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Octobre 2006
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2006, Voeu déposé par M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement républicain et citoyen concernant l’obésité.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons maintenant le v?u référencé n° 45 dans le fascicule, déposé par le groupe M.R.C., relatif à une justice sociale contre l?obésité.

Madame TAÏEB, vous avez la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Avec 5,3 millions de personnes obèses en France, on peut dire que la prise en charge de l?obésité est une priorité de santé publique. C?est un fléau qui ne touche pas uniquement notre pays, loin s?en faut, car la plupart des pays d?Europe occidentale voie les pourcentages de personnes atteintes d?obésité augmenter sans cesse et ce, toutes générations et tous sexes confondus.

Cela étant dit, force est de constater que les problèmes de surcharge pondérale frappent plus durement les classes sociales d?un niveau socio-économique plus précaire.

Selon l?étude très complète de l?I.N.S.E.R.M., commandée par les parlementaires, en 2005, le surpoids touche 7 % des enfants de cadres et de professions libérales contre 25 % d?enfants de chômeurs, une injustice sociale renforcée par une inégalité économique.

En cinq ans, le prix des corps gras a diminué de près de 50 %, alors que le prix des légumes a augmenté d?un tiers. D?après cette même étude, plus on mange gras ou sucré, moins on mange cher. Et l?on ne peut ignorer la part de responsabilité des publicités de l?industrie de l?agroalimentaire : sur 217 spots alimentaires à destination des enfants, 89 % concernent des produits sucrés ou très gras, des produits qui favorisent la prise de poids et qui peuvent être à l?origine d?une obésité, obésité qui est lourde de conséquences (maladies cardiovasculaires, diabète, hypertension artérielle, etc.).

Informer le public est notre devoir et c?est pourquoi les élus du M.R.C. préconisent que la Ville de Paris organise une journée de mobilisation, d?information (tables rondes, débats) et de dépistage également des signes d?une future obésité.

Nous souhaitons par ailleurs qu?à cette occasion Paris initie une réflexion, comme le préconise l?I.N.S.E.R.M., sur la possibilité de subventionner l?achat de fruits et légumes à destination des populations les plus vulnérables.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - L?enjeu vient d?être extrêmement bien précisé mais je rappelle que, depuis 5 ans, la Ville de Paris s?est impliquée dans la lutte contre l?obésité pédiatrique, puisque c?est là que cela commence, au travers du réseau de prévention, le R.E.P.O.P. Ile-de-France, avec le service de santé scolaire et le service de Protection Maternelle et Infantile.

Le service de santé scolaire réalise, je le rappelle, un dépistage systématique de l?obésité lors de tout bilan médical, et plus particulièrement lors du bilan de grande section de maternelle, c?est-à-dire à l?âge de 5 ans. Il a mis en place en école maternelle un programme d?éducation nutritionnel et de lutte contre la sédentarité que je vous conseille de regarder et qui s?appelle Pikabouge. Ce programme se fait en lien avec les diététiciens des caisses des écoles. En 2006, le réseau de prévention R.E.P.O.P., avec les services de la Ville et l?Assistance publique, a déposé trois programmes de prévention dans le cadre de l?appel à projets du plan régional de santé publique.

Aucun de ces programmes n?a été retenu par les services de l?Etat. Ces trois projets portaient sur la poursuite du programme Pikabouge, on vient d?en parler, son extension à l?école élémentaire, la mise en place d?actions collectives et d?éducation à la santé pour développer les compétences des professionnels et des parents d?enfants de moins de 6 ans suivis en P.M.I., en surpoids ou à risque ainsi que le repérage des facteurs de risque d?obésité infantile durant la grossesse et à la naissance et la prévention précoce en maternité.

Par ailleurs, la décision de la Ville de poursuivre le programme Pikabouge est actée. A ce sujet, je répète que nous avons des inquiétudes parce que si l?Etat maintient sa décision de non financement, ce programme ne pourrait être poursuivi.

Je félicite la D.A.S.C.O. et la D.A.S.E.S., qui se sont mobilisées en travaillant sur la suppression de la collation en maternelle, en organisant les états généraux de la restauration scolaire au cours desquels l?obésité est au centre de la préoccupation et en instituant un goûter récréatif en école maternelle.

Pour cet excellent travail que nous avons fait ensemble, je propose d?adopter votre v?u, qui nous permettra de sensibiliser à nouveau sur cette importante et décisive question de santé publique.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe du Mouvement républicain et citoyen, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2006, V. 362).