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Octobre 2006
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Vœu déposé par M. CASTAGNOU relatif à la tranquillité publique dans les espaces verts du 14e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u référencé n° 40 dans le fascicule, déposé par M. Pierre CASTAGNOU et la majorité du 14e arrondissement. Ce v?u concerne la tranquillité publique dans les espaces verts du 14e arrondissement.

Je donne la parole à M. CASTAGNOU.

M. Pierre CASTAGNOU, maire du 14e arrondissement. Merci, Madame la Maire.

De nombreuses plaintes d?habitants du 14e arrondissement font état de conflits d?usage et de diverses nuisances dans plusieurs espaces verts de l?arrondissement, notamment dans la Z.A.C. ?Didot? à la suite de l?aménagement d?un square et d?un jardin, au demeurant magnifiques.

Ces habitants soulignent les problèmes de fréquentation qui résultent de l?absence des agents de surveillance de la Direction des Parcs, Jardins et Espaces verts.

Ces personnels de la Ville de Paris sont affectés sur trois ou quatre squares, ce qui est le cas de celui de la Z.A.C. ?Didot?, et ils ne peuvent, en conséquence, assurer un service continu de surveillance sur chaque site.

Par ailleurs, des troubles et des appropriations négatives d?espace sont constatés, particulièrement la nuit dans certains squares. En plus de la Z.A.C. ?Didot?, je citerai la Z.A.C. ?Montsouris?, les squares Gaston-Baty, Chatillon, Alésia-Ridder.

Aussi, pour assurer la tranquillité publique face à cette situation créatrice d?un mécontentement légitime des habitants, le Conseil du 14e arrondissement a-t-il adopté le v?u suivant : il est demandé au Maire de Paris d?augmenter le nombre d?agents de surveillance affectés aux espaces verts du 14e, en priorité Z.A.C. ?Didot?, et de mettre en ?uvre des mesures d?investissements prioritaires visant à l?amélioration des équipements de prévention situationnelle de ces espaces et, à nouveau, en priorité, Z.A.C. ?Didot?.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à Monsieur CARESCHE.

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - M. DUTREY, je crois, voulais dire un mot.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur DUTREY, vous avez la parole.

M. René DUTREY. - Très rapidement, par rapport à ce v?u, augmenter les agents de surveillance, je crois que, vraiment, on est tous d?accord pour qu?il y ait plus de personnels et plus de services publics à la Ville de Paris et dans tous les domaines. Après, c?est lié au budget et nous aurons certainement, lors du débat budgétaire, un débat sur ce type.

En revanche, la mise en ?uvre de mesures d?investissements prioritaires visant à l?amélioration d?équipements de prévention situationnels de ces espaces, en priorité Z.A.C. ?Didot?, cette phrase, en tant que 1er adjoint et adjoint aux espaces verts du 14e, me pose deux problèmes.

Le 1er, le concept de prévention situationnelle appliqué à tous ces jardins, pour être très clair la prévention situationnelle consiste à sécuriser des espaces en y mettant des grilles. C?est cette discipline : quand vous avez un banc, vous avez des S.D.F. sur le banc, vous coupez le banc en 2. Quand vous avez un mur, des gens passent au dessus du mur, vous y mettez des grilles. Ce systématisme entraîne une qualité d?espaces publics absolument médiocre.

Le 2e point c?est sur la Z.A.C. ?Didot? elle-même. Mettre des grilles à ce nouveau jardin de la Z.A.C. ?Didot? serait, à mon avis, une erreur et un problème particulier sur un aire de jeu de ballons qu?il faudra effectivement sécuriser un jour mais mettre des grilles à ce jardin de la Z.A.C. ?Didot? serait une erreur et serait en contradiction avec les engagements, Monsieur le Maire, que nous avons pris devant les conseils de quartier, devant la population qui était de faire un test pendant un an et de réévaluer la situation au bout d?un an.

Je crois que ce serait important de ne pas court-circuiter la démarche de démocratie locale que nous avons mise en place ensemble sur ce dossier.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur CARESCHE, vous avez la parole.

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Je veux d?abord dire que cette situation n?est pas particulière au 14e arrondissement. Il y a des difficultés actuellement dans les parcs et jardins de la Ville de Paris, comme sur l?espace public en général, qui sont créées par ce climat dont j?ai parlé tout à l?heure à propos du G.P.I.S.

Il y a un climat, y compris à Paris, de développement des violences, des agressions, en particulier en direction des agents qui représentent l?autorité publique. Les premières victimes, en effet, de ces violences et de ces agressions sont les agents de la Ville de Paris et notamment les A.S.S, les agents de surveillance de ces espaces, qui n?ont, pour ce qui les concerne, aucun moyen ni de défense ni d?intervention lorsqu?il s?agit d?agressions physiques. Ne demandons pas aux agents de surveillance spécialisés d?intervenir dans des situations de violences physiques. Je voulais le souligner.

Nous avons un dispositif qui repose en particulier sur les inspecteurs de sécurité. Nous essayons évidemment de le développer. Il doit y avoir une coordination avec la Préfecture de police et donc j?ai demandé au directeur de la prévention et de la protection de se pencher sur ces questions pour que l?on apporte une meilleure réponse en matière de sécurisation de ces espaces et aussi une meilleure réponse en matière de sécurisation des agents ; en tous les cas, une réponse lorsqu?il y a agression de ces agents, avec notamment, et je vois le représentant du Préfet de police qui acquiesce, la possibilité du dépôt de plainte simplifié lorsque ces agents sont victimes d?agressions.

