
Par exemple pour les aménagements lourds, réhabilitation, modernisation, construction d'équipements classiques, 32 opérations concernent aujourd'hui le sud-ouest de la Capitale contre seulement 18 pour le Nord-est parisien.
Même remarque pour les subventions aux offices municipaux de sports. Là où le 5e arrondissement bénéficie d'une aide de 1,46 F par habitant, celle accordée au 19e se limite à 40 centimes par habitant.
Ces quelques données montrent que la politique du sport à Paris doit être considérablement repensée autour de quelques principes simples.
D'abord mieux prendre en compte la dimension pédagogique, sociale et culturelle du sport. Chacun sait que le sport est avant tout une école : école de civisme parce qu'il y a des règles à respecter, école d'épanouissement par l'effort, école de solidarité, mais aussi de tolérance. Et, à cet égard, le rôle des petits clubs de quartiers est fondamental notamment parce qu'ils captent une demande et proposent un encadrement spécifique.
Or, la Ville de Paris apporte un soutien très insuffisant à ces structures. Je citerai un seul exemple : le seul skate-park de Paris situé stade Suzanne-Lenglen dans le 15e vient d'être fermé pour des raisons de sécurité qui pourraient être surmontées, et l'association "Skate-park de Paris", qui animait ce lieu, attend toujours que vous lui proposiez une solution alternative. C'est d'autant plus regrettable que cette association réalise un travail remarquable en termes d'initiation, mais aussi d'intégration sociale des jeunes.
De la même manière, je regrette que la Ville ne prenne pas mieux en compte le phénomène du roller à Paris. Son développement constitue un véritable fait de société, j'allais dire un fait urbain auquel vous ne répondez que très insuffisamment.
Il faut donc rapprocher les Parisiens des lieux où se pratique le sport. Et pour créer cette proximité, il faut développer de nouvelles aires en libre accès en prévoyant sur place la présence accrue d'un personnel formé. Et ce qui caractérise aussi un modèle urbain moderne, ce sont les nouvelles synergies : des lieux dont la gestion serait confiée au monde associatif et où cohabiteraient - j'y crois beaucoup - pratique de sport et expression culturelle.
La réalité montre que certaines créations par exemple de danse contemporaine aboutissent de fait à ce mariage qui est un mariage d'avenir pour la ville de demain, le sport et la culture sur les mêmes lieux.
Autre priorité : élargir les horaires d'ouverture de plusieurs structures sportives à Paris. Vous l'évoquez dans votre communication à travers l'exemple des piscines, mais vous ne donnez aucune précision sur les moyens supplémentaires en personnel qu'implique une telle disposition.
Monsieur le Maire, nous vous demandons, sur ce point, de bien vouloir nous donner des éclaircissements.
Enfin, quoique vous en disiez, les tarifs pratiqués au sein de nombreux équipements concédés par la Ville s'avèrent souvent dissuasifs. Par exemple 25 F de droit d'entrée à la piscine Georges-Vallerey, dans le 20e arrondissement, considérez-vous que c'est raisonnable ?
Des moyens significatifs financiers, logistiques et humains devraient donc être mobilisés dans le sens que je viens d'indiquer.
Disant cela, je ne veux pas que l'on oppose sport professionnel et sport amateur. Les clubs d'élite jouent un rôle évident de locomotive d'impulsion et de partenariat qui doit être valorisé. Qui peut nier la place qu'occupent des clubs tels que le P.S.G. ou le Stade français, véritables ambassadeurs du sport parisien sur la scène locale, nationale et même internationale ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Très bien !
M. Bertrand DELANOË. - Mais mon souhait, Monsieur le Maire, est de parvenir à un rééquilibrage maîtrisé afin que tous les niveaux de l'expression sportive soient correctement couverts, de la détection des jeunes talents à la reconversion des joueurs professionnels, aspect que vous ne faites que survoler dans votre communication.
Je me permets d'ajouter, sans chercher à polémiquer, la subvention actuellement versée au "Paris football club", 11,5 millions de francs. Vous semble-t-elle vraiment proportionnée compte tenu de l'apport objectif de ce club au dynamisme sportif de la Capitale ?
Si les potentialités existent donc, encore faut-il qu'une volonté politique se manifeste !
Or, je le disais dans mon propos liminaire, le développement contemporain de Paris a largement aidé à la préservation d'espaces et de zones de respiration. Les Parisiens nous le disent, le changement d'air est au c?ur de leurs préoccupations dans une ville dont un quart de la superficie est dédié à la voirie.
Voilà un enjeu d'avenir : redistribuer l'espace public pour tenter de dépasser les effets d'une densité omniprésente.
Je constate au contraire que vous négligez par exemple les synergies possibles entre le monde universitaire et le développement d'une dynamique sportive pour la Capitale.
De ce point de vue, la création d'un véritable campus en Z.A.C. "Paris-Rive gauche" pourrait être un signal fort.
Voilà, Monsieur le Maire, exposées brièvement quelques propositions concrètes pour une action novatrice en faveur du sport.
Je conclurai en rappelant que nous soutenons totalement, et ce depuis le premier jour, avec la Région Ile-de-France et la Mairie de Paris, la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2008. C'est une formidable aventure humaine dont notre Ville pourrait être le théâtre, comme elle le fut en 1998 avec la Coupe du monde de football, preuve supplémentaire de la place qu'occupe le sport dans une société comme la nôtre, ce qui implique à la fois des efforts, des idées et des moyens que, malheureusement, vous ne vous donnez pas.
Votre communication le confirme, mais comment pourrait-il en être autrement ? Dix mois seulement avant la fin de cette mandature, les discours de la Municipalité ne serviront en fait qu'à améliorer le seul record qu'elle ait jamais établi jusqu'à présent : le record des effets d'annonce bien entendu. Mais le record que nous demandent les Parisiens, c'est le record d'efficacité pour leur vie quotidienne, et le sport en est une excellente illustration.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame BOUVELOT, vous avez la parole.
Mme Danièle BOUVELOT. - Merci, Monsieur le Maire.
Après les paroles que nous venons d'entendre qui sont tellement défaitistes sur la politique du sport à Paris, je vais énoncer quelques vérités, je pense.
Les efforts de la Ville de Paris dans le domaine du sport scolaire et périscolaire, les animations sportives municipales et celles destinées aux adultes constituent les actions en faveur du sport pour tous.
Pour cela, la Ville doit continuer à soutenir les associations. Ce soutien se manifeste principalement de deux façons :
- des subventions directes. 540 associations en bénéficient. De 1998 à 2000, les subventions aux clubs amateurs ont progressé de plus de 35 % ;
- la mise à disposition des équipements. C'est une aide considérable si l'on considère qu'à Paris, un grand gymnase revient pour les clubs à 3,10 F de l'heure ; pour une ligne d'eau en piscine le tarif est de 5,20 F et pour un court de tennis le tarif est de 4,20 F.
A titre de comparaison, une ligne d'eau revient à la Ville à 250 F de l'heure, sans compter le prix du foncier et le coût de la construction.
Il faut évidemment poursuivre l'action de la Ville en direction des jeunes. Il faut rappeler que Paris est la seule ville à posséder un corps municipal de professeurs d'éducation physique, enseignant dans les 331 écoles élémentaires publiques.
Les centres sportifs concernent plus de 12.000 écoliers et proposent des activités sportives le mercredi.
Près de 4.000 ateliers bleus, comme vous le disiez, Monsieur le Maire, sont proposés aux écoliers entre 16 heures 30 et 18 heures, touchant ainsi près de 20.000 enfants et leur proposant 49 disciplines.
