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Mars 2009
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Conseil Général
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2009, Vœu déposé par M. Pierre-Yves BOURNAZEL, Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN, M. David ALPHAND, Mmes Linda ASMANI, Roxane DECORTE, M. Thierry COUDERT et les élus du groupe U.M.P.P.A. relatif au soutien de l'Agence nationale des Français de la rue.

Débat/ Conseil général/ Mars 2009


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à la proposition de v?u référencée n° 8 G dans le fascicule, relative à l?Agence nationale des Français dans la rue qui a été déposée par le groupe U.M.P.P.A.

M. BOURNAZEL le présente en une minute et Mme TROSTIANSKY nous donnera les éléments de réponse.

La parole est à M. BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Président.

Monsieur le Président, mes chers collègues, plusieurs milliers d'individus vivent à Paris dans une extrême précarité, qu'ils soient sans-abri, mal logés ou travailleurs pauvres.

La question des S.D.F. est ancienne et beaucoup d'efforts ont été consentis au fil des dernières décennies pour tenter d'éradiquer ce fléau de l'exclusion, que ce soit par l'Etat ou par le travail du monde associatif.

Or, de toute évidence, la situation ne s'améliore pas aujourd'hui dans notre ville et l'on est en droit de s'inquiéter pour les prochains mois, compte tenu de la crise qui touche notre pays.

Il est temps, plus que jamais, d'agir de façon forte, utile et pragmatique.

Mme Nicole GUEDJ propose depuis des années la création d'une Agence nationale des Français de la rue. Cette structure nouvelle se donnerait pour objectif premier de recenser et d'identifier cette population hétérogène. Plus nous en saurons sur ces personnes vivant dans la rue, meilleure sera notre aide envers elles.

Grâce à ce travail, nous pourrons alors être capables de coordonner l'ensemble des services (Samu social, centres d'hébergement d'urgence, missions locales) et d'informer ainsi les usagers de leur existence.

Il s'agit aujourd'hui d'optimiser l'efficacité de tous les moyens mis à disposition dans notre pays. Nous pouvons, nous devons même, apporter des solutions transversales, proposer un accompagnement social à ces personnes, un accompagnement sanitaire, voire psychiatrique, en vue d'une réinsertion véritable et durable. Telle est l'ambition de l'Agence nationale des Français de la rue.

Nous souhaitons aujourd'hui que le Département de Paris prenne toute sa part dans la construction de ce projet, dans notre ville, vitrine de notre pays, lui-même terre natale des Droits de l'Homme, nous ne pouvons plus accepter que certains meurent seuls et dans la rue. 360 décès rien que pour l'année 2008 !

Nous faisons ainsi le pari audacieux que ce projet remportera aujourd'hui l'adhésion, au-delà de tous les clivages. Le rejeter et l'instrumentaliser pour de fallacieux prétextes politiques ou partisans serait une injure à la dignité de ces personnes que ce projet entend défendre.

Aussi, j'en appelle aujourd'hui à l'ensemble des élus ici présents pour manifester leur soutien à la création de cette agence, en espérant que ce soutien réel sera à la hauteur de l'ambition et de l'enthousiasme qui portent ce projet.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.P.A.).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur BOURNAZEL.

Vous avez un peu dépassé votre temps de parole, mais c'est un sujet important.

Je donne la parole à Mme Olga TROSTIANSKY pour donner l?avis de l?Exécutif sur cette proposition de v?u n° 8 G.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Monsieur le Président, une remarque de forme tout d'abord : je voulais suggérer à M. BOURNAZEL de rendre à Mme GUEDJ sa véritable identité et de l?appeler conseillère régionale plutôt que conseiller ! Militante des Droits de l'Homme, je crois qu?elle sera certainement sensible à son respect d'identité de femme, comme je le suis moi-même.

Monsieur BOURNAZEL, sur votre v?u, vous avez raison, il est inacceptable que, chaque jour, en France, au moins une personne sans abri meure dans la rue. Mais, Monsieur BOURNAZEL, faut-il pour autant ne se préoccuper du sort que des Français qui vivent dans la rue ? Comptez-vous proposer une agence spécifique pour les étrangers ? Faut-il ajouter de la discrimination à l'exclusion ? Cette formulation est particulièrement indigne et je voulais la dénoncer vigoureusement.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

Sur le fond...

M. Jean-François LAMOUR. - Cela vole bas !

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Cela vole bas, Monsieur LAMOUR ! Bien sûr, une Agence nationale des Français de la rue, cela vole bas, vous avez raison !

C'est une partie de ma réponse, Monsieur.

Sur le fond, je suis étonnée que vous demandiez - je cite - "de vrais moyens pour sauver les personnes sans abri". Est-ce que vous ignorez que l'Etat est seul compétent sur la question des sans-abri et que, si la situation est si dramatique aujourd'hui, c'est parce que le Gouvernement ne donne pas les moyens de répondre aux besoins d'hébergement, de soins et d'orientation de ces personnes ?

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

La politique en direction des personnes à la rue nécessite effectivement une plus grande coordination?

(Exclamations sur les bancs du groupe U.M.P.P.A.).

Je vous remercie de me laisser parler, Monsieur LAMOUR !

? une grande coordination des différents acteurs, services de l'Etat, associations, collectivités locales, très engagés, vous le savez, comme nous le sommes à Paris. Et, bien sûr, c'est à l'Etat d'améliorer et surtout d'assurer cette coordination au niveau du Département mais aussi au niveau régional, comme le demande Bertrand DELANOË depuis des années.

Il m'apparaît urgent de donner aux administrations déconcentrées les moyens d?une politique de lutte contre les exclusions, digne de ce nom.

Monsieur BOURNAZEL, Monsieur LAMOUR, interpellez donc le Gouvernement pour qu'il passe de la parole aux actes !

Vous aurez, Monsieur le Président, je suppose, compris que je propose un avis défavorable à ce v?u.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame TROSTIANSKY.

Monsieur BOURNAZEL, vous avez déjà parlé 2 minutes et demie. Alors, 30 secondes ! Vous avez la parole.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Oui, Monsieur le Président, merci.

Juste en deux mots !

Madame TROSTIANSKY, il s'agit de parler de la misère humaine dans les rues de Paris. Je ne vais pas faire de polémique ici, je crois que ce n'est pas digne !

L'Etat peut prendre ses responsabilités, on peut toujours se défausser sur les responsabilités de l?Etat, mais, Madame TROSTIANSKY, votre portefeuille? c'est quoi, votre portefeuille ? Ce sont les Affaires sociales ?

(Brouhaha).

Et quelle est la mission du Département de Paris ? C'est bien la compétence sociale ! Alors, cessez de vous défausser sur l'Etat ! Agissez aussi dans l'intérêt de tous les Parisiens et de toutes les Parisiennes !

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur BOURNAZEL.

Je mets aux voix, à main levée, votre proposition de v?u assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ? Le Nouveau Centre et Indépendants.

La proposition de v?u est repoussée.