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Avril 1996
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15 - V- Question d'actualité de M. Georges SARRE, au nom du groupe du Mouvement des citoyens, à M. le Maire de Paris sur la propreté.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1996




M. LE MAIRE DE PARIS.- Nous abordons la dernière question d'actualité émanant de M. Georges SARRE, au nom du groupe socialiste, à M. le Maire de Paris sur la propreté.
La parole est à M. SARRE.

M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement.- Monsieur le Maire, le 20 novembre 1995, je posais une question d'actualité traitant de la propreté à Paris.
Aujourd'hui, Monsieur le Maire, je voudrais vous poser un certain nombre de questions.
Tout d'abord un constat : les week-ends, la propreté dans la Ville, cela ne va pas. En effet, le samedi, effectif réduit, le dimanche, pratiquement aucun agent de cette direction dans les arrondissements de l'Est parisien et le lundi, à nouveau effectif réduit.
La journée d'hier, Monsieur le Maire, j'ai visité un certain nombre d'arrondissements et je puis vous assurer que partout, le résultat était le même : saleté, papiers gras épars partout. Partout !
Je vous le dis, Monsieur le Maire, la propreté à Paris, le week-end, cela ne va pas.
J'ai, avec le Conseil d'arrondissement, dans la mesure de nos moyens, voulu, et nous le ferons naturellement, organiser une campagne de sensibilisation et de mobilisation civique des habitants du 11e arrondissement.
La première fois que le délégué général, M. GALY, est venu me visiter, je lui ai fait part de cette intention. Il m'a approuvé et il m'a dit que sa direction, comme toutes les autres fois où cela a été fait, se mobiliserait.
Depuis, j'ai naturellement fait part de mes intentions concrètes et de celles du Conseil d'arrondissement au directeur compétent.
Quelle n'a pas été ma stupéfaction, Monsieur le Maire, de recevoir, jeudi dernier, à la mairie du 11e arrondissement, un fax qui, bizarrement, ne m'était pas destiné : "bordereau d'envoi par télécopie. Expéditeur : Thierry ROGER. Destinataire : Christian PONCIER, directeur adjoint du cabinet du maire. Projet de réponse à Georges SARRE concernant la campagne de propreté dans le 11e arrondissement : pouvez-vous, s'il vous plaît, me donner votre avis sur ce projet de lettre avant envoi à Georges SARRE ? Merci d'avance".
Quel n'a pas été mon étonnement, après avoir pris connaissance de ce document, d'apprendre que la direction en question ne donnait pas le feu vert pour aider la mairie du 11e arrondissement à préparer une action civique et concrète en faveur de la propreté !
Monsieur le Maire, je vous interroge sur ce point car, ce matin, vous avez eu un discours disant "concertation, dialogue avec les mairies d'arrondissement, les élus, les associations".
Cette réunion est prévue depuis X temps.
Je vous ai parlé de ce sujet au cours de notre dernière séance du Conseil de Paris. Vous aviez pris note et vous aviez dit : "J'en parlerai à mon adjoint, M. TRÉMÈGE".
J'ai donc découvert avec surprise que l'ingénieur responsable des services de la propreté dans le 11e arrondissement n'est pas autorisé à venir, mes chers collègues, Monsieur le Maire, écoutez bien, à une réunion de travail, vendredi, à la mairie du 11e arrondissement ?
Qu'est-ce que c'est que ces procédés-là ? Qu'est-ce que c'est que cette attitude caporaliste ? Je n'accepte pas cela, Monsieur le Maire de Paris, parce que nous sommes des élus du suffrage universel. Parfois, vous savez, je laisse passer bien des choses mais quand il s'agit de toucher aux principes, non !
Je vous demande, Monsieur le Maire de Paris, de faire en sorte que l'ingénieur compétent puisse participer à cette réunion de travail et d'information, ne serait-ce que pour que votre administration soit informée de ce que l'on veut faire.
Que voulons-nous faire ? Dire aux gens qu'il faut être propre, qu'il y a des comportements inacceptables. Nous entendons mobiliser les commerçants, les instituteurs, les parents, la population. S'opposer à ce projet n'a pas de sens ! Au nom de quoi, Monsieur le Maire ? Au nom de quoi ? Je vous le demande.
Je demande donc que l'ingénieur soit là et je vous demande, Monsieur le Maire, que cette campagne purement civique soit organisée. Si la Mairie de Paris veut faire des campagnes en faveur de la propreté tant mieux, j'ai vu plusieurs campagnes de la Mairie de Paris qui ont échoué. Voulez-vous continuer ?
Qu'il soit de gauche, qu'il soit de droite, qu'il soit d'ailleurs, est-ce que quelqu'un peut être gêné par cette perspective d'action ?
Monsieur le Maire, j'attends tout simplement que vous demandiez à vos services d'être à la disposition des élus du 11e arrondissement et, croyez-moi, Paris ne sera pas balkanisé parce qu'il y aura une campagne en faveur de la propreté fondée sur le civisme dans le 11e arrondissement.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, communiste et socialiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- La parole est à M. PLASAIT.

