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Octobre 2004
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Conseil Municipal
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59 - 2004, SG 139 - Candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012.Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la préservation de l'inégralité du bois de Boulogne.Vœu déposé par le groupe Union pour la démocratie française sur l'extension de Roland Garros.Vœu déposé par le groupe Union pour la démocratie française tendant à ce que soit recherchée l'opportunité de constituer un potentiel foncier sur le secteur Batignolles.Vœu déposé par l'Exécutif sur l'aménagement et la valorisation du bois de Boulogne dans la perspective de l'organisation des Jeux olympiques 2012

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous entamons maintenant un débat très important sur la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques pour 2010.
Nous avons des projets de délibération, le SG 139, le SG 1 G, des v?ux, des amendements...
Je vais vous dire quelques mots généraux. Il y aura un débat général. Dans ce débat général que vous avez organisé, pensez à défendre les points de vue qui concernent les v?ux ou les amendements et lorsque les quatre membres de l'Exécutif répondront, Jean-Pierre CAFFET, Denis BAUPIN, Pascal CHERKI et Yves CONTASSOT, je leur demande de se compléter, de ne pas se répéter. Christian SAUTTER pourrait également intervenir car il est concerné par le financement de tout cela, mais je ne l'y pousse pas. Faites une intervention à quatre voix.
Je souhaite que le débat soit clair, y compris sur la diversité de nos points de vue, de nos v?ux ou amendements, afin que tout cela, si possible, converge.
Cela fait de nombreux mois que nous travaillons tous, on pourrait même dire de nombreuses années, à cette candidature et je voudrais dire plusieurs choses.
La première, c'est que nous sommes candidats dans le cadre d'une compétition extrêmement ouverte et extrêmement difficile. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la décision est acquise, qu'il y aurait tel favori.
Lorsque sont en compétition New York, Londres, Madrid, Moscou et Paris, il n'y a la place pour aucune arrogance, pour aucune suffisance et pour aucun pronostic qui serait le fruit d'une psychologie un peu autosatisfaite.
C'est une compétition extrêmement difficile, où nous avons des chances et où je souhaite que nous mettions justement toutes les chances de notre côté.
Quand on se lance dans une aventure aussi considérable, on ne fait pas les choses à moitié. On le fait dans la transparence en prenant en compte toutes les difficultés, toutes les réalités, mais on le fait en se donnant toutes les chances de gagner sinon, ce n'est pas la peine.
Cette aventure est passionnante. Elle est passionnante parce que les Jeux olympiques sont le plus grand événement mondial et populaire.
Bien sûr, il peut y avoir autour des Jeux olympiques un certain nombre de dérives ou de sujets qui, du point de vue de nos valeurs, sont moins enthousiasmants que les valeurs de l'olympisme.
Si Paris est candidat pour organiser des Jeux d'été, ce qui ne s'est pas produit en France depuis 1924, c'est pour les valeurs fondamentales de l'olympisme et ce qu'elles peuvent avoir de commun, de rencontre avec les valeurs de Paris. Pour moi, ces valeurs du sport et de l'olympisme, c'est à la fois de la compétition, de la fraternité, de la rencontre, de l'universalisme, et cela vaut bien d'autres rendez-vous internationaux dans une planète mondialisée.
Il faut quand même voir ce que représente le sport, la compétition sportive, même si le challenge se termine fraternellement, pour des milliards d'êtres humains et, en particulier, dans les catégories populaires. Les Jeux olympiques, ce n'est pas un événement élitiste. C'est un événement fondamentalement populaire pour des milliards d'êtres humains, de gamins, y compris dans des quartiers défavorisés du monde entier.
A nous de proposer une organisation de ces Jeux qui soit conforme aux valeurs fondamentales de l'Olympisme et aux valeurs de Paris, c'est-à-dire des valeurs d'ouverture, d'égalité et ces valeurs universelles que porte l'olympisme et que porte notre Capitale.
Mais c'est vrai que cela peut paraître difficile de concilier du sens et de la performance. Voilà pourquoi j'ai dit et je maintiens que ces Jeux ne doivent pas être les Jeux de la frime, ne doivent pas être les Jeux du gaspillage. Ils doivent être des Jeux à l'esprit démocratique. Et en même temps, il est conciliable - en tout cas, c'est un défi pour nous, relevons-le ! -, d'être professionnels, de vouloir présenter une offre de grande qualité et en même temps très exigeante sur le sens.
Personnellement, je considère ce que le président du C.I.O. exprime comme valeurs de l'Olympisme, sa volonté de créer des circonstances qui rassemblent, comme de lutter contre le dopage. J'ai été frappé à Athènes de voir, lors de la cérémonie d'ouverture, lorsque l'on connaît l'histoire, la délégation turque défiler en ajoutant des drapeaux grecs à ses propres drapeaux et se faire acclamer par la population qui était dans le stade d'Athènes. Je ne veux pas idéaliser. Je veux dire simplement, qu'à travers ce type d'événement international, il y a des opportunités de rencontres, il y a des opportunités qui dépassent justement un certain nombre de conflits qui sont le fruit des enjeux de pouvoir ou de l'histoire.
Nous devons tenter de mériter ces Jeux. Ces Jeux, je voudrais qu'ils soient des Jeux du XXIe siècle. Des Jeux du XXIe siècle, cela veut dire que la civilisation urbaine a besoin de solidarité et a besoin de développement durable. Solidarité, pour moi, le symbole principal de la candidature de Paris, c'est l'accessibilité créée pour tous au-delà de nos handicaps. C'est au c?ur de notre candidature, au c?ur de notre dossier technique, et cela a un coût, et c'est une difficulté. L'égalité au-delà de nos handicaps, cela ne se décrète pas, cela se fait ! Et Pénélope en sait quelque chose. De cette candidature, je souhaite faire un levier pour cette solidarité.
Deuxièmement, je souhaite que ces Jeux soient des Jeux de tous. Et y compris si j'analyse le déroulement tout à fait réussi d'Athènes, je pense que nous devons dans notre dossier de candidature avoir le sens de la célébration des Jeux au c?ur de la Ville et par toute la population. Je crois que ce peut être un rendez-vous extraordinaire pour le lien social, pour la cohésion.
Jeux de la solidarité, cela peut paraître négligeable mais, pour moi, ce ne l'est pas. Quand on mêle le sens et la gestion, il y a des répercussions en termes d'aménagement de la Région parisienne et en termes d'emploi. Il est évident que cela représente des activités, du développement, des emplois provisoires ou pérennes, et moi, cela ne m'indiffère pas du tout pour la dynamique de notre agglomération et pour un certain nombre de gens qui pourraient être au chômage ou dans la difficulté. Ce sont des dizaines de milliers d'emplois, certains provisoires et au moins 42.000 pérennes.
Aménagement de la Ville et Paris et de son environnement, c'est fondamental. Je ne veux pas intervenir d'une manière qui pourrait paraître politicienne, mais Dieu sait combien nous travaillons depuis trois ans et demi en lien avec les autres collectivités locales, les communes voisines, les départements voisins, la Région Ile-de-France. Il est évident que le processus même qui nous conduit du 6 juillet 2005 aux Jeux de 2012 est un processus fédérateur. Il faut voir ce que cela représente comme avantages pour les populations de Seine Saint-Denis, pour les populations des Yvelines, pour la frontière entre Paris et son environnement à travers l'aménagement de cette vaste zone des Batignolles : chers amis, pour que nous ayons de l'ambition, il faut comprendre que le village olympique, c'est une opportunité formidable pour nous d'aménager des dizaines d'hectares aux Batignolles, dans le 17e arrondissement.
Chacun sait, parce que je veux parler un langage de franchise, que, compte tenu des négociations qu'il y a entre tous les partenaires, si l'on gagne les Jeux, c'est quand même plus facile de se mettre d'accord avec R.F.F., la S.N.C.F., pour libérer des dizaines d'hectares qui vont, certes, être dédiés pendant quelques semaines à des athlètes dans des conditions exceptionnelles, oui, mais qui permettront de laisser en héritage aux populations de l'agglomération parisienne des logements, notamment étudiants, des activités, des espaces verts et des équipements.
Vous savez, si l'on ne gagne pas le 6 juillet 2005, je ne suis pas sûr que l'on va aller aussi vite pour aménager Batignolles. Je le souhaite, évidemment. Mais nous savons bien que c'est un formidable accélérateur de développement et d'aménagement, surtout quand on dit que nous voulons réaliser ce village olympique aux normes H.Q.E. C'est quand même une ambition, un rêve gestionnaire que d'aménager un grand morceau de ville, avec ce que cela représente pour la vie quotidienne, pour l'activité économique, pour la qualité de vie, et de le faire avec une ambition réelle du point de vue du développement durable et des normes Haute Qualité Environnementale.
De ce point de vue-là, je veux dire que si j'ai voulu que cette offre de candidature signe des Jeux écologiques, ce n'est pas parce que je veux céder à telle ou telle pression, même si cela ne me dérange pas que tout le monde apporte sa contribution, tout cela me va très bien, mais parce que j'y crois et que je crois que, si Paris accueille en 2012 les Jeux les plus écologiques qui aient jamais été organisés, ceux qui auront mis le plus l'être humain, sa vie dans la ville et sa qualité de vie au c?ur du projet d'aménagement, ce sera contagieux, et je pense que c'est un beau message, c'est une belle signature.
Alors je voudrais que nous prenions en compte toutes les difficultés, que nous soyons lucides, il ne s'agit pas que notre enthousiasme nous rende, comment dire, irréalistes, mais je voudrais que nous ayons cette ambition de fond et que, dans tout ce que nous concevons en matière de transports, en matière d'aménagements, nous ayons vraiment envie de nous placer à nous-mêmes la barre très haut, tout en étant réalistes, raisonnables. De ce point de vue-là, dans les projets de délibération, les garanties que la Ville de Paris donnerait pour des aménagements, c'est à la fois un risque à prendre, un risque à calculer, à maîtriser et, dans certains cas, à limiter évidemment puisque nous ne serons pas seuls, ni comme opérateur public, ni par rapport aux entrepreneurs privés.
Il est évident que la très grande salle, que Roland Garros, doivent être évidemment pensés en fonction de leur usage futur, de leur rationalité économique future, et que cela doit nous amener à inviter un certain nombre de partenaires à participer à l'investissement, même si nous devons évidemment maîtriser la finalité de tout cela.
Chers collègues, je voulais vous exprimer ces choses de manière, je veux dire, non pas improvisée, mais sans vouloir un texte, parce que je préférais vous communiquer, en tant que Président du Groupe d'intérêt public de la candidature "Paris 2012", l'esprit dans lequel nous travaillons.
Mais sur l'esprit, je n'ai pas encore dit l'essentiel. L'essentiel, c'est la motivation commune de tous les acteurs de cette candidature : Président de la République, Gouvernement à travers l'engagement de Jean-François LAMOUR, Région Ile-de-France à travers l'engagement de Jean-Paul HUCHON et de toute son équipe, les élus locaux, les maires d'Ile-de-France, les Maires de France qui sont mobilisés, qui me demandent régulièrement à s'engager et - d'ailleurs ils s'engagent - et à l'occasion du Congrès des Maires de France prochainement, il y aura manifestation de cet engagement et partage du désir de ces Jeux olympiques.
Je viens de parler des institutionnels, mais le mouvement sportif ! Je suis extrêmement touché de la manière dont les sportifs français, les grands champions, les Médaillés olympiques d'Athènes, les Médaillés paralympiques, les sportifs des petits clubs, avec le même enthousiasme, avec la même générosité, avec le même amour de leur engagement sportif, proposent leur contribution, sont dans cette aventure, dans cet enthousiasme collectif.
C'est magnifique de voir des grands champions, y compris étrangers parfois, mais je ne veux pas en dire trop, ou des petits clubs qui nous disent "eh bien, on veut les Jeux, qu'est-ce qu'on fait ? On va participer à quelque chose ensemble ?".
J'ajoute le monde économique et social. Oui, je veux rendre hommage aux entrepreneurs qui, autour d'Arnaud LAGARDERE, s'engagent fortement, et d'ailleurs c'est là aussi, et je l'assume totalement, une signature de l'esprit de management de cette candidature.
J'ai souhaité par rapport à la candidature de 2008 que cela coûte moins cher en proportion à ceux qui s'étaient engagés, avec l'argent des contribuables, l'Etat, la Ville, la Région. Eh oui ! Mais nous restons majoritaires, nous pilotons, et un certain nombre d'entrepreneurs sont actifs, enthousiastes, mobilisent... et pour le moment, ils n'en ont pas de retombées, mais ils ont le droit de dire qu'ils sont dans cette passion.
Et le monde social ?
Moi, je me suis entretenu de cette question - je le dis à ce stade avec prudence, parce que je veux respecter les rythmes - avec tous les leaders syndicaux de ce pays, tous ! Certains ont commencé à s'exprimer, d'autres le feront. C'est très important. Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'un salarié même dans la difficulté, dans la souffrance, ne regarde pas les Jeux olympiques ?! Vous croyez que cela ne le passionne pas ? Peut-être plus que son patron d'ailleurs. Enfin, je n'en sais rien.
Moi, en tout cas, cela m'importe beaucoup que ceux qui représentent le monde du travail aient une place dans cette ambition collective, qu'eux aussi aient envie de créations d'emplois, de solidarité et de cohésion sociale.
J'apprécie donc que certains se soient déjà exprimés, j'apprécie que certains y pensent et échangent avec l'animateur que je suis de manière très ouverte et je veux qu'à un moment donné cela se voie, mais je veux respecter évidemment les rythmes de nos partenaires et des partenaires syndicaux.
Chers collègues, je voudrais vous dire aussi qu'en termes d'aménagements urbains, je l'ai évoqué tout à l'heure rapidement, mais c'est quelque chose de considérable, et je sais que parfois nous n'arrivons pas bien à expliquer... eh bien, améliorons-nous, mais il n'y a rien dans le dossier technique tel qu'il est qui ne soit pas un progrès même du point de vue de l'accroissement du nombre d'espaces verts.
Il y a dans le dossier tel que nous le présentons des plus en matière de logement, en matière d'équipements sportifs, en matière de déplacements, en matière de solidarité - je pense aux personnes handicapées -, mais également, et ce n'était pas évident, et ce n'était pas facile à concevoir et il a fallu tout le monde, dans le domaine des espaces verts, car il y en aura plus à la sortie grâce aux Jeux olympiques.
Alors, bien sûr, tout cela, c'est du boulot, c'est parfois des incompréhensions, du management et de l'ingénierie, mais cela vaut la peine !
Je voudrais dire en conclusion que nous sommes loin d'avoir gagné.
Si nous gagnons le 6 juillet 2005 à Singapour, tous les Franciliens, tous les Français y gagneront quelque chose. Tous !
Pour préparer cette compétition, car nous sommes sur le terrain, mes amis, nous sommes sur le terrain, tous, actuellement, et nous livrons la compétition, il faut que nous sachions concilier diversité, liberté de point de vue, d'analyse et de suggestion et U-N-I-T-E !
Vis-à-vis du Comité international olympique et face à nos quatre concurrents, je nous suggère de maintenir jusqu'au 6 juillet 2005 ce climat réel, compris, entendu, de rassemblement d'une équipe au service de cette candidature.
Je ne veux pas entrer dans les détails, mais je crois savoir que, pour les membres du Comité International Olympique, actuellement, la candidature de Paris donne le sentiment d'une équipe soudée - et pourtant elle est pluraliste -, d'une équipe qui vraiment a cette part de générosité, qui fait qu'avec nos différences on est engagé.
Je veux dire aux membres du Conseil de Paris que, vraiment, en aucune façon, je ne veux brider leur créativité, leurs opinions, leurs différences. Il faut que ces différences, cette diversité d'opinions, convergent. Il faut que le Conseil de Paris ait la force d'être libre individuellement, chaque Conseiller, chaque groupe, et en même temps de trouver cette occasion pour se rassembler pour cette circonstance-là. Car je vous assure que les membres du C.I.O. suivent tout. Ils ont raison. Ils suivent tout dans les cinq villes, d'ailleurs. Et regardez, ce n'est pas le domaine dans lequel on est le plus en retard, l'unité de tous les partenaires de la candidature, par rapport à nos concurrents sur lesquels je me garderai bien de tenir le moindre propos désagréable.
Et donc je le dis aux élus de Paris : un débat a lieu, ce débat est libre, doit permettre totalement l'expression des suggestions, des analyses, mais il doit converger et il doit nous amener à nous rassembler. Je veux enfin dire que pour élaborer ce projet, beaucoup d'adjoints, beaucoup, fournissent un travail considérable, de même que les directions, le Secrétariat général de la Ville et je veux leur exprimer non seulement ma reconnaissance, mais aussi ma certitude qu'il faut continuer à être très exigeant avec nous-mêmes, car si nous ne restons pas extrêmement exigeants avec nous-mêmes, je pense que nous perdrons du terrain. Et, je leur demande d'être très très très attentifs aux présidents de groupes, aux conseillers qui leur demanderont, soit des informations, soit à être associés, soit à pouvoir réellement jouer leur rôle dans l'équipe de la candidature de Paris pour les Jeux olympiques.