Nous travaillons sur ces questions et nous vous ferons des propositions pour essayer d?améliorer la situation parce que j?ai bien conscience que la situation, loin de s?être améliorée, est dégradée, là comme ailleurs.

Alors, pour ce qui concerne la situation particulière de la Z.A.C. ?Didot?, je propose à Pierre CASTAGNOU et à René DUTREY d?aller sur place avec la Direction de la Prévention de la Protection, la Direction des Parcs et Jardins, avec Yves CONTASSOT, avec moi-même ; nous allons aller sur place voir la situation et voir ce qui pourrait l?améliorer. Je ne suis, a priori, fermé à rien mais je suis aussi attentif à l?idée que, par exemple, le fait de mettre systématiquement des grilles, ce n?est pas forcément toujours la bonne réponse.

Cela peut être une bonne réponse dans certains contextes, cela ne l?est pas forcément de façon générale. Il faut regarder au cas par cas. Je vous propose d?avoir une approche très ouverte mais de traiter le problème. Nous irons sur place rapidement pour essayer de trouver les solutions les plus adaptées à cette situation et puis si, à partir de là, nous pouvons dégager un certain nombre de propositions que nous pourrions généraliser à d?autres espaces, je pense que ce sera une initiative tout à fait utile.

Voilà, Monsieur CASTAGNOU. Si vous le souhaitez, à partir de là, peut-être, retirer votre v?u, attendre les résultats de cette démarche?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vais vous demander d?accélérer un petit peu car c?est important mais il faut vraiment que l?on avance.

Donc, vous demandez le retrait du v?u, c?est cela ?

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Oui, oui.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur CASTAGNOU, vous avez la parole.

M. Pierre CASTAGNOU, maire du 14e arrondissement. Je ne vais pas forcément accélérer le débat.

S?agissant de la Z.A.C. ?Didot?, il n?est pas possible de pratiquer la politique de l?autruche. Les problèmes sont réels : il s?agit d?un micro quartier nouveau qui est une réussite, mais dont la qualité de vie se dégrade.

Hier encore, je participais à une réunion où étaient représentés des riverains et il a fallu en parler pendant une demi-heure. Les gens ne supportent plus les nuisances qu?ils connaissent du fait de la création de ce jardin. C?est une réalité. Il ne s?agit pas d?avoir une approche idéologique.

Tout d?abord, je n?ai pas parlé de grilles.

Ensuite, ce n?est pas parce que ce qui a été réalisé a correspondu, à un moment donné, à ce qu?a souhaité le conseil de quartier avant que le jardin soit réalisé, qu?aujourd?hui il ne faille pas tenir compte de la réaction des habitants. On peut commettre des erreurs. Le Maire de Paris le dit souvent : quand il y a des erreurs, il faut les corriger. Moi, je demande qu?elles soient corrigées.

Enfin, je n?accepterai pas une période d?essai d?un an. Cela a été dit par René DUTREY. Je mets les points sur les ?i?, je ne l?accepterai pas et, d?ailleurs, les habitants de ce quartier ne l?accepteront pas. Je demande que, d?ici à la fin de l?année, il y ait une évaluation de la situation associant les adjoints au Maire de Paris concernés et leurs services.

Au vu de cette évaluation, c?est-à-dire de cet audit en quelque sorte, nous verrons quelles mesures peuvent être mises en ?uvre pour améliorer la situation et faire disparaître le plus possible les nuisances de vie quotidienne que subissent les habitants de ce quartier. C?est à cette condition-là que j?accepte de retirer le v?u qui a été adopté par le Conseil du 14e arrondissement. Je demande d?ailleurs que M. CARESCHE et M. CONTASSOT me fassent dans les plus brefs délais des propositions de visite sur le terrain, auxquelles je m?associerai bien volontiers et je pense qu?à cette occasion il faudra écouter les riverains.

Voilà ce que je demande. Merci.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur CASTAGNOU.

Je pense que cette proposition est acceptée par l?Exécutif et donc je remercie M. CASTAGNOU du retrait du voeu aux conditions très précises dont l?intégralité figurera bien sûr au compte rendu de nos débats et sera suivi d?effet.

Alors nous allons passer?

M. Philippe GOUJON. - On peut faire une explication de vote ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Vous avez le droit, bien sûr mais il n?y a pas de vote. Il n?y a pas de vote. Bon, je vous donne une explication de non vote.

M. Philippe GOUJON. - Je voulais dire que je considère que le retrait de ce voeu est préjudiciable aux intérêts des habitants de ce quartier et des promeneurs dans la Z.A.C. ?Didot? et dans ce jardin. Dans la mesure où on connaît parfaitement la situation dans ce jardin?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mais je crois que M. CASTAGNOU la connaît très bien aussi.

M. Philippe GOUJON. - Bien sûr mais on peut aussi la connaître. Et pour ma part, je pense qu?il aurait mieux valu, cela aurait été plus prudent et plus encourageant pour la sécurité de ce parc et des autres, que ce v?u soit adopté.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - N?en profitez pas !

M. Philippe GOUJON. - D?ailleurs, j?en profite pour étendre cette demande aussi à d?autres jardins de la Ville qui sont dans une situation d?insécurité totale en fonction du manque d?effectifs de la Mairie dans ses parcs.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Parce que c?est terminé et nous allons passer à l?examen. Non, Monsieur GOUJON, c?est terminé.