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Octobre 2004
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Conseil Municipal
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38 - 2004, DPA 226 - Approbation du principe de la réalisation des travaux de construction d'un gymnase et d'une salle de sports sur la parcelle située 2 à 6, rue de Schomberg et 15, boulevard Morland (4e) et des modalités de passation du marché de maîtrise d'oeuvre correspondant. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer ledit marché et de déposer la demande de permis de construire correspondante

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous arrivons au projet de délibération DPA 226 relatif aux travaux de construction d'un gymnase et d'une salle de sports sur la parcelle située 2 à 6, rue de Schomberg et 15, boulevard Morland dans le 4e arrondissement. Il s'agit d'autoriser le Maire de Paris à signer un tel marché et à déposer la demande de permis de construire correspondante.
Il y a trois intervenants : M. NAJDOVSKI, M. ESPINOSA et la Maire du 4e arrondissement, Mme BERTINOTTI. M. CHERKI répondra.
La parole est à M. NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI. - Monsieur le Maire, en propos liminaire, je voudrais préciser d'emblée qu'il ne s'agit pas pour nous de nous opposer a priori à un équipement sportif de proximité dans le quartier de l'Arsenal dans le 4e arrondissement.
"Les Verts" soutiennent les projets parisiens de réalisation d'équipements publics ou sociaux et plus particulièrement ceux qui permettent de combler les déficits en équipement légués par les précédentes mandatures.
Dans le cadre du 4e arrondissement, le constat de départ est partagé par tous. Il existe un déficit en équipement sportif et en espace vert. La parcelle de la rue de Schomberg est l'un des rares si ce n'est le seul terrain aménageable de l'arrondissement.
Passé ce diagnostic approuvé par tous, reste à savoir quelle priorité on choisit quant à l'aménagement du terrain. Or le problème relatif à la construction de ce gymnase, c'est la façon dont le projet a été mené, notamment la concertation a été pour le moins déficiente comme le relèvent les comptes rendus rédigés par le conseil de quartier "Arsenal". C'est un projet ficelé qui a été imposé au lieu de partir des besoins exprimés localement et de laisser un choix ouvert entre deux alternatives, à savoir : la construction d'un équipement sportif léger et la réalisation d'un espace vert, ou la construction d'un gymnase.
Que l'on se comprenne bien, "Les Verts" sont pour la réalisation d'équipements sportifs de proximité dans les quartiers parisiens et nous sommes intervenus à de nombreuses reprises en ce sens.
Pour ma part, je milite pour la construction d'un gymnase à Bercy. Nous pourrions multiplier les exemples de ce type.
Le problème ici vient du fait que c'est l'imposition par le haut d'une seule des deux alternatives qui a prévalu alors qu'à l'évidence il devait y avoir débat sur l'utilisation de ce terrain et sur la priorité à donner à tel ou tel équipement.
Etait-ce l'option jardin plus terrain d'éducation physique ou l'option gymnase qui était la plus opportune ? Etait-il préférable de combler le déficit en espaces verts ou en équipements sportifs ? Ne pouvait-on avoir un projet conciliant les deux objectifs ? Est-il opportun de construire un équipement lourd sur un terrain inondable ?
Vous n'avez pas laissé la possibilité aux acteurs locaux d'en débattre, imposant un choix aujourd'hui discuté. Il est dommage pour des questions de méthode, de concertation non-aboutie, voire de débats escamotés, que nous soyons contraints de nous opposer ou en tout état de cause, de ne pas soutenir des projets qui vont pourtant dans le sens de l'intérêt général.
Ainsi, le représentant du conseil de quartier, qui a siégé au jury de concours du projet en tant que représentant des associations, avait obtenu un engagement formel de la Ville que les couvertures seraient végétalisées et que le projet serait négocié avec le conseil de quartier. Il s'était finalement rallié au projet choisi, ce dernier devant faire l'objet d'une consultation publique. Hélas, ces engagements qui comme souvent n'engagent que ceux qui les reçoivent, n'ont pas été tenus. L'entêtement de la mairie du 4e a donc contraint les élus "Verts" du 4e à voter contre ou à s'abstenir. C'est ce à quoi vous nous obligez également aujourd'hui.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur NAJDOVSKI.
Je donne la parole à M. ESPINOSA avant que ne s'exprime la Maire du 4e arrondissement.
M. José ESPINOSA. - Merci, Monsieur le Maire.
Les élus communistes se félicitent de la construction de ce gymnase dans un arrondissement du Centre de Paris qui, comme chacun le sait, ne dispose que d'un seul équipement de ce genre auquel il convient d'ajouter la salle polyvalente des Blancs-Manteaux.
Sous l'impulsion de la Municipalité du 4e et de ma collègue Evelyne ZARKA, ce projet, décidé par l'équipe municipale parisienne dès le début de la mandature, a été l'objet de maintes attentions particulières jusqu'à aujourd'hui.
