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Octobre 2004
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15 - Vœu déposé par le groupe "Les Verts" concernant l'implantation de correspondants de nuit dans le 20e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2004


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons à présent le v?u référencé n° 5 dans le fascicule déposé par les membres du groupe "Les Verts" qui ne se rattache à aucun projet de délibération.
Monsieur RIOU, vous avez la parole.
M. Alain RIOU. - Madame la Maire, mes chers collègues, dans le cadre du contrat de sécurité d'arrondissement, a été définie la nécessité de mettre en place sur un certain nombre de quartiers sensibles du 20e arrondissement, le quartier Saint-Blaise notamment, un service de correspondants de nuit. Ces agents de médiation n'ont pas vocation à remplacer les services tels que la police, les pompiers ou la sécurité des immeubles déjà présents sur le terrain, mais à compléter cette action par une présence humaine, constante et apaisante dans des secteurs à forte concentration urbaine et posant parfois un certain nombre de problèmes de cohabitation entre les habitants.
Une étude diligentée par la mairie du 20e, financée par la Ville de Paris, a conclu à la pertinence du projet et préconise un portage associatif s'appuyant sur les conseils de quartier, leurs représentantes et représentants dans lequel seraient également impliqués les bailleurs sociaux.
Dans le même temps, un nouveau dispositif cofinancé par la Ville et les bailleurs sociaux a été élaboré pour la sécurisation des immeubles sociaux. L'arbitrage de l'adjoint au Maire de Paris en charge de ce dossier est intervenu courant juin 2004 concluant que, malgré la qualité du projet déposé par l'association "Médiation 20" regroupant les conseillers de quartier, la Ville de Paris, privilégiera le portage d'un tel projet directement par la D.P.P. Une première expérience a été mise en place dans le 19e au cours du mois de juillet 2004.
Dans la mesure où le 20e arrondissement était l'un, voire le premier à proposer ce type de dispositif via son contrat local de sécurité, les élus de la majorité du 20e arrondissement, qui ont tous voté ce v?u, souhaitent que notre arrondissement soit tout au moins bénéficiaire d'un des prochains dispositifs "correspondants de nuit" mis en place dans la Capitale. Nous ne comprendrions pas un arbitrage contraire de la part de la Ville. Tel est, mes chers collègues, Madame la Maire, l'objet de ce v?u.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.
La parole est à M. Christophe CARESCHE pour répondre.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Je voudrais d'abord me féliciter de l'hommage ainsi rendu aux correspondants de nuit qui constituent un dispositif utile et intéressant. Nous avons effectivement commencé à le déployer dans le 19e arrondissement.
Au départ, c'est vrai, nous avions pensé à déléguer cette mission à des associations. Nous avons finalement décidé de la faire prendre en charge par des agents de la Ville de Paris : à cette fin, nous avons reconvertis des A.L.M.S. en correspondants de nuit, dotés à cette fin du statut de fonctionnaire de la Ville de Paris. J'ai constaté que cette formule avait finalement bien des avantages : elle permet de bien identifier l'institution, à savoir la Ville de Paris, et de les crédibiliser fortement, car c'est l'une des conditions de la réussite de la mission de ces correspondants de nuit.
Et dans le 20e comme dans le 19e, nous avons informé les mairies d'arrondissement du parti que nous avons pris.
Trois arrondissements pourraient bientôt bénéficier de ce dispositif : le 20e, évidemment, qui a fait en ce domaine un travail préliminaire tout à fait intéressant ; le 13e, sur la dalle des Olympiades : actuellement en effet, nous subventionnons la copropriété de la dalle pour disposer de médiateurs sur le terrain. Eventuellement, si la copropriété accepte, la Ville pourrait assumer directement cette mission. C'est une possibilité à étudier avec la copropriété et la mairie du 13e arrondissement. Enfin, le dernier quartier où pourraient être déployés des correspondants de nuit serait le secteur de Château-Rouge. La Ville s'y investit considérablement et je pense que ce dispositif pourrait y être utile.
Je ne suis pas capable aujourd'hui, Monsieur RIOU, de vous donner l'ordre de priorité. Il dépendra bien évidemment de l'avancement des projets des uns et des autres. Mais soyez certain que le 20e arrondissement fera partie des toutes premières priorités de la Ville de Paris. Vous pouvez rassurer sur ce point l'adjoint au Maire du 20e arrondissement que je connais bien et avec qui je travaille : il peut compter sur la Ville pour que des correspondants de nuit soient déployés dans le 20e.
Je trouve simplement votre rédaction un peu restrictive, quand vous dites que le 20e sera, en tout état de cause, le prochain arrondissement concerné par les correspondants de nuit. Je ne peux pas prendre d'engagement formel sur cette formulation. Je peux simplement vous dire que le 20e fera partie des tous prochains arrondissements concernés.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur CARESCHE.