Mes chers collègues, je ne sais pas où nous serons en 2012, les uns et les autres, je nous souhaite de tous assister à des Jeux olympique extraordinaires à Paris, en Ile-de-France, et je nous souhaite de nous être donnés les moyens de faire en sorte que ces jeux correspondent, et à notre rêve, et à ce que nous pouvons trouver de compétences en étant tous ensemble, mais je nous rappelle que pour avoir ces instants magiques de 2012, il faut d'abord gagner le 6 juillet 2005, et c'est à cet effort, c'est à cette ambition, c'est à cette passion partagée que je voulais vous convier ce matin.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
Je donne la parole d'abord à M. Yves GALLAND.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, vous venez de mon point de vue de bien tracer le contexte : une compétition difficile, des chances réelles, un grand enjeu pour Paris et au-delà, naturellement, pour le pays, pas de suffisance, et, ainsi que vous nous l'avez demandé, le rassemblement du Conseil dans la prise en compte raisonnable de nos diversités, avec à l'arrivée, nous l'espérons tous, une convergence.
Ce projet de délibération a pour objet de voter les garanties financières nécessaires pour le C.I.O. correspondant à 1,27 milliard d'euros auxquels s'ajouteront les dépenses et investissements de la Ville qui se monteront environ à 900 millions d'euros selon les estimations actuelles.
Pour donner à la candidature de Paris toutes ces chances de gagner, deux conditions nous paraissent évidentes. La première : la qualité du dossier et les garanties d'infrastructure et d'organisation. La seconde : le consensus, l'union autour d'une telle candidature d'autant plus forte qu'elle est très inhabituelle dans notre beau pays.
Les garanties financières que vous nous demandez sont évidemment la contrepartie des engagements indispensables pour que le dossier "Paris 2012" ait toutes ses chances. Il s'agit d'ailleurs d'une conception assez remarquable qui a tiré des enseignements à la fois de l'échec de la précédente candidature de Paris, des Jeux qui viennent de se dérouler à Athènes et des évolutions de société et attentes nouvelles qui apparaissent,
Nous avons une ville magique, on conçoit des Jeux bien intégrés dans la cité et la région, cinq villes de province sont associées pour le football et la voile, sans oublier une prise en considération des lourdes contraintes de circulation. Voilà dans l'ensemble des atouts incontestables. Une philosophie consistant à que ces Jeux ne soient pas uniquement un événement ponctuel, mais un investissement durable pour les Parisiens, et une orientation dont nous nous félicitons, j'y reviendrai pour essayer de l'accentuer.
Une équipe "Paris et France", unie, toutes sensibilités confondues, comme l'atteste la composition du comité fondateur, votre engagement, Monsieur le Maire, et celui du Président de la République, voilà réalisée l'unité nationale, atout déterminant pour notre succès.
Nous avons une demande et deux v?ux qui en aucun cas ne peuvent affaiblir notre candidature, bien au contraire. La demande, Monsieur le Maire, c'est que la concertation avec la Région d'une part, avec les délégations qui ont été mises en place, avec l'ensemble des groupes de la Ville et de la Région d'autre part soit réelle. Et que ces élus et ces délégations soient informés, consultés, associés.
Le premier v?u, c'est que l'accord de la Ville sur l'extension de Roland Garros soit contractualisé de telle façon qu'il soit établi qu'aucune autre demande de même nature ne pourra être présentée à l'avenir. Monsieur le Maire, je voudrais à cet égard dire que dès le départ, nous avions indiqué que sur la base de ce que nous souhaitons et compte tenu de l'existence d'autres v?ux, nous étions prêts à retirer nos v?ux. J'observe cependant, et très paisiblement puisque ces v?ux en aucun cas ne viennent mettre en cause l'unité autour de la candidature ou la base même du dossier de candidature, qu'un v?u de l'Exécutif sur ce sujet a été présenté hier, et que ce v?u de l'Exécutif prend largement en compte un v?u d'un autre groupe de ce Conseil et que sur un problème très technique que je viens de définir, qui est celui de la contractualisation de l'extension de Roland Garros, et le fait qu'il s'agisse bien de la dernière extension au profit de la Fédération française de tennis, ceci n'est pas pris en compte dans le v?u de l'Exécutif. Nous espérons que dans les minutes qui vont suivre puisqu'on peut toujours modifier tel ou tel v?u, on puisse nous donner des assurances.
Le second v?u est de notre point de vue fondamental parce qu'il répond à un certain nombre d'aspirations que vous avez définies. Je vous cite Monsieur le Maire. Vous venez de dire textuellement : "Aménagement de la Ville et de son environnement. Aménager des dizaines d'hectares aux Batignolles, les dédier pour quelques semaines à des athlètes et pour l'avenir aux Parisiens, avec des espaces verts, des logements, serait un formidable accélérateur de développement". Je vous cite toujours : "Et d'aménagement, c'est un rêve d'aménager un grand morceau de la Ville avec un ambition durable".
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi, mais j'ai parlé aussi d'activités économiques et d'équipements publics parce que sinon on ne va pas se comprendre.
M. Yves GALLAND. - Mais tout à fait, Monsieur le Maire, au contraire, j'étais tout à fait dans votre état d'esprit.
J'en viens à notre second v?u. Notre second voeu demande que puisse être étudiée, je dis bien étudiée, je ne dis pas réalisée, au lieu de la dalle légère qui est prévue pour couvrir les voies ferrées dans le secteur Batignolles, une dalle structurante. Ainsi je crois que, selon vos v?ux, pourrait être préservé l'avenir pour les Parisiens et, si un tel projet s'avérait réalisable, la possibilité d'un aménagement urbanistique futur plus ambitieux après les Jeux avec les activités telles que vous les avez définies, comme cela a été réalisé dans les grandes capitales et villes du monde. Améliorer l'environnement par la disparition de percées ferroviaires qui défigurent la Ville, constituer un potentiel foncier permettant éventuellement et ultérieurement des projets d'aménagements ambitieux. Vous les avez définis. Réaliser une continuité avec les communes limitrophes, c'est aussi un des enjeux que nous pouvons poursuivre. Et, Monsieur le Maire, pour que les choses soient sans ambiguïté, et comme je crois que nous ne nous complaisons pas dans l'irresponsablilité ou l'aventurisme, je voudrais relire le v?u dans sa formulation : "Pour préserver l'avenir, sans changer la nature de la négociation avec le Réseau ferré de France et le projet présenté pour la candidature aux Jeux olympiques, le groupe U.D.F. souhaite que soit étudiée l'alternative de réalisation d'une dalle structurante". Etudier l'alternative de réalisation d'une dalle structurante.
Voici les motivations qui nous animent et qui nous semblent la meilleure manière de préserver en tout état de cause les alternatives d'avenir pour Paris et les Parisiens. Nous espérons que vous pourrez entendre ces différentiations positives et en tout état de cause, nous voterons ce projet de délibération marquant ainsi et une fois de plus l'engagement sans faille de l'U.D.F. pour soutenir et promouvoir "Paris 2012".
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur GALLAND.
(Applaudissements sur les bancs du groupe Union pour la démocratie française).
Avant de donner la parole à M. RIOU, je serais assez favorable, s'il y a accord de fond, à ce que les synthèses soient trouvées, avec tous les groupes. S'il y a désaccord, il y a désaccord, mais s'il ne s'agit que de mots, il faut trouver les formulations auxquelles on adhère. Je ne demande à personne de se renier. Je préférerais qu'on les trouve et comme il y a un débat, pendant ce débat, vous avez encore le temps de quelques échanges, éventuellement.
La parole est à Alain RIOU.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, c'est un exercice difficile, voire périlleux, auquel je vais me livrer à travers cette intervention portant sur la présentation de la position des élus du groupe "Les Verts" sur la question des moyens de la candidature de Paris aux J.O. de 2012.
En tout premier lieu, je tiens à vous dire, Monsieur le Maire, que le groupe "Les Verts" est à vos côtés pour que soient organisés à Paris en 2012 des Jeux olympiques et paralympiques, écologiques, éthiques et solidaires.
Toutefois, les élus "Les Verts" ne sont pas unanimes sur ce point et un nombre significatif d'entre elles et d'entre eux se sont prononcés en contre ou en abstention sur ce projet de délibération.
Le groupe a donné la liberté de vote à ses membres. Certaines et certains considèrent que J.O. et écologie sont décidément incompatibles, sont par leur nature même antinomiques, voire intrinsèquement pervers.
Tel n'est pas la position de la majorité du groupe. C'est pourquoi cette majorité votera favorablement et certaines et certains avec enthousiasme, à l'issue de ce débat. Si les J.O. peuvent être l'expression du fric, de la frime, de la triche et de la corruption, de la publicité et de la propagande à outrance, de la compétition sans conscience, des systèmes dérogatoires exorbitants, la majorité d'entre nous est convaincue que la candidature de Paris qu'au premier chef vous portez, Monsieur le Maire, tourne résolument le dos à cette vision.
Au contraire, c'est la perspective de Jeux écologiques, éthiques et solidaires que nous appelons de nos v?ux, que nous construisons ensemble et que nous espérons, nous obtiendrons ensemble.
La France est l'un des tous premiers pays au monde à lutter aussi fortement contre le dopage, grâce notamment à la législation votée sous la gauche, à la suite de l'initiative de Marie-Georges BUFFET, Ministre de la Jeunesse et des Sports du Gouvernement JOSPIN.
Nous nous félicitons que le C.I.O. ait pris à bras-le-corps pour les combattre sans discontinuer ces pratiques détestables.
Ces Jeux ne sont pas qu'olympiques, ils sont en même temps des Jeux paralympiques. C'est sans doute de tous les grands événements du monde celui où les personnes handicapées à égalité de traitement sont aussi visibles et respectées.
"Les Verts" ne sont pas hostiles au sport dès lors qu'il permet l'épanouissement individuel et collectif et "Les Verts" n'oublient pas qu'une part significative des jeunes est passionnée par la pratique sportive.
Les jeux mettent en avant le développement durable et l'héritage, tant dans leur organisation que pour sélectionner les villes candidates. Nous, écologistes, ne pouvons qu'être sensibles à ce message actif.
Paris doit s'en montrer digne et c'est ce que notre Ville s'apprête à faire.
L'horizon 2012, tel que nous le voyons si nous organisons les jeux, ce sont des transports publics plus nombreux, plus fiables, qui auront permis de faire sensiblement reculer l'automobile à Paris ; des circulations douces respectées ; une accessibilité renforcée pour les personnes handicapées ; des équipements publics favorisant l'harmonie physique et sociale ; la mise en ?uvre hardie de la démarche Haute qualité environnementale ; une avancée sensible en superficie et en qualité des espaces verts.
C'est notre vision, je crois que c'est aussi la vôtre.
Pour illustrer plus précisément ce propos, la prolongation de la ligne de tramway des Maréchaux sur plus de dix kilomètres supplémentaires sera un héritage majeur des J.O. 2012, un héritage durable, un héritage écologique pour l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens, des Franciliennes et des Franciliens.
Abordons maintenant une question plus difficile entre nous, même si elle n'est pas centrale : l'extension de Roland Garros et l'avenir du bois de Boulogne.
Tout d'abord, je tiens à vous féliciter, Monsieur le Maire, ainsi que votre adjoint Yves CONTASSOT, d'avoir obtenu, sans doute de haute lutte, de certains de nos partenaires dans la candidature que le projet d'extension de Roland Garros soit beaucoup moins prédateur de plein bois que le projet du Président de la Fédération de tennis qui entendait amputer à nouveau plus de six hectares.
Le projet que vous nous présentez se limite à une amputation de 0,9 hectare, immédiatement compensée par la végétalisation d'environ le double de cette superficie, du fait de la couverture d'une bretelle d'autoroute.
Si cette solution limite les dégâts, elle n'est toutefois pas satisfaisante pour notre groupe qui a déposé un v?u et un amendement pour proscrire toute amputation du bois de Boulogne et de sa cause, l'érection d'un petit dôme pérenne.
Ce v?u et cet amendement n'étaient pas à prendre ou à laisser. Ils étaient l'expression complète de notre volonté. En démocratie, certes, une minorité ne peut être satisfaite contre toutes les autres, contre tous les autres. Mais elle peut être écoutée et entendue.
Notre v?u et notre amendement ne sont pas une menace, une pression, une condition et surtout pas un risque de plomber la candidature de Paris. Le groupe "Les Verts" a décidé depuis le début de voter ce projet de délibération quel que soit le sort final du v?u et de l'amendement présentés.
Mais dans la concertation, nous attendions de l'Exécutif des propositions renforçant le caractère écologique de cette candidature sur ce point et, par suite, renforçant nos chances de l'emporter.
L'Exécutif a accepté cette concertation. Il présente un v?u dit de substitution qui conduit dans des délais rapprochés à reconquérir plus de dix hectares d'espaces verts ouverts au public et plus encore, dans des conditions non définies à ce jour, mais ouvrant des perspectives. Cela est positif. Très positif.
Toutefois, notre regret, c'est que ce v?u n'aborde pas du tout et ne remet pas en cause l'extension de Roland Garros sous sa forme envisagée. Rien à ce sujet. C'est dommage. Nous attendions un dernier signe. Il peut d'ailleurs encore venir dans ce débat. Peut-être viendra-t-il, hors de cette enceinte, de la Fédération française de tennis, si elle change de président. C'est ce que nous espérons.
A ce stade, c'est avec un mélange d'amertume et d'espoir que nous nous apprêtons à donner un caractère définitif à notre v?u, non sans avoir écouté une dernière fois votre adjoint chargé de l'Urbanisme, ainsi que vos trois autres adjoints, Pascal CHERKI, Denis BAUPIN et Yves CONTASSOT, et peut-être vous-même, répondre à cette question : ce dôme, ce petit dôme, ne pourrait-il pas être encore plus petit ? Ou non pérenne ? Ou ne pas exister du tout ? Ici et maintenant et jamais ?
Les associations environnementales et "Les Verts" parisiens en sont convaincus. "Les Verts" et plus globalement les écologistes, notamment associatifs, continueront à se mobiliser pour que le bois de Boulogne ne soit pas amputé.
Cependant, ils resteront disponibles pour étudier jusqu'au dernier moment, avec la Municipalité, comment on pourrait améliorer le projet pour diminuer encore les atteintes au bois.
Pour ne pas terminer sur une note en demi-teinte, je réaffirme ici, au nom du groupe "Les Verts", notre vote favorable à la délibération et au v?u de l'Exécutif, dans l'espoir que, dans moins de neuf mois, Paris sera la ville organisatrice de Jeux olympiques et paralympiques écologiques, éthiques et solidaires, en 2012, et qu'à cette occasion les choix écologiques de notre majorité pris depuis 2001 s'illustreront de manière exemplaire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je tiens à vous remercier, Alain RIOU, à la fois pour ces propos constructifs, et pour votre implication personnelle dans ce dossier.
Je veux dire à ceux d'entre vous qui restent définitivement hostiles à l'idée même des jeux, allant même jusqu'à les considérer éventuellement comme pervers, que je leur donne rendez-vous, si je n'arrive pas à les convaincre maintenant. Mais, nous verrons, si nous les gagnons, ce que cela donnera à nos concitoyens et ce que cela portera comme sens. Et de ce point de vue, le seul regret que j'aurai, c'est qu'ils s'aperçoivent un peu tard de ce que cela aura pu apporter à des citoyens qui leur importent, je n'en doute pas, et de ce que cela aura pu apporter comme sens.
Quant à ceux d'entre vous qui sont favorables, mais qui veulent des tout petits dômes, etc., je vous entends. Je vous entends et je pousse même les adjoints à trouver toutes les solutions. Il faut toujours que l'on soit exigeant et que l'on cherche. En même temps, c'est bien de chercher à concilier les contraires, mais il faut avancer. Et l'ambition ne peut pas se faire de manière petite. Elle doit se faire de manière exigeante : la preuve, vous l'avez dit vous-mêmes, c'est que l'on crée beaucoup d'espaces verts, il y a quand même beaucoup de choses extrêmement positives pour nous tous. En même temps, il ne faut pas avoir peur de considérer que les Jeux olympiques, c'est aussi une ambition. Ce n'est pas seulement le Paris d'Amélie Poulain, que j'aime beaucoup, c'est bien le Paris d'Amélie Poulain mais cela ne résume pas toutes nos ambitions, par exemple, quand on pense aux Jeux olympiques. Voilà. Cela dit, je pense qu'il faut trouver les synthèses là aussi.
Je donne la parole à Jean VUILLERMOZ.