Plusieurs réunions de concertation se sont tenues : réunions publiques, association du conseil de quartier au choix de l'architecte, mise en place d'un comité de pilotage comprenant les représentants des conseils de quartier. D'autres réunions sont programmées pour prévoir les aménagements ultérieurs.
Bref, le contrat de mandature du 4e arrondissement et de Paris est respecté.
J'ajouterai que non seulement cette construction permet de rattraper en partie le retard des équipements sportifs dans le Centre de Paris, mais le projet de délibération répond aussi aux besoins exprimés par le monde scolaire.
Nous sommes tous ici convaincus de l'importance du sport dans les écoles. Or, sur les 120 heures de sport hebdomadaires obligatoires dans les lycées du 4e arrondissement, 49 heures seulement sont possibles aujourd'hui dans cet arrondissement.
Si l'on compare les ratios par mètres carrés de surface sportive par habitant, on arrive simplement à la moitié des ratios parisiens.
Je ne m'étendrai pas davantage sur les besoins nécessaires pour le sport associatif qui formule des demandes légitimes. Je signale que 24 associations du 4e arrondissement sont obligées d'avoir des créneaux en dehors de leur arrondissement.
Je ne peux donc qu'approuver la mise en place d'un groupe de travail associant les élus, les habitants, les associations, ainsi que les riverains, pour préciser mieux la pertinence des aménagements sportifs et environnementaux retenus.
Je terminerai en valorisant le caractère très social de cette réalisation qui répond au v?u du mouvement sportif local, ainsi qu'aux demandes de la population et notamment des jeunes.
Bien sûr, j'aurais souhaité un gymnase de type C, comme tout un chacun ici. Toutefois, devant l'impossibilité matérielle de le réaliser, j'approuve la construction de ce gymnase de type B.
Voilà pourquoi nous voterons le projet de délibération.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.
Je donne la parole à Mme BERTINOTTI, maire du 4e arrondissement.
Mme Dominique BERTINOTTI, maire du 4e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Je me félicite d'abord de voir que tout le monde ici est unanime pour reconnaître le déficit en équipements sportifs dans le 4e arrondissement. J'ai souvenir d'une des nombreuses réunions publiques au cours desquelles, sur ces mêmes bancs, tous n'étaient pas convaincus de la nécessité de faire du sport dans le 4e arrondissement. Aujourd'hui, que ce soit reconnu comme une priorité et que l'on prenne acte du déficit d'équipements sportifs dans le 4e arrondissement, je ne peux que m'en réjouir.
Je tiens à dire aussi que dans le cadre de la procédure de concertation qui a été adoptée, c'est la première fois - les services techniques pourront en témoigner, - qu'un président de conseil de quartier a été associé au jury de choix du projet. C'est un élément tout à fait nouveau. Il a pu exprimer ses attentes, ses désirs et ses souhaits, en toute liberté.
Je peux même dire que sa présence et son rôle ont été très effectifs puisque, effectivement, grâce à ses interventions, il a été acté que dans le projet il y aurait végétalisation des toitures et rien ne permet de dire aujourd'hui, alors que des discussions ont débuté avec le cabinet d'architecte retenu, que l'on ait reculé sur ces aspects. Au contraire.
Donc, végétalisation des toitures, accessibilité pour la population riveraine aux pelouses qui vont entourer ce gymnase, ce qui aujourd'hui n'est pas le cas, exigence en terme de qualité des matériaux sonores utilisés pour ce gymnase.
Un groupe de travail, qui réunit les associations sportives, les différents conseils de quartier et les services techniques, ainsi que le cabinet d'architecte a été mis en place, ce qui permet de répondre au mieux aux attentes des riverains et de la population, qu'elle soit directement concernée par le sport ou qu'elle soit tout simplement intéressée par la construction d'un gymnase.
Je voudrais juste terminer en disant que pour nous il ne s'agit pas d'opposer un équipement sportif à la réalisation d'espaces verts. Je crois que nous sommes, à l'heure actuelle, en pleine discussion, justement au niveau de la Ville, pour l'aménagement d'un espace vert tout à fait conséquent près de la Cité internationale des Arts. Donc, nous avons la chance de pouvoir réaliser dans notre arrondissement à la fois espace vert et gymnase.
Il n'y a aucune contradiction.
Pour terminer, j'indiquerai que je crois que l'un des objectifs de la Municipalité est de maintenir la population dans le Centre de Paris. Si l'on veut maintenir en particulier sa population jeune, il faut lui donner les moyens de pouvoir mener une vie de jeune. A ce titre, espaces verts et gymnases vont de pair.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame BERTINOTTI.
Je donne la parole à M. CHERKI pour répondre aux trois intervenants.