Il ne faut pas oublier les centres d'initiation sportive ouverts aux jeunes de 8 à 17 ans, le mercredi et durant les vacances scolaires.
Des centres à l'accès gratuit participent au dispositif de prévention Ville-Vie-Vacances.
Ces différentes actions sont complétées par l'offre de stages sportifs de qualité, d'une durée de cinq jours, pour instituer pendant les congés scolaires une véritable école municipale du sport.
J'ai parlé du sport pour les jeunes, mais des animations municipales sont aussi proposées au public adulte, en veillant, bien entendu, à ne pas porter préjudice notamment aux initiatives des associations.
Ainsi, l'animation sport et nature propose, le dimanche, des séances gratuites de mise en forme, encadrées par des moniteurs, dans onze stades ou jardins, de 9 heures 30 à 10 heures 45.
La base nautique de la Villette propose, tous les samedis de l'année, une initiation gratuite à l'aviron et au canoë-kayak.
Choisy-le-Roi propose des initiations à la voile, à la planche à voile, toujours encadrées par des animateurs diplômés.
La Ville de Paris soutient également les initiatives des Ligues de judo et de tennis, qui permettent aux Parisiens de bénéficier, pendant l'été, moyennant une cotisation symbolique, d'une véritable initiation.
Et bien sûr, il ne faut pas oublier, parce qu'elles ont des besoins spécifiques, les personnes âgées. Pour ce faire, la Ville de Paris a mis à leur disposition un réseau de clubs qui leur sont tout spécialement consacrés. D'accès libre, ces clubs relèvent des sections d'arrondissement du C.A.S. Leur accès se fait sans conditions de ressources mais est réservé aux plus de 60 ans.
Tout cela suppose des équipements sûrs et assurer une meilleure sécurité est prioritaire pour la Ville de Paris. Un programme de travaux de 43 millions, comme vous le disiez, Monsieur le Maire, va commencer cet été : nouveaux grillages, vidéo-surveillance, renforcement des vitrages et création de sas d'entrée pour protéger les équipements et les stades des intrusions, des actions de violence et de vandalisme. Les personnels seront renforcés et formés à mieux gérer les situations difficiles.
En outre, 90 emplois jeunes ont été créés pour assurer auprès des jeunes des fonctions de médiation sociale.
Il ne s'agit donc aucunement de restreindre l'accès des équipements sportifs. Au contraire, la sécurité, c'est aussi la mise aux normes des établissements et la Ville y a déjà consacré 50 millions de francs.
Une attention particulière - que j'aimerais avoir de mes collègues d'ailleurs - a été portée à la qualité de l'eau des piscines ainsi qu'à la sécurité des nageurs. Un système de caméra installée à l'intérieur des bassins, qui permet de détecter tout corps restant immergé plus de 15 secondes, sera installé dans les piscines de Paris présentant, notamment en raison de la profondeur de l'eau ou de la luminosité de la surface, des difficultés particulières de surveillance.
La mise aux normes, c'est aussi l'effort fait pour permettre l'accès aux installations des personnes handicapées. Actuellement, 40 % des équipements sont accessibles et la Ville de Paris va continuer à intensifier cet effort, notamment, comme vous le disiez, Monsieur le Maire, par l'installation de chariots de mise à l'eau dans les piscines, en relation étroite avec la Fédération française handisport, avec laquelle la Ville a développé un partenariat positif.
Voici donc, mes chers collègues, Monsieur le Maire, quelques éléments que je voulais souligner, montrant ainsi qu'en dehors du fait que Paris accueille des manifestations sportives de haut niveau, elle a su donner à ses habitants les moyens de faire leur sport favori à moindres frais.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à M. GALLAND.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, dans votre communication, Monsieur le Maire, nous trouvons beaucoup d'actions et d'objectifs que nous approuvons, que ce soit sur les nouveaux équipements, la sécurité, l'accès facilité des équipements, le développement des activités sportives scolaires et périscolaires.
Je souhaite me concentrer sur des propositions constructives et les interrogations du groupe "U.D.F. et Modérés" dans ce domaine essentiel de la politique sportive où nous souhaitons saluer le dévouement et l'action de votre adjoint Dominique CANE.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "U.D.F. et Modérés").
Notre première proposition, Monsieur le Maire, porte sur les équipements structurants pour l'ensemble de la Ville sur lesquels, de notre point de vue, une réflexion doit être menée, notamment sur l'utilisation d'espaces privilégiés et vastes que nous allons récupérer tels la petite ceinture ou les surfaces importantes que permettra la couverture du périphérique.
Nous proposons dans ce domaine, en particulier, que l'on mette dans les objectifs prioritaires d'étude, au moins, et de réalisation si possible, la piscine tout à fait remarquable qui a été imaginée par l'architecte Arnaud BOUËT sur le bassin de l'Arsenal.
Nous avons découvert ce projet par la presse. Nous ne connaissons pas M. Arnaud BOUËT. Je crois qu'il est architecte mais qu'il était aussi le gardien de l'équipe de France de water-polo à Séoul. Il y a là un équipement assez extraordinaire qui permettrait de s'inscrire dans la perspective de la Bastille, à l'ouverture du pavillon de l'Arsenal. Sa proposition a d'ailleurs été faite dans l'optique de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2008 et nous pensons qu'il pourrait s'agir là d'un projet structurant majeur de la Capitale.
Notre deuxième proposition, Monsieur le Maire, c'est d'encourager, de responsabiliser et de sécuriser la pratique du roller à Paris.
La pratique du roller connaît à Paris un engouement que nous constatons, qui est exceptionnel et auquel, jusqu'à ce jour, la Mairie n'a pas répondu par une politique suffisamment concrète et ambitieuse face à ce qu'on peut analyser comme un véritable phénomène de société.
Quelques chiffres sont d'ailleurs évocateurs à cet égard. Il y a trois ans, la randonnée du vendredi soir des rollers dans Paris rassemblait quelques centaines d'adeptes. On a dénombré, cette année, le même soir, jusqu'à 28.000 participants.
Autre exemple : il faut savoir que le site Internet de l'association "Paris roller" organisant en collaboration avec la Préfecture de police, ces randonnées, recense depuis sa création en mars 1998, près de 300.000 connexions.
Ce chiffre se passe de commentaires sur le phénomène de société qu'est le roller aujourd'hui. Paris doit-elle s'adapter aux rollers ou les rollers à Paris ? Vaste débat et faux dilemme car la réponse, c'est évidemment les deux et nous attendons donc que la Ville mette rapidement en oeuvre un véritable plan en faveur du développement des rollers et de leur adaptation au mode de circulation de notre Capitale.
Pour cela, il convient d'encourager la pratique de ce sport et de ce mode de déplacement, tout en responsabilisant ses pratiquants dans des conditions de sécurité maximum, tant pour les adeptes que pour les usagers du domaine public et en particulier, nous pensons aux piétons.
Les conditions de réussite d'une telle politique reposent, pour notre groupe, sur 3 types de mesures :
La première, c'est la modification du statut des rollers dans la ville. Cette mesure est évidemment d'ordre législatif et réglementaire mais elle s'impose. Il convient en effet de modifier le code de la route afin que les rollers, assimilés aujourd'hui aux piétons, et qui doivent donc obligatoirement emprunter les trottoirs, puissent utiliser la voie publique mais dans des conditions de sécurité réelle, tant pour eux-mêmes que pour les véhicules à moteur.
C'est pourquoi nous suggérons qu'ils empruntent obligatoirement les pistes cyclables existantes.
