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Mars 2000
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15 - 2000, DAEE 14 G - Participation financière du Département de Paris au fonctionnement de l'Union parisienne des associations agréées de services aux personnes

Débat/ Conseil général/ Mars 2000


M. LE PRÉSIDENT. - Nous passons à l'examen du dernier projet de délibération ayant donné lieu à inscription. Il s'agit du projet DAEE 14 G relatif à la tenue de permanences associatives d'accueil aux demandeurs d'emploi.
Mme BILLARD a la parole.
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Ce projet de délibération propose des subventions à plusieurs associations pour organiser des permanences en direction des demandeurs d'emploi.
Six arrondissements sont concernés, 5e, 7e, 11e, 15e, 16e.
Aucun arrondissement de l'Est parisien, qui sont pourtant parmi les arrondissements où le nombre de chômeurs est le plus important.
Si l'on regarde la répartition par type de chômeurs concernés, on trouve :
- les femmes, avec le Centre national d'information et de documentation des femmes et des familles, ce qui est une très bonne chose ;
- les cadres, avec "France énergie emploi" ;
- et les handicapés migrants, avec le C.E.F.O.R.P.
Le type d'associations concernées est fort varié, mais aucune n'est l'émanation des chômeurs eux-mêmes. Et pourtant, ces associations existent et, pour certaines d'entre elles, ont déjà fait des demandes de subventions réitérées à la Ville, sans succès. C'est le cas des Chômeurs et Précaires de Paris.
Cette association est essentiellement constituée de bénévoles ayant eux-mêmes vécu de longues périodes de chômage ou de précarité et procurant une grande convivialité aux personnes qui se présentent. Les demandeurs d'emploi peuvent trouver auprès de cette association une aide personnalisée, des conseils juridiques et administratifs de qualité et une initiation à l'informatique. Elle a accueilli 1.000 chômeurs et précaires chaque année.
Les demandes de subventions déposées par cette association, notamment pour monter un réel atelier informatique et pour l'accueil, ont toujours été refusées, sous prétexte que son local n'était pas un local avec un bail conforme.
Aujourd'hui, cette association a un bail en règle et il paraît étonnant qu'elle ne soit donc pas incluse dans les associations subventionnées, ce d'autant plus qu'une association comme "France énergie emploi", orientée vers les cadres, et en fait l'extension d'une entreprise privée, la société "AXA", se voit attribuer 100.000 F de subvention pour des permanences dans le 5e et dans le 7e arrondissement, or deux conventions lui attribuent déjà 120.000 F. C'est donc 220.000 F qui lui sont attribués au total et la présentation financière plus que succincte ne permet pas d'avoir une réelle vision des finances, ni des engagements d'"AXA" d'ailleurs, vis-à-vis de cette vitrine qu'elle s'est donnée, à laquelle rien ne l'empêche de verser plus d'aide compte tenu des bénéfices substantiels d'"AXA".
On a donc l'impression à lire cette délibération que la Mairie de Paris préfère subventionner une entreprise privée de manière indirecte, réalisant des millions de bénéfices, plutôt qu'une association de chômeurs et de précaires où les gens se prennent eux-mêmes en main et n'attendent pas l'aide extérieure.
Merci.
M. LE PRÉSIDENT. - Madame CATALA, vous avez la parole.
Mme Nicole CATALA, vice-président, au nom de la 7e Commission. - Monsieur le Président, je déplore le caractère très excessif des critiques de Mme BILLARD. Le projet de délibération qui vous est soumis tend à remplacer une association qui était l'A.P.I.E.F. dans la tenue des permanences au service des demandeurs d'emploi qu'elle assurait dans un certain nombre de mairies d'arrondissement.
L'A.P.I.E.F. a été, si je puis dire, réorientée vers d'autres activités, le soutien à la création de petites entreprises, et ne peut donc plus assurer ces permanences. Pour que les demandeurs d'emploi ne soient pas privés d'un service qui était utile, il a été décidé d'accueillir la demande d'un certain nombre d'associations qui, avec l'assentiment des maires d'arrondissement, se substitueront à l'A.P.I.E.F. et c'est ainsi que les associations que vous avez mentionnées, "France énergie emploi", le C.N.I.D.F.F. et le C.E.F.O.R.P., vont tenir des permanences dans les 5e, 7e, 11e et 15e arrondissements, encore une fois pour remplacer ce qui existait déjà.
Alors vous avez tenu à propos de "France énergie emploi" des propos qui me heurtent parce qu'il s'agit là d'une association de cadres privés d'emploi qui accomplit un travail d'une très grande qualité en faveur de la réinsertion de ces cadres et qui ne dispose que de moyens limités, ces moyens comportant, c'est vrai, la mise à disposition d'un local par "AXA" ou la Fondation "AXA" si je puis dire, mais l'entreprise ne lui fournissant pas d'autre moyen. Donc vous ne pouvez vraiment pas décemment dire qu'il s'agit d'un prolongement d'une entreprise privée et je désavoue complètement ces propos.
Voilà, Monsieur le Président, je crois qu'il s'agit simplement d'assurer un service très simple, dans l'intérêt des demandeurs d'emploi et je ne comprendrais pas que l'on puisse ne pas voter pour un tel projet de délibération.
M. LE PRÉSIDENT. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 14 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAEE 14 G).