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Avril 1996
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42 - 1996, D. 288- Subvention d'investissement à la Société d'encouragement aux métiers d'art (8e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons à l'examen du projet de délibération D. 228 accordant une subvention à la Société d'encouragement aux métiers d'art.
La parole est à Mme CAPELLE.

Mme Liliane CAPELLE.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui vise à faire assumer par la Ville le financement partiel de l'installation de la S.E.M.A. au Viaduc des Arts.
A l'heure où votre Municipalité dit veiller au développement des activités artisanales dans le faubourg Saint-Antoine et où elle présente le Viaduc des Arts comme une réussite commerciale, je vois pour ma part dans ce transfert de siège et dans son coût la preuve que ce projet qui se voulait pilote peine à démarrer.
L'objectif initial du Viaduc des Arts était de louer les 51 voûtes à des artisans exerçant un métier d'art. Or, progressivement, des activités non commerciales s'y installent, comme ce centre de formation et de documentation de la S.E.M.A. C'est un signe du manque d'empressement des artisans à venir s'installer à cet endroit.
Pourquoi ? La réponse tient prioritairement dans le coût des travaux d'installation. Si l'on retient l'hypothèse haute de 4,39 millions de francs pour 720 mètres carrés, cela nous donne un prix au mètre carré de 6.097 F, ou encore un coût de 914.583 F pour un local artisanal de 150 mètres carrés, ce qui est la norme de surface. Bien sûr, il s'agit là d'un coût d'aménagement, donc hors loyer. Dans ces conditions, il n'est pas anormal que la totalité des 51 voûtes ne soit pas louée.
Tout en saluant le rôle que joue la S.E.M.A., présidée par un artisan luthier de réputation mondiale, et en soutenant le projet de transfert de son siège, je tiens à rappeler que le Viaduc des Arts, dans sa conception comme dans son évolution, ne répond pas aux besoins en locaux des artisans du faubourg Saint-Antoine. La preuve en est que peu d'entre eux y ont emménagé, à la fois à cause des frais d'aménagement et des loyers, et parce que l'ouverture des voûtes au public en fait plus des lieux de démonstration d'un savoir-faire que des ateliers au sens propre du terme.
C'est pourquoi j'invite la Municipalité à prendre rapidement des mesures permettant aux artisans du faubourg Saint-Antoine, durement touchés par les déplafonnements abusifs des loyers commerciaux, de trouver des locaux adaptés à leurs besoins, leur évitant ainsi de devoir déménager en banlieue et surtout de supprimer des emplois.
Je vous remercie.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à M. BENESSIANO pour répondre à Mme CAPELLE.

M. Hervé BENESSIANO, adjoint, au nom de la 7e Commission.- Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Je voudrais dire à ma chère collègue que, dans sa question, elle vient de soulever plusieurs problèmes liés au Viaduc des Arts pour terminer son intervention sur les artisans du Faubourg Saint-Antoine qui pourraient faire l'objet d'une autre question. Je vais donc essayer de mettre un peu d'ordre dans ses idées et de revenir à la question initiale.

Mme Liliane CAPELLE.- Non, non, ça va !