La deuxième observation, c'est une politique d'encouragement et d'éducation à une pratique respectueuse des autres usagers du domaine public et ceci passe, pour nous, par la création de "sections rollers" par chaque office municipal des sports afin de répondre à la demande croissante, tant des enfants que des adultes, de leçons de rollers.
Ceci passe aussi par la signature d'une convention entre la Ville et le Comité départemental de la prévention routière pour que celui-ci, à l'image de ce qu'il fait avec succès et beaucoup de compétence dans les établissements scolaires de la Ville - je pense aux maternelles et aux primaires, en particulier en matière de sécurité routière - dispense des cours de rollers et d'éducation à une pratique sûre et respectueuse du code de la route et des autres usagers du domaine public.
Enfin, nous pensons que la création d'espaces sécurisés et clos est utile pour la pratique du roller.
Le groupe U.D.F. souhaite que la Ville s'engage rapidement à créer des "roller-dromes" dans un grand nombre d'arrondissements; ces installations qui peuvent être en bois, permettraient pour un budget relativement modeste, de favoriser une pratique sécurisée et festive du roller. Qui plus est, elles permettraient incontestablement de limiter l'occupation sauvage et parfois dangereuse du domaine public par les rollers et les skates.
Le groupe U.D.F. préconise des installations éphémères, qui puissent être éventuellement déplacées en fonction des espaces disponibles après une période de trois, six mois ou un an, ceci à l'image des spectacles forains.
On peut imaginer l'implantation de ces espaces sous le métro aérien, dans l'ancienne petite ceinture, ou sur tel ou tel terrain non-utilisé dans l'attente de réalisation d'une Z.A.C.
Notre avant-dernière proposition porte sur l'action d'intensification et de décentralisation du sport au profit des arrondissements.
Nous pensons à cet égard, Monsieur le Maire, qu'il est nécessaire de revoir l'utilisation optimum des terrains de sport existants, en particulier dans la journée, ce qui peut conduire à des investissements complémentaires du type couverture. Pour atteindre cet objectif, de nombreux terrains de sport existent ; ils n'ont pas une utilisation optimum et représentent des investissements très importants et ce pour des raisons de difficultés de pratique sur la journée.
Nous proposons également le développement d'espaces de quartier tels que les terrains de basket ou de ping-pong dans certains squares. Tout cela, Monsieur le Maire, ne peut se faire que dans le cadre d'une rigueur budgétaire.
Nous recommandons la mise en oeuvre de quelques principes simples dans ce domaine.
Tout d'abord, revoir les subventions aux associations en fonction de contrats d'objectif, d'une part, d'évaluation de résultats, d'autre part.
Ensuite, éviter les errements trop fréquents de la Ville que nous retrouvons dans le sport comme ailleurs, c'est-à-dire de notre point de vue, une excessive dispersion des aides.
C'est ainsi qu'on peut s'interroger sur la subvention soumise à notre Conseil aujourd'hui, de 65.000 F à l'association du Comité départemental de vol à voile de Paris. Sur les financements majeurs, nous pensons que la Ville doit être respectée et être un partenaire consulté et écouté et nous aimerions sur ce sujet vous poser une question simple : Monsieur le Maire - c'est un dossier sur lequel je ne suis pas suspect car chacun ici connaît ma position et mon engagement concernant le Paris Saint-Germain - mais Monsieur le Maire, nous aimerions savoir si vous êtes quelquefois consulté par le Paris Saint-Germain sur la politique sportive du club, si vous êtes consulté sur les perspectives de recrutement, sur les relations avec les clubs de supporters et les sujets fondamentaux de la gestion du club. Etes-vous, Monsieur le Maire, véritablement consulté ou mis devant le fait accompli, par exemple, en matière de transfert, à la lecture des journaux du matin ? Nous attacherons le plus grand cas pour l'avenir à ce que sera votre réponse à la question précise que je vous ai posée sur le Paris Saint-Germain et que vous avez très bien analysée.
Voici, Monsieur le Maire, les propositions et les réflexions constructives que vous propose le groupe U.D.F. pour l'avenir du sport à Paris.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, est-il facile de faire du sport à Paris ?
Cette question, le Mouvement des citoyens l'a posée aux Parisiens dans un questionnaire qui est en cours de diffusion à 700.000 exemplaires en vu de mieux connaître les attentes de nos concitoyens pour les années à venir.
Il ressort d'une première lecture des réponses qui nous sont parvenues, une attente importante des habitants envers notre collectivité et une demande insuffisamment satisfaite.
Au fond, ces réponses recouvrent la réalité du sport à Paris. A côté des équipements de prestige réalisés, notre Ville manque cruellement de structures de proximité.
Pour imager ma pensée, je dirai qu'il y a la vitrine des grands équipements nécessaires, mais inaccessibles aux pratiquants parisiens (Palais Omnisport de Bercy, Parc-des-Princes, Charléty) et les autres. Et votre mandature, Monsieur le Maire, est marquée par la fin des grandes réalisations onéreuses, mais elle n'a pas encouragé pour autant la création de structures de proximité et le développement de nouvelles pratiques sportives.
Cet attentisme se retrouve dans le budget primitif pour 2000. Il concentre une diminution de 7 % des investissements et de 15 % des programmes.
Est-il facile de faire du sport à Paris ?
A cette question, on peut répondre par l'affirmative en expliquant qu'il est toujours possible de revêtir une tenue de sport et de courir à petites foulées autour de son quartier ; c'est un aspect de la question, mais la situation se complique si le choix se porte, par exemples, sur la natation. Dans cette hypothèse, il est préférable pour bénéficier d'un tarif avantageux d'habiter le centre de la Capitale plutôt que le 20e arrondissement de Paris.
Un exemple, à la piscine Saint-Merry près de l'Hôtel-de-Ville, il vous en coûtera 16 F pour un adulte ou 9 F pour un enfant ; à la piscine Georges-Vallerey, Porte des Lilas, il faudra débourser 25 F pour un adulte ou 20 F pour un enfant, soit plus du double du tarif proposé dans une piscine municipale et dans les piscines municipales, il faudra alors trouver un créneau dans le maquis des horaires accessibles au public.
Et si vous n'êtes pas disponibles entre 7 h et 8 h le matin, ou de 11 h 30 à 13 h, il faudra choisir un autre sport.
L'ouverture du Tournoi de Roland-Garros invite naturellement à la pratique du tennis. Si vous vous présentez sur un court municipal, vous découvrirez que tous les horaires sont réservés, et il y a une certaine logique là-dedans, par le club du quartier. Bien sûr, on vous recommande d'adhérer au club en question, mais le Président vous apprend que les inscriptions s'effectuent à la rentrée de septembre et qu'en attendant, vous êtes placé en liste d'attente ! Enfin, si vous avez gardé de votre jeunesse une paire de patins à glace, il vous reste à franchir le périphérique, car aussi incroyable que cela puisse paraître, la Capitale de notre pays, ses 2 millions d'habitants, n'ont plus de patinoire depuis plus de dix ans.
Il n'y a pas davantage de piscine olympique à Paris. Est-ce normal, est-ce acceptable ? Evidemment non.
C'est pourquoi, les élus du Mouvement des citoyens, Monsieur le Maire, demandent la réalisation de ces deux équipements indispensables au cours de la prochaine mandature.
Quant au sport pour tous, la Ville de Paris ne s'est pas donnée et ne se donne pas les moyens d'une véritable politique permettant à chacune et à chacun de pratiquer le sport de son choix. Par contre, la Capitale se montre généreuse avec les clubs les plus élitistes (Racing Club de France, Polo de Bagatelle etc...), mais se montre incapable de promouvoir une politique sportive de proximité.
