Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

59 - QOC 2000-297 Question de M. Jean-François PERNIN à M. le Préfet de police sur l'insécurité, 10, rue Erard (12e)

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2000


Libellé de la question :
"M. Jean-François PERNIN demande à M. le Préfet de police quelles sont les mesures qui vont être prises concernant l'insécurité grandissante subie par les locataires de la résidence de l'O.P.A.C. de Paris, 10, rue Erard (12e) et dans les immeubles environnants.
Malgré les aménagements apportés par l'O.P.A.C., des bandes extérieures pénètrent jour et nuit dans ces immeubles et se livrent à la dégradation des coursives (graffitis, urine, crachats) ainsi qu'à la consommation de drogue et d'alcool (seringues et bouteilles cassées laissées sur place), tout ceci dans un bruit intense (bagarres, jeux de ballon) dégradant l'environnement, la tranquillité et la sécurité des résidents.
En outre, les riverains du 12e arrondissement sont alarmés par la recrudescence des trafics de drogue dans leur secteur."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Le caractère fréquent des troubles à l'ordre public, constatés à proximité et à l'intérieur de l'ensemble immobilier situé 10, rue Erard à Paris 12e, génère, il est vrai, un sentiment d'insécurité parmi les personnes qui y résident.
Plusieurs facteurs permettent d'expliquer l'existence de ces difficultés :
- en premier lieu, l'importance du parc locatif public, dans cette partie de la Capitale, qui abrite une population, souvent défavorisée, générant une délinquance endémique de groupes de jeunes oisifs ;
- en deuxième lieu, la présence d'une voie piétonne (la rue d'Artagnan) et d'un établissement scolaire, aux abords de la rue Erard, qui font de la résidence, située au n° 10 de cette voie, un lieu de passage et un point de rendez-vous des jeunes du quartier, propices à l'apparition de nuisances sonores et à la commission d'incivilités, telles les tags et graffiti ;
- en troisième lieu, la proximité de la cité "Colonel-Rozanoff", considérée comme un site sensible de l'arrondissement.
Pour améliorer la situation, des aménagements ont été réalisés tels l'installation de digicodes et d'interphones, le renforcement des portes et surtout, la fermeture nocturne de la liaison directe entre les ensembles immobiliers du secteur.
Je tiens, ensuite, à souligner que la plupart des faits recensés par les services de police locaux, dans ce secteur, (au nombre de 24 depuis le début de l'année) est constitué de petites dégradations de biens privés.
Bien qu'il n'y ait pas d'atteinte réelle à la sécurité des personnes résidant dans cet ensemble immobilier, les difficultés que ces dernières rencontrent sont prises en compte par les services de police, amenés à intervenir sur ce site.
Des rondes et des patrouilles très régulières y sont assurées par les îlotiers qui établissent, à ces occasions, des contacts fréquents avec la population.
Cette partie de l'arrondissement bénéficie, en outre, d'opérations de sécurisation, donnant lieu à de multiples contrôles d'identité et à des interpellations. Ces opérations sont menées par les îlotiers et les effectifs de la Brigade anti-criminalité du 12e arrondissement, auxquels viennent s'ajouter, en renfort, des fonctionnaires de la Direction de l'Ordre public et de la Circulation.
S'agissant du trafic de drogue, la recrudescence, évoquée par les habitants de cet arrondissement, n'est pas avérée ; les interpellations sont sensiblement équivalentes en 1999 et 1998 (136 en 1999 et 133 en 1998).
Pour autant, l'action des services de police, face aux problèmes de toxicomanie rencontrés dans ce quartier, est constante.
Les effectifs de la Direction de la Police judiciaire exercent, en particulier, une étroite surveillance de la gare de Lyon et des stations de métro Nation et Bastille, où transite quotidiennement un grand nombre de voyageurs de différentes nationalités. Cinq trafiquants internationaux ont ainsi été interpellés, en 1999, à leur arrivée en gare, et présentés à la justice.
Au cours du premier trimestre 2000, 28 personnes ont, d'ores et déjà, été arrêtées par ces mêmes services, dans le 12e arrondissement (8 pour trafic, 4 pour usage et revente, et 16 pour usage). Ces interpellations ont amené la saisie de près de 2 kilogrammes de cannabis, 11 grammes d'héroïne, 372 grammes de cocaïne, 89 grammes d'ecstasy et 30 grammes de crack.
Les unités de la Direction de la Police urbaine de proximité du commissariat du 12e arrondissement, qui interviennent également dans la lutte contre la toxicomanie, et notamment le deal de rue, ont, quant à elles, réalisé 14 interpellations pour infraction à la législation sur les stupéfiants, depuis le début de l'année.
Parmi les plus marquantes, peuvent être citées les interpellations suivantes :
- début février, celle d'un mineur de 17 ans, en possession de 6 barrettes de haschish. Les investigations menées ont permis d'identifier le fournisseur, ainsi que 3 individus impliqués dans ce trafic, et la découverte, au domicile de l'un d'eux, de 80 grammes de cannabis, de matériel permettant le conditionnement du produit et de documents mettant à jour plusieurs commandes de tiers sur la Capitale, et plus particulièrement sur le 12e arrondissement.
- début mai, celle d'un jeune homme, venant d'acheter 6 grammes de résine de cannabis. Ses fournisseurs, identifiés et appréhendés le même jour, ont été trouvés en possession de cocaïne, tandis qu'une perquisition a permis de découvrir 190 grammes de résine de cannabis et une somme d'argent résultant du trafic incriminé.
Je puis vous assurer que les diverses actions entreprises continueront d'être menées avec détermination par les services de police, tant que la situation l'exigera."