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Avril 1996
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32 - 1996, D. 387- Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir visant des bâtiments situés 8 ter, rue des Récollets (10e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons à l'examen du projet de délibération D. 387 autorisant M. le Maire de Paris à déposer un permis de démolir visant les bâtiments situés 8 ter, rue des Récollets dans le 10e arrondissement.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.

Mme Laure SCHNEITER.- Le jardin Villemin est le seul digne de ce nom dans le 10e arrondissement. Vous vous souvenez sans doute du combat mené par les habitants et les associations pour sauver leur jardin menacé, notamment par la construction d'un ensemble immobilier en bordure du canal. J'ai pris part à cette bataille comme beaucoup d'autres écologistes.
En ce qui concerne la crèche située au milieu du jardin, les habitants ne s'opposent plus à sa démolition, car se posent des problèmes de sécurité. En revanche, ils préféreraient la reconstruction ailleurs que sur le square, et ce serait éventuellement possible.
Ceci dit, les problèmes de pollution de l'air sont tels et il y a si peu d'espaces verts dans cet arrondissement qu'on peut accepter l'idée que cette crèche et cette halte garderie restent dans le jardin pour le confort des tout petits enfants.
Cependant, si les locaux restent dans le square, il faudrait que la crèche et la halte garderie soient construites en retrait par rapport à la rue et non en bordure, et qu'elles possèdent, toutes deux une ouverture sur le jardin.
Je dépose donc une proposition d'amendement allant dans ce sens car, pour l'instant, seule la crèche bénéficie de cette ouverture sur le square.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Merci, Madame SCHNEITER.
La parole est à M. BLET.

M. Jean-François BLET.- Monsieur le Maire, l'oratrice précédente a fort justement rappelé dans quel contexte s'inscrivait le problème de cette crèche, celui d'un site découpé en tranches, en lamelles, successivement parcelle par parcelle. Tout d'abord par des constructions en bordure du canal qui furent finalement annulées, puis un projet de crèche empiétant de plusieurs centaines de mètres carrés sur le jardin Villemin, enfin le projet de démantèlement du couvent des Récollets. Avec des acteurs divers : dans un cas, la Mairie de Paris, dans l'autre, un Gouvernement de gauche à l'époque.
Ce problème nous montre que la manière d'aborder cette question est mal venue. Elle ignore l'unité de ce site qui est l'un des plus beaux sites de l'Est parisien dans la courbe du canal Saint-Martin, en face de l'Hôtel du Nord ou de ce qu'il en reste après le passage d'un promoteur.
En ce qui concerne cette crèche, deux discours s'entrecroisent : il y a le problème des enfants qui utilisent cette crèche, et par ailleurs, il y a la signification de cette crèche dans ce site.
Concernant la démolition de cette crèche, soyons clairs- et même le maire-adjoint aux Parcs et Jardins dans la précédente mandature le reconnaissait- il s'agit d'une verrue située en plein coeur de ce jardin ; mais cette verrue est indispensable aux familles et aux enfants qui l'occupent.
Si démolition il y a, il est nécessaire qu'un phasage des opérations permette aux familles et aux enfants de retrouver rapidement une crèche.
Il y a ensuite le choix qui est fait de la reconstruire exactement à l'endroit où elle se situe, ce qui est le plus mauvais choix possible. Une crèche en bordure de rue, avec toutes les nuisances phoniques et la pollution atmosphérique en résultant, ce n'est pas un bon choix. Si on voulait maintenir à tout prix cette crèche sur le jardin Villemin, on pourrait l'implanter de l'autre côté, le long du C.H.U., là où il n'y a pas de voirie automobile, là où les enfants pourraient tranquillement s'ébattre.
Il y a enfin d'autres choix qui sont encore possibles. Des friches immobilières existent à 100 ou 200 mètres de là qui pourraient accueillir cette crèche. Il est vrai que sur ce jardin, le seul d'un arrondissement de 90.000 habitants. Il se caractérise par une suraccumulation de fonctions, un terrain de football, une crèche, un terrain de boulistes, qui rendent indispensable son agrandissement définitif.
Voilà les raisons qui font que nous ne sommes pas opposés à la démolition de cette crèche. Nous souhaiterions qu'une solution puisse être trouvée, qui permette un aménagement harmonieux de ce jardin dont nous souhaitons un agrandissement jusqu'au canal Saint-Martin, avec les élus du 10e arrondissement.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à M. Michel OTTAWAY.