Je ne reviendrai pas aujourd'hui sur les avantages consentis à ces deux institutions sportives, mais je trouve curieux, Monsieur le Maire, que la Ville de Paris renouvelle sa concession au Racing Club de France alors même que le Président de cette association décide, sans consulter je crois la Municipalité (j'aimerais avoir une réponse venant de vous), de se séparer de ses meilleurs sportifs jugés subitement coûteux pour les finances du club.
Voilà une étonnante pratique qui voit la Ville subventionner un club prestigieux alors que ce dernier, en se séparant volontairement de ses meilleurs éléments, rompt le partenariat établi avec elle.
Si j'ai bien compris, Monsieur le Maire, les intentions du Président du Racing, Laura FLESSEL ne portera plus la saison prochaine les couleurs parisiennes. La Ville de Paris continuera de son côté à subventionner un club qui aura conservé ses activités les plus rentables et, je vous le dis comme je le pense, c'est choquant.
Il faut également se poser la question de savoir pourquoi de nombreux jeunes parisiens sont attirés par les clubs de la proche banlieue. Trop souvent, un jeune footballeur licencié dans le 20e arrondissement de la Capitale quitte Paris pour un club de la banlieue. Il est nécessaire de retenir les jeunes sportifs dans Paris. Cela passe nécessairement...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Voulez-vous écouter l'orateur s'il vous plaît !
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - M. TOUBON n'écoute que lui-même, ce qui est une pratique assez constante dans le milieu, disons-le honnêtement.
(Rires).
Il est nécessaire de retenir à Paris les jeunes sportifs. Cela passe nécessairement par une amélioration des conditions d'accueil, par la mise à disposition d'un encadrement et d'une structure de qualité, par une politique tarifaire attrayante.
Pourquoi, Monsieur le Maire, ne pas créer à Paris un véritable passeport du sport pour les jeunes ? Les financements existent, ils viennent du Ministère de la Jeunesse et des Sports, du Fonds national de Développement du Sport.
Voilà pourquoi, je crois indispensable de créer à Paris des structures sportives de proximité pour les jeunes. C'est la principale carence de notre Ville. Il faut multiplier, dans chaque quartier, des structures adaptées à la pratique du sport, à l'image de ce qui existe dans de nombreuses villes de banlieue ou de province. J'ajoute qu'il me paraît essentiel de développer autour de ces terrains d'évolution, une véritable politique d'animation et d'encadrement qui repose sur la présence d'éducateurs sportifs professionnels.
Je dis cela car votre communication, Monsieur le Maire, nous apprend le recrutement de dix emplois-jeunes supplémentaires, ce qui porte leur nombre à cent. Si nous rapportons ce chiffre aux établissements accueillant principalement des jeunes, nous arrivons à une moyenne de 2,5 animateurs sportifs de proximité par équipement. Ce chiffre, naturellement (et je le constate chaque jour) n'est pas à la hauteur des besoins.
Rappelons également qu'une structure en libre accès ne doit nullement signifier que le terrain de sport reste ouvert à tous vents, de jour comme de nuit, sans la présence d'adultes pour encadrer les activités. Dans un cas précis - je cite le T.E.P. de la rue Olivier-Métra dans le 20e arrondissement - il faut une politique d'équilibre fondée sur la présence d'un encadrement composé d'animateurs sportifs dont c'est le métier.
Monsieur le Maire de Paris, notre Ville a pris du retard dans le domaine des équipements sportifs de quartier. Ce retard doit être comblé. En effet, tout doit être entrepris pour permettre à la jeunesse de notre Ville de faire du basket, du foot, de se détendre. Il y a aussi l'apparition de nouvelles pratique sportives, roller, football en salle, qui oblige notre commune à repenser la ville, à s'adapter, à satisfaire ces nouvelles tendances.
J'ai noté dans votre communication des choses intéressantes comme la création d'une université du rugby, une ouverture plus tardive des piscines municipales ou la multiplication des terrains de proximité, mais ces nouvelles ambitions ne sont pas budgétées, je pense en particulier à la piscine-patinoire de la rue Pailleron dans le 19e ou encore, à la piscine municipale dans le nord du 11e arrondissement ou le sud du 20e pour doter le quartier de Belleville d'un équipement qui fait cruellement défaut.
Voilà, Monsieur le Maire, la contribution que les élus du Mouvement des citoyens voulaient donner à ce débat. Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur SARRE.
La parole est à M. VION.
M. Michel VION. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les Conseillers.
Le sport à Paris représente en effet un défi considérable, à la fois pour la vie de la cité, et pour l'épanouissement de l'ensemble de nos concitoyens.
Le sport peut être un formidable moyen de créer du lien social, un facteur de solidarité pour les jeunes en quête de repères positifs, et par là même, un important facteur pour le développement d'une citoyenneté active.
Le sport de haut niveau doit jouer son rôle d'entraînement et d'exemplarité. A ce propos, je rappelle que les élus communistes ont été dans cette assemblée parmi les premiers à proposer que les Jeux Olympiques se déroulent à Paris.
Mais le sport à Paris, c'est aussi la possibilité d'accéder à une pratique individuelle ou collective. Cela passe par des équipements suffisants et par l'aide de la Ville au mouvement associatif animé par des milliers de bénévoles.
Cela passe également par la prise en compte du développement de nouvelles pratiques. Au cours de ces dernières années, le sport a connu des mutations considérables. Sa place n'a cessé de grandir et de se diversifier. Avec la loi sur la réduction du temps de travail, nous ne sommes qu'au début de ces évolutions.
Au cours des prochaines années, les aspirations des Parisiens et des Parisiennes à pratiquer un sport iront en s'accroissant. Au regard de ces véritables enjeux de société, je souhaite porter un jugement sur la politique sportive développée par la Ville et avancer quelques propositions.
Avant d'aller plus loin, permettez-moi, Monsieur le Maire, de faire deux remarques.
La première, c'est la faiblesse du contenu de cette communication. Vous faites un état des lieux du patrimoine existant, vous évoquez la réalisation de nouveaux équipements et le développement de nouvelles pratiques, mais sur quelles bases ? Sur quels éléments statistiques concernant la réalité de la pratique sportive des Parisiens ? Sur quelle analyse des besoins ? Sur quelle prévision d'évolution ?
La seconde remarque concerne l'imprécision des projets dont vous faites état.
Beaucoup d'intentions, beaucoup d'annonces, mais aucune indication sur les moyens que vous comptez mobiliser pour les réaliser.
Cette communication, un an avant la fin de cette mandature, s'apparente en fait à un catalogue de promesses d'où n'émerge aucun calendrier, aucune priorité, pour tout dire aucune ambition capable de répondre à ce défi et d'accompagner le développement des pratiques sportives dans les prochaines années.
J'en viens maintenant à certaines observations sur la politique que vous suivez dans ce domaine depuis 5 ans.
Pour commencer, je traiterai des équipements sportifs du point de vue tant de leur nombre que de leur sécurisation.
Il y a 4 ans, dans cette même Assemblée, vous nous annonciez, Monsieur le Maire, que le sport à Paris devait rester au coeur de votre politique municipale et que vous comptiez (je cite) : "poursuivre votre action pour faire de Paris un très grande ville sportive au service de tous".
Qu'en est-il aujourd'hui ?