M. Jean VUILLERMOZ. - Monsieur le Maire, chers collègues, au nom des élus communistes, je vous le dis, nous voulons les Jeux olympiques et paralympiques de 2012 à Paris. Nous les voulons pour, au-delà du dossier technique sur lequel vous nous demandez de nous exprimer, être porteurs de valeurs auxquelles nous sommes attachés :
La fraternité, faire de ces Jeux à Paris un moment de fête, de bonheurs partagés avec les familles, les jeunes Parisiens et Parisiennes, Franciliens et Franciliennes et, au-delà, en invitant chez nous des milliers d'enfants et de jeunes du monde entier ;
La solidarité : faire de ces Jeux à Paris un moment pour contribuer concrètement à réduire les inégalités entre le Nord et le Sud dans le domaine des pratiques sportives, avec l'objectif que des continents comme l'Afrique ou l'Amérique du Sud puissent espérer, le plus vite possible, organiser des Jeux olympiques.
Mais avant d'y revenir, Monsieur le Maire, un mot sur les textes qui nous sont soumis, qui sont évidemment importants, d'abord pour vous autoriser à apporter le soutien de la Ville de Paris à la candidature des Jeux olympiques et paralympiques de 2012, et vous engager envers le Comité international olympique à garantir le financement des infrastructures et des équipements. Ces autorisations indispensables, nous vous les donnons pour qu'elles figurent dans le dossier qui doit être remis au Comité international olympique le 15 novembre prochain.
Au-delà de cette approbation, permettez-moi de vous faire part de quelques propositions des élus communistes comme contribution à la candidature de Paris.
Notre première suggestion, sans vouloir empiéter sur les prérogatives du Comité d'organisation que vous présidez, est de vous suggérer d'organiser des moments d'information et d'échanges avec les élus représentant les groupes de notre Assemblée et avec la population parisienne. L'importance de l'événement le justifie pleinement.
Deuxièmement, à propos des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques, vous rappelez, Monsieur le Maire, que le cahier des charges du C.I.O. demande que les Jeux paralympiques succèdent aux Jeux olympiques et qu'il ne peut y avoir d'organisation simultanée. Les choses sont claires. Il reste que les Jeux paralympiques prennent de façon justifiée une place de plus en plus importante. Nous venons de le voir à Athènes, et nous avons la conviction que cette tendance positive s'amplifiera encore à Pékin en 2008. Paris doit donc apporter sa contribution à ce mouvement et l'annoncer dès maintenant.
Nous souhaitons donc que la candidature de Paris marque aussi de nouvelles avancées en la matière en proposant le possible, c'est-à-dire, par exemple, en augmentant le nombre d'épreuves paralympiques en démonstration pendant les Jeux olympiques et ceci, dans un nombre élargi de disciplines.
Troisièmement, concernant les sites et le regroupement de 80 % des épreuves sur deux noyaux, je souhaiterais faire quelques remarques. D'abord, concernant le devenir du bois de Boulogne, je veux dire notre satisfaction de voir, qu'au total, le projet permet tout à la fois une meilleure accessibilité du site et une augmentation des surfaces boisées. Je pense que le v?u de l'Exécutif va dans ce sens, et c'est positif.
Quatrièmement, concernant les sites olympiques, il nous faudra veiller à leur fréquentation par le plus grand nombre. On ne peut pas parler de fête, de fraternité entre les jeunes du monde entier et se retrouver face à des installations coupées de la vie, de la rencontre, de la Ville.
Ce que nous avons réussi en matière de sécurité, d'accueil du Mondial de 1998 et des championnats du monde d'athlétisme de 2003, il nous faut le réussir à une autre échelle en 2012. Nous avons les compétences, le savoir-faire pour réussir ce pari.
De la même manière, il est important d'affirmer dès aujourd'hui que les compétitions, les stades seront largement accessibles aux familles, aux jeunes de Paris bien sûr, mais aussi du monde entier. Nous ne voulons pas de Jeux olympiques réservés exclusivement aux télévisions avec des stades à moitié vides. A ce sujet, la question de la tarification sera bien une question clé.
Cinquièmement, vous l'avez souvent dit, Monsieur le Maire, vous souhaitez faire vivre pleinement l'esprit olympique dès cette phase de la candidature de Paris. Pour crédibiliser cette ambition que nous partageons, il faut la rendre visible, concrète : par exemple, en réduisant le fossé qui existe entre les pays du Nord et du Sud en matière de pratique des sports olympiques. Réfléchir à cette question pourrait être constitutif de notre candidature. Par exemple, la construction de onze équipements provisoires peut nous permettre de réfléchir à ce que certains soient offerts à ces pays pour y développer des sports encore trop peu pratiqués chez eux. Je pense là, par exemple, au pavillon concernant le basket-ball, la boxe, le hand-ball, la lutte, le taikwondo, le tennis de table, l'escrime... Dès leur conception, il faudrait intégrer cette perspective comme un des éléments du développement durable afin qu'ils soient réutilisables dans les pays auxquels ils seront destinés.
Ultérieurement, lors de rencontres, nous développerons d'autres propositions en matière de coopération Nord-sud, notamment pour contribuer à créer des échanges avant et après les Jeux, pour aider au développement des pratiques sportives, à l'accès au sport pour les jeunes, pour les femmes dans un certain nombre de pays.
Monsieur le Maire, le texte de la délibération fait aussi état des retombées économiques que représenterait l'accueil des Jeux olympiques. Vous parlez de 40.000 emplois, c'est très important. Il faudra en amont nous préparer pour que les jeunes Parisiens, notamment celles et ceux qui vivent dans les sites de la politique de la ville puissent en bénéficier pleinement.
Mais au-delà, il faudrait aussi faire des chantiers importants et nombreux qui seront ouverts avant les Jeux olympiques de véritables leviers pour l'emploi. Il y a là un enthousiasme à susciter et des mesures contractuelles à mettre en place avec les maîtres d'?uvre. Bref, il faut créer une véritable dynamique.
Pour terminer, je vous propose de faire des Parisiennes et des Parisiens les acteurs de leur candidature aux Jeux olympiques. Nous souhaitons, qu'avant le mois de juillet, par exemple, au mois de mai, puisqu'il commence à faire beau, le mouvement sportif, donc les clubs, puissent organiser une grande fête du sport à Paris sous des formes multiples et ceci dans l'ensemble des arrondissements. Les Offices municipaux des sports semblent être les mieux placés pour réfléchir à cette initiative, pour l'impulser. Cette fête devrait faire une large place aux sports olympiques, y compris pour les promouvoir, et les athlètes de haut niveau, j'en suis sûr, pourraient être associés à cet événement.
Par ailleurs, l'initiative appelée la "périféerique" dont nous avions décidé l'organisation pourrait avoir lieu à ce moment-là, offrant ainsi une image forte de l'implication de toute la Ville et bien au-delà.
Ces propositions qui concernent la Ville devraient, à notre avis, être inscrites dans notre budget 2005.
Monsieur le Maire, je viens donc, au nom des élus communistes, de formuler quelques propositions montrant notre motivation pour, à vos côtés, participer à la réussite de la candidature de Paris aux Jeux olympiques. Nous avons la conviction que le choix qui aura lieu en juillet 2005 se fera non seulement sur un projet technique, aussi achevé et parfait soit-il, mais aussi sur un projet faisant vivre les valeurs olympiques du XXIe siècle, ici, chez nous, à Paris.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie beaucoup pour tout ce que vous avez dit.
Votre intervention comporte une excellente suggestion qui ne fait pas l'objet d'un v?u, et je ne voudrais donc pas qu'on l'oublie. Je voudrais donc dire à M. Pascal CHERKI et à ceux qui nous aident pour cette candidature - je pense notamment à Philippe BAUDILLON, que je n'ai pas cité tout à l'heure mais qui est précieux dans cette candidature - que dans les propositions de Jean VUILLERMOZ, sans même attendre mai, beaucoup d'idées sont utiles, que l'on a déjà travaillé pour certaines, mais pas totalement. Je souhaiterais que l'on intègre dans nos projets des Parisiens, des Franciliens et des Français disant : "Nous désirons les Jeux" ! Je souhaite que l'on intègre les propositions de Jean VUILLERMOZ.
La parole est à M. Claude GOASGUEN.
M. Claude GOASGUEN. - Monsieur le Maire, l'organisation de ce débat est un moment important. C'est un moment important pour Paris, et c'est un moment important pour l'organisation des Jeux olympiques. C'est un moment très important pour notre groupe qui est concerné à deux titres : celui évidemment de membre du Conseil de Paris, mais aussi, celui que nous donne les relations de majorité à Gouvernement envers un Gouvernement proche qui s'est totalement associé à la démarche de Paris.
C'est dire que ce débat est chez nous un débat passionné, important, et je voudrais dire tout d'abord à quel point nous souhaitons que Paris puisse organiser les Jeux olympiques et paralympiques en 2012.
Nous avons des échéances de dates qui laissent espérer que ce dossier peut encore évoluer même si les dates se rapprochent. Ces dates sont les suivantes : d'abord le dépôt de la candidature qui se fera au C.I.O. le 15 novembre, ce qui nous laisse encore des moment de discussion...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi, mais pour qu'il n'y ait pas de malentendu avec la presse, le dépôt de la candidature est fait, c'est le dépôt définitif du dossier.
M. Claude GOASGUEN. - Oui, dépôt définitif du dossier le 15 novembre, ce qui peut nous laisser espérer quand même un certain nombre d'aménagements. J'ai noté dans votre intervention que vous n'étiez pas fermé à une synthèse qui paraît souhaitable dans l'intérêt de tous. Puis nous verrons ensuite comment évolue le dossier avec les visites de la commission du C.I.O. sur les différents sites qui se dérouleront à Paris du 9 au 13 mars de l'année prochaine.
Donc nous n'avons pas à l'égard des Jeux olympiques les mêmes hésitations que certains membres du groupe écologiste, que je respecte tout à fait étant sportif moi-même ; il est vrai que les Jeux olympiques ont davantage évolué vers l'organisation d'un spectacle important, nécessaire, populaire - et vous l'avez parfaitement bien souligné - que vers cette conception initiale du sport fondée sur l'amateurisme, débordée par des intérêts économiques et professionnels qui laissent un goût quelquefois amer à ceux qui envisageaient le sport d'une autre manière.
Néanmoins, l'aspect spectaculaire des Jeux olympiques fait de l'organisation des Jeux olympiques un grand événement sportif, populaire, économique, social, ludique pour la jeunesse, pour le développement, que nous ne négligeons pas.
C'est la raison pour laquelle, dans ce débat, il faut dire la vérité.
La vérité, c'est que pour les Parisiens qui vont être concernés, il y a des tentations qu'il faudra éviter et certaines, vous les avez parfaitement évitées, je tiens à vous en donner acte. Nous sommes notamment tout à fait sensibles à la préoccupation qui a été la vôtre et celle du Gouvernement de bien discerner dans les Jeux olympiques les retombées économiques sociales durables de cet événement spectaculaire qui ne doit pas rester un moment dans l'histoire de Paris, mais qui doit véritablement être pour Paris la possibilité d'un développement.
Pour pasticher un livre de Jean Giraudoux sur La Fontaine intitulé "Les sept tentations de La Fontaine", je dirai qu'il y a aussi sept tentations à propos des Jeux olympiques. Vous en avez évité certaines. C'est vrai que l'on aurait pu considérer - certains de vos amis vous l'ont sans doute proposé - que les Jeux ne soient qu'une organisation sans retombée économique, vous l'avez évité.
De la même manière, vous n'êtes pas tombé dans une médiatisation excessive qui pourrait dénaturer l'image même de ces Jeux olympiques parisiens.
Sur le risque de déficit, l'exemple que nous avons tous en tête est celui du déficit d'Athènes, celui de Montréal. Nous savons que c'est une préoccupation. Vous vous êtes engagé à ce que ces Jeux olympiques, si nous avions la chance de les recevoir, ne contribueront pas à aloudir la fiscalité des Parisiens et que de ce point de vue, l'Etat, la Région, la Ville partagent ensemble, mais dans une visée bénéficiaire si possible, quelque chose qui ne l'a pas toujours été dans les villes organisatrices. C'est une tentation de dépenser, que vous n'avez pas eue et je vous en donne acte.
Je souligne néanmoins qu'il y a quelques risques qui demeurent et je souhaite que les jours qui viennent nous permettent de lever les ambiguïtés.
Le premier - cela a été très bien souligné par le président du groupe "Les Verts" - est le problème du bois de Boulogne. Le bois de Boulogne est un bois qui est nécessaire à l'équilibre des Parisiens, comme le bois de Vincennes. Il est le poumon de Paris, il est un endroit où les Parisiens traditionnellement se promènent, exercent des activités familiales, ludiques. Or, le bois de Boulogne se transforme de plus en plus en bois où s'organisent des spectacles. Ce n'est pas l'aspect sportif qui est en cause. Bien entendu, Roland Garros n'est pas remis en cause en tant que stade, mais je constate la dérive progressive qui amène à vouloir organiser, pour des raisons économiques, en même temps que des manifestations sportives louables, des manifestations qui sont des manifestations lucratives de spectacle. Cette dérive a été amorcée non pas sous votre mandature, mais bien avant, avec le Parc-des-Princes qui se croit obligé de faire des bénéfices, d'ajouter à des embarras importants d'ordre sportif un certain nombre de concerts qui en rajoutent.
Je ne souhaite pas, je le dis tout net, que pour des raisons d'équilibre économique, Roland Garros évolue de la même manière. L'organisation sportive de Roland Garros, oui, tout ce qui sera nécessaire à l'organisation sportive des Jeux pour le tennis et autres activités, oui. L'organisation de concerts et de spectacles qui pourraient les rentabiliser, la réponse est non. Elle est non sans ambiguïté, je l'ai d'ailleurs dit au Gouvernement, je l'ai dit au président de la Fédération de tennis, ce n'est pas le rôle des Jeux olympiques que d'installer au bois de Boulogne un Lunapark supplémentaire. Nous avons quatre stades répartis en l'espace de cinq cent mètres, des stades importants : Jean Bouin, Coubertin, Roland Garros, le Parc des Princes. Il faut comprendre qu'à cette allure, il ne s'agit plus d'activités sportives, mais d'une transformation à but lucratif d'une activité sportive souhaitable en activité de commerce et de spectacle. Nous nous y opposons. Pourquoi ? Parce qu'il arrive un moment où le bois de Boulogne va changer de nature. J'ai souhaité de ce point de vue, avec les élus du 16e, avoir tous les apaisements souhaitables. J'ai d'ailleurs parlé tout à l'heure à ce sujet avec M. CONTASSOT. J'espère que nous pourrons trouver un accord qui ne dénature pas la candidature de Paris. Le bois de Boulogne ne doit pas être le théâtre des Jeux du cirque permanent et du spectacle permanent. Le bois de Boulogne, "poumon vert" de Paris, nous y tenons ! Nous y tenons tout particulièrement. Le projet qui nous est présenté avec une extension qui a certes diminué, mais avec une extension quand même, nous paraît devoir être revu. Nous demandons une relecture du projet sur ce point.
L'autre tentation, c'est de greffer sur ces Jeux, des extensions à des équipements connexes dont la proximité avec les Jeux -je m'opposerai là au président du groupe des Verts- n'est pas évidente. Je ne suis pas persuadé que le TM Ouest et le TM Est soient directement liés à l'activité des Jeux olympiques. D'ailleurs, l'Etat ne lui attribue pas de contribution financière. Le tracé envisagé - là encore je veux bien y réfléchir en commun - ne me paraît pas opérationnel. Passer sur le boulevard Exelmans sur le T.M. Ouest non seulement ne contribuera pas à diminuer la circulation et à accéder aux sites des Jeux olympiques, mais en plus, va certainement créer des embarras supplémentaires.
Nous avons donc décidé, dans le cadre du Conseil d'arrondissement et après en avoir discuté avec Pierre-Christian TAITTINGER, que les élus ne pouvaient pas accepter la démarche qui nous était proposée au sujet du T.M. Ouest. Ensuite, les tentations secondaires, nous les avons évoquées... N'oubliez pas, Monsieur le Maire, qu'il faut convaincre et que, de ce point de vue, il y a des secteurs de Paris, notamment celui du 16e arrondissement, qui est un pôle essentiel dans cette perspective. Vous avez besoin de convaincre une population inquiète de voir des transformations spectaculaires d'un endroit qui a toujours été conçu par elle comme un endroit de calme et de repos. C'est le risque juridique, car il y aura bien entendu des associations, vous connaissez la pugnacité des associations à Paris, des associations de défense de l'environnement, qui ne manqueront pas, le moment venu, d'attaquer un certain nombre de décisions devant les tribunaux. Je souhaite que ce risque soit déminé auparavant.
