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Mai 2000
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Conseil Municipal
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64 - QOC 2000-314 Question de M. Claude LAMBERT à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police au sujet de la gêne occasionnée par les tournages de films dans les rues des Trois-Frères, Androuet, Cauchois, Constance et à la Goutte-d'Or (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


Libellé de la question :
"Depuis la fin avril, le 18e arrondissement et principalement le haut de Montmartre servent de cadre à de nombreux tournages de films, téléfilms ou spots publicitaires dans les rues des Trois-Frères, Androuet, Cauchois, Constance et à la "Goutte-d'Or".
Les riverains découvrent ces opérations au dernier moment, sans avoir été informés de la neutralisation de la voie publique et de l'occupation des places de stationnement par les cars de production.
M. Claude LAMBERT demande à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police de développer une information de proximité destinée aux riverains et aux élus de l'arrondissement représentés au Conseil de Paris.
Même si ces tournages provoquent parfois une certaine irritation de la part de ceux et celles qui en sont les victimes, il ne s'agit surtout pas de les interdire mais simplement de les réglementer de manière plus efficace et moins gênante pour les riverains."
Réponse (M. Bernard PLASAIT, adjoint) :
"Certains arrondissements de Paris et le quartier de Montmartre en particulier attirent un grand nombre de réalisateurs et accueillent régulièrement des équipes de tournages.
Dernièrement, le tournage d'un film de long métrage important entraînant une logistique lourde s'est déroulé dans le 18e arrondissement durant environ un mois. Une période de tournage aussi longue sur un même site reste exceptionnelle, mais se justifiait dans ce cas précis par le fait que Montmartre était un élément important du scénario.
Le "Bureau parisien du film" au Secrétariat général, qui délivre les autorisations de tournage au nom du Maire de Paris, est tout à fait conscient des problèmes créés par la répétition des tournages sur un même secteur, et s'efforce en permanence d'orienter les équipes de tournage vers d'autres décors afin de ne pas abuser de la tolérance des riverains. Sans opposer un interdit total, il a été décidé, au moins pour un certain temps, de dissuader les productions de travailler dans les secteurs sensibles afin de permettre aux quartiers de retrouver une certaine sérénité, ce qui sera fait pour le haut de Montmartre.
Par ailleurs, les maires d'arrondissement sont systématiquement saisis pour tous les tournages ayant lieu sur leur territoire. Il est tenu compte de leur avis dans les autorisations de tournage délivrées aux productions qui sont informées des observations énoncées, et se doivent de les respecter. Elles ont également l'obligation d'adresser une lettre d'information aux riverains et d'établir avec eux des contacts au quotidien sur le terrain. Elles ont aussi le devoir de veiller à respecter l'activité professionnelle et la qualité de vie des résidents en réduisant au maximum les nuisances dues à leur travail.
En matière de stationnement, la compétence revient bien évidemment aux services de police, qu'il s'agisse de tournages en extérieurs ou en intérieurs. La Direction de la Voirie et des Déplacements, dont l'avis technique vient compléter l'autorisation de principe du Maire de Paris, émet au cas par cas des prescriptions destinées avant tout à limiter au maximum la gêne entraînée par les tournages. Les commissariats de quartier doivent veiller sur le terrain à faire respecter l'équilibre des intérêts concernés, ceux des riverains comme ceux des sociétés de production, en ne tolérant aucun stationnement sur les trottoirs et en vérifiant l'acquittement des taxes.
La procédure actuellement en vigueur, qui tient compte et des paramètres spécifiques aux tournages et des intérêts des Parisiens, n'a cessé de s'améliorer grâce à la volonté d'une concertation quotidienne entre les services de la Mairie de Paris et les services du Préfet de police. Elle fonctionne aujourd'hui de façon satisfaisante sur l'ensemble du territoire."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Comme je vous l'ai déjà précédemment indiqué à cette tribune, un nombre croissant de sociétés productrices sollicitent l'autorisation de réaliser, à Paris, des opérations de prises de vues sur la voie publique. Certains sites et secteurs de la Capitale tels que celui de Montmartre sont, il est vrai, plus particulièrement recherchés pour la réalisation de ces tournages.
La délivrance de ces autorisations relève de la double compétence du Maire de Paris, propriétaire du domaine public, et du Préfet de police responsable de la circulation et de l'ordre public. Aucune autorisation n'est, d'ailleurs, délivrée par mes services sans l'accord préalable de la Mairie de Paris.
Ces tournages entraînent nécessairement des neutralisations de places de stationnement :
- soit pour des motifs de sécurité, principalement lorsque des cascades sont prévues ;
- soit afin de permettre le stationnement des véhicules techniques ;
- soit lorsqu'il est nécessaire de dégager des sites, notamment pour le tournage de films historiques.
Afin de concilier ces projets avec les impératifs d'ordre et de tranquillité publics, et de libre circulation et de stationnement des usagers de la voie publique, mes services veillent à limiter rigoureusement le nombre des véhicules autorisés à stationner, ainsi que la durée de leur stationnement sur les sites retenus.
De même, des mesures d'interdiction de circulation ne sont prises que lorsqu'elles se révèlent indispensables pour les scènes à tourner. Seules d'ailleurs des interruptions de circulation de quelques minutes sont le plus souvent admises.
J'ajoute qu'il est toujours expressément demandé aux sociétés de tournage, autorisées à occuper la voie publique, de procéder à une très large information préalable des riverains. Cette prescription figure sur chacune des autorisations délivrées par mes services.
Pour limiter également la gêne occasionnée aux riverains et éviter la tenue concomitante de plusieurs opérations de tournage sur un même secteur, une attention toute particulière est portée au calendrier des demandes d'autorisations.
Sur les 39 autorisations délivrées sur ce site depuis le début de l'année, 20 d'entre elles concernaient des prises de photographies, ne donnant lieu à aucune demande de stationnement de véhicules techniques.
Je puis vous assurer que mes services demeurent extrêmement attentifs au respect des autorisations délivrées et tout abus constaté ne manque pas d'être verbalisé, avec si nécessaire interruption immédiate du tournage en cours.
Cette action sera poursuivie avec rigueur, tout en veillant à concilier, en liaison avec la Mairie de Paris, la valorisation de l'image de la Capitale par l'industrie cinématographique et télévisuelle, avec la nécessaire maîtrise des nuisances qui en résultent pour les Parisiens."