Si Paris est reconnu dans le monde entier pour sa capacité à accueillir de grandes compétitions internationales, nous le devons pour beaucoup à la réalisation du stade de France. Par contre, en ce qui concerne la pratique du sport de masse, nous sommes encore très loin d'une telle reconnaissance, je dirai même que nous avons beaucoup de retard. Ce ne sont pas les quelques équipements réalisés au cours de ces quatre années (17 au total) qui ont pu combler les manques criants qui existent en ce domaine.
Pour nous en tenir aux chiffres bruts, il existe dans notre Ville, ainsi que le rappelait mon collègue M. DELANOË, une piscine pour 60.000 habitants, un stade pour 50.000, ou encore un gymnase pour 15.000, alors qu'à nos portes à Ivry-sur-Seine par exemple, il y a une piscine pour 25.000 habitants, un stade pour 10.000 et un gymnase pour 7.000.
Ces quelques éléments parlent d'eux-mêmes.
Quant aux projets d'équipements contenus dans votre communication, bien peu sont de réelles réalisations. Pour ne prendre que l'exemple des piscines, vos intentions se résument à rénover ou à acquérir des installations existantes dont certaines, telles Molitor ou Pailleron, sont fermées au public du fait de la Ville. Les autres projets ne sont encore qu'au stade de l'étude.
Enfin, à propos du développement des pratiques nouvelles telles le roller ou le vélo, je vous fais part de la consternation des élus communistes quant à la faiblesse de vos propositions.
En ce qui concerne la sécurité des équipements sportifs, je tiens à vous dire d'emblée que les élus communistes sont en total désaccord avec vos orientations.
Si nous ne contestons pas le fait qu'il faille sécuriser certains équipements ou qu'il soit nécessaire de lutter fermement contre les incivilités et les actes de délinquance, nous nous opposons à la mise en oeuvre d'une politique du "tout sécuritaire" à Paris. Ainsi, 43 millions de francs vont être débloqués pour équiper des installations sportives de caméras de surveillance et de clôtures défensives. La Direction de la Prévention et de la Protection va être renforcée et organisée en une véritable brigade d'intervention rapide. Or, dans le même temps, vous ne parlez ni de création d'emplois pour la Direction de la Jeunesse et des Sports, ni d'un renforcement conséquent du dispositif d'emploi-jeunes, alors que c'est pourtant là que l'effort devrait être réalisé.
La Ville n'emploie que 1.450 ouvriers professionnels des sports pour l'accueil et l'entretien sur plus de 300 sites, soit 4 agents pour équipement sportif et 100 emplois-jeunes relèvent de ce service pour tout Paris.
Pour notre part, la vraie réponse à l'insécurité, mais également à l'accueil du public, réside dans l'humanisation des équipements. Nous pensons qu'il faut mettre en place une politique de création d'emplois conséquente, il faut également au minimum doubler le nombre des emplois-jeunes et réfléchir dès maintenant à leur intégration future dans le personnel de la Ville.
Concernant l'accès aux équipements sportifs, je commencerai par évoquer la question des personnes à mobilité réduite. Je tiens ici à exprimer le très fort mécontentement des élus communistes vis-à-vis de la politique menée par la Ville sur cette question qui met en jeu le droit et la liberté des individus. Nous estimons inadmissible qu'à la veille du 3e millénaire 60 % des équipements sportifs de notre Ville ne soient toujours pas accessibles à une part importante de nos concitoyens. De ce fait, notre collectivité contribue à l'exclusion. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de vagues intentions que vous affichez.
Pour cette raison, nous demandons, Monsieur le Maire, qu'un véritable plan de programmation soit élaboré pour les trois années à venir afin de mettre en accessibilité l'ensemble des équipements sportifs de la Ville.
Il nous semble également indispensable que la Ville crée un nombre important d'emplois spécialisés afin d'aider les personnes handicapées à la pratique sportive.
De plus, je vous informe que nous avons été interpellés sur la mise en oeuvre des mesures élaborées en 1998 dans le Schéma directeur départemental pour les personnes handicapées. Il semblerait notamment que les transports spécialisés ne répondent malheureusement pas à la demande. Pour cette raison, nous souhaiterions que soit organisé un débat sur le bilan de ce schéma directeur lors d'une prochaine séance du Conseil de Paris.
J'en viens maintenant aux activités sportives scolaires et périscolaires.
Dans le développement des pratiques sportives, le sport scolaire joue un rôle fondamental. Encore faut-il qu'il soit pratiqué régulièrement dans des installations satisfaisantes. Faute d'équipements suffisants, les établissements scolaires se retrouvent en concurrence avec les clubs, les associations et les centres d'initiative sportive le mercredi matin. Quant à la semaine sportive, elle se fait souvent au détriment des classes de collèges et de lycées. Une réelle coordination entre les différents partenaires pourrait résoudre une partie des problèmes.
Mais, comme je viens de le dire, cette question ne pourra être résolue que par un plan conséquent de construction d'installations.
Quelques mots sur les ateliers bleus sportifs.
Globalement satisfaisant, leur financement est cependant assuré à 70 % par les familles. Les inclure dans le contrat éducatif local suppose de rénover leur fonctionnement, de les inscrire dans la logique de projet qui leur permettra de bénéficier de l'aide de l'Etat. L'implication des maires d'arrondissement, que vous avez refusée, Monsieur le Maire, aurait certainement permis une éclosion plus importante de projets et d'obtenir davantage de financements.
Enfin, concernant les actions de la Ville au travers de son aide aux clubs et associations sportives, nous nous félicitons de la hausse des subventions de 35 % en deux ans, mais nous continuons à regretter que leur montant ne soit pas calculé sur des bases claires. On a évoqué tout à l'heure certains problèmes à ce niveau-là. J'en citerai un autre : est-il normal, par exemple, que la F.S.G.T. 75, avec ses 260 clubs, ses 1.200 adhérents, ne perçoive que 25.000 F et en reverse 96 % au service des sports de la Ville au titre des locations d'installations sportives ?
Plusieurs fois dans votre communication vous nous signalez la modicité des tarifs d'utilisation des équipements sportifs. Nous vous en donnons acte pour les équipements en régie directe, mais je voudrais rappeler que les tarifs prohibitifs pratiqués par les sociétés concessionnaires ont failli faire échouer la tenue de manifestations au niveau national ou international. C'est la Ville qui a dû compenser une partie du prétendu manque à gagner. Cela est insupportable et je renouvelle notre invitation, Monsieur le Maire, à garder en régie directe les équipements sportifs réalisés dans le cadre des J.O. de 2008.
En conclusion, j'estime qu'une politique sportive à Paris aurait nécessité une action volontariste et prioritaire afin de développer un réseau d'équipements de quartier, d'aires de jeu, de salles de sport, de piscines, mais aussi un train de mesures innovantes pour la promotion du bénévolat associatif, comme la possibilité de garde d'enfants par exemple pour les femmes et les jeunes couples militants, la création de droits nouveaux pour les agents de la Ville engagés dans les associations ou bien encore l'aide à la promotion et à la création de sections féminines dans les clubs et associations de la Ville.
Or, vous nous proposez, Monsieur le Maire, pour répondre à cet enjeu de société, une politique à "petit bras", sans réelle priorité, qui ne correspond en rien aux énormes attentes des Parisiens.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. KUBICZ.
M. Richard KUBICZ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous l'avez souligné à juste titre, il y a une attente très forte des Parisiens pour accéder très largement aux équipements sportifs dans le cadre d'une pratique individuelle. Dans le même temps, cette pratique connaît des développements inespérés dans des disciplines qui n'existaient pas ou si peu en début de mandature comme le roller ou qui voient s'accroître sans relâche le nombre de leur participants comme les semi-marathons, les marathons ou le vélo.