Je voudrais dire en conclusion que nous laisserons la liberté de vote à notre groupe, non pas parce qu'il y a une quelconque contestation sur l'organisation des Jeux olympiques, vous nous trouverez massivement derrière vous et derrière le Gouvernement pour en réclamer l'organisation, mais parce que, sur un certain nombre de sujets, quelques-uns d'entre nous, et notamment les élus réunis autour du maire du 16e arrondissement et du député du 16e arrondissement que je suis, nous préférons nous abstenir en l'abscence d'éclaircissement sur le problème notamment du bois de Boulogne. Cela n'empêchera pas notre groupe de soutenir votre combat pour la candidature de Paris. Nous sommes prêts à ne pas participer au vote pour ne pas casser l'unanimité et qu'il n'y ait pas une signification politique que nous ne voulons pas lui donner, mais nous ne pouvons pas laisser passer une certaine dérive des Jeux vers le spectacle, vers l'organisation d'un spectaculaire qui n'est pas de bon aloi et qui dénature l'esprit sportif initial.
Les retombées économiques, oui, le spectaculaire au sein du Bois de Boulogne, non pour le moment, et c'est la raison pour laquelle un certain nombre d'entre nous s'abstiendront, sans bien entendu donner une quelconque consigne de vote au sein de notre groupe, qui par ailleurs, je le répète, est favorable à l'organisation des Jeux.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GOASGUEN, je vous remercie et j'ai parfaitement compris l'esprit dans lequel vous intervenez. Je vous donne acte de ce soutien à notre candidature, évidemment, mais je pense qu'il faut distinguer ce sur quoi on a des nuances ou des désaccords, et ce sur quoi je ne suis pas sûr qu'on en ait.
Soyons simples et honnêtes.
Sur le T.M.O., je ne crois pas qu'on se convaincra. Est-ce si grave ? Il reste une majorité, une opposition et des débats, et vive la démocratie !
Sur l'aménagement du bois de Boulogne, je veux qu'on vérifie. Je veux qu'on vérifie parce qu'à la fois je n'ai pas l'impression que je serai le Maire de Paris qui aura le plus contribué au spectaculaire et au commercial avec les institutions parisiennes, Monsieur GOASGUEN et en particulier au bois de Boulogne.
Je veux vous dire à vous, et à tous les élus d'ailleurs, que j'honorerai totalement, à l'occasion de cette candidature, ma signature concernant la charte de développement durable de ce site. Donc rien ne doit être fait dans le cadre de notre candidature qui ne respecte pas les engagements pris dans cette charte.
Bon, à la fois respectons totalement la charte d'aménagement, mais les Jeux olympiques, c'est un grand événement international, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Décidément, je suis contaminé par l'esprit de consensus, mais j'assume !
Lorsqu'il a été dit au Parc-des-Princes qu'il y avait un petit nombre de concerts... et je n'étais pas Maire.
M. Claude GOASGUEN. - Oui, mais je l'ai dit d'ailleurs !
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... et je ne fais qu'assumer... et quand il faut aménager, je demande la permission à Pierre-Christian TAITTINGER et même à FOURCADE ! Normal ! Et je dis aux animateurs : si MM. TAITTINGER et FOURCADE ne sont pas d'accord, je ne suis pas d'accord.
Et regardez tous les projets qu'on a fait, y compris vous savez qu'on libère un espace vert pour la Commune de Boulogne, sur un parking, qui va être quand même un atout pour la Ville de Boulogne, et ce n'est pas pour des raisons partisanes.
Autant sur le T.M.O. je sais qu'on a un désaccord, et ce n'est pas la peine de croire qu'on va le résorber, autant à propos du bois de Boulogne je tiens à ce qu'on se dise les choses comme elles sont. Parce que, moi, je pense que les non-adhésions au projet, qui sont basées sur des réalités, je fais avec, mais lorsque ce n'est pas le cas, je ne fais pas avec, et je vais vous dire pourquoi.
Attendez, je ne parle pas de vous là, je parle de l'opinion.
Je sais, je m'en veux de n'avoir pas encore totalement démontré aux associations que le projet, tel que nous le concevons actuellement, est un plus.
Sur ce sujet qui n'est pas le T.M.O., je souhaite qu'on se donne les moyens de se convaincre parce que, là, c'est un peu dommage.
Avant de passer la parole au groupe suivant, je voulais informer votre groupe que, comme vous êtes le seul groupe à avoir trois inscrits, même si je ne regarde pas trop le temps de parole, d'essayer de ne pas être trop long. Je ne voudrais pas ne pas être équitable lorsqu'on parle des Jeux olympiques, ce serait un très mauvais démarrage !
La parole est à Marinette BACHE, pour le groupe M.R.C.
Mme Marinette BACHE. - Oui, Monsieur le Maire.
Un objectif donc, gagner, gagner sa place de ville hôte des Jeux de 2012, c'est l'objectif de Paris. Eh bien, Monsieur le Maire, chers collègues, les élus du M.R.C. y adhèrent totalement. Gagner cette formidable opportunité, tel, pour nous, doit être le but des élus parisiens.
Les Jeux olympiques et paralympiques sont un formidable vecteur de communication. Ils sont regardés par les téléspectateurs de 220 pays, ils sont le lieu de polarisation de 24.000 médias, ils rassemblent plus de 11.000 athlètes. Nous connaissons les apports de ces Jeux : des milliards d'euros investis dans l'économie, 60.000 emplois dont 42.000 pérennisés. Pour Paris, pour la France, c'est une belle occasion de faire valoir les grands principes de l'Olympisme et également d'être le carrefour, quinze jours durant, d'un monde rassemblé sur des enjeux à la fois simples et nobles et qui souvent nous dépassent.
Paris, ville olympique, avec l'Ile-de-France, c'est certainement une chance historique, une chance à saisir, et les raisons d'espérer sont grandes, même si - le Maire le soulignait tout à l'heure -, les autres concurrents sont des villes prestigieuses.
Nos raisons d'espérer sont grandes car le projet est un bon projet et l'enthousiasme et le soutien de tous, des élus mais aussi des citoyens sont des atouts importants.
L'idée d'un Village olympique à Paris intra-muros aux Batignolles est une heureuse idée, qui mérite d'être mise en exergue. Paris n'est pas une ville où l'on ne fait que passer, Paris est une ville où l'on reste, où l'on vit et où l'on crée.
De même, l'idée d'un développement de deux noyaux de sites sportifs à l'Ouest et au Nord-est à la fois originale et parfaitement en phase avec les besoins des Jeux.
Sur la politique des transports, nous constatons également que le projet est abouti. Il permet de développer des infrastructures nouvelles, en phase avec les engagements de notre Municipalité. La gestion des flux d'autocars et d'automobiles sera à coup sûr un grand enjeu, mais si nous réussissons, ce sera un "plus" pérenne pour les Parisiens.
C'est toute l'Ile-de-France qui est mobilisée et donc de nombreuses villes qui participeront à cette aventure collective. C'est aussi un enthousiasme qui rassemblera et qui rassemble d'ailleurs déjà Parisiens, Franciliens et au-delà l'ensemble des Français qui se retrouvent sur les valeurs de fraternité et de solidarité de l'Olympisme, refusant dans leur grande majorité, tournant le dos même à la loi du "fric" et du dopage qui a quelquefois terni l'image des Jeux.
Il faudra d'ailleurs répondre à ce soutien des citoyens en leur permettant d'être acteurs de la fête, et être acteur cette fois, ce sera aussi être spectateur et en avoir les moyens. Les moyens de remplir les stades, les stades olympiques, mais tous les stades, les stades aussi des Jeux paralympiques.
L'Athènes des Jeux paralympiques était beau sur la piste, et les Français se sont d'ailleurs pour la première fois autant enthousiasmés pour nos médaillés paralympiques que pour les autres, mais l'Athènes des Jeux paralympiques était triste avec des gradins vides. Ce sera l'honneur de Paris, à cette occasion, de tenir ses engagements envers l'intégration des handicapés dans la ville et dans la vie.
Naturellement, il nous faudra aussi veiller à la compatibilité des projets liés aux Jeux olympiques avec les engagements de la Municipalité en termes d'équipements collectifs.
Autre point très important aux yeux des élus du M.R.C., l'engagement du projet "Paris 2012" en faveur du respect de l'environnement, corrélé à la rénovation de l'espace urbain, cet engagement fait du projet olympique un vecteur des engagements de notre majorité pour construire un Paris dans lequel le cadre de vie serait amélioré et contribuerait à la régénération du lien social, faire qu'il reste aussi quelque chose de l'esprit des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques.
Car oui, pérennité, tel est le maître mot d'un projet qui en matière d'équipement voit au-delà de 2012. Il est aisé de reconnaître qu'en maintenant le centre nautique, le super dôme, le Vélodrome, le centre de tir, le dôme, c'est au développement de l'Ile-de-France tout entière que l'on songe. Et ce sera aussi un peu au maintien de l'esprit olympique que l'on contribuera sur le long terme.
Du point de vue des garanties financières, le projet "Paris 2012" semble extrêmement rigoureux et sérieux, cependant c'est à suivre.
Aussi c'est avec autant de conviction que d'enthousiasme, vous l'aurez compris, que le groupe du M.R.C. votera ce projet de délibération, parce que l'amour des Jeux, thème de cette candidature de "Paris 2012" lui semble plus important que toute autre considération. Un seul objectif, donc : Gagner, eh bien, Monsieur le Maire, vous pouvez compter sur notre engagement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Et j'y suis très sensible. Merci beaucoup.
La parole est à Patrick BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, le 15 novembre prochain la candidature de Paris à l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2012 franchira une nouvelle étape décisive. Un premier obstacle ayant été franchi avec succès le 18 mai dernier lorsque le C.I.O. a qualifié Paris du statut de ville candidate, vous nous invitez, Monsieur le Maire, à transformer l'essai et le groupe socialiste et radical de gauche est une nouvelle fois à vos côtés quand vous taperez dans le ballon avec enthousiasme et détermination.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'ai compris !
M. Patrick BLOCHE. - C'est le fruit d'un très important travail de préparation auquel vous avez souhaité, Monsieur le Maire, associer l'ensemble des groupes du Conseil de Paris, à cet égard cette candidature est bien celle de toutes les couleurs. Seul en effet un Paris et un pays uni, solidaire, enthousiaste et généreux, en un mot un Paris et un pays gagnant, peuvent emporter la décision du C.I.O. à Singapour le 6 juillet 2005. Seul également un projet global peut donner à la France, à l'Ile-de-France et à Paris un avantage comparatif décisif.
A la lecture du projet de délibération qui nous est soumis, le projet pour Paris s'avère particulièrement qualifié car il déroule le fil d'Ariane de l'action municipale depuis trois ans et demi, ce que nous appelons communément le vivre ensemble. Il s'agit évidemment et d'abord d'un projet sportif dont l'ambition...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Patrick BLOCHE, une seconde.
Mes chers collègues, pardon. J'entends que tous les groupes soient écoutés avec la même attention, que cela vienne des élus, des adjoints, etc., il n'y a plus beaucoup d'interventions et cela vaut la peine parce que c'est aussi cela l'esprit d'équipe ! Merci.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Je disais donc qu'il s'agit évidemment et d'abord d'un projet sportif dont l'ambition doit répondre aux attentes des athlètes qui étaient 10.500, représentant 28 sports et 37 disciplines à Athènes il y a deux mois. Les Jeux olympiques sont le plus grand événement à la fois sportif et populaire au monde, avant même la Coupe du monde, car 200 nations y sont représentées. Paris aime le sport, elle l'a montré à de multiples occasions et notamment en accueillant la coupe Davis, le Mondial en 1998 ou en organisant les championnats du monde d'athlétisme. Le rayonnement international fait partie du destin de Paris et 2012 offre à notre ville l'occasion de célébrer un événement majeur qu'elle n'a pas connu depuis 1924.
Paris porte les valeurs de l'Olympisme. Tous les quatre ans les Jeux sont le plus grand rassemblement pacifique de la planète. C'est une des images les plus positives de la mondialisation où chacun a besoin de l'autre, du respect de l'autre pour réussir et pour gagner. Les Jeux sont à l'image de Paris, Ville ouverte sur le monde, solidaire, universaliste, portant haut et loin le message de la solidarité et de la fraternité. Le dossier que Paris présente ne peut aboutir que par son excellence. C'est un objectif aujourd'hui atteint, nous le pensons, car vous avez su, Monsieur le Maire, mobiliser des équipes, publiques mais aussi privées, d'un extraordinaire professionnalisme qui ont le souci premier, naturellement, de répondre point par point aux demandes du C.I.O.
Ainsi l'organisation de l'espace autour d'un centre, le Village olympique aux Batignolles et de deux noyaux, l'un au Nord et l'autre à l'Ouest qui accueilleront 20 des 32 sites olympiques rencontre le souhait du C.I.O. de privilégier la qualité de l'accueil du public comme celui des athlètes.
Comme le théâtre classique s'illustre par l'unité de lieu, vous avez réussi ce qui s'apparente à une prouesse, à savoir l'unité de ces Jeux par la création de seulement deux pôles, un trop grand éclatement des sites auxquels auraient pu conduire la densité de notre ville a été ainsi fort opportunément évité.
Au-delà du sérieux, et de l'exigence, l'ambition de ce projet, c'est d'arriver à organiser des Jeux performants, mais aussi écologiques et solidaires, des Jeux qui respectent les principes éthiques auxquels nous adhérons collectivement. Vous avez insisté, Monsieur le Maire, à juste raison sur l'effort exceptionnel entrepris pour l'accessibilité des personnes handicapées en faveur d'une mobilité valide et d'une participation accrue à la vie de la cité, qu'il s'agisse de leur accès aux activités sportives mais aussi aux emplois.
La candidature de Paris pour 2012 est un partenariat fécond entre l'Etat, la Région Ile-de-France et Paris, c'est aussi la mobilisation des forces économiques et sociales de notre pays, tous les acteurs faisant preuve d'un égal esprit de responsabilité. Pour notre ville, il s'agit aujourd'hui d'apporter des garanties financières aux investissements prévus à hauteur de 1,27 milliard d'euros. S'y ajoute aussi, et nous le rappelons car c'est important, un soutien de la Ville de 25 millions d'euros à l'organisation des Jeux paralympiques. C'est une charge financière importante, certes, un effort qui répond aux exigences du C.I.O. mais dont nous savons d'ores et déjà tous les avantages que nous pourrons en tirer car les Jeux, c'est bon pour Paris, c'est bon pour l'Ile-de-France, c'est bon pour la France.
La dynamique qu'ils créeraient serait un formidable accélérateur de croissance pour l'économie de notre région, 60.000 emplois seraient nécessaires pour répondre au seul besoin de l'organisation, de la construction des infrastructures, et du développement touristique lié à cet événement. Au-delà de 2012, 42.000 emplois durables seraient créés. Les J.O. auraient un impact majeur sur l'aménagement parisien et francilien en équipements et infrastructures pérennes, ils feraient évoluer notre ville en profondeur. Au-delà de l'événement en tant que tel, c'est de l'héritage dont nous devons d'ores et déjà nous occuper. Pour Paris et sa proche périphérie il s'agit de requalifier de larges zones urbaines à travers la création d'un nouveau quartier aux Batignolles où 8.000 habitants s'installeront sur les pas des athlètes, des athlètes valides, puis des athlètes handicapés. C'est aussi le réaménagement de la porte de la Chapelle, le T.M.E., le T.M.O. ou encore des équipements sportifs nouveaux dont les Parisiens seront, à l'arrivée, les bénéficiaires.
Les Jeux en 2012, c'est aussi l'occasion exceptionnelle pour nous de promouvoir notre ambition de développement durable et de l'inscrire dans des réalisations dont profiteront les générations futures. La préoccupation environnementale si présente dans le dossier de la candidature de Paris, en est un de ses éléments sans doute les plus caractéristiques. Des normes H.Q.E. appliquées à toutes les constructions, à la valorisation des transports collectifs, notre Ville entend poursuivre son développement sur des bases nouvelles. C'est en l'occurrence l'objet de la charte adoptée par le comité fondateur de "Paris 2012" qui permet de financer des programmes environnement et développement durable dès la phase de candidature de "Paris 2012" et en outre met en place un agenda 21 local définissant les programmes d'éco-développement liés au Jeux. C'est dans ce cadre et je chemine vers ma conclusion, c'est dans ce cadre que s'inscrit l'implantation d'une partie des sites olympiques, à l'Ouest de la Capitale, et l'aménagement en conséquence du bois de Boulogne.
Le groupe socialiste et radical de gauche tient, à cet égard, à saluer le travail réalisé par l'Exécutif sur le dossier de l'extension du site de Roland Garros car nous considérons qu'a été atteint un bon point d'équilibre qui permettra à l'arrivée, rappelons-le, l'ouverture au public ou la reconquête de plus de onze hectares d'espaces naturels.