M. Bernard PLASAIT, adjoint.- Je dirai à M. SARRE, sur sa dernière intervention, que tout ce qui est excessif est insignifiant et j'ai beaucoup de mal à comprendre cette hargne.

M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement.- Il n'y a pas de hargne.

M. Bernard PLASAIT, adjoint.- En fait, le Maire de Paris est aussi le maire de tous les Parisiens et je crois que c'est à lui d'apprécier, en toute conscience, comment il faut agir pour le bien des Parisiens.
Il propose une politique. D'ailleurs sur votre première partie de question, je voudrais vous répondre que je suis également surpris, parce que vous savez très bien que le Maire a inscrit parmi ses priorités de mandature la protection de l'environnement en général...

M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement.- Lisez la lettre.

M. Bernard PLASAIT, adjoint.- ... et d'une manière particulière, la propreté.
L'effort de la Ville de Paris, vous m'obligez à vous le rappeler, dans ce domaine est considérable. Il faut rappeler que les services municipaux collectent 3.000 tonnes d'ordures ménagères en moyenne, chaque journée et doivent assumer l'entretien de 2.500 kilomètres de caniveau, et autant de trottoir.
L'action des 3.400 agents qui se consacrent en continu au nettoiement des trottoirs...

M. LE MAIRE DE PARIS.- Mes chers collègues, personne n'a interrompu M. SARRE, qui a dépassé son temps de parole. J'ai souhaité le laisser aller. Ayez la courtoisie d'écouter la réponse de M. PLASAIT.

M. Bernard PLASAIT, adjoint.- Monsieur le Maire, je suis en train d'expliquer quels sont les moyens considérables qui sont mis à disposition des différents services pour assurer la politique que vous menez, qui est une politique en faveur de la propreté et qui développe des moyens considérables.
Je continue donc en vous indiquant qu'il y a 3.400 agents qui se consacrent, en continu, au nettoiement des trottoirs parisiens.
Il est évident que les services de la propreté s'efforcent d'assurer un service permanent et égal pour tous les Parisiens, malgré les difficultés particulières que provoque, par exemple, une activité touristique importante à certains moments ou les contraintes imposées par des événements dramatiques, comme le plan "Vigipirate" dans certains quartiers.
Il convient, c'est évident, de sensibiliser (vous en avez formulé le souhait, Monsieur SARRE, mais le Maire de Paris n'a pas attendu que vous en ayez exprimé le souhait pour le faire), sensibiliser donc au mieux les usagers des espaces publics pour que le service atteigne une pleine productivité.
D'ailleurs, les campagnes de sensibilisation qui ont été menées, vous les connaissez bien, sur les déjections canines, sur la collecte sélective de verre et papier, sur les gestes de propreté, des actions de sensibilisation auprès des afficheurs contre l'affichage sauvage, etc.
Au-delà de ces campagnes qui ont été menées, avec succès, est à l'étude en ce moment un plan global de communication, qui sera mené dans les prochains mois, sur l'ensemble du territoire parisien, et notamment sur le 11e arrondissement.
Par conséquent, je crois que le Maire est tout à fait fondé à estimer ce qu'il convient de faire pour donner satisfaction, dans ce domaine-là, aux Parisiens du 11e arrondissement comme à tous les autres.
D'ailleurs, lorsque vous me dites que la propreté, cela ne va pas, je suis quand même particulièrement étonné...

M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement.- Le week-end.

M. Bernard PLASAIT, adjoint.- ... car, s'il est vrai qu'il y a une diminution des effectifs le samedi et le dimanche, ce n'est pas une situation nouvelle et la propreté est considérée par les Parisiens comme un service particulièrement bien rendu puisque j'ai sous les yeux un sondage effectué en 1995, dont les résultats nous sont parvenus récemment et qui montrent, Monsieur SARRE, que 8 Parisiens sur 10 se sont déclarés satisfaits des services rendus par les services techniques de la propreté de Paris.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur PLASAIT.
Nous avons terminé. Nous allons suspendre la séance, qui sera reprise à 22 heures précises.