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Octobre 2006
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Conseil Municipal
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I - Question d’actualité posée par le groupe “Les Verts” à M. le Préfet de police concernant l’opération de police au métro Belleville, le 10 octobre.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous commençons par celle du groupe ?Les Verts?, posée à M. le Préfet de police.

La parole est donc à Mme DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Tous les deuxièmes mardi du mois s?est instauré un rendez-vous de militants et de soutiens aux sans papier. Ceux-ci se rassemblent au métro Belleville afin de protester contre la multiplication des opérations policières dans le quartier.

Mardi dernier donc, ce rassemblement a réuni aux environs de 200 manifestants. Toutes ces personnes ont été extrêmement surprises et impressionnées par le dispositif policier qui était déployé tous le long du boulevard de la Villette et rue de Belleville.

La manifestation s?est pourtant déroulée dans le calme et s?est dispersée vers 20 heures après que les organisateurs aient obtenu l?assurance d?un commandant de police présent sur les lieux qu?il n?y aurait pas d?arrestation. Pourtant, quelques minutes après, de nombreux observateurs restés sur place ont noté l?arrivée massive de cars de police à proximité du métro Belleville.

Malheureusement bien connu de nombreux Parisiens et Parisiennes, ce type de dispositif policier est en général le signe annonciateur de vastes opérations de contrôle basées sur des réquisitions très larges du Parquet et justifiant de ce fait les contrôles arbitraires.

Les militants restés sur place ont pu donner l?alerte très rapidement et ont fait revenir les soutiens et les manifestants et mobilisé les riverains qui ont été visiblement choqués à la fois du déploiement de forces de police et de l?utilisation de chiens policiers - ce que, en ce qui me concerne, je n?avais jamais vu faire-pour repousser les manifestants.

Près d?une centaine de personnes se sont donc opposées à l?opération policière. La mobilisation et la réactivité citoyenne ont ainsi permis, malgré une dizaine d?arrestations, d?éviter ce qui aurait pu être une rafle massive.

Malheureusement, je l?ai déjà dit ici même, ce type d?opération policière a lieu maintenant d?une façon très, très fréquente dans de nombreux quartiers populaires de Paris. Il semble qu?ici la Préfecture de police ait décidé ici de pousser plus loin le cynisme et l?atteinte à la liberté d?expression en lançant une opération dont on pourrait penser qu?elle s?apparente à une opération de représailles, en tout cas certainement d?intimidation.

Notre question est la suivante : nous voudrions savoir s?il s?agit d?une nouvelle politique de la Préfecture de police en matière de maintien de l?ordre et surtout si les Parisiens et les Parisiennes devront s?attendre à ce type d?opération dès lors qu?ils manifesteront leur soutien aux sans papier à Belleville mais également partout dans la Capitale.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci d?avoir respecté les 2 minutes 30. Ce qui me permet de rappeler aux adjoints qu?ils n?ont que 2 minutes 30 pour répondre, pas 2 minutes 50.

Monsieur le Préfet, vous avez la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers de Paris, je souhaiterais faire une réponse qui sera aussi, si vous le voulez bien, une mise au point.

D?abord sur la forme, je souhaiterais à nouveau qu?on n?utilise pas le terme de ?rafle? renvoyant à des références historiques et politiques clairement orientées.

(Applaudissements).

J?y avais déjà réagi il y a quelques mois au nom des 20.000 policiers parisiens qui se dévouent quotidiennement, dans un cadre juridique et déontologique précis, à la sécurité des Parisiens.

Je redis aujourd?hui que ce n?est pas très acceptable aussi bien pour les policiers que pour le Procureur qui a décidé de l?opération et traduit chez l?auteur une défiance de principe vis-àvis des politiques de sécurité et d?ordre public.

Mais sur le fond, j?ai trois remarques à faire.

Premièrement, la Préfecture de police veille à l?exercice de cette liberté publique essentielle qu?est le droit de manifester. Plusieurs milliers de manifestations revendicatives ont lieu chaque année à Paris. Elles sont gérées par la Préfecture de Police avec efficacité et discernement. S?agissant d?ailleurs spécifiquement des centaines de manifestations sur le droit au séjour qui se sont déroulées au cours des dernières semaines, elles n?ont jamais été l?occasion d?interpellation pour séjour irrégulier.

Deuxièmement, il y a effectivement régulièrement à Paris des opérations ponctuelles de sécurisation. Elles sont organisées en soutien aux effectifs des commissariats et répondent aux signalements de la police de proximité, des élus, des riverains, sur un problème spécifique de délinquance ou un sentiment d?insécurité. Elle se déroule sous réquisition du Parquet, comme cela était le cas le 10 octobre dernier. Elles sont généralement bien accueillies par les Parisiens et sont nécessaires à leur sécurité.

Troisièmement, s?agissant du droit au séjour, la Préfecture de police a vocation à mettre en ?uvre le droit de la République, que ce soit dans ce domaine ou dans tout autre. Elle le fait avec la rigueur qu?implique par principe la mise en ?uvre de la loi et le respect qu?exige la prise en considération des personnes. Pour revenir au cas d?espèce et pour confirmer, s?il en était besoin, l?absence de relations entre ces deux événements que vous souhaitez relier, j?indique que l?opération de sécurisation prévue aux abords du métro Belleville n?a été engagée qu?après la dispersion de la manifestation.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet.

Mme Véronique DUBARRY. - Je peux répondre ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, si vous voulez très brièvement. Ce n?est pas indispensable mais vous avez le droit.

Mme Véronique DUBARRY. - Merci.

Sur l?utilisation du mot ?rafle?, je vais vous remettre, Monsieur le Préfet, un texte que je trouve personnellement très intéressant d?Emmanuel TERRAY du CEDETIM. Ensuite, sur la façon dont se sont déroulées ces opérations, je suis désolée, mais vous avouerez que la concomitance des événements est particulièrement problématique. Vous dites que la manifestation était dispersée. Bien évidemment, elle l?était officiellement. Il n?en reste pas moins que restaient présents sur le lieu des manifestants, comme cela se produit après chaque manifestation.

En ce qui concerne le soutien des riverains et des élus, je vous rappelle que je suis élue et également riverain de quelque part, un endroit dans Paris et je ne soutiens pas du tout ce type d?opération. Je pense que les manifestations qui ont eu lieu après certaines de ces opérations prouvent que ces opérations ne font pas l?unanimité parmi les Parisiens et Parisiennes.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Le mot ?rafle? est particulièrement inapproprié.