Quant au dôme qui a fait l'objet d'interpellations dans les précédentes interventions, il nous revient collectivement de continuer à travailler sur ce dossier, d'échanger, de nous rencontrer pour définir précisément, plus précisément sans doute, sa vocation future ou sa hauteur finale. Je suis certain que nous serons en responsabilité, comme élus, capables de faire surgir à l'arrivée la fumée blanche qui s'impose.
Mettre toutes les chances de notre côté, avez-vous dit, Monsieur le Maire, en ajoutant "on ne peut pas faire les choses à moitié", surtout quand la compétition est aussi ouverte, mais aussi difficile.
En l'occurrence, oui, vous avez raison, Monsieur le Maire, on ne peut pas faire les choses à moitié : choisir ce qui nous plaît le plus dans les Jeux olympiques et paralympiques et ignorer ce qui nous attire le moins. Tout simplement, parce que ce n'est pas nous qui décidons que Paris sera ville olympique. Il faut se mettre dans cette situation parce que nous sommes candidats et tributaires du choix d'un jury.
C'est collectivement, dans cette unité, que cette séance du Conseil de Paris a particulièrement bien illustrée ce matin, c'est dans cette unité que le groupe socialiste et radical de gauche s'inscrit pour contribuer, là où il est, à faire vivre, dans les mois qui restent, le désir de Paris.
(Applaudissement sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
Le groupe U.M.P. avait prévu deux autres orateurs à qui je donne volontiers la parole en leur demandant de faire dense.
M. René LE GOFF. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous sommes toujours enthousiastes et vigilants à l'occasion de ce nouveau projet de délibération concernant la candidature de notre Ville à l'organisation des Jeux de la trentième olympiade et des Jeux paralympiques en 2012.
Notre enthousiasme est toujours d'actualité car nous sommes amoureux des Jeux. Etant personnellement responsable national de l'un des tout premiers sports olympiques, je suis un témoin privilégié du travail accompli et je participe activement à la promotion de notre candidature.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Exact !
M. René LE GOFF. - Notre projet s'articulant sur deux pôles de compétition, à l'Ouest et au Nord, avec un Village olympique au c?ur de la cité et une volonté clairement affichée de développement durable est un bon projet qui a retenu l'attention du C.I.O.
Nous représentons un candidat très sérieux et il nous appartient de le démontrer.
Dans ce cas, Monsieur le Maire, pourquoi certains de vos amis jouent-ils avec le feu en voulant rompre cette unanimité et en déposant un v?u et un amendement qu'ils font mousser et qui aboutit à un v?u de l'Exécutif en forme de nouvelles concessions sur le dos des concessions ?
C'est d'autant plus curieux que votre adjoint en charge des transports avait chargé la barque de notre dossier de candidature de tout ce qui constitue l'essentiel de son fonds de commerce. Il est à ce propos étonnant qu'il ait oublié d'inclure dans le projet olympique l'amélioration de la ligne 13 avec le raccordement de la ligne 14, préférant se concentrer sur son tramway circulaire.
C'est d'autant plus curieux que votre adjoint en charge des parcs et jardins avait déjà obtenu votre accord, véritable secret de polichinelle, de gagner quelques hectares de plus dans le bois de Boulogne en diminuant le nombre des concessions sans toucher aux hippodromes, en préférant les courses au tir, sport olympique par excellence.
Pourtant, le projet que nous allons présenter le 15 novembre prochain au C.I.O. n'a pas hésité à retenir une solution très coûteuse afin de diminuer au minimum l'emprise d'un nouvel équipement sur le bois. D'ailleurs, ce v?u tardif de l'Exécutif rassemble toutes les demandes exprimées par la mairie du 16e arrondissement en matière de rénovation du bois, que ce soit la restauration du réseau hydrographique ou la régénération des plantations.
Car le bois de Boulogne, Monsieur le Maire, est le plus grand stade de France où la pratique du sport pour tous est exemplaire.
Pour bien appréhender la qualité de notre dossier, il est essentiel que les élus que nous sommes comprennent le challenge d'une ville organisatrice des jeux d'été.
A ce propos, Monsieur le Maire, je tiens à souligner que nous avons été très étonnés que la Ville n'organise pas une délégation d'élus se rendant à Athènes comme cela s'est toujours fait pour les Jeux olympiques précédents.
Nous nous devons également de souligner que votre seule présence à la cérémonie d'ouverture et à celle de clôture des Jeux a été un autre sujet d'étonnement, en particulier pour les journalistes du monde entier qui s'attendaient à vous rencontrer lors de la conférence de presse des villes candidates.
C'est bien dommage car la présence sur le terrain olympique est riche d'expériences. C'est l'occasion, par exemple, de découvrir des solutions intelligentes et peu coûteuses en matière de déplacement. Dans ce domaine, nous utiliserons la technique de la voie olympique, mais elle peut être généralisée pour la mise en place de moyens de transport adaptés. Par exemple, à la place d'un tramway empruntant le boulevard Exelmans.
Ceci montre qu'en matière de transport nous ne sommes pas à cours d'idées et que ce ne sont pas les investissements pharaoniques qui feront la différence.
Mais revenons à ce projet de délibération dont l'essentiel est d'apporter une garantie financière pour un montant de 1,27 milliard d'euros, tout en sachant que l'ensemble du projet comprenant l'aménagement du Village olympique et du secteur des Batignolles porte sur environ 2 milliards d'euros, soit 1.000 euros par Parisien. C'est beaucoup d'argent pour une simple garantie financière et cela aurait pu être réduit de moitié si nous nous étions uniquement concentrés sur le c?ur du dossier olympique, sans vouloir profiter de la circonstance pour tenter de ficeler des compromis de politique interne à la majorité municipale ou en trouvant tout simplement, dès maintenant, des solutions financières privées qui sont d'ailleurs déjà évoquées dans le projet de délibération.
Le groupe U.M.P. est toujours fier et enthousiaste d'être membre à part entière de l'équipe de France candidate à l'organisation des Jeux olympiques de 2012.
Cela ne nous empêchera pas de continuer à être vigilants afin que le projet final soit un compromis entre la volonté de convaincre le C.I.O. de notre capacité à organiser ces Jeux et le souci que le développement durable de Paris ne se fasse pas sans unanimité des Parisiennes et des Parisiens, pour l'amour des jeux !
(Applaudissements sur les bancs de l'opposition municipale).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.
Toutefois, je ne peux pas ne pas relever le côté quelque peu paradoxal de votre intervention, Monsieur LE GOFF. D'abord, parce que je veux vous donner acte de votre engagement, non seulement pour la candidature de Paris, mais aussi pour le développement du basket en général.
J'ai apprécié également une interview que vous aviez donnée au Monde, qui était de ce point de vue tout à fait positive.
En même temps, votre intervention est paradoxale car vous me reprocheriez, si j'ai bien compris, d'écouter tous les groupes. Je ne peux pas écouter seulement M. GOASGUEN ou seulement le Maire du 16e arrondissement, comme d'ailleurs vous m'en avez donné acte. Il faut bien que j'écoute tout le monde !
Vous êtes bien placé, Monsieur LE GOFF, pour savoir comment se construit le consensus et que ce n'est pas toujours facile. Il faut que j'apporte ma contribution pour ce consensus, vous le savez, vous êtes bien placé.
Dans ce cas, que voulez-vous que je fasse ? Je ne vois pas pourquoi je n'écouterais pas M. GALLAND, M. GOASGUEN et M. RIOU. Il ne manquerait plus que cela. Je continue et je continuerai.
S'agissant des transports, je sais que vous n'êtes pas d'accord, ce n'est pas grave. Sur le reste, je n'ai pas compris car, venant de vous, nous dire que l'on prend trop de risque sur les garanties, alors que je crois que l'Etat voudrait bien que j'en prenne encore plus... Bref, on s'est mis d'accord, tout va bien et je suis très content...
(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
Monsieur LE GOFF, j'ai cru comprendre et je vous ai dit gentiment que je vous trouvais légèrement paradoxal. Si j'avais voulu être agressif, j'aurais employé un autre mot auquel je pense pour vous le dire franchement.
Par conséquent, je me contente de "paradoxal".
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
Chers amis, je ne céderai pas à cette tentation !
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
Le comble étant, Monsieur LE GOFF, ce que vous dites sur ma présence aux Jeux olympiques d'Athènes. C'est le bouquet ! Car j'y suis allé deux fois, j'y ai passé pas mal de temps ; j'ai vu assez peu de compétitions parce que j'étais en permanence avec les membres du C.I.O. français. Vous les connaissez. Guy DRUT, cela vous dit quelque chose ? Alain DANET aussi.
Voir du monde m'a privé de beaucoup d'épreuves et pour le reste, oui, effectivement, j'ai consacré beaucoup de temps à la préparation des cérémonies de la Libération de Paris. Il fallait que tout cela soit conciliable.
Je voulais vous le dire tout à fait simplement.
La parole est à Mme de PANAFIEU, Maire du 17e arrondissement où se trouvent les Batignolles.
Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
C'est à la fois comme élue nationale et, comme vous venez de le rappeler bien sûr, Maire du 17e arrondissement que je prends la parole.
Si je comprends parfaitement les réserves émises par mes collègues du 16e arrondissement et si j'adhère à la réflexion de René LE GOFF, je continue pour ma part à penser que les Jeux olympiques sont une chance. C'est une chance pour la France qui aura l'honneur de recevoir, si notre candidature est acceptée, la grande manifestation sportive par excellence, aux répercussions sportives : je pense au monde sportif, je pense à toutes nos associations, aux fédérations, aux clubs, aux équipes, mais aussi aux retombées économiques. Notre Ville est quelque peu en panne aujourd'hui. Ces Jeux olympiques seront un moteur. Encore faut-il d'ici là mener une politique municipale dans des domaines aussi sensibles que la circulation ou l'immobilier, pour ne citer que ceux-là, qui ne paralysent pas Paris un peu plus.
C'est une chance au-delà pour les Franciliens, pour tous les Français qui aiment se fédérer autour d'athlètes olympiques et paralympiques qui incarnent les valeurs de l'effort et les valeurs du courage.
C'est une chance, enfin, pour la Région Ile-de-France, pour Paris et pour le 17e arrondissement, bien sûr, dont je suis le maire.
Alors, si j'en viens au 17e, c'est vrai que ce projet olympique donne la possibilité à l'arrondissement d'accueillir le Village olympique sur ce site des Batignolles, c'est un atout formidable pour la candidature de Paris et une occasion à ne pas manquer pour donner un nouvel élan à cette partie nord de Paris qui est située exactement à équidistance entre l'Ouest et l'Est.
C'est pourquoi je veux profiter de ce projet de délibération pour redire les priorités d'aménagement qui conditionnent la réussite de ce projet pour le 17e arrondissement, pour les communes limitrophes et, surtout, pour tous ceux qui y vivront avant et après les Jeux olympiques.
Les attentes de la population exprimées notamment dans les conseils de quartier que président Brigitte KUSTER d'une part et Hervé BENESSIANO d'autre part, ainsi que lors de la première réunion publique qui s'est tenue le 3 juin dernier à la mairie du 17e arrondissement, que Jean-Pierre CAFFET coprésidait avec moi, sont énormes et, parfois, il faut bien le dire, teintées de craintes qui sont compréhensibles et qu'il nous appartient de dissiper. C'est ce que nous allons faire lors de la réunion publique, jeudi prochain, prévue à l'hôtel Ibis à 18 heures 30, avenue de Clichy.
La première phase d'aménagement doit intégrer, outre les premiers hectares d'un parc paysager, un groupe scolaire de 12 classes au moins, un collège prévu plutôt du côté de la rue de Saussure, un parking souterrain de 400 places environ qui se situera sous la rue Cardinet et des logements-étudiant. Il faut aussi penser aux équipements de proximité en matière culturelle, par exemple. Au final, il faudra que cette nouvelle ville dans la ville soit accueillante pour toutes les familles à travers des logements de tous types, assurant une vraie mixité sociale, accueillante pour l'activité économique avec des mètres carrés suffisants pour créer là un nouveau pôle économique, accueillante pour les commerçants, accueillante pour toutes les couches de la population quelles qu'elles soient.
Cela implique également une politique ambitieuse en termes de transport. Il faut revoir le fonctionnement de la ligne de métro 13, Châtillon Saint-Denis Asnières, qui est l'une des plus chargées de Paris avec 2.300 voyageurs à l'heure aux heures de pointe. Et je rejoins tout à fait les réflexions de mon collègue René LE GOFF sur ce sujet.
Il faut désenclaver le quartier de la porte d'Asnières avec la création d'un accès direct à une nouvelle ligne R.E.R. située à proximité de la gare Cardinet. Il faut mettre en place des lignes de bus supplémentaires sur le boulevard des Maréchaux entre la porte d'Asnières et la porte de Saint-Ouen, permettant d'éviter une partie du trafic qui se situe aujourd'hui sur la porte d'Asnières exclusivement.
Il faut également redonner à notre avenue de Clichy un visage digne d'une entrée de Ville-capitale. C'est dans cet esprit qu'à mon invitation les quatre maires d'arrondissement concernés par la place et par l'avenue ont accueilli un public nombreux lors d'une première réunion qui s'est tenue dans le 17e arrondissement le 27 novembre dernier.
C'est aussi dans cet esprit que j'ai tenu la semaine dernière une réunion avec tous les services compétents pour faire le point sur l'évolution du secteur, direction par direction. La Direction de la Protection et de la Prévention, la Voirie, l'Urbanisme, la Propreté, mais aussi avec les forces de police, la R.A.T.P., la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. D'autres rendez-vous nous attendent dans les prochaines semaines sur ce dossier et, pour avoir déjà passé des heures sur le terrain et en réunion sur le sujet, je peux vous assurer qu'il y a du travail pour redonner une lisibilité à l'avenue de Clichy, quel que soit le résultat de la candidature de Paris, d'ailleurs.
C'est pourquoi je demande que soit inscrit au futur Plan local d'urbanisme un schéma d'orientation global qui permettra un vrai diagnostic de la situation, suivi de pistes d'action aboutissant à la définition d'un projet de territoire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci...
Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - N'oublions pas, enfin, la revalorisation de la rue Cardinet, la couverture de la rue de Rome et l'achèvement de la couverture de boulevard Pereire jusqu'à la rue de Saussure.
Pour finir, je voudrais enfin informer mes collègues d'une initiative que la mairie du 17e a prise à l'occasion de l'implantation du signal olympique qui sera installé en janvier sur le site des Batignolles comme symbole de la candidature parisienne. La mairie du 17e accueillera une grande exposition consacrée à l'esprit olympique et à l'histoire des Jeux de 1924 à nos jours en présentant aussi, bien évidemment, le projet qui nous réunit aujourd'hui pour 2012.
En conclusion, je voudrais saluer le travail effectué par cette maison. Monsieur le Maire, vous l'avez dit, j'en ai été le témoin, l'administration de cette maison a été exemplaire d'un bout à l'autre de la réflexion qui a été menée.
Je voudrais aussi saluer le travail des élus. En effet, nous avons su, je crois, tous travailler ensemble dans le respect de chacun. J'ai déjà eu l'occasion de louer le travail qui avait été fait par votre adjoint Jean-Pierre CAFFET en la matière, et j'ai plaisir à le saluer encore une fois aujourd'hui.
Je voudrais aussi saluer la démarche volontaire et si professionnelle de Marie-Claire RESTOUT, ancienne championne olympique, aujourd'hui en charge du dossier auprès du Président de la République.
Je voudrais finir en citant le nom de notre Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, Jean-François LAMOUR dont l'autorité n'est plus à démontrer. Son expérience dans ce domaine et son autorité naturelle ont fortement éclairé la démarche qui a été la nôtre dans l'élaboration de l'ensemble du dossier. Je crois que tous vos adjoints, Monsieur le Maire, pourront le reconnaître.
Merci donc à tous d'avoir participé à cet élan, que ce soit du côté de la Ville de Paris, que ce soit du côté de l'Etat, sans oublier bien sûr la Région qui est un vrai partenaire. Merci, Monsieur le Maire. Sachez qu'en tous les cas les élus du 17e arrondissement voteront ce projet de délibération.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci sincèrement, Madame de PANAFIEU. Mais cela me conduit d'abord à demander à la conférence d'organisation de me donner le mode d'emploi quand une séance se déroule parce que je n'ai pas voulu du tout empêcher les élus de s'exprimer. Ils l'ont fait très largement. Sauf qu'il faut me dire comment cela se passe en termes de temps... Non, non, Monsieur CARESCHE, je suis un plus vieil élu que vous !... En termes de nombre d'intervenants.
Dans l'ancienne mandature - ce n'est pas souvent que je cite en exemple, laissez-moi le faire de temps en temps -, il nous arrivait de décider en conférence d'organisation qu'il y avait 10 minutes par groupe avec un orateur par groupe. Si vous voulez qu'il y en ait plusieurs, cela ne me dérange pas, mais que je puisse faire la même chose pour tous les groupes. Premièrement.
