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Octobre 2004
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Conseil Municipal
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23 - II - Question d'actualité de M. Patrick BLOCHE et des membres du groupe socialiste et radical de gauche concernant les résultats de l'étude menée par la société "Unilog Management"

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - La question suivante du groupe socialiste et radical de gauche concerne les résultats de l'étude menée par la société "Unilog Management".
Je donne la parole à M. BLOCHE pour sa question.
M. Patrick BLOCHE. - Merci.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'audit financier, publié en novembre 2001, a relevé les déficiences, pour ne pas dire les défaillances des systèmes d'information de la Ville de Paris et souligné les difficultés liées à la complexité des structures de l'administration parisienne. C'est la raison pour laquelle la Ville s'est dotée d'un schéma directeur informatique particulièrement audacieux doté de 160 millions d'euros pour la période 2004-2007, schéma directeur dont l'objectif est une refonte des systèmes d'information et une rationalisation de leur gestion.
Comme vous nous l'avez indiqué à plusieurs reprises, Monsieur le Maire, cette refonte des systèmes d'information aujourd'hui en cours de mise en ?uvre fait une large place aux solutions libres puisque la Ville a recours à des produits "open source", comme on dit, pour un grand nombre d'applications. Je pense par exemple au logiciel "Lutèce" utilisé pour les sites des mairies d'arrondissement, mis à disposition de nombreuses collectivités territoriales en France. L'enjeu est de taille et n'est pas seulement d'ordre économique et budgétaire.
Il s'agit, pour la Ville de Paris, de conquérir son indépendance vis-à-vis de fournisseurs en situation de quasi-monopole, on peut même dire d'un fournisseur en situation de quasi-monopole ; d'améliorer la sécurité de ses systèmes d'information via, et c'est essentiel, l'accès au code source ; de garantir son interopérabilité mais aussi d'améliorer le service rendu aux Parisiennes et aux Parisiens. Ce n'est pas seulement un problème interne à l'administration parisienne : il s'agit de valoriser le service public rendu à nos concitoyens.
De nombreuses villes et de nombreuses administrations, constatant les avantages du recours à des standards ouverts, ont fait le choix de faire évoluer leur système d'information vers le libre. C'est ainsi que la Ville de Paris a commandé à la société "Unilog Management" une étude économique qui vise à construire et à évaluer divers scénarios comportant un recours accru aux solutions libres pour la gestion des postes de travail et pour l'exploitation des serveurs.
Comme vous vous y étiez engagé, Monsieur le Maire, cette étude a été restituée aux élus des 1ère et 2e Commissions la semaine dernière. Pouvez-vous nous indiquer les principaux enseignements que l'on peut en tirer et comment la Municipalité entend-elle agir en ce domaine qui représente un enjeu majeur pour l'organisation des services de notre Ville ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Aujourd'hui, vous êtes tous exemplaires, vous respectez le temps de parole.
La parole est à M. DAGNAUD.
M. François DAGNAUD, adjoint. - Merci.
Monsieur le Président, chers collègues, je veux souligner que cette étude apporte des éléments d'éclairage mais, à ce stade, n'engage pas la Ville. Cette étude économique confirme les orientations stratégiques et les choix d'organisation qui ont été déterminés suite à l'audit général réalisé en 2001, sévère mais lucide, notamment sur l'informatique à Paris. Je pense par exemple à la création d'une direction spécifique, à l'élaboration d'un schéma directeur informatique aujourd'hui en cours de mise en ?uvre, à l'extension de l'équipement informatique des services, et vous savez que nous devons passer de 12.000 postes en début de mandature à 20.000 au terme de cette mandature.
La modernisation des systèmes et leur homogénéisation sont en marche, mais ce travail n'est pas achevé.
Dans ce contexte encore fragile, l'hypothèse d'une migration massive à court terme vers le libre, c'est-à-dire un passage total et immédiat, apparaît incompatible avec l'état du parc et occasionnerait des surcoûts importants, sans améliorer le service rendu. Or, c'est ce qui me paraît particulièrement important.
En revanche, la Ville entend se doter des moyens d'assurer la maîtrise de son développement et de tendre vers une indépendance toujours plus grande par rapport à ses fournisseurs, notamment ceux qui sont dans une situation de monopole de fait.
Comme vous le souligniez très justement, l'univers du logiciel libre est loin d'être inconnu à la Ville de Paris. Au-delà du logiciel "Lutèce", je pourrais multiplier les exemples d'application utilisés par nos services ayant recours à des produits "open source". Je pense par exemple à la gestion et la réservation des tennis, à la gestion du R.M.I., au plan "canicule", à la gestion du dispositif "Prêt Paris Logement", à la coordination des travaux de voirie et tant d'autres exemples.
Alors qu'en 2002, seuls 18 % de nos serveurs fonctionnaient sous "Linux", ce chiffre est aujourd'hui de 42 %, soit 110 serveurs sur les 260 en production.
Enjeu économique, enjeu de qualité de service, nous sommes bien au c?ur d'une question éminemment politique. La Ville entend accéder au meilleur service, au meilleur prix, renforcer son indépendance et la sécurité de ses systèmes d'information.
Le Maire de Paris aura l'occasion de s'exprimer prochainement sur ces questions.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Il n'y a pas de réactions particulières.