M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je vais passer sur la question de la concertation. Dominique BERTINOTTI l'a très bien rappelé, la concertation a été exemplaire et je remercie la maire du 4e arrondissement et mon collègue Jean-Pierre CAFFET. C'est une pratique que nous innovons à Paris, consistant à faire à chaque fois siéger, soit des associations soit des présidents de conseil de quartier dans les jurys. Nous intégrons celles et ceux qui peuvent apporter un regard différent dès la phase initiale de la définition d'un cahier des charges et de la conception du projet. C'est important de le faire afin de pouvoir avancer ensemble.
J'aimerais que mon collègue NAJDOVSKI m'explique, à moins que, comme Jésus, il ne puisse multiplier les petits pains, dans quel terrain du 4e arrondissement on va faire le gymnase que l'on ne fait pas à Schomberg. C'était la seule parcelle qui s'y prêtait.
Il faut dire la vérité. Bien évidemment, il y a des riverains, comme à chaque fois que l'on construit un équipement public, qui ne sont pas spontanément convaincus de l'utilité d'avoir l'équipement public près de chez eux, mais qui, en revanche, sont convaincus de l'utilité de l'équipement public dans leur arrondissement.
On n'a pas trouvé de solution alternative. Comme l'a rappelé M. ESPINOSA, au départ, les besoins identifiés portaient sur un gymnase de type C, c'est-à-dire plus grand. Compte tenu des contraintes d'urbanisme que nous subissons du fait que nous sommes en c?ur d'îlot, nous avons pris la décision douloureuse de réduire la taille de l'équipement et nous ne pourrons pas, à l'issue de la construction de cet équipement, satisfaire la totalité des besoins sportifs. Or, c'était l'objectif recherché par le projet.
Au départ, ce gymnase devait être enterré, mais le plan de prévention des risques d'inondation a fait classer ce périmètre en zone inondable et nous n'avons plus la possibilité juridique de l'enterrer. C'est la raison pour laquelle nous sommes passés à un gymnase de type B, au lieu de C.
La réflexion sur la végétalisation se poursuit et se poursuivra dans le cadre du jury d'architecture dans lequel figurera le président du conseil de quartier qui est l'interlocuteur des riverains dans l'affaire, pas simplement des élus "Les Verts" qui s'abstiennent ou qui votent contre lors des Conseils d'arrondissement.
Il y a aussi les conseils de quartier. Ils seront intégrés au jury d'architecture et ils pourront faire progresser le débat sur la végétalisation car cet équipement doit aussi s'insérer le mieux possible dans son environnement immédiat.
Il est vrai qu'à l'issue, nous aurons sacrifié une pelouse. En effet, on aurait pu concilier, sur la parcelle de Schoenberg, un équipement sportif et de la nature en faisant des tennis sur gazon. Il se trouve que les besoins de sport dans l'arrondissement vont au-delà de la pratique du tennis sur gazon.
Nous avons 24 associations dont 13 qui pratiquent des sports de salle. Nous avons plus de 70 heures de pratique de sport scolaire qui ne sont pas satisfaites. Dans cet arrondissement, il y a plus de 8.000 jeunes, en primaire ou en secondaire, en établissements publics ou dans le privé sous contrat, qui sont scolarisés. Quand on défend le service public, on défend aussi le service public de la pratique de l'éducation physique et sportive. Je ne sais pas comment faire autrement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
Dans ce cadre, en effet, pour paraphraser une émission en vogue, on ne peut pas plaire à tout le monde. Ce projet ne sera pas consensuel, mais nous avons la conviction, avec la maire du 4e arrondissement, que ce projet pourra rassembler une très large majorité de la population de l'arrondissement, à défaut de l'unanimité. Je souhaite que le travail que nous avons commencé en commun, notamment avec le conseil de quartier dans le cadre de la végétalisation, nous permette d'arriver à un projet qui satisfasse au mieux y compris les aspirations des riverains, qui sont légitimes, mais pas plus que l'obligation de service public en matière de pratiques du sport scolaire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.
Explication de vote du président RIOU.
M. Alain RIOU. - Je voulais dire en quelques mots que "Les Verts" n'étaient pas hostiles à cet équipement.
Le problème, c'est que l'équipement, tel qu'il est conçu aujourd'hui, ne nous donne pas satisfaction. En d'autres termes, M. Pascal CHERKI l'a reconnu, des gymnases plus petits ont été construits dans les sites urbains. Pourquoi ne choisit-on pas de faire un gymnase plus petit, ce qui permettrait que les hauteurs du gymnase ne soient pas à quelques mètres des habitations ?
Donc nous disons très clairement : retirez ce projet de délibération, faisons un projet plus modeste, et nous l'adopterons sans problème. Mais si ce projet n'est pas retiré, le groupe "Les Verts" confirme qu'il votera contre.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 226.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DPA 226).