Deuxièmement, je ne ferai pas beaucoup de commentaires. Mme de PANAFIEU a sa part dans notre travail collectif. Je dirai simplement que seuls les élus de Paris en tant que membres de la Municipalité de Paris peuvent coordonner tous les services parisiens et qu'elle a eu particulièrement raison de rendre hommage à Jean-Pierre CAFFET car c'est bien lui qui coordonne un certain nombre de services pour l'aménagement et pour les projets d'aménagement dans le 17e arrondissement, et c'est à lui que nous devons la meilleure part de ce que nous faisons aux Batignolles. Ceci me permet de m'associer à Mme de PANAFIEU pour dire que Jean-Pierre CAFFET a fait, par rapport aux objectifs que nous avons grâce à cette candidature, des propositions qui, pour le 17e arrondissement, sont effectivement tout à fait passionnantes.
D'ailleurs, cela tombe bien, je vais donner la parole aux quatre adjoints. Comme ils sont quatre...
Vous voulez dire un mot, Monsieur le Préfet ? Avec grand plaisir !
Je terminais. Les quatre adjoints, Jean-Pierre CAFFET, Denis BAUPIN, Pascal CHERKI et Yves CONTASSOT interviendront après, de manière complémentaire, j'insiste.
A vous, Monsieur le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Je vais être très bref et simplement vous assurer, Monsieur le Maire, de la totale mobilisation de la Préfecture de police dans son ensemble. Quand je dis de la Préfecture de police, c'est au sens large, c'est-à-dire aussi bien de la Brigade des sapeurs pompiers de Paris, que de toute la Préfecture de police, pour la préparation de ce dossier de candidature des Jeux olympiques.
Nous animons trois groupes de travail : un sur la sécurité civile et sanitaire, un sur la sécurité-sûreté et nous participons à celui sur la circulation et le transport des accrédités. Je puis vous assurer que ce domaine de la sécurité est très important dans les critères de choix et nous nous attachons avec beaucoup de ténacité à garantir une sécurité très importante pour ces Jeux olympiques de 2012.
J'ai l'habitude de dire que je souhaite faire de Paris une des capitales les plus sûres du monde, nous sommes sur le chemin et d'ici 2012, nous y serons arrivés.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet de police, premièrement parce que l'enjeu de sécurité est considérable dans le dossier de candidature. Deuxièmement, parce que la Préfecture de police joue un rôle tout à fait essentiel dans notre dispositif de candidat ; troisièmement, parce que vous savez qu'au moment de la commission d'évaluation - j'ai souvenir de celle pour 2008 puisqu'elle avait eu le bon goût d'arriver le jour où le Conseil de Paris m'élisait Maire - l'action de la Préfecture de police et sa performance, sa crédibilité seront un atout pour notre dossier.
Enfin, troisième point : je soutiens d'autant plus votre souhait de faire de Paris la capitale la plus sûre du monde puisque nous y contribuons fortement, comme nous aurons l'occasion d'en reparler au moment du budget de la Préfecture de police dans quelques semaines.
Merci beaucoup.
Je donne maintenant la parole à Jean-Pierre CAFFET.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Merci, Monsieur le Maire.
Je vais m'exprimer de manière relativement brève puisque trois orateurs sont inscrits après moi, trois membres de l'Exécutif.
J'ai envie de commencer par dire à M. LE GOFF qu'il est des circonstances dans lesquelles il faut savoir maîtriser son expression. Très honnêtement, pour avoir participé à toutes les réunions du Comité fondateur, pour avoir consacré beaucoup de temps à la constitution du meilleur dossier possible, je peux ici affirmer que ce dossier a été constitué pour répondre au plus près des recommandations du C.I.O. car le seul objectif que nous avons, c'est de gagner les Jeux. Alors pourquoi gagner les Jeux de 2012 ? Pas pour faire "cocorico" et parce que c'est Paris, non, tout simplement, et c'est cela qu'il faut que nous ayons présent à l'esprit, pour montrer au C.I.O. que Paris a besoin des Jeux olympiques. Ce sera déterminant le 6 juillet 2005 quand le C.I.O. prendra la décision finale. Il faudra que le Comité olympique soit convaincu que Paris a besoin des Jeux.
C'est la raison pour laquelle nous avons essayé de répondre au plus près de ce que le C.I.O. attendait dans un dossier de candidature.
Trois points seulement, il y en aurait d'autres, mais ce sont à mes yeux les plus importants. Tout d'abord, l'héritage, non pas simplement pour Paris, mais pour un bon nombre de communes d'Ile-de-France, pour la région entière et pour tous les autres sites où se dérouleront des compétitions : je pense à Lens, à La Rochelle, à Marseille par exemple.
Il est évident que la candidature de Paris serait un accélérateur formidable pour améliorer, doter Paris et sa région d'un certain nombre de réalisations qui lui manquent aujourd'hui : des équipements, des infrastructures...
Donc du point de vue de l'héritage, nous avons essayé de construire le meilleur dossier possible.
Le second point est le développement durable ; le C.I.O. y est extrêmement attentif. Je ne m'étendrai pas sur la charte de développement durable que nous avons bâtie pour ce dossier de candidature, mais je considère qu'elle sera un atout peut-être décisif lorsque le choix final viendra.
Enfin, troisième point, nous avons essayé à la fois d'être extrêmement ambitieux et de maîtriser les financements. Quand on regarde les garanties qui sont apportées par les uns et par les autres, je crois que nous pouvons tous tomber d'accord pour dire que le coût de ces Jeux ne sera pas exorbitant.
Et cette démarche, nous l'avons menée en commun avec nos partenaires, l'Etat, la Région, mais également d'autres collectivités territoriales, afin d'avoir, comme je vous l'ai dit, le meilleur dossier possible pour gagner et pour montrer que Paris et l'Ile-de-France avaient besoin des Jeux.
Alors j'ai le sentiment au cours de ce débat, après avoir écouté de manière extrêmement attentive tous les orateurs, que, sur ces points-là en tout cas, un très large consensus règne entre nous.
Reste un élément de ce dossier dont je conviens qu'il n'a pas emporté une adhésion enthousiaste de tous et dont certains demandent encore à être convaincus. Je veux bien évidemment parler du bois de Boulogne, de l'extension de Roland Garros et de la construction de cette salle conçue comme étant pérenne à l'heure actuelle dans le dossier de candidature, dénommée le dôme.
J'ai bien entendu ce qui était dit ; je conçois parfaitement que sur le bois de Boulogne, des aspirations, d'ailleurs anciennes, reviennent à l'occasion de ce dossier et que des inquiétudes se fassent jour et je crois que notre devoir est d'y répondre. Donc nous essayons de le faire et Yves CONTASSOT l'expliquera sans doute mieux que moi, par un v?u de l'Exécutif, qui n'est pas défensif, mais qui est le concentré, me semble-t-il, de ce que la Municipalité a déjà élaboré depuis des mois, voire des années de travail, c'est-à-dire depuis 2001. M. CONTASSOT le dira : ce sont 11 hectares de bois rendus aux Parisiens, 50 millions d'euros prévus pour son amélioration, etc.
Est-ce suffisant pour apaiser les inquiétudes et avoir le meilleur dossier possible ? Faut-il aller plus loin ? Il y a au moins une chose qu'il est impératif de faire, c'est de continuer, en tout cas jusqu'à la visite du Comité d'évaluation, la discussion entre nous. Il faut que nous puissions calmement, raisonnablement, poser ce problème sur la table, en débattre entre élus, mais aussi avec tous ceux qui sont partie prenante. Je pense notamment aux associations qui nourrissent un certain nombre d'inquiétudes.
En tout cas, je crois que nous ne pouvons pas faire l'économie d'une poursuite de la discussion.
Le deuxième élément a été souligné par M. Claude GOASGUEN, à savoir l'utilisation future de ce dôme, de cette salle de 15.000 places. M. GOASGUEN, si j'ai bien compris, ne souhaite pas que ce dôme devienne un nouveau temple du music-hall, avec les nuisances que cela génère, mais qu'il soit consacré au sport. Je le dis à titre personnel, c'est une opinion que je partage totalement. Nous n'avons d'ailleurs pas besoin d'une nouvelle salle de spectacle de cette dimension à Paris et notamment pas dans le bois de Boulogne, lequel n'a pas vocation, me semble-t-il, à accueillir ce genre de manifestation ou, en tout cas, à devenir l'un des principaux sites de Paris où de tels spectacles auraient lieu.
Donc continuons à travailler sur cette question, trouvons les solutions pour que ce soit un lieu - s'il est construit - qui soit dédié au sport, et je dirais même peut-être exclusivement au sport.
Enfin, il y a la proposition de M. BARIANI qui, dans son v?u, souhaite que le périmètre défini dans le cadre de l'organisation des J.O. 2012 soit strictement respecté. J'ai envie de dire : "Oui, Monsieur BARIANI, c'est le moins que nous puissions faire".
M. BARIANI souhaite également qu'il s'agisse bien là de la dernière extension au profit de la F.F.T. Je comprends cette demande, notamment au regard du passé quand des extensions successives ont eu lieu, accompagnées de promesses ou contre-parties qui malheureusement n'ont jamais vu le jour.
Et donc je comprends parfaitement cette demande de faire en sorte que cette possible extension soit bien la dernière. Ceci est loin de me choquer.
Enfin, M. BARIANI souhaite que l'accord avec la Ville soit contractualisé sous une forme qui rende inopérante toute éventuelle remise en cause.
C'est un sentiment que je partage, mais ne suis pas sûr, Monsieur BARIANI, que la Ville soit la seule responsable du caractère inopérant d'une future extension. Je partage votre v?u. Je souhaiterais tout simplement, en accord d'ailleurs avec Yves CONTASSOT, avec lequel je viens d'en discuter, que ce dernier alinéa soit remplacé par la formulation suivante, qui peut être encore discutée entre nous : "que les moyens juridiques soient recherchés pour rendre irréversible cette volonté", c'est-à-dire de faire en sorte que ce soit bien la dernière extension de la F.F.T.
Voilà ce que je voulais dire. Je crois que nous avons un très large consensus...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi, Jean-Pierre CAFFET, j'aimerais aussi que vous répondiez, parce que sur les autres points Yves CONTASSOT pourra le faire, sur la demande de M. GALLAND concernant les Batignolles, et en particulier, puisque cela vous concerne, sur le fait qu'il demande d'envisager une dalle structurante plutôt qu'une dalle légère, ce qui me paraît du ressort de l'urbanisme.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Alors j'y réponds...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Me semble-t-il. En partie. Cela n'empêchera pas Yves d'en parler s'il veut.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - ... Mais je comptais bien répondre au v?u de M. GALLAND.
Personnellement, je ne suis pas favorable à ce v?u et je vais essayer de vous dire pourquoi. Le dossier de candidature prévoit une candidature... pardon ! ... prévoit une couverture légère.
M. Claude GOASGUEN. - Une candidature !
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - C'est vrai qu'il prévoit une candidature ! Il prévoit une candidature légère...
(Rires dans l'hémicycle).
Plusieurs conseillers. - Une "couverture" légère, pas une candidature légère !
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - J'ai contribué à la perturbation.
"Une couverture légère" !
Ne dites pas que je deviens gâteux, Monsieur GOASGUEN !
(Rires dans l'hémicycle).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Surtout je n'envisage pas que M. GOASGUEN puisse prétendre que les sénateurs soient gâteux !
(Rires dans l'hémicycle).
On ne sait jamais, en plus il ne faut jamais insulter l'avenir, Monsieur GOASGUEN !
(Movements divers dans l'hémicycle).
L'adjoint CAFFET a la parole !
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Ce dossier de candidature prévoit une couverture légère. Pourquoi une couverture légère ? Parce que le problème de la dalle a été étudié, à la fois techniquement et financièrement. Or nous sommes sur un périmètre où il faudrait une couverture avec des poutres de 80 mètres de portée. Je ne dis pas que ce n'est pas faisable, mais enfin c'est compliqué...
Par ailleurs, nous sommes également sur un site où il y a un dénivelé de 5 mètres entre le plateau des Batignolles et les voies ferrées.
Nous avons cependant demandé à la S.N.C.F. d'étudier ce projet parce que l'idée du Comité fondateur était bien de pouvoir couvrir complètement ce qu'on appelle le "faisceau principal", de manière à relier le plateau des Batignolles, là où va se situer le Village olympique, aux abords de la rue de Saussure.
Ceci est extrêmement compliqué à réaliser, techniquement parlant, pour les raisons que je viens d'indiquer, et surtout ceci aurait un coût faramineux.
Auquel se rajoute le coût de fonctionnement de la gare, bien évidemment, mais je parle uniquement de l'infrastructure.
Donc, Monsieur GALLAND, ceci a été étudié, c'est techniquement très difficilement faisable, cela aurait un coût prohibitif pour les finances publiques de la Ville et je crois savoir que ni l'Etat, ni la Région, ne souhaiteraient s'associer à cette dépense, qui retomberait donc à terme sur le contribuable parisien.
C'est la raison pour laquelle je souhaiterais, Monsieur GALLAND, que vous puissiez retirer ce v?u, sachant que je partage celui concernant Roland Garros au codicille près que je viens d'indiquer.
Je conclurai en deux mots pour ne pas allonger les débats.
Je crois que, pour gagner, nous avons besoin d'un rassemblement, de tous, et de tous les élus du Conseil de Paris en particulier, et c'est en ce sens que j'ai toujours travaillé à cette candidature. Je souhaiterais que, aujourd'hui, nous puissions trouver les voies de ce rassemblement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-Pierre CAFFET.
La parole est à Denis BAUPIN.
M. Denis BAUPIN, adjoint rapporteur. - Merci, Monsieur le Maire.
Vous avez indiqué l'ambition de Paris de présenter la candidature la plus écologique aux Jeux olympiques, et l'un des aspects de cette candidature, l'une de ses caractéristiques, c'est l'objectif que nous nous sommes fixé de "zéro déplacement automobile pour les spectateurs des Jeux olympiques et paralympiques". C'est en fonction de cet objectif qu'ont été choisis un certain nombre d'équipements, d'infrastructures, de projets, qui sont dans le dossier de candidature : plusieurs dizaines de kilomètres de tramway dans Paris et à l'extérieur de Paris, la gare "Evangile", le renforcement de l'offre, y compris l'offre nocturne sur les transports collectifs, une billetterie qui intégrera dès le départ les transports collectifs pour les spectateurs, l'extension du réseau cyclable dans Paris et surtout à l'extérieur de Paris, des parkings d'autocars en grande couronne pour gérer les autocars qui viendront pour les spectateurs, des navettes fluviales, deux couvertures de périphérique, la mise en place d'une voie olympique sur le périphérique, qui permettra à l'avenir d'envisager un autre fonctionnement de ce dispositif sur le périphérique, l'accessibilité d'une grande partie du réseau de transports collectifs pour les personnes à mobilité réduite et les personnes handicapées...
Vous voyez donc qu'il y a de nombreux projets qui permettront de faire de cette candidature une candidature pleinement écologique en matière de transports collectifs.
Quelques mots sur l'un des projets évoqués notamment par M. GOASGUEN et M. LE GOFF en ce qui concerne le tramway des Maréchaux Ouest.
Si le tramway des Maréchaux-ouest est aujourd'hui dans la candidature de Paris, c'est parce qu'il a été considéré par le Syndicat des Transports d'Ile-de-France comme indispensable pour permettre la desserte du pôle ouest sur lequel il y a de nombreux équipements sportifs.
Aujourd'hui, rien n'a été décidé en ce qui concerne le trajet, puisque deux possibilités continuent d'exister, soit par le boulevard Exelmans directement pour aller à la porte d'Auteuil, soit par l'avenue de Versailles via la porte de Saint-Cloud et le boulevard Murat. Ces deux hypothèses sont aujourd'hui sur la table. Nous aurons l'occasion, dans la suite de ce Conseil, d'évoquer le lancement d'une procédure de marché de définition pour l'examen de ces deux hypothèses et de regarder comment le projet peut s'inscrire dans l'urbanisme de ces boulevards. J'espère donc que nous serons unanimes pour voter ces projets de délibération, de façon que ces études de définition nous permettent d'étudier très pragmatiquement et très clairement comment le tramway pourra se mettre en place.
En tout état de cause, Monsieur LE GOFF, je ne vois pas comment on pourrait penser que cet équipement pourrait être remplacé par une voie olympique sur ces boulevards, puisque là il s'agit bien d'assurer la desserte du noyau ouest pour les spectateurs, la voie olympique étant un équipement dédié aux sportifs. Il n'y a pas de ce point de vue de possibilité de remplacer l'un par l'autre.
J'attire votre attention sur l'importance qu'aura aussi le tramway des Maréchaux-ouest, à l'avenir, pour la desserte du bois de Boulogne, au-delà simplement des Jeux olympiques. Il permettra en effet l'accès d'un maximum de nos concitoyens à ce poumon, comme vous l'avez rappelé, de l'agglomération parisienne.