Fête collective ou développement personnel, il est clair que le sport dans un cadre urbain n'est plus l'apanage des enfants scolarisés, n'est plus une pratique correspondant à une classe sociale : tennis aux uns, foot aux autres.
La Ville et ses citoyens ont découvert ensemble l'intérêt de la pratique sportive et il est nécessaire de souligner qu'un considérable effort a été fait par notre Municipalité en très peu de temps pour multiplier l'offre sportive, mieux entretenir les équipements, mieux accueillir les nouveaux usagers par une meilleure formation des agents et enfin dans des plages horaires plus larges.
Si le sport prend une place toujours plus grande dans la vie de nos concitoyens, 40 % des équipements sportifs sont accessibles aux handicapés. Quant au départ d'une grande course s'élancent les athlètes de handisports, on ne peut qu'être convaincu que beaucoup reste à faire pour que tous les sports soient à la portée des handicapés comme le marathon l'est déjà et depuis longtemps.
On ne reviendra pas sur l'importance de l'activité sportive pour faciliter l'intégration des jeunes dans la vie de la cité et prévenir les comportements délinquants. D'autres grandes villes comme New York ou Chicago en ont une longue expérience et, finalement, nous ne faisons aujourd'hui que nous inscrire dans un mouvement général en multipliant l'offre et les terrains de proximité.
Le sport en liberté est un joli nom pour qualifier ces terrains où le basket de rue est roi, mais qu'il y en ait déjà 58 quand on connaît les difficultés foncières de la Capitale est déjà un miracle.
Quant aux sports qui sont aussi des spectacles, deux sujets nous tiennent à coeur : tout d'abord, le foot. Son image est en train de s'améliorer grâce à la Commission de contrôle sur le Parc-des-Princes présidée par notre ami Dominique CANE. Cette Commission est en train de se créer enfin dans un climat de confiance entre riverains et supporters et c'est un progrès qu'il est important aujourd'hui de souligner.
Le rugby, vous l'avez mentionné, est devenu un sport international. La Fédération d'Ile-de-France de rugby est désormais la première de France. 3 clubs : le stade, le P.U.C. et le Racing, font des carrières extraordinaires. Investissons massivement dans le rugby, Monsieur le Maire, ce sera bientôt dans le coeur des Parisiens l'égal du foot. L'Université du rugby fait novation dans le cadre des institutions liant le sport, les études et l'insertion professionnelle. Nous avons toujours attaché une grande importance dans le groupe "Paris-Libertés" aux liens entre le monde du sport et de l'entreprise mais aussi des collectivités locales.
C'est la première expérience, en France, de ce type. Monsieur le Maire, nous serons vigilants sur le fait qu'il ne s'agisse pas d'un effet d'annonce et que vous mettiez dès la prochaine rentrée les moyens nécessaires à la réalisation de ce projet dont nous partageons avec vous la paternité.
En conclusion, un effort considérable est à faire quant à la gestion des grands équipements sportifs. Nous n'entrerons pas aujourd'hui dans un débat qui demande à être approfondi. Nous serons très attentifs dans les mois qui viennent sur les conventions et concessions qui s'attachent à nos grands stades : Parc-des-Princes, Charléty, Jean-Bouin ou des conventions telle celle passée avec le Racing Club de France.
Enfin, Monsieur le Maire, que ferez vous de l'hippodrome d'Auteuil ?
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur RIOU, vous avez la parole.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, chers collègues, Paris devrait avoir comme priorité en matière sportive de proposer à un maximum de clubs et d'associations les moyens de se livrer à une pratique sportive sans être obnubilés par la compétition et les résultats sportifs.
Certes, cette dernière dimension ne doit pas être ignorée par la Ville mais elle ne doit pas être l'horizon quasi-unique de la Municipalité. Vous êtes attaché, dites-vous, à aider la pratique amateur mais que faites-vous ? En réalité, vous n'écoutez pas ou n'entendez pas les nombreuses revendications des clubs de quartier, notamment ceux de l'Est parisien.
En matière d'équipements, des absences criantes existent à Paris. Par exemple, depuis des années, à Belleville, à l'intersection de 4 arrondissements populaires et peuplés, les 10e, 11e, 19e et 20e, une piscine devrait être érigée ; la population le demande ardemment.
Deuxième remarque : cette absence d'attention véritable à l'égard des petites unités sportives de proximité trouve, en face d'elle, des subventions considérables versées au P.S.G. et au Paris Football Club. Il est totalement anormal que la Ville de Paris verse de telles sommes au P.S.G. alors même que la société "Canal Plus" fait des bénéfices importants et que ses cours flambent en Bourse. Quel sens peut bien avoir pour une ville de renforcer les moyens d'une société qui a largement la stature pour s'acheter des joueurs à des coûts parfois phénoménaux ?
Troisième remarque : vous n'avez jamais fait respecter la loi P.M.L. concernant la gestion par les mairies d'arrondissement des équipements sportifs de leur ressort. Le Préfet vous a contraint à enfin respecter la loi sans que sa mise en oeuvre ne se réalise de manière totalement satisfaisante.
Pour conclure - et ma conclusion va faire plaisir à tout le monde dans cet hémicycle - je voudrais vous dire, Monsieur le Maire, que les Verts font un rêve qui peut devenir réalité : après 2001, dans le centre de Paris, les piétons, les coureurs, les vélos et les rollers pourront se promener sans être encadrés par les voitures et suffoquer sous la pollution. Dans le reste de Paris, l'automobile aura pour moitié disparue et là encore, les marcheurs, les coureurs, les vélos, les rollers dans des lieux protégés pourront se déplacer sans craindre ou en craignant moins pour leur santé.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur LAMBERT, vous avez la parole.
M. Claude LAMBERT. - Monsieur le Maire, mes chers collègues. Sans vouloir faire du triomphalisme, la Ville de Paris, et vous, Monsieur le Maire, pouvez-vous montrer fier du bilan sportif de 5 années de mandature, n'en déplaise à M. DELANOË, tellement passionné par le sport qu'il se trouve déjà dans les couloirs et qu'il n'écoute donc pas notre débat !
Le sport n'est pas réduit à la portion congrue puisqu'il représente pratiquement 3 % du budget de la Ville. Il fait partie de notre vie au quotidien. Il est devenu un besoin pour un nombre important de Parisiens et de Parisiennes, de 7 à 77 ans. La Ville doit donc lui offrir des structures adéquates.
Cet effort budgétaire est indiscutable. Il a permis non seulement de construire du neuf et en particulier des gymnases bien adaptés pour un coût modéré, entre 6 et 8 millions de francs et des terrains d'éducation physique dans les Z.A.C., mais aussi de développer de grandes réhabilitations. La plus spectaculaire est celle du stade Paul-Valéry dans le 12e, rationnel et multisports qui, avec les 32 millions de francs investis, prouve le savoir-faire de la Direction de la Jeunesse et des Sports, de ses architectes et ingénieurs.
Je sais que certains vous ont reproché d'avoir consacré plus de 50 millions pour redonner un coup de modernité au Parc-des-Princes, théâtre de matches de Coupe du monde de foot. Qu'ils se mêlent au moins une fois à la foule et aux fans du P.S.G., le club utilisateur qui, par parenthèses, jouera la Coupe européenne de la Ligue des Champions en 2000-2001, et ils se rendront compte, ces persifleurs, que toutes les transformations ont donné fière allure à ce stade à dimension humaine. Si Paris est retenu ville olympique en 2008 - croisons les doigts - le Parc sera mis à la disposition du comité d'organisation. Il est aux normes actuelles du monde sportif.
