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Avril 1996
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65 - QOC 96-148 Question de Mme Gisèle MOREAU, MM. Henri MALBERG, Michel TUROMAN et des membres du groupe communiste à M. le Préfet de police relative à la sécurité dans certains quartiers du 13e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons à la question suivante posée à M. le Préfet de police au sujet de la sécurité dans certains quartiers du 13e arrondissement.
En voici la teneur :
"Dans nombre de quartiers et de cités du 13e arrondissement, la place Souham, des Olympiades, 107 et 110, rue Jeanne-d'Arc, 120, boulevard Vincent-Auriol, 67, rue Nationale, 13-15, rue Duméril, 122 et 137, boulevard de l'Hôpital, 69, rue de la Glacière, on peut constater une dégradation très nette de la sécurité.
Celle-ci se traduit par de multiples phénomènes qui contribuent à un mal-vivre, à une angoisse qui peut gêner la vie, en particulier des personnes âgées et fragiles.
Dans ces endroits, on peut constater :
- une dégradation des lieux allant jusqu'à la casse ;
- des pratiques d'intimidation liées le plus souvent au trafic de drogue ;
- la recrudescence des vols dans les parkings ;
- et même des agressions.
Le plus souvent, ce sont de petites bandes qui empoisonnent la vie de milliers de gens. Il y a une insécurité grandissante, avec le sentiment d'un laisser-faire qui encourage la délinquance.
Il n'y a pas de visibilité suffisante des forces de police, pas de locaux pour les jeunes, pas d'espaces pour les enfants, qui deviennent des proies faciles (racket ou guet) pour les délinquants.
Les habitants veulent vivre tranquilles et en toute sécurité.
Trois volets sont à prendre en considération : prévention-dissuasion-répression quand il le faut, mais surtout prévention et dissuasion.
Or, beaucoup ont le sentiment que ce qui est fait n'est pas au niveau nécessaire.
Aussi, Mme Gisèle MOREAU, MM. Henri MALBERG, Michel TUROMAN et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Préfet de police les mesures qu'il compte prendre afin d'améliorer la sécurité dans ces quartiers."
La parole est à M. le Représentant du Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE.- La profonde mutation intervenue dans les composantes des facteurs d'insécurité au cours de ces dernières années se manifeste tout particulièrement dans les arrondissements, qui comme le 13e, connaissent une forte concentration de grands ensembles immobiliers.
Force est de constater que les effets de la baisse générale de la délinquance sur la population de ce type d'habitat y sont obérés par une succession d'incivilités du type agressions verbales, nuisances sonores, dégradation de l'environnement, intimidations auxquelles sont confrontés les habitants de ces importants complexes urbains.
Le Maire du 13e arrondissement ayant à plusieurs reprises appelé mon attention sur ces phénomènes, je suis en mesure de vous apporter les précisions suivantes sur l'action policière conduite sur les sites sensibles :
1°) Un volet "prévention".
Les fonctionnaires de police interviennent depuis plusieurs années dans un cadre éducatif comme les élus en expriment le souhait au travers de cette question.
Il en est ainsi des opérations police-jeunesse programmées durant les congés scolaires et les périodes estivales et qui se développent en partenariat avec la Mairie de Paris dans le cadre de la politique de la ville.
Sur le 13e arrondissement, la Z.A.C. "Baudricourt" dans le secteur des "Olympiades", vient d'être choisie pour une action ciblée en direction des jeunes mineurs non délinquants, mais en voie de marginalisation.
Des activités doivent rapidement être mises en place au sein d'ateliers d'informatique et d'électronique installés, soit dans la vigie "Olympiades", soit dans un local prêté par l'O.P.A.C. de la Ville de Paris, de même, des animations sportives sont prévues pour les vacances prochaines sur les terrains "Charles-Moureu" avec un encadrement de fonctionnaires de police.
2°) Un volet "dissuasion".
Il s'exprime essentiellement par l'îlotage auquel une place prépondérante est donnée depuis ces 2 dernières années. L'îlotier est en charge désormais des nuisances et autres incivilités sur son secteur, devenant ainsi un vecteur de rapprochement police-population dont la vocation est d'être en permanence sur le terrain, ne devant en être détourné que très exceptionnellement.
En complément de ce maillage policier, vient d'être créée une cellule de liaison- sécurité publique, police judiciaire, renseignements généraux- pour une meilleure approche des phénomènes de bandes auxquels sont confrontés les habitants des cités sensibles.
Sa mission essentielle est d'analyser les différents problèmes de violences urbaines et de dégager des réponses coordonnées, grâce à une étroite collaboration entre les différents services de police qui la composent. Sur le 13e arrondissement, 5 quartiers ont été ciblés qui font l'objet d'un travail d'investigation très poussé visant à identifier les fauteurs de troubles et à cerner leurs activités.
Des opérations préventives de contrôle d'identité sont à ce titre menées dans ces points sensibles. J'évoquerai celle effectuée le 5 mars sur la dalle des "Olympiades" qui a concerné une vingtaine de personnes sans qu'aucune infraction puisse toutefois être constatée. Plus récemment encore, soit le 27 mars, la cité du Chevaleret sise 26, rue Régnault et la place Souham ont fait l'objet d'une même opération. 25 personnes ont été contrôlées et l'une d'entre elles a été placée en garde à vue dans le cadre d'une procédure de dégradations de bien public et d'outrage à agent.
3°) Le volet "répression".
Au nombre des résultats significatifs obtenus à partir de ces actions conjuguées, il faut citer :
- la saisie d'armes cité "Brillat-Savarin" ;
- l'arrestation de dealers sévissant au 122, boulevard de l'Hôpital et la désorganisation de leur trafic ;
- l'interpellation le 5 mars de 2 auteurs, dont l'un âgé de moins de 16 ans, du viol en réunion d'une mineure perpétré quelques mois auparavant dans la tour Ravenne. Cette enquête, qui a nécessité de longues investigations de la part de la brigade de protection des mineurs, se poursuit ;
- enfin, le 2 avril, à proximité de la cité du Chevaleret, l'arrestation de 2 trafiquants étrangers en situation irrégulière, alors qu'ils s'apprêtaient à vendre 250 grammes d'héroïne ; les investigations continuent.
Ces différentes formes d'action et les résultats auxquels elles conduisent témoignent d'une volonté constante d'apporter des réponses aussi adaptées que possible aux problèmes que connaissent ces quartiers quant bien même leurs composantes sociales échappent à un traitement relevant de la seule institution policière.