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Octobre 2006
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Conseil Municipal
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2006, Voeu déposé par M. Daniel VAILLANT, et adopté par la majorité municipale du Conseil du 8e arrondissement, relatif aux lieux d’accueil de toxicomanes.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u référencé n° 44 dans le fascicule, relatif au lieu d?accueil de toxicomanes, déposé par M. VAILLANT et adopté par la majorité municipale du 18e arrondissement.

Je donne la parole à Mme Claudine BOUYGUES.

Mme Claudine BOUYGUES. - Merci, Madame la Maire.

Ce v?u a effectivement été adopté par la majorité municipale du 18e, mais sur proposition des habitants du conseil de quartier de Chapelle sud.

Vous savez que, depuis longtemps, le 18e est un arrondissement mis à forte contribution par rapport aux lieux d?accueil des usagers de drogue, puisqu?en tout, on peut décompter six structures dont trois sont situées dans le quartier Chapelle. Parmi ces structures dans ce quartier, on dénombre deux boutiques ?bas seuil? installées rue Philippe-de-Girard depuis une quinzaine d?années.

Il va de soi que le conseil de quartier et la majorité municipale du 18e tiennent à saluer le travail accompli dans ce domaine par les intervenants de ces structures, qui travaillent depuis longtemps dans des conditions très difficiles.

Donc, après un contact entre le conseil de quartier, les élus et les responsables de l?association Charonne, il est apparu que les surfaces des locaux étaient très insuffisantes et que l?implantation même de ces structures étaient inadaptée dans la mesure où la rue Philippe-de-Girard est très étroite, qu?elle est bourrée de recoins avec des trottoirs très étroits. La concentration des toxicomanes dans la rue créée des nuisances assez importantes pour les riverains.

Il faut donc aujourd?hui penser à une relocalisation de ces boutiques à bas seuil dans des locaux qui soient plus conformes à leur activité sur un axe aéré et à distance conséquente des lieux d?accueil qui existent déjà, de manière à éviter une concentration de ce type de structures dans un périmètre restreint, qui nuit au travail organisé par les associations qui oeuvrent dans ce domaine.

Nous sommes conscients que seule une politique volontariste des pouvoirs publics d?Etat - il faut quand même rappeler que la question de la toxicomanie relève de l?intervention de l?Etat - permettra de réaliser cette relocalisation.

Le Conseil du 18e arrondissement émet le v?u que le Maire de Paris, en liaison avec le Préfet de Paris et les maires d?arrondissement, propose à ces structures dans les meilleurs délais des solutions de réimplantation, en utilisant en particulier les nombreux projets neufs en cours de réalisation qui sont menés par les offices publics ou les S.E.M., en veillant à un bon équilibre territorial et géographique du dispositif socio-sanitaire en cours.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame BOUYGUES.

Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - La présence de nombre de toxicomanes dans le 18e arrondissement a un impact évident sur la vie des habitants de l?arrondissement, depuis plusieurs années.

Mme BOUYGUES l?a rappelé également, plusieurs structures d?accueil et de prise en charge des usagers de drogue, les équipes de médiation, le travail collectif mené justement par les élus de l?arrondissement avec les services de l?Etat ont contribué fortement à rendre cette cohabitation moins problématique.

Je dois saluer l?engagement de la Municipalité dirigée par Daniel VAILLANT pour accueillir ces structures, permettre l?accès aux soins et aux droits sociaux des usagers de drogue et, en même temps, assurer la tranquillité publique des habitants de l?arrondissement.

C?est un exemple à saluer.

Le v?u qui est proposé soulève un certain nombre de questions au sujet des deux boutiques qui sont gérées par l?association ?Charonne?. Ce sont des autorisations de l?Etat, préfectorales, de juin 2006 et une autorisation d?ouverture en qualité de C.A.R.U.D. (Centre d?accompagnement et d?accueil à la réduction des risques pour les usagers de drogue).

Cette nouvelle catégorie d?établissement médicosocial est financée par l?assurance maladie et elle est visée dans la loi du 9 août 2004 relative à la santé publique. Ces deux autorisations sont accordées dans le cadre du Comité régional d?organisation sociale et médicosociale, dont l?un des critères d?implantation obligatoires est la proximité avec les usagers de drogue, ainsi que le maillage territorial avec les autres ressources dédiées à la prise en charge des usagers de drogue (accès aux soins, hébergement, insertion).

Il s?agit donc d?une géographie régionale arbitrée par l?Etat pour ce qui relève des addictions, pour une habilitation temporaire de trois ans pour chacun des C.A.R.U.D.