Et puis, il y a aussi les 23 millions de francs affectés à la réhabilitation du stade Jean-Bouin, ce vieux stade d'Auteuil requinqué maintenant par des travaux indispensables et bien réalisés qui font le bonheur d'un public de fidèles, tous supporteurs du Stade français, l'une des plus brillantes équipes de l'élite du rugby.
D'ailleurs, vous qui êtes passionné de football, Monsieur le Maire, semblez conquis par le rugby qui, comme le dit Bernard LAPASSET, le Président de la Fédération "ne doit pas se cantonner au sud de la Loire, mais devenir un sport national".
Vous avez pris la balle au bond en proposant un partenariat ambitieux à la F.F.R. : celui de former, dans le cadre du stade Charléty, en particulier, des joueurs de rugby tout en assurant leur formation universitaire et en les préparant à leur reconversion et à leur vie professionnelle.
C'est une initiative audacieuse mais intéressante dans le fief du plus célèbre club universitaire de France, le P.U.C., qui semble vouloir retrouver, au plus vite, le haut niveau dans les sports de pointe.
Dans votre communication, vous avez voulu répondre aussi aux attentes des nouveaux usagers des transports, ceux sur leurs deux pieds, en roller ou sur deux roues à vélo, moyens de déplacement en vogue et qui ne semblent pas être une mode, mais la véritable volonté de se déplacer autrement. Après tout, il n'y a pas que la voiture.
Près de 150 kilomètres de pistes cyclables avant la fin de la mandature, des équipements de la D.J.S. adaptés aussi aux rollers : que tous ces utilisateurs aient à leur disposition des secteurs aménagés, des réglementations précises (et respectées par tous) tant mieux, mais que l'on protège aussi et que l'on améliore plus encore les espaces des piétons qui, eux, on besoin de leurs trottoirs pour circuler.
Enfin, parmi toutes les orientations que vous nous proposez, l'adaptation des équipements de la D.J.S. aux personnes à mobilité réduite, comme à celles qui souffrent d'autres handicaps, me paraît s'inscrire dans les grandes priorités de cette fin de mandature et bien au-delà.
Trop longtemps oubliées, ces personnes doivent avoir, comme tout le monde, le droit et la possibilité de faire du sport. Pas question de les marginaliser.
Les nouveaux équipements seront conçus aux normes en vigueur : bravo.
Un plan pluriannuel prévoit des travaux sur les anciens équipements non aménagés : encore bravo.
Que les piscines et les stades soient ouverts à tous les handicapés - aujourd'hui ils sont adaptés à 40 % - dans un avenir proche me paraît donc naturel et indispensable.
C'est le v?u que je forme et que le groupe "R.P.P." soutient. Nous vous faisons confiance, Monsieur le Maire. Le handicap n'est pas tous les jours facile à vivre, mais une activité sportive effectuée dans de bonnes conditions, est sûrement un formidable moyen de le combattre.
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Claude LAMBERT.
Madame BILLARD, vous avez la parole.
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Je voudrais compléter l'intervention de mon collègue Alain RIOU sur la question de la répartition spatiale dans notre Ville des différents équipements sportifs.
Effectivement, vous proposez cette communication aujourd'hui à moins d'un an du renouvellement de notre Conseil municipal. On pouvait penser que justement un plan de développement de la pratique sportive dans Paris aurait pu être présenté en début de mandature et pas en fin de mandature.
Ce plan, finalement, nous parle assez peu des critères de répartition de ces équipements. Est-ce en fonction de la population ? Est-ce en fonction de la pratique sportive ? On peut se poser la question.
On peut encore plus se la poser quand on regarde le nombre d'équipements par arrondissement et qu'on cherche quelle est la rationalité de cette répartition.
Un petit exemple sur les piscines.
A plusieurs reprises, dans cet hémicycle, j'ai déjà protesté sur le fait que le 20e arrondissement, troisième arrondissement en population de notre Ville, avait une seule piscine. Qui plus est, piscine concédée au privé, donc une parmi les plus chères de Paris.
Dans le plan que vous nous proposez aujourd'hui, il est peut-être question d'une piscine en limite des 11e et 20e arrondissements, piscine effectivement réclamée par la population, mais vous ne précisez pas quel sera le mode de gestion de cette piscine. S'il s'agit de créer une piscine concédée de plus à la limite de ces deux arrondissements populaires, nous n'aurons toujours pas réglé le problème des habitants du 20e qui n'ont pas les moyens de payer 27 F l'entrée pour les adultes ou 17 F pour les enfants, puisque, à l'heure actuelle, c'est le seul accès qu'on nous propose dans le 20e arrondissement.
Pendant ce temps-là, le 15e arrondissement a 5 piscines municipales. J'en suis très contente pour les habitants du 15e, mais je propose qu'on ait le même taux de répartition dans les arrondissements populaires parce que, effectivement, la population de ces arrondissements de l'Est parisien n'a peut-être pas tout à fait les mêmes moyens financiers.
Quand on regarde la répartition des gymnases, des centres sportifs et les terrains d'éducation physique, on arrive à peu près à la même différence de répartition avec des arrondissements particulièrement privilégiés quand d'autres, eux aussi, sont en déficit. Je prendrai le 18e arrondissement, second arrondissement en population, 12 équipements, alors que le 5e arrondissement, lui, a le droit à 11 équipements.
Pourtant la différence de population est quand même notoire et la différence de moyens financiers aussi.
Votre communication d'aujourd'hui maintient cette différence, ne propose absolument pas un plan rationnel pour rééquilibrer ce qui peut-être vient de l'histoire de la Ville et qui pouvait s'expliquer, mais qui aujourd'hui ne s'explique plus et maintient ces différences en possibilité d'accès que ce soit concrètes ou que ce soit financières.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur BURRIEZ, vous avez la parole.
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint. - Monsieur le Maire, très rapidement, sur les deux minutes que m'a laissées mon collègue Richard KUBICZ pour me féliciter de cette communication sur le sport qui est très complète. Mais je m'en suis expliqué à mon collègue Dominique CANE, il y a un petit oubli, un sport qui est souvent oublié : celui des jeux de boules.
Dans la communication, on parle de l'escalade, de la pelote basque, et les jeux de boules ont été totalement omis.
J'en parle d'autant plus volontairement que j'ai adressé, il y a quelques mois, un projet d'extension sur les terrains de l'A.S.B. boules du 12e, route des fortifications, un projet de boulodrome couvert car Paris est la seule grande ville de France à n'avoir aucun boulodrome couvert, ce qui handicape forcément tous les clubs et qui empêche la tenue de manifestations nationales.
Je vous serai reconnaissant, Monsieur le Maire, de faire étudier - je sais que Dominique CANE y porte un intérêt tout particulier - la possibilité de cette extension du boulodrome actuellement couvert sur la route des fortifications à l'A.S.B. 12e.
Je vous en remercie d'avance.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
M. CANE a la parole.
M. Dominique CANE, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vais essayer de répondre le plus complètement possible à tous les intervenants.
La première intervention est celle de Bertrand DELANOË, bien sûr très critique, c'est son rôle dans l'opposition, mais enfin on va essayer de voir ce que l'on peut faire.
Je voudrais lui dire que malgré une densité très forte, Paris a fortement développé ses équipements sportifs et ses espaces verts également, c'est-à-dire les espaces de respiration demandés par M. DELANOË.