En ce qui concerne la ligne 13 du métro, nous sommes évidemment tous convaincus que c'est la priorité en matière de réseau de métro dans Paris. C'est la ligne aujourd'hui de loin la plus encombrée, celle qui subit une fréquentation énorme par rapport à ses capacités. Les projets du Syndicat des Transports d'Ile-de-France permettront d'ores et déjà une amélioration en 2006, mais il est clair que nous devrons aller au-delà. Cependant, il n'y a pas de raison d'opposer aujourd'hui le tramway des Maréchaux et la ligne 13. Ce sont les deux qu'il nous faut aujourd'hui améliorer.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je souhaitais dire en réponse. Je crois qu'avec ces équipements prévus pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques, et notamment le tramway, nous aurons un héritage extraordinaire pour les Parisiens et les habitants de banlieue. L'organisation d'un événement de cette ampleur, sans transport automobile supplémentaire, sera également un héritage culturel, dans la lignée de ce que nous faisons depuis trois ans dans Paris, pour diminuer la pression automobile et faire en sorte que l'on puisse vivre dans cette Capitale dans de meilleures conditions de santé publique.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. C'était effectivement majeur.
La parole est à Pascal CHERKI.
M. Pascal CHERKI, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, merci.
Mes chers collègues, je voudrais brièvement, ici, me faire le porte-parole du mouvement sportif, parce qu'on a beaucoup parlé d'urbanisme, de transports, de tranquillité des riverains dans ces Jeux, mais il ne faudrait quand même pas oublier que les Jeux olympiques, c'est l'organisation simultanée de 28 championnats du monde dans une ville et que c'est aussi un événement très attendu par les sportifs. Le Président VUILLERMOZ en a parlé en des termes assez justes.
Je voudrais quand même rappeler avec humilité à cette Assemblée que nous sommes élus de formations politiques, nous sommes peut-être militants dans des organisations syndicales, pour certains d'entre nous nous pratiquons une confession religieuse, mais qu'il y a 14 millions de Françaises et de Français qui sont licenciés d'un ou de plusieurs clubs sportifs, et que c'est le phénomène majeur d'affiliation moderne, et que de ce point de vue là une ville comme Paris, une région comme l'Ile-de-France, un pays comme la France ne peut pas se désintéresser, ainsi que les élus que nous sommes, de l'impact social, du caractère fédérateur que peut et que devrait représenter le sport. Et justement, parce que c'est un phénomène moderne, majeur d'affiliation, il est évident que le sport lui aussi est traversé de contradictions. Mais ces contradictions et vous l'avez très bien rappelé, Monsieur le Maire, dans votre introduction, elles sont à l'image de celles que traverse notre société et ne sont pas indépassables.
La deuxième question, et là je pense, Monsieur le Maire, que je ne ferai qu'appuyer vos propos, nous sommes en parfait accord avec la philosophie actuelle du C.I.O. Si nous avions un désaccord avec l'orientation qu'entend conduire le Président Jacques ROGGE je pense que la Ville de Paris n'aurait pas dû se porter candidate à l'organisation des Jeux olympiques car elle y aurait perdu, je dirais de sa liberté, et se serait retrouvée dans une contradiction de ce point de vue là insurmontable. J'étais il y a quelques jours au salon "Sportel" à Monaco qui réunissait les chaînes de télévision, notamment N.B.C. la chaîne américaine, les chaînes de télévision allemandes, françaises, japonaises, qui étaient parmi les plus gros contributeurs aux Jeux olympiques et le Président Jacques ROGGE a dit : "Le C.I.O. ne recherche pas dans l'organisation des Jeux olympiques à récupérer le maximum d'argent parce que sinon il ne contracterait pas avec les chaînes de télévision non payantes, il contracterait avec les chaînes de télévision payantes". Et le Président Jacques ROGGE a dit : "l'objectif du C.I.O. c'est l'universalité des Jeux", expliquant par exemple qu'ils avaient cédé les droits, alors que par exemple pour la couverture du territoire nord américain, la chaîne N.B.C. paye plus de 2 milliards d'euros ou de dollars, pardon, 2,2 milliards pour la couverture des Jeux d'hiver et d'été, aux 52 pays africains pour la somme de 6 millions de dollars. Jacques ROGGE disait : "En effet, on fait ce choix parce que notre enjeux à nous c'est l'universalité de la dimension des Jeux olympiques". Bien sûr, les Jeux olympiques ne résolvent pas les problèmes auxquels est confronté l'humanité. Mais cette philosophie, Paris ne peut être que d'accord avec cela.
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est très important, ce sont des éléments que l'on n'a pas donnés et je trouve très important sur le fond que Pascal les donnent.
M. Pascal CHERKI, adjoint, rapporteur. - Deuxième élément, le Président Jacques ROGGE a expliqué que 94 % des recettes générées par les Jeux olympiques à destination du C.I.O. étaient reversées au mouvement sportif, notamment à travers un important programme de solidarité olympique, que le C.I.O. ne gardait que 6 % pour le fonctionnement, et j'attire l'attention des membres de l'Assemblée parisienne ici sur le fait que la réussite des Jeux olympiques et aussi leur réussite économique est une nécessité pour le développement du sport dans des dizaines, plus d'une centaine de pays dans le monde entier qui n'ont pas la possibilité comme la France de pouvoir bénéficier d'un concours important de leur propre Etat ou de leurs collectivités publiques pour le développement du sport, et que sans la solidarité olympique, le sport ne se développerait pas dans un certains nombre de pays. Tout cela pour dire et c'est ce que disait le Président VUILLERMOZ, à juste titre d'ailleurs : il ne faut pas que les stades soient vides.
Mais c'est cela qui est intéressant d'ailleurs, parce que lors des derniers Jeux olympiques à Athènes, un signe d'encouragement pour Paris, ce sont les Jeux qui ont été les plus suivis dans le monde, notamment en Asie et aux Etats-Unis, comme quoi la preuve est faite que l'on peut organiser des Jeux en Europe sans que cela pose de problèmes, je dirai d'adhésion, je dirais de la part des spectateurs du monde entier, notamment à cause du décalage horaire. C'est un des éléments souvent indiqués alors que les chaînes américaines et japonaises présentes nous disaient qu'elles n'avaient jamais eu une aussi grosse couverture médiatique des Jeux dans leur propre pays.
Mais en même temps ils disaient qu'ils arrivaient eux aussi à une difficulté, c'est-à-dire que l'on ne pouvait pas retransmettre des Jeux devant des stades à moitié vides, et qu'un des enjeux y compris pour les chaînes de télévision, c'étaient que les stades soient remplis et de ce point de vue là, il ne s'agit pas de faire la leçon à qui que ce soit, parce que beaucoup ont la capacité de remplir leurs stades, mais quand même la France est bien partie dans ce domaine. La démonstration qui a été faite à la Coupe du monde de football, mais surtout aux Championnats du monde d'athlétisme dont on sait que c'était une des épreuves les plus difficiles pour remplir les stades. J'étais à Edmonton il y a 3 ans les stades étaient à moitié vides, à Paris ils ont été remplis tout le temps. Une des raisons, mais pas la seule, c'est qu'en effet les collectivités publiques ont acheté un certain nombre de places pour permettre aux jeunes d'y participer, et qu'une diversité sociale du public a pu être obtenue. Le fait que cette candidature soit portée par l'unanimité des pouvoirs publics, qui y contribueront financièrement de manière très importante, même s'il y a une contribution utile des partenaires privés que vous avez rappelée est une garantie pour qu'à l'arrivée il y ait une diversité de participation de la population à ces Jeux et de ce point de vue-là, nous avons une garantie majeure au C.I.O. je pense, car ils savent qu'en France, sûrement ailleurs, mais en tout cas en France, c'est sûr, les stades seront remplis et seront remplis à la fois d'"aficionados" du sport et même temps de personnes qui à l'occasion du sport, et les Championnats du monde d'athlétisme l'ont montré, viennent participer à une immense fête culturelle mondiale.
Ce qui m'amène, Monsieur VUILLERMOZ, à vous dire encore une fois, vous allez penser que je ne réponds qu'à vous, qu'en effet la suggestion que vous avez faite de grande fête du sport associant les Parisiens est tout à fait judicieuse et nous avons un peu devancé vos désirs pour une fois, puisque j'ai réuni, la semaine dernière, l'ensemble des adjoints aux sports des 20 arrondissements parisiens et nous sommes en train de préparer avec le mouvement sportif parisien, sous l'égide des comités des O.M.S. de Paris, sous l'égide du Comité départemental olympique et sportif de Paris, sous l'égide des fédérations de sport scolaire, des Jeux de la Jeunesse parisienne. Le temps qui m'est imparti ne me permet pas de développer ce sujet, mais je suis à votre disposition pour le faire, qui vise à organiser une grande fête du sport parisien portée par les sportifs parisiens autour des jeunes et de soutien à la candidature des Jeux et notamment des jeunes qui seront en situation en 2012 d'être soit pour un petit nombre d'entre eux athlètes, soit pour la majorité d'entre eux bénévoles ou spectateurs.
Je terminerai sur la question de Roland Garros, en disant à mon tour après Jean-Pierre CAFFET, qu'en effet les questions que pose M. GOASGUEN mais qui sont posées sur tous les bancs de l'Assemblée sont judicieuses. Je tiens à vous dire ici qu'il n'est pas envisagé par les collectivités parisiennes de créer une salle de spectacles. Pour deux raisons, premièrement pour la tranquillité des riverains, en effet, on peut être exigeant en matière sportive, avoir un Parc des Princes actif, un Jean-Bouin, rénové grâce aux Jeux olympiques, un stade de rugby moderne et puis comprendre l'aspiration des riverains à une certaine tranquillité.
Deuxième élément, une question d'économie bien comprise. Un des enjeux majeurs est de ne pas avoir d'éléphants blancs, c'est-à-dire de salles qui après les Jeux olympiques ne soient pas utilisables. Or, nous avons vérifié la compatibilité de l'économie et du fonctionnement d'un super dôme après les Jeux et de Paris-Bercy, nous n'allons pas créer une troisième salle de spectacles qui risquerait de déséquilibrer l'économie du spectacle à Paris. Donc, Monsieur GOASGUEN, pour vous rassurer, je propose que nous nous associons, ensemble, pour faire passer les message, s'il y avait un sentiment qui ne soit pas passé dans la plus grande clarté face à nos interlocuteurs, que nous associons les élus du 16e arrondissement à la définition du cahier des charges que nous négocierons avec la Fédération française de tennis dans le cadre de l'extension du dôme de Roland Garros et je compte sur vous pour qu'ensemble nous fassions comprendre, si les choses n'étaient pas suffisamment claires, que cela ne sera réservé que pour des compétitions sportives de tennis, principalement. Tel est en tout cas le discours que nous tiennent à l'heure actuelle les responsables de la Fédération française du tennis, mais nous prendrons toutes les garanties nécessaires.
En effet, et c'est le dernier point sur lequel je terminerai, il m'a été donné de me rendre dans plusieurs réunions organisées par le C.I.O., avant que l'on déclare la candidature de Paris, ce que m'ont dit tous les membres du C.I.O., tous les interlocuteurs que j'ai rencontrés, c'est qu'il y a deux éléments qui font gagner une candidature : la qualité d'un dossier et l'unité de l'ensemble des pouvoirs publics.
De ce point de vue là, Paris et vous l'avez dit, Monsieur le Maire, vous avez raison, sur la question de l'unité des pouvoirs publics, Paris n'est pas en retard, loin de là. Il serait vraiment dommage que par notre propre comportement et notre tempérament gaulois nous ne créons des difficultés là où jusqu'à présent nous avons eu l'intelligence, tous ensemble, de créer les conditions et d'avoir une écoute comme nous n'en n'avons jamais eue auprès des membres du Comité international olympique et pour ceux qui en douteraient, je vous invite à relire avec attention l'interview réalisée par le Président Jacques ROGGE dans le Journal du dimanche, de dimanche dernier.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Très très bonne intervention.
Je donne la parole à Yves CONTASSOT.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, rapporteur. - Merci. Bien alors il y a eu un certain nombre de remarques qui pour l'essentiel convergent autour, à la fois de l'aménagement futur du bois et de la question de l'extension de Roland Garros. Sur ces deux questions, c'est vrai qu'on est parti de très loin sur Roland Garros. La première demande visait à prendre en gros sept hectares sur le bois, sur une zone qui n'est certes pas d'une très grande fréquentation puisqu'elle est en phase de régénération naturelle, et en partie interdite au public. Aujourd'hui nous sommes sur un projet, considérablement réduit, qui a - et je ne l'ai jamais caché, ni devant les associations, ni devant aucun groupe - des avantages et des inconvénients.
Les avantages, c'est à l'évidence, d'aménager, mais de manière très belle, l'accès au bois depuis la porte d'Auteuil, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, avec une vraie couverture d'emprise autoroutière (il faut appeler les choses par leur nom).
De ce point de vue, il y aura un gain incontestable puisque l'on va transformer des espaces verts de type talus de voies autoroutières, en espaces verts accessibles avec des plantations d'arbres de haute tige ; le "plus" est incontestable. Je crois que toute personne de bonne foi le reconnaîtra.
En revanche, il est vrai qu'en superficie stricte d'espaces verts, il y a un léger déficit de 0,9 hectare. Après, le débat est de savoir s'il vaut mieux un mètre carré d'espace vert, même s'il n'est pas accessible et qu'il est un talus de périphérique, ou un mètre carré d'espace vert agréable sur lequel on peut aller se promener. Je laisse à chacun le soin de choisir.
Pour ma part, je considère que le bilan est, en termes d'espaces verts, globalement, qualitativement positif, même s'il est, en superficie stricte, déficitaire. Mais il n'y a pas que la superficie stricte qui compte, il y a aussi la qualité de l'espace vert.
Faut-il ou pas considérer que l'on est dans une version totalement définitive ? Je rappelle que dans le v?u que nous déposons au nom de l'Exécutif, nous le disons de manière extrêmement précise. Il s'agit d'un équipement qui est actuellement dans le projet des J.O. 2012, ce qui veut bien dire qu'il mérite encore d'être débattu, amélioré.
On n'en est pas au cahier des charges définitif, on a encore du temps pour regarder cela et, comme d'autres, si l'on peut encore gagner quelques centaines de mètres carrés, pourquoi pas ? Je pense que personne n'ira à l'encontre de ce projet qui devra faire l'objet de concours, d'études. Nous en débattrons donc à nouveau, d'autant qu'il y a, pour piloter tout cela, un certain nombre de comités, de groupes de travail sur Roland Garros qui, évidemment, seront ouverts - c'est légitime - à toutes les personnes, notamment les élus du 16e, qui sont déjà partie prenante à travers le comité de pilotage sur l'aménagement du bois de Boulogne. Je propose que l'on renforce si nécessaire cette participation pour mieux suivre ces projets en détail.
Je voudrais aussi insister sur l'autre aspect évoqué par Pascal CHERKI, à savoir les concessions. Quand il y a des concessions, il y a effectivement des clauses qui permettent de développer ou non un certain nombre d'activités. Dans l'esprit du Maire comme dans l'esprit de tout le monde, il n'est pas question qu'il y ait autre chose que les activités pour lesquelles la concession sera signée. Nous n'acceptons pas - et aujourd'hui nous le faisons savoir, - dans le bois de Boulogne, un certain nombre d'activités qui ne sont pas conformes aux traités de concession signés entre la Ville et les parties prenantes.
Nous les faisons respecter et je voudrais d'ailleurs rappeler que nous avons fait cesser un certain nombre d'activités pérennes dans le bois, notamment sur la pelouse de la Muette, en faisant partir des spectacles qui étaient là tout au long de l'année dans l'illégalité la plus totale.
Nous avons donc déjà réduit le type d'activités dont vous craigniez une éventuelle extension demain.
Il y a au-delà de cela des choses qui méritent d'être dites. Je ne sais pas si tout le monde connaît suffisamment le bois de Boulogne pour imaginer ce que recouvre le v?u. C'est vraiment un changement structurant du bois qui est proposé. Sur le réaménagement des deux grands carrefours, pour ceux qui connaissent, ce sont vraiment des "verrues", si je peux m'exprimer ainsi, du point de vue routier, dans des secteurs du bois qui sont des secteurs sensibles et fréquentés, notamment le week-end, par des piétons, des enfants, etc.
On va créer quelque chose qui va permettre à des gens d'aller se promener autour des lacs sur des terrains qui ne seront plus des routes avec tous les problèmes que l'on connaît aujourd'hui, mais qui seront des allées piétonnes complètement revues du point de vue de leur aménagement et qui redonneront aux deux grands lacs leur caractère d'origine.
Ce sera une transformation radicale pour ces deux lacs. Si nos ancêtres qui ont conçu ce bois étaient là, ils seraient, à mon avis, très contents que l'on revienne à ce qu'ils avaient conçu comme lieu de promenade et non pas ce que l'on voit aujourd'hui. Ce sont cinq hectares gagnés !
