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Octobre 2006
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VI - Question d’actualité du groupe socialiste et radical de gauche relative au transport.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. DARGENT pour la question d?actualité du groupe socialiste et radical de gauche.

M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Alors que la Ville de Paris et la Région Ile-de-France préconisent une diminution de la circulation automobile dans l?agglomération et pratiquent un renforcement de l?offre de transport en commun, deux annonces récentes suscitent des interrogations chez les élus de notre groupe.

La première annonce a été formulée par le Ministre des Transports, il y a quelques jours, qui a donné le feu vert de l?Etat à l?enfouissement de la route nationale 13, à Neuilly-sur-Seine.

Le budget est estimé à plus de 750 millions d?euros pour 1,4 kilomètre de route, soit presque autant que les crédits routiers investis par l?Etat et la Région Ile-de-France entre 2000 et 2006. Il est vrai que c?est à Neuilly-sur-Seine !

Préférant opter pour des projets plus ciblés, aux coûts moins pharaoniques, le S.T.I.F. vient d?engager un effort historique de 1,047 milliard pour la rénovation du matériel roulant et consacrera 113 millions d?euros pour 2007 à la mise en service de nouvelles lignes de bus, notamment de banlieue à banlieue, à l?augmentation de fréquence sur les lignes 11 et 13 du métro et sur les lignes du RER ou encore à l?extension des horaires de métro les samedis et veilles de fêtes.

Le débat sur les orientations budgétaires que nous avons eu ce matin montre d?ailleurs que la Ville de Paris, dont la subvention au S.T.I.F. passe de 227 à 300 millions d?euros, prend pleinement part à cette forte amélioration de l?offre de transports en commun, dont les Parisiens et les Franciliens pourront bénéficier très prochainement. La priorité de l?Etat ne devrait-elle pas résider dans le respect de ses engagements financiers dans le cadre du contrat de plan Etat-Région plutôt que dans un investissement coûteux, dont le principal but de donner satisfaction au président du Conseil général des Hauts-de-Seine ? Doit-on une nouvelle fois rappeler qu?encore de trop nombreux projets de transports en commun pour notre région sont suspendus faute du respect par l?Etat de la parole donnée ?

Une autre annonce, intervenue elle aussi tout récemment, du tout nouveau P.D.G. de la R.A.T.P. concerne le projet dit ?Metrophérique?, métro d?une quarantaine de kilomètres en rocade autour de Paris, dont le coût total est estimé entre 4 et 6 milliards d?euros. Il est vrai que le sujet mérite largement débat ; il existe actuellement un déficit d?offre de transports en commun de banlieue à banlieue notamment en proche couronne. Et Paris, depuis le début de cette mandature en a toujours soutenu l?amélioration, non seulement par solidarité territoriale mais aussi parce que la lutte contre la pollution ne se joue pas seulement à l?intérieur de ces frontières administratives, mais bien à l?échelle de la zone dense.

Cependant, sur une question qui concerne l?architecture des déplacements dans notre région, on ne peut que s?étonner de l?initiative personnelle du président de la R.A.T.P. qui choisit la presse pour annoncer un projet qui n?a fait l?objet à notre connaissance d?aucune concertation préalable ni d?étude avec les collectivités concernées. Assisterait-on au retour de l?Etat ? Quel est donc aujourd?hui le niveau de connaissance de ce projet par la Ville de Paris ?

Voici donc deux sujets, Monsieur le Maire, sur lesquels les élus de notre groupe souhaiteraient connaîtrent votre sentiment et votre position.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Vous avez dépassé, Monsieur.

La parole est à M. Denis BAUPIN qui ne dépassera pas.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je voudrais vraiment remercier M. DARGENT de me donner l?occasion de traiter de la RN 13 et de Métrophérique en 2030.

D?abord sur la RN 13, je voudrais dire que les Parisiens sont solidaires évidemment de la souffrance des habitants de Neuilly qui subissent la circulation automobile et ses nuisances. Ils en sont d?autant plus solidaires que c?est le cas tout de même de centaines de milliers d?habitants en Ile-de-France qui visiblement ne font pas l?objet d?autant de sollicitude.

La question qui est posée évidemment, c?est qu?à partir du moment où on constate ces nuisances et cette circulation automobile, vaut-il mieux l?enfouir ou vaut-il mieux aller à la source et diminuer la circulation automobile ? Vous aurez compris que pour 1 milliard d?euros, puisque c?est le coût généralement admis pour cet enfouissement, nous préférerions largement donner la priorité à l?investissement en matière de transports collectifs.

Sur ce point, je vous confirme, mais nous l?avons voté d?ailleurs au Conseil de Paris, que notre priorité va bien à l?investissement pour les transports de banlieue à banlieue. C?est une question de justice, de rééquilibrage par rapport à ce qui s?est fait pendant des décennies mais c?est aussi une question d?intérêt bien compris pour les Parisiens puisque la pollution de l?air ne s?arrête pas aux limites de Paris et que 10 % des usagers du métro font aujourd?hui des parcours de banlieue à banlieue. S?ils le faisaient directement sur un parcours en banlieue, cela permettrait de désengorger le métro.

Sur la forme, vous avez raison, je pense qu?il est clair que dans une société démocratique, c?est aux élus et donc en l?occurrence aux membres du Syndicat des Transports d?Ile-de-France de faire les choix en ce qui concerne les investissements, ce n?est pas à la R.A.T.P. Le fait que le président de la R.A.T.P. annonce un projet de façon aussi médiatique pose problème, même s?il est du rôle de la R.A.T.P. d?être une force de proposition et que ce projet est un projet qui est depuis longtemps en débat. Je pense que lorsque M. MONGIN sera reçu par le Syndicat des Transports d?Ile-de-France à son Conseil d?administration de novembre, nous aurons l?occasion de le lui rappeler. D?autant que, même si vous ne l?avez pas dit, le fait que la Ville de Paris et la Région aient été évincés du Conseil d?administration de la R.A.T.P. est un point qui a posé problème. Nous avons pris position ici, le Conseil d?administration du S.T.I.F. également, contre cette décision qui nous prive évidemment d?une capacité d?influence.

Sur le fond, il est clair que ce qui nous est proposé aujourd?hui en matière de transports collectifs, vous l?avez évoqué, de la part de l?Etat dans le cadre prochain contrat de projet, c?est de gérer la pénurie. On nous propose des crédits en recul de 20 % alors que ce que l?on investit en transports collectifs, en Ile-de-France, équivaut environ aujourd?hui à un quart de ce que des agglomérations comme Londres, Madrid ou Berlin investissent en matière de transports collectifs. Il y a donc un véritable besoin d?investir beaucoup plus fortement.

Beaucoup de collectivités aujourd?hui s?intéressent à ce projet de métro en rocade, qui figure d?ailleurs déjà dans le Schéma directeur de la Région Ile-de-France 1994. Notamment le Val-de-Marne aujourd?hui, considère que ce projet est prioritaire. Pour notre part, nous souhaitons que les études soient poursuivies et c?est la raison pour laquelle la Ville de Paris propose que dans le prochain contrat de projet, des études soient financées sur cette rocade.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez légèrement dépassé.