M. Hervé BENESSIANO, adjoint, rapporteur.- Dans un premier temps, vous parlez du viaduc et vous mettez en cause la philosophie qui a animé sa création.
Je vous rappelle en deux mots que le viaduc avait et a toujours pour mission d'être l'épine dorsale de l'Est parisien pour les métiers d'art et d'en être une vitrine afin d'attirer les Parisiens et faire en sorte qu'ils aient un contact direct avec le savoir-faire des artisans qui, vous le savez, est une grande tradition de la Capitale.
Lorsque, je vous entend dire qu'à l'heure actuelle le viaduc vit péniblement, je regrette sincèrement que vous ne vous y rendiez pas plus régulièrement. Vous verriez qu'un nombre de visiteurs tout à fait considérable, et en progression, le fréquente, que l'ensemble des voûtes est à ce jour pratiquement occupé par des artisans d'art et que le projet qui vous est soumis aujourd'hui s'inscrit parfaitement dans la politique du viaduc. L'installation de la S.E.M.A. qui est, comme son nom l'indique, la Société d'encouragement des métiers d'art, au Viaduc des Arts est l'occasion d'avoir, au coeur de ce quartier artisanal, une structure d'accueil, d'information, de documentation pour le public, les jeunes et les professionnels. Elle apporterait une aide concrète aux artisans et créateurs, des consultations en matière juridique ou commerciale, des informations sur l'exportation, etc.
Les activités mises en oeuvre à Paris seraient à l'origine d'un véritable conservatoire des métiers ouverts à tous les talents.
Ce lieu de rencontre et d'expression des savoir-faire réunirait maîtres d'art, compagnons, artisans qui présenteraient les métiers traditionnels ainsi que les métiers nouveaux ou évoluant avec les nouvelles technologies.
Les animations et les expositions permanentes permettraient aux jeunes d'avoir des contacts importants au moment de leur orientation ou du choix de leur formation professionnelle.
Par ailleurs, ces métiers seraient autant de moyens de lutter contre l'exclusion.
Je vous signale que si nous sollicitons une subvention pour l'installation de la S.E.M.A., dans cette partie de la Capitale, c'est que jusqu'à ce jour elle bénéficiait d'un local salle Pleyel qui n'était accessible qu'aux heures ouvrables, ce qui, vous en conviendrez est fort peu pratique, et que depuis 1990, pour l'ensemble des activités déployées que je ne vais peut-être pas vous rappeler ce soir parce qu'il y en aurait quatre pages- mais si vous le voulez je le fais tout de suite- nous attribuions une subvention de l'ordre moyen de 200.000 F par an.
Ce que nous avons souhaité par ce projet c'est relocaliser une association qui regroupe de très nombreux métiers, dans un quartier important de l'artisanat situé, vous le savez, à la limite sud du périmètre du Faubourg Saint-Antoine, tel que l'a défini le Maire de Paris ; c'est de mettre au coeur même de ces métiers, cette S.E.M.A. qui, à la fois, bénéficiera d'une voûte extérieure, mais aussi de locaux dans la partie arrière du viaduc, ce qui lui permettra d'oeuvrer sur une surface utile de 725 mètres carrés.
L'octroi aujourd'hui d'une subvention de 2 millions de francs, 1 million sur l'exercice 1996 et 1 million sur l'exercice 1997, se substituera définitivement à la subvention de fonctionnement que nous lui donnions régulièrement depuis 5 ans, ce qui ramène à une période de 8 ans, temps de l'amortissement et indique qu'au-delà de ce délai, cette société ne nous coûtera plus rien.
Ne vaut-il pas mieux un investissement productif qu'une assistance permanente illimitée ? Je crois que la première formule est préférable d'autant qu'elle sera créatrice d'emplois.
Par ailleurs, cette subvention étant une partie de ce qui a été demandé sur l'ensemble du projet- vous parliez d'un coût de 3.145.000 F T.T.C.- la Ville participerait à hauteur de 2 millions de francs et le Ministère des P.M.E., Commerce et Artisanat de 1 million de francs. Une subvention est attendue de la Région. A ce jour, elle n'a toujours pas été votée.
Je vous dirai enfin que l'arrivée de la S.E.M.A. va être un élément fort au sein même de ce viaduc et que l'objectif- parce que vous savez qu'il reste quelques voûtes qui ne sont toujours pas attribuées dans la partie initiale de l'avenue Daumesnil- lorsque l'accord sera réalisé entre la Ville et l'Etat est d'utiliser certaines d'entre elles comme lieux d'accueil pour les artisans du Faubourg Saint-Antoine pour qu'ils puissent y avoir des expositions permanentes mais tournantes ; que ce soit donc un lieu d'exposition-vente pour les artisans du Faubourg Saint-Antoine.
Par ailleurs, je ne veux pas trop m'étendre sur l'avenir des artisans dans le cadre du Faubourg Saint-Antoine, mais vous avez entendu parler ces jours-ci et pas plus tard que ce matin, de la politique qui sera menée en faveur du maintien et du développement de l'artisanat au sein même du Faubourg. J'espère que ces précisions vous auront apporté la sérénité et l'apaisement. Je vous appelle à soutenir le projet de délibération qui vous est présenté aujourd'hui pour introduire un dynamisme supplémentaire et nouveau au sein même du dispositif qu'est le Viaduc des Arts de la rue Daumesnil, qui commence à devenir une façade internationale.
Je vous en remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Merci, Monsieur BENESSIANO.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 288.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SILHOUETTE, SCHERER, BILLARD, TAFFIN, MM. BLET, DUMAIT et MESMIN s'étant abstenus. (1996, D. 288).