Il faut rappeler que le nombre d'équipements progresse sans cesse et va encore augmenter. Les équipements sont ouverts 360 jours par an et de 7 heures à 22 heures 30, en général, en semaine.
La politique d'équipement a surtout bénéficié à l'Est de Paris de 1977 à 1999 : 7 des 10 stades, 21 des 29 gymnases, 81 des 138 courts de tennis, 8 des 17 piscines qui ont été construits, l'ont été dans le Nord et l'Est de Paris.
L'objectif de concilier sport de masse et de haut niveau est celui de la Ville, et elle le montre. La convention avec le Paris F.C. arrive à expiration en juin. Le montant de sa subvention sera bien sûr revu en fonction des résultats sportifs mais n'oublions tout de même pas que le Paris F.C. reste une pépinière pour les jeunes, très importante.
Enfin, M. DELANOË propose un campus dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche". Mais qui fait le plus pour développer un pôle universitaire fort, avec ses équipements associés, sinon le Maire de Paris ?
Ensuite est intervenue Mme Danielle BOUVELOT. Je grouperai la réponse à son intervention à celle de M. Claude LAMBERT. Je tiens à les remercier tous les deux pour le soutien et l'aide qu'ils m'apportent dans ma tâche d'adjoint au Sport, Danielle BOUVELOT en tant que Conseiller délégué auprès de moi et M. LAMBERT qui répond toujours "présent" quand j'ai besoin de lui dans les différentes manifestations sportives. Ils ont été, je crois, justes dans leur exposé, sans triomphalisme.
Je voudrais ensuite prendre l'intervention de M. GALLAND concernant le projet de stade nautique d'Arnaud BOUËT. C'est un projet séduisant mais qui pose un certain nombre de problèmes et de difficultés. Paris 2008 en fait l'analyse avec l'appui des bureaux d'études, dans la perspective du dossier de candidature.
La Ville de Paris fait beaucoup pour le roller. Comme l'indique M. GALLAND, la réflexion doit s'étendre au statut du roller, question sur laquelle, malheureusement, la Ville n'est pas compétente.
Différents lieux pour l'exercice du roller sont prévus et indiqués dans la communication. La couverture de certains établissements est prévue, notamment sur le terrain Orillon dans le 11e. De même le projet initial du terrain d'éducation physique de la Z.A.C. "Didot" a été modifié pour que plusieurs salles puissent être construites.
Concernant sa question sur le P.S.G., je vais laisser le soin, quand il le souhaitera et à l'endroit qu'il souhaitera, au Maire de Paris de répondre parce que je pense que c'est un domaine qui lui est plus ou moins réservé, avec ses différents collaborateurs.
Je dois remercier M. Georges SARRE parce qu'il a été moins critique que je l'attendais et je reconnais là sa juste mesure dans ce qu'il dit.
Contrairement à ce qu'indique M. SARRE, la Ville fait un effort en faveur des équipements de proximité. Si le budget d'investissement n'a pas progressé en 2000, c'est que 1999 correspondait à une programmation de travaux de rénovation du Parc-des-Princes qui nous était imposé pour la Coupe du Monde.
Quant à la patinoire, elle aurait été réalisée si l'opération Pailleron n'avait pas été bloquée par l'Etat, de même que la piscine. C'est la même chose, bien sûr, depuis des années, pour la piscine Molitor.
S'agissant du Racing, la Ville entend modifier les conditions financières de sa concession. Il faut rappeler cependant que l'élection du nouveau président du Racing, même s'il n'a pas changé, remonte à la semaine dernière. Les discussions vont enfin pouvoir s'engager.
Sur l'attrait des clubs de banlieue, on constate plutôt l'inverse à savoir une forte demande non parisienne pour les équipements parisiens.
Je voudrais dire à M. VION que si Pailleron et Molitor sont toujours fermés, c'est du côté de l'Etat qu'il faut regarder car la Ville, quant à elle, fait tout pour rénover et rouvrir ces équipements. La Ville ne pratique pas une politique sécuritaire. L'ouverture de plus en plus forte aux individuels, notamment aux jeunes des quartiers sensibles, montre bien que la Ville fait le contraire. Mais les usagers et les personnels méritent qu'on assure leur sécurité. Je pense que c'est un droit fondamental.
Une communication fera prochainement le point global sur l'action de la Ville vis-à-vis des handicapés.
S'agissant des ateliers bleus, la Ville aimerait beaucoup que l'Etat accompagne son effort. L'aide de l'Etat est passée de 3 millions à 1,5 million, et peut-être encore moins demain !
S'agissant des tarifs dans les équipements sportifs, il faut rappeler leur modicité, y compris si on les compare à certaines municipalités communistes dont je peux tenir les statistiques à votre disposition.
M. LE MAIRE DE PARIS. - On ne peut pas dire certaines choses et ne pas répondre.
Vous donnez des leçons. Il faut quand même bien qu'on y réponde.
M. Dominique CANE, adjoint, rapporteur. - Je voudrais continuer en remerciant M. KUBICZ pour son intervention et le soutien qu'il nous apporte et dire à M. BURRIEZ qu'il ne s'inquiète pas pour ses boulistes. L'étude est en cours et j'espère bien pouvoir lui donner assez rapidement satisfaction.
Pour répondre à M. RIOU, le manque d'équipements a déjà été évoqué. Moi, je dis le contraire.
Il a évoqué le problème de la loi P.M.L. Je dois lui dire que la Ville de Paris été au-delà de l'application de la loi P.M.L. pour les équipements sportifs. Elle est donc là-dessus exemplaire.
Mme BILLARD critique la répartition des équipements. Les besoins font l'objet d'une analyse précise en fonction de l'évolution de la population, notamment dans les quartiers en rénovation. L'analyse prend aussi en compte l'évolution des besoins scolaires car une grande part de l'utilisation est réservée aux scolaires. L'analyse prend enfin en compte la totalité des sportifs et, bien sûr, l'existant.
Je voudrais revenir sur certaines choses. La période récente a été marquée dans le domaine du sport parisien par de profondes modifications. Le patrimoine a été développé, le comportement des utilisateurs et leurs attentes ont évolué. Les principes de gestion de nos équipements ont également été fortement modifiés par les décisions prises par le Maire en 1999 pour transférer aux maires d'arrondissement l'attribution des créneaux horaires aux associations sportives pour les équipements de proximité.
Ce sont de l'ordre des deux tiers des gymnases et des terrains d'éducation physique qui ont été concernés.
C'est un défi considérable, enfin, que tout à la fois l'action municipale soit plus proche du terrain et plus attentive aux préoccupations locales, et que la politique sportive parisienne puisse garder sa cohérence. Je veux croire qu'avec le sens de la responsabilité de tous, ce défi sera relevé et profitera aux parisiens et au sport en général.
Le dernier point que je voudrais rappeler est le suivant. On parlait d'un budget insuffisant.
Je voudrais rappeler que le budget en faveur du sport de la Ville de Paris représente environ un tiers du budget du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Je voudrais savoir quelle est la ville qui a fait autant pour le sport.
Enfin, pour terminer, je voudrais remercier le Directeur de la Jeunesse et des Sports, M. Jean-Paul BRANDELA, tous les personnels qui oeuvrent pour le bien-être des Parisiens et des Parisiennes, et je tiens à saluer leur travail, qu'ils accomplissent malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontés, mais qu'ils savent surmonter, et ce toujours avec le sourire.
Merci, Monsieur le Maire, merci, mes chers collègues.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Le débat est terminé.