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Mai 2000
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Conseil Municipal
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91 - QOC 2000-302 Question de Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH, M. Michel VION et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur la fermeture des cinémas "U.G.C." et "Gaumont" du quartier "Convention-Vaugirard" (15e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


Libellé de la question :
"Le quartier "Convention-Vaugirard" (15e) avec ses commerces, ses restaurants et ses salles de cinéma, est devenu, au fil des années, un lieu vivant, équilibré, que les populations de tous âges aiment fréquenter.
Or, une menace de fermeture pour la fin de l'année 2000 pèse sur les 2 cinémas (UGC et Gaumont) qui se font face sur la place de la Convention (15e). A la place de ceux-ci, il est envisagé, semble-t-il, l'implantation d'une grande surface de distribution, d'un restaurant à la mode américaine, d'un grand magasin de vêtements.
Ces fermetures auraient ainsi des répercussions très négatives sur la vie de ce quartier, qui est l'un des rares du 15e arrondissement connaissant une animation le soir.
Pourtant, Gaumont en particulier, avait pris des engagements extrêmement fermes quant au maintien des salles de quartier après son multiplex et l'installation de l'Aquaboulevard.
Aussi, plusieurs questions se posent :
- Peut-on ouvrir ces équipements à Paris sans préalablement mener une étude sérieuse sur leur impact en termes de fréquentation cinématographique globale ou de disponibilité de films, et sans analyse approfondie de la structuration de la ville que leur activité implique ?
- Par ailleurs, est-il pensable de continuer d'attribuer un avantage démesuré aux multiplex par rapport aux autres salles ? Car depuis 1980, une centaine de petits écrans parisiens ont périclité et le processus se poursuit malheureusement.
Pour cette raison, il est urgent de définir, en partenariat avec le Ministère de la Culture, la Direction régionale des Affaires culturelles, le C.N.C. et aussi avec les professionnels parisiens du cinéma indépendant, une conception du développement du cinéma à Paris dans tous ces aspects : diversité de l'offre, des lieux et des animations, qualité de la projection, confort général, actions ciblées en direction du public, etc.
Ne faudrait-il pas également réfléchir au prélèvement d'une taxe sur les recettes des multiplex, afin de soutenir les salles indépendantes et les salles municipales ?
Toutes ces mesures ne sont-elles pas d'autant plus urgentes que, désormais, avec la menace de fermeture de ces cinémas du 15e arrondissement, ce n'est plus seulement les salles indépendantes qui sont menacées par l'installation massive des multiplex, mais aussi les autres ?
Aussi, Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH, M. Michel VION et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris les mesures qu'il compte prendre afin d'éviter la fermeture de ces cinémas."
Réponse (Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint) :
"La Ville de Paris a fait du cinéma une de ses priorités culturelles. Si elle a autorisé l'ouverture de multiplexes dans des quartiers qui en avaient besoin, elle apporte aussi un soutien actif aux salles de proximité et aux salles d'art et d'essai, dont la sauvegarde est essentielle à l'aménagement du territoire parisien.
Elle s'est ainsi engagée à plusieurs reprises aux côtés des salles en difficulté. Comme vous avez pu le noter récemment, ses efforts ont été couronnés de succès puisque le cinéma "Le Champo" situé dans le 5e arrondissement a été sauvé. La Ville de Paris suit également très attentivement les négociations en cours pour la réouverture de "La Pagode" dans le 7e arrondissement.
Comme le Maire de Paris l'a annoncé au Conseil de Paris du 27 mars dernier, la Ville a souhaité renforcer et diversifier son action en faveur du cinéma. En premier lieu, une enveloppe de 1,5 million de francs a été inscrite au budget 2000 pour soutenir la rénovation des salles de proximité et améliorer l'accueil du public.
En second lieu, un partenariat a été développé avec les cinémas d'art et d'essai. Cette relation privilégiée permettra notamment la création, en octobre prochain, d'une grande semaine du cinéma d'art et d'essai. Une recherche particulière sera effectuée en terme de programmation. Des débats, des rencontres, des conférences seront organisés dans ce cadre. Les séances seront proposées à 20 F, à tous les publics. Cette semaine permettra de dynamiser la fréquentation des salles de quartier qui diffusent un cinéma de qualité. C'est au total une dotation de 4 millions de francs que la Ville entend affecter à différentes mesures en faveur de l'art et essai.
En outre, l'adjoint au Maire, Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, le Cabinet du Maire et la Direction des Affaires culturelles conduisent depuis plusieurs mois une réflexion avec le Centre national de la cinématographie du Ministère de la Culture et de la Communication. Le 4 février dernier, le Maire a proposé au Centre national de la cinématographie la signature d'une convention sur la politique du cinéma à Paris, qui devrait constituer un instrument nouveau et utile. La réponse de l'État est encore attendue.
Quoi qu'il en soit, dès que le Maire de Paris a appris que des menaces de fermeture pesaient sur des cinémas de quartier situés dans le 15e mais aussi dans le 8e et le 7e arrondissements, il a écrit aux présidents des grands groupes cinématographiques à l'origine de ces mesures, afin de les appeler à une concertation approfondie. Une rencontre est ainsi prochainement prévue.
En ce qui concerne en particulier les salles de la place de la Convention, les services municipaux ont été saisis d'une demande de permis de démolir, déposée le 4 février 2000 par la S.C.I. Paris XV 204-206 convention, propriétaire, en vue de la démolition totale de 2 bâtiments de 2 étages sur un niveau de sous-sol partiel à usage de commerce et d'équipement collectif privé dans lequel est implanté le cinéma "UGC Convention".
Parallèlement, cette société a déposé, à cette adresse, une demande de permis de construire en vue de la construction d'un bâtiment de 6 étages sur 3 niveaux de sous-sol, à usage d'habitation (24 logements), de commerce et de stationnement.
Pour des raisons réglementaires, cette demande de permis de construire vient d'être refusée par la Ville. En tout état de cause, ce projet a reçu un avis négatif de la Commission départementale d'équipement commercial."