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Avril 1996
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28 - 1996, D. 441- Aménagement du carrefour formé par les rues Proudhon, de Charenton, des Fonds-Verts, de Wattignies et Taine (12e) (avec plantation de 24 arbres).- Définition des objectifs poursuivis et des modalités de la concertation préalable.- Autorisation à M. le Maire de Paris d'acquérir et de libérer à l'amiable les biens immobiliers nécessaires à cet aménagement.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous allons passer à des affaires de la 6e Commission. A commencer par le projet de délibération D. 441 concernant l'aménagement du carrefour formé par les rues Proudhon, de Charenton, des Fonds-Verts, de Wattignies et Taine dans le 12e arrondissement.
Mme SCHNEITER a la parole.

Mme Laure SCHNEITER.- Monsieur le Maire, d'habitude la Ville démolit de petits immeubles pour en construire de plus grands. Ici, c'est pour élargir la chaussée, aménager un carrefour et faciliter le flux toujours croissant des voitures.
Pour justifier l'intérêt de cette opération, vous vous occupez, pour une fois, des piétons.
Je ne vous avais pas vu souvent vous occuper avec tant de sollicitude des piétons, de leur sécurité, de les faire circuler dans un environnement accueillant, mais enfin j'ai l'impression que c'est vraiment pour justifier l'intérêt de cette opération.
Vous ne tenez pas compte des nuisances engendrées par la circulation, et notamment du bruit qu'une telle destruction pourrait engendrer pour les riverains, puisque vous faites passer une voie à sens unique à quatre voies dans les deux sens, alors que vous ne résoudrez aucun problème de circulation. Vous savez bien que tout ce qu'on fait en faveur de la voiture amènera simplement encore plus de voitures.
Mais là n'est pas l'essentiel.
Je suis surtout choquée que vous ayez recours à la Déclaration d'utilité publique qui vous permet simplement d'exproprier des gens en toute tranquillité ! La D.U.P. ne devrait être utilisée qu'à titre exceptionnel et vraiment pour l'intérêt général, ce qui ne me semble pas être le cas ici.
Dans le 15e, le Maire d'arrondissement a déclaré un jour à l'occasion d'une opération d'aménagement qu'il utilisait cette procédure uniquement pour être sûr de pouvoir exproprier les gens. Ce n'est pas l'intérêt général.
Je suis heureuse d'apprendre que tous les habitants du secteur concerné seront avisés de ce projet par voie de presse ou d'affiche et qu'une exposition sera organisée à la mairie du 12e. Bel exemple de concertation lorsque vous dites qu'un débat s'instaurera avec la population, alors que vous nous demandez avant notre avis sur le principe du projet.
Ce sont des pratiques qu'il faut changer.
Je m'inquiète également de savoir où les habitants se relogeront, car pour peu que les appartements ou les immeubles soient un peu vétustes, chaque propriétaire en tirera une somme qui ne sera pas suffisante pour se reloger. Or il faut bien habiter quelque part. Auront-ils les moyens de trouver un logement à Paris ? Rien n'est moins sûr !
Avez-vous des informations sur les intentions des propriétaires et approximativement sur le prix que les domaines pourraient leur proposer au mètre carré ?
Il me semble que nous mettons la charrue avant les boeufs, et nous ne pouvons pas voter ce projet avant d'en savoir plus.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Merci.
La parole est à Mme COUDERC.

Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, au nom de la 6e Commission.- Je vous remercie, Monsieur le Maire.
La communication dont nous avons très longuement débattu tout au long de la journée, Madame SCHNEITER, aurait dû vous convaincre, ou du moins je l'espérais, que nous n'entendions pas acquérir des logements pour des motifs qui ne seraient pas véritablement fondés.
Vous savez aussi que les acquisitions pour élargissement de voirie sont depuis plusieurs années réduites au strict minimum.
L'objectif de cet aménagement n'est pas, contrairement à ce que vous indiquez, d'accroître la circulation. Il est de supprimer un verrou qui pénalise tous les usagers, et notamment deux lignes d'autobus essentielles dans ce secteur. La R.A.T.P. est d'ailleurs très favorable à cet aménagement.
J'ajoute, Madame SCHNEITER, que les cheminements des piétons seront aussi très fortement améliorés car, quoi que vous en disiez, c'est bien l'une de nos préoccupations. Regardez attentivement l'intérêt que représente notamment pour les piétons, par exemple, l'aménagement des quartiers tranquilles que nous réalisons dans Paris.
Sur la procédure, Madame SCHNEITER, l'objectif est de donner au Maire les moyens de poursuivre les acquisitions à l'amiable. Mais vous comprendrez aussi que, si l'on veut pouvoir achever l'aménagement malgré quelques oppositions, nous devons pouvoir le faire. La procédure de D.U.P. que vous évoquez, ne sera donc utilisée qu'une fois les autres moyens épuisés et non, je l'affirme, comme un outil a priori.
Quant aux relogements, ils seront bien entendu conduits suivant les procédures qui s'appliquent aux occupants de bonne foi.
C'est la raison pour laquelle je vous demanderais, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir voter cette délibération.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je remercie Mme COUDERC.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 441.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste et apparentés, du Mouvement des citoyens, Mmes SILHOUETTE, SCHERER, BILLARD et M. BLET s'étant abstenus et Mme SCHNEITER ayant voté contre. (1996, D. 441).