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Octobre 2004
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Conseil Municipal
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39 - 2004, DASCO 108 - Rattachement administratif du lycée municipal Clément Ader (10e) au lycée technologique Diderot (19e)

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASCO 108. Il s'agit du rattachement administratif du lycée municipal Clément Ader au lycée technologique Diderot.
Le président VUILLERMOZ souhaite interroger M. FERRAND.
M. Jean VUILLERMOZ. - A l'issue du Conseil interacadémique, l'Académie de Paris a décidé, le 28 juin et le 2 juillet dernier, de fermer progressivement le lycée professionnel municipal Clément Ader et de le regrouper sur le lycée Diderot pour des raisons de "rationalisation de l'offre et de sous-occupation des deux lycées". Notons au passage que si les effectifs du lycée Diderot ont baissé, cela est dû principalement à la suppression par l'Académie de la filière productique.
On nous demande aujourd'hui d'acter cette décision qui, comme je l'avais signalé en février 2004 au Conseil de Paris, est brutale, sans concertation, sans avoir associé la Ville à ce projet, sans aucune réflexion sur la cohérence et le devenir des filières technologiques et professionnelles.
Suite à notre intervention, la Ville avait dénoncé à l'époque, dans un communiqué, l'absence de concertation. Elle demandait que la cohérence des filières soit préservée et elle insistait pour avoir des garanties quant aux conditions de travail des élèves et personnels enseignants. Depuis quelques années, différents rapports évoquent les "prochaines modifications de la structure des séries STI". Dans tous les cas, ils s'orientent vers une diminution sévère du nombre de séries avec, par exemple, la disparition des microtechniques.
Aujourd'hui, nous constatons dans le budget 2005 de l'Education nationale à quel point les filières professionnelles et technologiques sont menacées.
Le Gouvernement ferme le recrutement des certificats d'aptitude au professorat d'enseignement technique (CAPET) pour 2005. Il ferme certaines séries à faible flux, pourtant très attractives. Il retarde les éventuels investissements en matériels. Il réfléchit à des changements de discipline pour les enseignants.
Nous assistons donc à une politique de diminution de l'offre de formation dans les séries technologiques et professionnelles industrielles, orchestrée par le Ministère. Dans la foulée, on constate que la Région augmente les budgets alloués aux C.F.A.
Dans ce contexte, avec le cas du lycée Ader et du lycée Diderot, on peut s'interroger sur l'attitude de l'Académie de Paris : n'anticiperait-elle pas une éventuelle réforme ? Nous avons donc toutes les raisons de continuer à nous inquiéter sur le devenir des filières du lycée Ader, une fois fusionnées au lycée Diderot et la possibilité pour ce dernier de continuer à développer les siennes.
Pourtant, à la rentrée, ces deux populations scolaires aux vocations différentes ont été mélangées : l'une se prépare au C.A.P., B.E.P., bac professionnel, l'autre aux bacs technologiques et scientifiques, et B.T.S.
La rentrée 2004 à Diderot, pour les élèves du lycée Clément Ader, aura été plutôt chaotique. Il était question de transférer, en septembre, deux sections. Elles ne l'ont été que partiellement. Certains cours ont lieu encore dans le 10e arrondissement et il n'y a eu qu'une salle et demie d'équipée correctement. Or par exemple, il y avait à Ader, cinq salles d'horlogerie très spécifiques. Que vont-elles devenir ?
Seul un C.P.E. surveillant général, celui d'Ader, a été mis à disposition du lycée Diderot. Or il s'agit de populations scolaires aux habitudes et aux modes de fonctionnement différents.
Aussi, réussir cette intégration nécessite de donner les moyens aux personnels non enseignants pour accompagner ces nouveaux élèves qui doivent être, à juste titre, inquiets de leur avenir.
En conséquence et pour finir, nous ne pouvons accepter cette rationalisation qui, au lieu de travailler les ajustements pour répondre et anticiper les besoins en formation des acteurs économiques, méprise les enseignants et leur travail, les élèves et les parents, dans une comptabilité froide, voire bêtement aveugle.
Aujourd'hui, comment la Ville compte-t-elle suivre ces deux lycées pour veiller aux bonnes conditions de travail de tous et à la préservation de toutes les filières ? Compte tenu de ce que je viens de dire, nous ne participerons pas au vote sur ce projet de délibération.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Attendez, Monsieur VUILLERMOZ, que M. FERRAND vous réponde. Il va peut-être vous convaincre de voter favorablement.
Je donne la parole à M. FERRAND.
M. Eric FERRAND, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je répondrai au Président VUILLERMOZ que la décision de transfert d'enseignement des lycées professionnels municipaux vers les lycées régionaux relève de la pédagogie, de la compétence de l'Académie, c'est-à-dire de l'Etat. Comme vous l'avez souligné tout à l'heure, j'ai été choqué par l'annonce telle qu'elle nous a été faite en décembre 2003 puisque j'ai appris le transfert des enseignements du lycée Clément Ader vers Diderot par une délégation syndicale. Cela fait plaisir d'être informé par les syndicats avant de l'être par l'Académie.
Nous avons réagi vivement contre cette mesure et nous avons formulé deux exigences : d'une part, qu'il y ait toute la concertation faite autour du transfert des enseignements ; d'autre part, que ces transferts n'aient pas lieu en septembre 2004. Ils auront donc lieu, dans leur totalité, en septembre 2005 et nous l'avons obtenu clairement.
Autre exigence, c'est qu'aucun des enseignements dispensés dans les lycées professionnels municipaux de Paris ne disparaisse de la Capitale et ne soit transféré hors les murs.
Cette année, ce sont d'abord les enseignements de dessins industriels qui ont été transférés, ensuite viendront les enseignements de micromécanique. Il y a eu une sorte de jeux de bonneteau dans cette affaire, puisque les enseignements de Clément Ader vont à Diderot et qu'une partie des enseignements dispensés au lycée Diderot sont partis au lycée Dorian.
Nous restons extrêmement vigilants sur la situation car nous sommes également inquiets de l'avenir des lycées professionnels en général, en tous cas de ceux qui sont sur le territoire parisien.
Je vous rappelle que, pour le moment, ces transferts se font à filière constante et qu'il appartient à la Région de définir le schéma des formations, lequel va bientôt être rediscuté. Ces exigences ont donc été formulées de manière très ferme. Aujourd'hui, nous constatons la décision de l'Académie.
Je suis également en mesure de vous dire que le bâtiment municipal du lycée Clément Ader, qui sera l'ancien lycée Clément Ader, restera municipal et sa destination, scolaire, car nous pourrons accueillir l'école Boulle pendant la période de restructuration de l'école et ensuite, l'école Chabrol qui appelle également une restructuration complète.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci pour ces explications.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 108.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DASCO 108).