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Mars 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 130 G - Signature d'une convention annuelle avec l'association "Agir et vaincre l'autisme" (15e) pour l'attribution d'une participation pour le fonctionnement de la structure de "l'Ecole ABA" (19e). Montant : 200.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Mars 2009


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet DASES 130 G. Il s'agit d'une convention annuelle avec l'association "Agir et vaincre l'autisme" qui est domiciliée dans le 15e arrondissement, pour le fonctionnement d'une structure dite "l'Ecole ABA", 19e arrondissement, montant 200.000 euros.

Mme Karen TAÏEB interpelle Mme DUBARRY.

On saura peut-être ce qu?est "l'Ecole ABA" grâce à votre intervention !

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Président, mes chers collègues.

Je voudrais me féliciter de notre politique en direction des jeunes autistes à Paris et, par là même, notre collègue Véronique DUBARRY pour son dynamisme et son exigence au service de nos concitoyens porteurs de handicap.

"Agir et vaincre l'autisme" est donc le nom de l'une des associations que Paris soutient et pour laquelle une subvention de 200.000 euros est donc proposée aujourd'hui.

"Agir et vaincre l'autisme" car il est question d'action et même d'un combat à mener si l'on veut rattraper le retard à Paris et plus généralement en France, et ce, malgré un premier plan autisme 2005-2007 et un second plan triennal 2008-2010, financé à hauteur de 187 millions d?euros. Car, rappelons-le, il s'agit d'une compétence de l'Etat.

Mais Paris est solidaire, Paris se doit d'agir et Paris se doit de montrer l'exemple, comme nous le faisons. Cette année encore, 1 million d'euros sont consacrés ou seront consacrés à la prise en charge de cette maladie qui touche à la fois l'enfant chez lequel il y a eu un diagnostic et les parents qui vont, dès le diagnostic posé, ressentir tout le poids de la prise en charge sur leurs épaules.

Faute de structures adaptées et de moyens, les parents, les mères en particulier, arrêtent de travailler, car il va s'agir de stimuler au quotidien, à chaque instant, ces enfants pour leur donner, autant que faire se peut, une autonomie pour l'avenir.

On le sait aujourd'hui, agir le plus tôt possible conditionne fortement leurs possibilités d'accéder à une scolarisation en milieu ordinaire et notamment grâce à la méthode dite "ABA". C'est ce que propose l'association "Agir et vaincre l'autisme". Cette fondation a pu en 2008 porter le projet d'ouverture d'une structure pilote d'intervention intensive et précoce destinée à accueillir de jeunes enfants parisiens porteurs de troubles autistiques.

Cette structure expérimentale, appelée "école ABA", a ouvert il y a un an et a accueilli 10 enfants âgés de 3 à 10 ans.

Elle est donc implantée au 4, rue David d'Angers dans le 19e arrondissement, dans un local mis à disposition jusqu'à l'automne 2009 par la mairie du même arrondissement.

Ces enfants sont encadrés par deux psychologues et dix éducateurs formés aux méthodes "ABA" durant le temps scolaire. Nous souhaitons que l'Etat reconnaisse ce type de dispositif et permette ainsi sa prise en compte au titre du droit commun.

La prise en charge des personnes atteintes de troubles autistiques coûte cher, mais il est temps de faire en sorte que nos concitoyens trouvent la place qui leur revient ici et non pas de l'autre côté de la frontière, en Belgique notamment.

C'est une double souffrance, une double peine qui leur est infligée.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Je donne la parole à Mme Véronique DUBARRY dont les qualités ont été à juste titre vantées.

Mme Véronique DUBARRY, au nom de la 6e Commission. - Je vous remercie.

Je voulais à mon tour remercier Mme Karen TAÏEB qui m'a permise de répondre à la question que vous posiez, Monsieur le Président, à savoir qu'est-ce que l'"ABA", puisque Mme la Présidente de la 6e Commission m'a proposée de présenter l'ensemble des actions en faveur de l'autisme réalisées par le Département de Paris depuis un certain nombre d'années déjà.

Vous l'avez dit, Madame TAÏEB, le Plan autisme 20082010 est paru, il annonce des chiffres, beaucoup de chiffres, en termes d'ouverture de place ou en termes de millions d'euros distribués aux associations.

Je vous le redis comme je vous l'ai dit en 6e Commission, malheureusement, je ne sais pas plus que vous ce que cache ou ce que va révéler ce Plan autisme.

Les associations, pas plus que les collectivités locales, ne savent comment seront répartis ces places et ces millions d'euros sur le territoire national. Paris se porte Département volontaire, je rencontrerai le cabinet de Mme Valérie LÉTARD d'ici la fin du mois pour annoncer cette volonté, afin que l'Etat accompagne la collectivité parisienne dans cet accompagnement des familles et des enfants autistes.

Vous avez dit, parce que cette délibération porte effectivement sur l'école "ABA", tout le bien que vous pensiez de cette méthode. J'ajoute que, parce que ce n'est pas mon rôle, je ne fais pas le choix de telle ou telle méthode.

Il existe un certain nombre d'autres méthodes qui sont dans la même ligne d'accompagnement éducatif des enfants et qu'il me semble falloir privilégier au détriment des méthodes uniquement psychanalytiques qui étaient à l'ordre du jour il y a encore quelques années et qui connaissent encore malgré tout aujourd'hui des résurgences.

Je citerai d'autres méthodes, la méthode "TEACH", la méthode "PECS", la méthode Makaton, qui toutes donnent des résultats, permettent aux enfants d'accomplir un certain nombre de progrès.

Nous avons dépassé le stade des théories uniquement psychanalytiques lorsqu'il s'agit de l'autisme. Il ne s'agit plus uniquement d'envisager le rôle de la mère dans ces maladies qui sont, l'état actuel des recherches permet de l'envisager, vraisemblablement d'origine génétique.

On ne parle plus de mère frigidaire et de culpabilisation de la mère. On est passé à autre chose. Il me semble normal que le Département de Paris accompagne cette autre chose qui est mise à l'ordre du jour par des associations - vous avez bien fait de le souligner, c'est souvent le cas en matière de handicap associations de parents qui, à un moment donné, en ont eu assez de ne pas trouver de réponse locale, au plus près des besoins de leur enfant, et à qui on ne proposait comme alternative que d'aller en Belgique.

Il y a moyen de faire des choses sur le territoire français, la Ville de Paris a pris les devant, a devancé le Plan autisme. J'espère néanmoins que l'Etat nous accompagnera dans cette démarche volontaire et que nous pourrons aller encore plus loin et répondre à la totalité des demandes, ce qui est loin, comme on a pu le constater en 6e Commission, d'être le cas aujourd'hui.

M. Christian SAUTTER, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 130 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 130 G).