Le carrefour de Longchamp qui aujourd'hui est un carrefour absolument impossible à traverser ou même à approcher pour des piétons sera rendu à de la circulation douce, aux piétons, avec la création d'une continuité de lacs sur l'ensemble du secteur.
Je propose de montrer aux élus du 16e des maquettes faites très rapidement par l'A.P.U.R. sur un plan afin qu'ils voient ce que cela donne, c'est franchement un changement considérable.
Deux points encore sur lesquels je voudrais insister rapidement. Quand on dit qu'il faut revoir les conditions de reconquête des berges de la Seine dans le bois de Boulogne, pour toutes celles et ceux qui connaissent cet endroit, c'est effectivement un endroit où l'on ne peut pas se promener aujourd'hui, alors que c'est sans doute un des lieux les plus charmants. Nous pensons que c'est un enjeu majeur que de restaurer une continuité entre le bois et la Seine, qui aujourd'hui n'existe pas.
De la même manière, il faut faire en sorte que l'ensemble des terrains de sports qui sont dans le bois de Boulogne et qui sont totalement inaccessibles par les transports en commun aujourd'hui, notamment pour les jeunes, aussi bien de Paris que d'ailleurs, puissent être demain accessibles. On a commencé à en discuter avec Denis BAUPIN. C'est l'enjeu majeur de la reconquête, y compris sur le plan social, pour que tout le monde puisse y accéder et pas seulement ceux qui peuvent se faire conduire en voiture à cet endroit-là.
Enfin, il est vrai qu'il y a des reconquêtes à faire sur un certain nombre de concessions, en accord d'ailleurs très souvent ou après discussion avec les personnes qui occupent ces lieux, sans spoliation aucune, mais parce qu'il y a des aménagements à faire et des redistributions de surface à envisager dans ces cas-là.
Onze hectares au total, si l'on considère que ce n'est pas grand-chose, je veux bien. Ce n'est pas parfait, si l'on avait pu éviter l'extension de Roland Garros, je pense que personne ne se serait battu, au sein de cet hémicycle, contre l'avis de la F.F.T. Ils estiment à ce jour, dans le cadre de la candidature, que c'est un mal nécessaire, si j'ose dire.
Concernant les v?ux par rapport à cela, je demande au président RIOU, comme il l'a laissé entendre tout à l'heure, de retirer le v?u et l'amendement présenté par "Les Verts", dans la mesure où il me semble que le v?u présenté par l'Exécutif va même au-delà, en termes d'aménagement du bois, de ce qui avait été demandé.
Sur le v?u de M. GALLAND concernant la dalle, je voudrais rappeler un élément qui ne figure pas : il s'agit d'une dalle légère. Jean-Pierre CAFFET l'a dit, l'étude qui a été faite montre la quasi-impossibilité de faire autre chose qu'une dalle légère puisque la S.N.C.F. n'envisage pas l'arrêt du trafic. Tout doit se faire avec l'ensemble de la circulation des trains.
C'est une contrainte supplémentaire. Sur cette dalle légère, faut-il le rappeler, il y aura toutes les sources d'énergies renouvelables alternatives permettant d'alimenter le Village olympique.
A l'initiative du groupe U.M.P., hier, nous avons voté un v?u allant dans le sens du développement des énergies renouvelables dans Paris ; je jugerais dommage qu'une des premières décisions, le lendemain même, soit d'aller à l'encontre de ce voeu.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Excellent argument. Je veux remercier absolument tous les élus, au-delà des différences de ton, pour cet excellent débat, et remercier particulièrement les quatre adjoints, même si d'autres travaillent beaucoup sur ce dossier.
Je crois que nous pouvons vraiment adresser un message aux Parisiens de la part de tous les élus de Paris, de ce qu'est notre relation, notre état d'esprit, notre détermination, notre enthousiasme, pour la plupart d'entre nous, sur cette perspective.
Je vous en remercie donc, à ce titre-là, car je crois qu'au-delà de nos débats, échanges d'arguments, d'appréciations, de convictions, ce qui compte, c'est aussi ce que nous disons aux Parisiens à travers ce débat.
Nous passons maintenant au vote. Il n'y a plus de débat, il y a simplement l'ordre dont nous avons besoin pour que le vote soit bien clair. Il y a deux projets de délibération que je vais mettre au vote. Sur le premier, il y a d'abord le v?u présenté par l'Exécutif, puis l'amendement du groupe "Les Verts", puis le v?u du groupe "Les Verts" sur lequel M. RIOU va nous dire son sentiment, puis un v?u de M. BARIANI où j'ai cru comprendre que, sur les formulations, il s'était mis d'accord avec M. CAFFET et M. CONTASSOT ; puis un v?u de M. GALLAND où là il n'y a pas eu d'accord, mais que M. GALLAND a toujours la conviction qu'il doit maintenir. Que notre vote soit clair.
D'abord, Monsieur RIOU, sur votre amendement et votre v?u. Mais ce n'est pas un débat, c'est une information que vous donnez à l'Assemblée.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, permettez-nous de ne pas prendre trop de temps, en effet, mais cela va être très clair et très bref. Je voulais dire que, puisque M. GALLAND... Je voudrais donner une explication de vote au moins sur les deux v?ux de M. GALLAND. Le groupe "Les Verts" évidemment ne peut pas voter le v?u sur la couverture en dur puisque, comme l'a dit Yves CONTASSOT, ce serait revenir sur un progrès écologique qui nous semble important.
De la même manière, nous ne pourrons pas voter sur le v?u qu'il propose de maintenir, sur le fait que l'extension actuelle serait la dernière puisque notre position est justement que la dernière extension était celle d'il y a sept ans !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous interrogeais sur vous, pas sur les autres.
M. Alain RIOU. - Une explication de vote, Monsieur le Maire, consiste à expliquer le vote. Nous ne sommes donc pas contre puisque c'est effectivement éviter le pire pour l'avenir, mais nous ne pouvons pas voter pour puisque, par définition, nous avons une autre idée des choses.
M. LE MAIRE DE PARIS. - D'accord, on a compris !
M. Alain RIOU. - Sur le dernier point...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Quel avis sur votre amendement et sur votre v?u ?
M. Alain RIOU. - Sur notre amendement et sur notre v?u, je souhaiterais que l'un des auteurs du v?u s'exprime, et d'ailleurs il va s'exprimer très clairement et dans le bon sens, concernant le retrait du v?u et de l'amendement. Je voudrais que Jean-François BLET puisse, au nom du groupe...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Comme c'est Noël, bien sûr je vais donner la parole à l'autre conseiller, mais un aurait suffi ! Vous êtes quand même tous des "Verts".
Allez, Monsieur Jean-François BLET, mais pas pour refaire un discours, pour donner un argument en faveur de sa thèse et de l'éventuel retrait.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, j'ai été sensible dans ce débat au fait que vous ayez dit à la suite de l'intervention de M. VUILLERMOZ que, dans la synthèse générale, vous intégrerez ses préoccupations. Je souhaiterais de même que vous intégriez les nôtres en ce qui concerne Roland Garros.
J'ai été sensible à l'intervention de Jean-Pierre CAFFET qui a dit que le débat se poursuivrait. Dans cette optique, je voudrais dire juste une chose : le C.I.O. n'a jamais demandé à ce qu'il y ait une construction en dur sur Roland Garros. Le C.I.O. se contenterait parfaitement, et vous pouvez le vérifier, d'une organisation, d'une installation provisoire. Il y a donc des possibilités. A Athènes, le judo et le badminton, c'était une salle de 6.000 places et une salle de 2.400 places : 6.000 plus 2.400 n'ont jamais fait 15.000, et des salles de 4.000 places sont disponibles à Paris.
Par rapport à tout cela et puisque la volonté de certains des dirigeants de la Fédération de tennis, par de tous, est d'aller à marche forcée vers l'extension et que ce débat pollue le débat sur les J.O., je suis partisan de la tenue des J.O. à Paris, je voterai sur ce point. Je pense que c'est un plus pour le rayonnement de la Capitale et un plus pour les projets d'aménagements urbains que nous avons sur Paris. Il n'y a donc aucune ambiguïté.
Je retire donc cet amendement mais, en revanche, nous reproposerons un v?u pour que le débat puisse avoir lieu, comme le souhaite Jean-Pierre CAFFET, dès le mois prochain sur cette question.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BLET, je vous remercie beaucoup, d'abord, mais je veux que nous soyons nets. A la fois Jean-Pierre CAFFET comme Yves CONTASSOT ont eu raison de dire que tant qu'on pourra discuter, améliorer et créer des synthèses, on est pour. En même temps, vous avez lu les projets de délibération : il y aura un certain nombre d'épreuves à Roland Garros et je ne veux pas vous mentir.
Discutons autant que nous le pouvons. Il y a des choses très claires dans les projets de délibération et je ne veux donc pas que notre ouverture à la discussion puisse être interprétée comme le fait que certaines épreuves pourraient ne pas avoir lieu dans les conditions où elles doivent avoir lieu.
Je peux donc maintenant passer au vote.
Dans l'ordre, je mets donc d'abord aux voix le v?u...
Monsieur GALLAND ?
M. Yves GALLAND. - Vous passez au vote uniquement sur les v?ux ?
M. LE MAIRE DE PARIS. -Non, on vote comme d'habitude, Monsieur GALLAND.
M. Yves GALLAND. - Vous parlez du v?u et de l'amendement des "Verts" et pas des nôtres ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, j'en ai parlé... Laissez-moi finir, Monsieur GALLAND ! Laissez-moi finir, s'il vous plaît.
J'ai donné la parole aux "Verts" parce qu'ils retirent leur v?u. Et j'ai compris, parce que vous me l'avez dit, que celui de M. BARIANI n'était pas retiré, mais reformulé tel que le disait M. CAFFET, ils étaient donc d'accord ; et que l'autre, nous n'étions pas d'accord et que vous le mainteniez. Donc je l'ai dit. Si vous voulez le préciser, allez-y.
M. Yves GALLAND. - Je voudrais apporter une précision puisque le paradoxe final serait que le président des "Verts" s'exprime sur notre v?u et que nous ne puissions pas nous exprimer dessus.
Monsieur le Maire, nous le maintenons pour une raison simple.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Les deux sont maintenus.
M. Yves GALLAND. - Si j'ai bien compris, celui de M. BARIANI...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il n'y a pas de problème puisqu'il s'est mis d'accord avec M. CAFFET et M. CONTASSOT.
M. Yves GALLAND. - Il n'y a pas de quasi impossibilité. Bien sûr, il y a des contraintes de trafic. Bien sûr un dénivelé existe. Bien sûr il y a un coût. Ce que nous vous avons demandé, c'était une étude complète. Cette étude complète montre que, sur toutes les dalles qui ont été réalisées dans toutes les villes, ces contraintes existaient pourtant, et on a fait des aménagements. Ce que nous aurions souhaité, c'est que ce v?u soit voté pour que l'étude soit faite et que vous ayez un bilan, Monsieur le Maire, parce qu'on vous a parlé des dépenses et pas des recettes !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Reprenez le débat !
M. Yves GALLAND. - Pas du tout ! Si vous avez 40 hectares de foncier, vous avez souhaité faire des locaux activités et bureaux, vous aurez des recettes. Vous souhaitez faire des logements, vous aurez des recettes.
Si vous faites des logements sociaux à l'Ouest parce qu'il s'agit bien de l'Ouest, vous n'aurez pas le coût du foncier que vous avez habituellement. Les espaces verts, c'est une valorisation subliminale, Monsieur le Maire !
C'est pour cela que nous regrettons que nous soyons dans l'impossibilité de faire cette étude qui n'empêchait pas du tout d'aménager les sources d'énergie renouvelable. Cette divergence, nous l'avons non pas sur les Jeux olympiques, j'ai été biblique là-dessus, mais sur une certaine conception urbanistique d'aménagement de Paris, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien, merci beaucoup. Je vous répète parce qu'on reprend toujours le même débat : ce que vous a dit Jean-Pierre CAFFET, à savoir que les études ont été faites et que l'on a les réponses. Que cela ne vous convainque pas, c'est votre droit, nous le respectons. Ne reprenons pas douze fois les mêmes débats, même lorsqu'il s'agit d'un sujet aussi passionnant que les Jeux olympiques.
D'abord, le v?u de l'Exécutif, vous l'avez lu, sur le projet de délibération SG 139.
Je mets aux voix le v?u présenté par l'Exécutif.
Qui est pour ? Je vous remercie.
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Ah, ce n'est pas pareil ! Je demande d'abord qui s'abstient, et après je constaterai que ceux qui n'ont pas levé la main n'ont pas pris part au vote.
Y a-t-il des abstentions sur le v?u de l'Exécutif ?
Oui, je vous regarde. J'en vois deux et donc j'en déduis que ceux qui ne se sont pas abstenus ne prennent pas part au vote.
Non, pas dans le vote, cher Christian TAITTINGER.
M. Pierre-Christian TAITTINGER, maire du 16e arrondissement. - C'est pour te rappeler que j'existe !
(Rires dans l'hémicycle).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Puisque tu m'as rappelé en me tutoyant que tu existes, ce qui est vrai, et d'ailleurs j'en tiens le plus grand compte, j'espère que nos débats de ce matin ont montré que l'on en tenait compte. La seule chose importante, c'était de savoir si c'était abstention ou non prise de participation au vote. J'ai cru comprendre que c'était une NPV. C'est cela ? Mais je suis prêt à donner la parole au maire du 16e arrondissement.
M. Pierre-Christian TAITTINGER, maire du 16e arrondissement. - Je voudrais simplement dire un mot pour expliquer ma position. La première, dire à M. CONTASSOT une nouvelle fois, que je ne m'estime pas, en tant que maire de cet arrondissement, assez présent dans les moments de délibérations concernant le bois de Boulogne. C'est la raison pour laquelle, quand vous êtes venu signer officiellement la charte, on avait refusé de mettre mon nom sur la carte d'invitation, je ne suis pas venu et je l'ai expliqué. C'est tout. Première observation.
La deuxième : je suis souvent averti trop tard de ce qui se passe. Je dois à la gentillesse de M. CHERKI, vendredi à 16 heures, de m'avoir signalé qu'un v?u de l'Exécutif mettait en cause le problème de l'aménagement du bois de Boulogne. Sans lui, j'aurais attendu sans doute la séance d'hier.
Je proteste contre cette méthode.
La troisième, je ne m'oppose pas du tout à tout ce que l'on nous promet. Il y a quinze ans que je le demande en tant que maire. Aussi, quand on me dit qu'on va le faire, je ne vais pas m'y opposer, mais j'estime que c'est un peu bizarre comme méthode.
Je souhaite, comme l'a dit M. CAFFET, que sur ces quelques points, nous puissions poursuivre nos négociations, nos échanges et obtenir un consensus que je souhaite, mais qui, pour le moment, n'existe pas sur les points que M. CONTASSOT pense qu'ils existent.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien.
Première remarque, on a toujours associé le maire du 16e arrondissement à ce qui concerne le 16e arrondissement, sur tous les sujets, y compris la propreté. Et cela fonctionne bien d'ailleurs, grâce à cette coopération exemplaire, Monsieur le Maire du 16e arrondissement.
Je souhaite donc que ce soit systématique.
Deuxièmement, je pense que l'on peut effectivement créer des conditions assez fortes de consensus sur le fond.
Troisièmement, j'ai la conviction profonde que sur ce point comme sur quelques autres d'ailleurs, me semble-t-il, ce que le maire du 16e arrondissement demande depuis quinze ans, il va en partie l'obtenir, notamment pour le bois de Boulogne. Je suis assez content que ce qu'il n'obtenait pas il y a quinze ans, il l'obtienne maintenant, y compris parce que je crois lui avoir démontré que j'accorde beaucoup d'importance à ses suggestions.
Nous allons continuer tous ensemble.
A présent, nous allons continuer les votes car, sinon, on ne s'y retrouve pas.
Il n'y a plus l'amendement et le v?u du groupe "Les Verts". Il reste d'abord le v?u de M. BARIANI avec lequel nous avons dit, avec Jean-Pierre CAFFET et Yves CONTASSOT, que nous étions d'accord.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u de M. BARIANI du groupe U.D.F. assorti d'un avis favorable de l'Excécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est adopté. (2004, V. 208).
Je mets maintenant aux voix, à main levée, le v?u de M. GALLAND et du groupe U.D.F. sur lequel l'Exécutif a indiqué son désaccord.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est repoussé.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 139.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, SG 139).
Je vous rappelle que le projet de délibération SG 1 G a été adopté la veille dans le cadre du vote global du Conseil général.
Je vous remercie vraiment tous, quel que soit votre vote. Ce que nous venons de faire est tout à fait majeur.
Merci beaucoup.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).