Une demande d'explication de vote d'abord par M. COUMET puis M. GOUJON pour le groupe U.M.P.
M. Jérôme COUMET. - Merci, Madame la Maire.
Je voulais m'exprimer très brièvement sur ce v?u qui est d'ailleurs une forme d'hommage rendu aux correspondants de nuit à Paris. Je ne souhaite évidemment pas que nous nous y opposions. Cependant, comme vient de le dire Christophe CARESCHE, il serait délicat d'opposer les arrondissements les uns aux autres. Il ne peut s'agir de voter des v?ux pour donner la priorité à tel ou tel quartier par rapport aux autres. Trois sont donc concernés, comme l'a rappelé Christophe CARESCHE : le 20e, Château-Rouge et les Olympiades.
Je rappelle, à la différence de ce que vous avez dit, que dans notre contrat local de sécurité dans le 13e, pour ce qui nous concerne, je ne connais pas celui du 18e, la mise en place des correspondants de nuit était également une demande importante. C'est aussi un engagement de la Ville de s'investir sur le quartier des Olympiades.
Si vous acceptez d'amender votre v?u en disant que le 20e doit être l'un des trois prochains mis en place, nous pourrions le voter unanimement.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur GOUJON, vous avez la parole.
M. Philippe GOUJON. - Je crois que, pour qu'il y ait un maximum de transparence dans cette affaire, il serait utile que l'étude diligentée par la mairie du 20e et sur laquelle on se base au moins en partie pour étendre cette expérience nous soit communiquée puisque, jusqu'à présent, nous n'avons aucune information, nous au groupe U.M.P. dans l'opposition, sur l'action de ces correspondants de nuit contre lesquels nous n'avons évidemment aucun a priori, bien au contraire !
A cet effet, d'ailleurs, je ne comprends pas très bien la réponse de M. CARESCHE évoquant leur extension sur trois arrondissements : si je me souviens bien des termes du Contrat parisien de sécurité ou, en tout cas, des premiers débats qui nous ont occupés ici sur la sécurité au début de cette mandature, il était question de la mise en ?uvre de 500 correspondants de nuit. Je ne crois pas que plusieurs centaines de poste soient mis en place sur trois arrondissements seulement.
D'autant plus que, et M. CARESCHE le sait bien puisque nous avons eu de nombreux débats dans cette enceinte, il y a eu la suppression d'un grand nombre d'agents de surveillance dans les ensembles immobiliers sociaux sensibles parisiens, touchant d'abord tous ceux qui ne sont pas en "politique de la ville" et avec une réduction de crédit conséquente puisqu'il s'est agi de diviser par deux les crédits concernant l'action de ces agents de surveillance dans les ensembles immobiliers sociaux parisiens.
Je voudrais donc simplement avoir quelques précisions complémentaires de M. CARESCHE sur ces correspondants de nuit. Cela peut faire l'objet d'autres débats, peut-être pas aujourd'hui. Mais, à partir du moment où l'on a retiré des agents de surveillance, il serait bon de savoir exactement si l'ensemble des arrondissements sera traité de façon égale ou si ces correspondants de nuit sur le bilan desquels nous voudrions quelques explications seront cantonnés dans deux ou trois arrondissements.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vais redonner la parole rapidement à Sylvain GAREL puis à Christophe CARESCHE, puis nous passons au vote.
Monsieur RIOU, souhaitez-vous intervenir ?
M. Alain RIOU. - Ce n'est pas un v?u de Sylvain GAREL, mais un v?u du 20e. Sylvain GAREL n'est pas encore dans le 20e. Mais cela ne saurait tarder, je ne sais pas !
Je voulais dire que la proposition faite par Christophe CARESCHE nous convient. Si on nous propose d'amender pour dire que la priorité portera sur trois arrondissements, il n'y a aucun problème pour accepter cet amendement.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Très bien.
Monsieur CARESCHE, vous avez la parole.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Je voudrais préciser qu'en ce qui concerne les correspondants de nuit, l'engagement ne portait pas sur 500 mais sur 100.
Deuxièmement, et nous aurons l'occasion d'en parler, les agents de sécurité sont maintenus dans les immeubles sociaux. Le dispositif que nous avons mis en place, ce que vous nous avez reproché de faire, à savoir le dispositif inter bailleurs, semble donner toute satisfaction et être d'une grande efficacité.
Troisièmement, je suis pragmatique : tous les arrondissements peuvent évidemment prétendre à bénéficier des correspondants de nuit. Mais les premières priorités sont celles que je viens de vous indiquer. J'accepte le v?u tel qu'il a été amendé par M. RIOU.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Bien.
Donc je mets aux voix, à main levée, ce v?u ainsi amendé.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le v?u est adopté. (2004, V. 211).