Les activités qui sont liées à la réduction des risques, effectuées dans des conditions difficiles et longtemps déconsidérées, sont donc aujourd?hui reconnues jusqu?à les inclure dans l?organisation médicosociale régionale.

C?est ainsi qu?une relocalisation de ces lieux doit être faite en tenant compte de l?environnement, de la proximité du public usager de drogue, pour autant que le maillage territorial des autres ressources soit cohérent. Cela ne peut se faire qu?en étroite concertation avec les services déconcentrés de l?Etat.

C?est dans cet esprit que je propose au Conseil de Paris d?adopter le v?u déposé par Daniel VAILLANT et l?équipe municipale du 18e arrondissement, qui fait un travail remarquable sur ces questions.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Monsieur LEGARET, vous souhaitez intervenir pour une explication de vote.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - J?appartiens, comme Daniel VAILLANT, au club fermé des maires d?arrondissement qui ont assumé et qui assument ce genre de structures.

Je rends hommage à ce qui a été fait dans le 18e arrondissement.

Mais, que veut dire ce v?u ? Relocalisation ? Il est assez clair que cela signifie que l?on a envie de s?en débarrasser et on ne dit pas que l?on va relocaliser dans le 18e arrondissement. On dit que l?on va engager une discussion avec le Maire de Paris, le Préfet de police et les maires d?arrondissement.

Je suis un peu inquiet. On a besoin de structures de traitement pour les toxicomanes, là où il y a des toxicomanes. Il y en a dans le 18e arrondissement ; il y en a dans le Centre de Paris. Mais si on adopte ce v?u, cela veut dire que l?on autorise finalement Daniel VAILLANT à se débarrasser du problème en considérant qu?il a, en quelque sorte, payé son écot et qu?il a supporté pendant un certain nombre de mois et d?années des équipements qui sont incontestablement difficiles à faire vivre et à intégrer dans la vie des quartiers.

Je considère que ce v?u, tel qu?il est rédigé, est beaucoup trop court. Ou bien il y a un engagement, ou bien des maires d?arrondissement s?engagent et sont prêts à assumer, et je considère jusqu?à ce jour que M. VAILLANT en fait partie, ou bien il y a un revirement de position de sa part et il faudrait que ce soit dit clairement.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je crois qu?il n?y a pas de revirement de position de sa part.

Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Je vous ai connu mieux inspiré, Monsieur le maire du 1er arrondissement, notamment quand vous êtes venu dans le 18e arrondissement soutenir clairement les maires qui s?engageaient dans la prévention des risques.

Cela a été rappelé, il y a six lieux de prise en charge des toxicomanes dans le 18e. Je rappelle que quand nous avons débattu ensemble et avec votre soutien, c?était, dans le cadre du plan ?Crack? du Nord-Est parisien, pour permettre l?extension des activités de l?association Espoir Goutte-d?Or. La municipalité du 18e arrondissement est très claire sur ce point.

Toutefois, il est normal - c?est prévu par les textes -, que l?on puisse rediscuter de l?implantation géographique. La localisation de proximité de deux C.A.R.U.D. n?est pas sans poser de problèmes dans l?environnement.

C?est donc l?ensemble de ces questions qui est posé et Daniel VAILLANT a bien souligné qu?il n?avait pas désigné d?autres arrondissements. Reconnaissez avec moi, moi qui suis un élu du 10e arrondissement, que la rue Philippe-de-Girard est à la fois sur le 10e arrondissement et le 18e arrondissement. Les usagers de drogue ne font pas de distinctions de ce type.

Cette question doit être examinée globalement et, dans le 10e arrondissement, le maire de mon arrondissement, que je soutiens dans ce domaine depuis 1995, a aussi assumé ses responsabilités. Ne vous inquiétez pas, il ne s?agit pas d?un changement de pied, il s?agit d?une volonté de trouver la réponse la mieux adaptée.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.

Madame BOUYGUES, vous avez la parole.

Mme Claudine BOUYGUES. - Monsieur LEGARET, je peux constater que vous faites partie des maires d?arrondissement de Paris qui sont investis et qui travaillent sur ces questions depuis très longtemps, mais je ne peux pas vous laisser dire, et M. LHOSTIS vient de vous le rappeler, que Daniel VAILLANT et la municipalité du 18e arrondissement ne travailleraient pas, eux aussi, en responsabilité sur ces questions de toxicomanie.

Ne croyez pas que nous ayons envie de nous débarrasser du problème. Ce n?est en tout cas pas ainsi que nous avons travaillé, jusqu?à présent. Lorsque nous déposons ce v?u au Conseil de Paris, nous avons quelques idées de relocalisation dans le 18e arrondissement, là où sont les toxicomanes.

Merci.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame BOUYGUES.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par M. VAILLANT, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2006, V. 361).