M. Michel OTTAWAY.- Je voudrais dire à Mme SCHNEITER que je ne doute pas de son combat pour l'extension du "square Villemin" ; néanmoins, nous ne l'appelons plus "square", mais "jardin Villemin".
A mon collègue BLET, je dirai que l'unité du site n'est pas en cause car nous aurons bientôt l'occasion d'examiner des projets d'aménagement et d'agrandissement du jardin Villemin. Il convient surtout de ne pas retarder la modernisation d'un équipement attendu par les parents du quartier.
Je crois pouvoir dire, au nom de la Municipalité du 10e, qu'une réunion d'information et de concertation se tiendra, dès que possible, pour envisager des aménagements aux abords de cette crèche, notamment la possibilité d'une ouverture sur le jardin. Mais, vraiment, à moins d'envisager une construction souterraine, je souhaite qu'on ne diffère pas l'ouverture du chantier de cette crèche. Ceci dit je reste toujours très vigilant concernant les aménagements et l'agrandissement des parcelles de ce jardin Villemin très chèrement reconquis au fil des années.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à M. LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS.- C'est en 1975 que dans cette salle du Conseil de Paris, j'ai soumis une proposition qui a permis qu'aujourd'hui ce jardin existe. Effectivement, vous pouvez rechercher dans les annales.
En tout cas, je trouve curieux que ce soient des écologistes, défenseurs soi-disant des habitants et des besoins de la population, qui oublient une chose ; cette crèche existe depuis très longtemps, là où elle serait reconstruite. Et contrairement à ce qu'a dit M. BLET, il ne s'agit pas d'une verrue, mais d'un lieu d'accueil de jeunes enfants qui rend service à une population locale. Elle est incluse dans un jardin, et non pas dans un square. Nous souhaitons la reconstruction de la crèche sur place ; c'est la volonté de la majorité du Conseil d'arrondissement, et je dirai même de la totalité des élus de l'arrondissement.
Je souhaite, comme vient de le dire Michel OTTAWAY, que soit confirmé le permis de démolir et que suive la reconstruction de la crèche. Nous en avons absolument besoin car elle est actuellement fermée, et les besoins sont grands dans ce secteur.
Nous sommes tout à fait favorables à ce projet.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Monsieur ROUSSIN, vous avez la parole.

M. Michel ROUSSIN, adjoint.- C'est seulement pour un point d'histoire. Mon voisin de palier que je suis allé voir un jour et à qui j'ai dit : "C'est formidable, nous avons sauvé l'Hôtel du Nord" m'a répondu : "Il n'y a jamais eu d'Hôtel du Nord, c'était un décor à Boulogne". Mon voisin était Marcel Carné.
Quand j'entends parler d'Hôtel du Nord, de promoteur, je me retourne vers mon collègue et j'évoque le témoignage de Marcel Carné.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- La parole est à M. BULTÉ.

M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission.- Nous voyons qu'il y a plusieurs positions en ce qui concerne l'avenir de ce projet. Je rappellerai tout simplement que le Conseil du 10e arrondissement a voté pour la reconstruction rapide de cette crèche à l'unanimité lors de son dernier Conseil.
Une fois n'est pas coutume, je suis tout à fait d'accord avec les propos que viennent de tenir mon collègue LHOSTIS et M. OTTAWAY dans cette affaire car je crois que maintenant, il est temps qu'effectivement, on puisse apporter aux administrés du 10e arrondissement un équipement public dont ils ont absolument besoin.
Je rappellerai d'ailleurs que le permis de construire a été délivré le 18 mars dernier pour démarrer ces travaux. Et dès le moment où notre Conseil aura voté ce projet de délibération, je ferai bien entendu en sorte que la réalisation de cette crèche puisse avoir lieu dans les meilleurs délais en tenant compte bien sûr des remarques de mes collègues en ce qui concerne les aménagements et toujours dans l'esprit de dialogue et de concertation qu'a évoqué Jean TIBERI ce matin.
Merci, Monsieur le Maire.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Merci, Monsieur BULTÉ.
Madame SCHNEITER, votre amendement est en cours de tirage, mais nous ne pouvons pas le distribuer à tous les conseillers. Voulez-vous nous en redonner lecture ?

Mme Laure SCHNEITER.- " Le Conseil de Paris s'engage à autoriser le permis de démolir la crèche sise 8, rue des Récollets à Paris 10e, sous réserve que sa reconstruction et celle de la halte-garderie ne se fasse pas en bordure de la rue des Récollets, mais légèrement en retrait, à l'intérieur du square Villemin, pour préserver la tranquillité et la sécurité des enfants et des parents".

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- L'avis de M. BULTÉ au nom de la 6e Commission.

M. Michel BULTÉ, adjoint, rapporteur.- Cet amendement de notre amie SCHNEITER peut être louable, mais il ne peut être accepté dans la mesure où l'on prendrait alors la responsabilité de reculer de plus d'un an les travaux. Je crois que la population en a besoin. C'est pourquoi je souhaite qu'on rejette cet amendement.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement déposée par Mme SCHNEITER.
Qui est pour l'adoption de cet amendement ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée à la majorité, les groupes socialiste et apparentés, communiste, du Mouvement des citoyens, "Rassemblement pour Paris", "Paris-Libertés", Mmes SILHOUETTE, SCHERER, BILLARD, MM. BLET et REVEAU ayant voté contre, Mme TAFFIN, MM. DUMAIT et MESMIN s'étant abstenus.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 387.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme TAFFIN, MM. DUMAIT et MESMIN s'étant abstenus. (1996, D. 387).