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Novembre 2005
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Conseil Municipal
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2005, DJS 194 - Subvention de fonctionnement à la SASP “Paris Saint-Germain Football” pour l’année 2005. Montant : 2.300.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2005


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons le projet de délibération DJS 194 concernant la subvention de fonctionnement à la SASP ?Paris Saint-Germain Football? pour l?année 2005 pour un montant de 2.300.000 euros.

Je donne la parole à José ESPINOSA, s?il est prêt.

M. José ESPINOSA. - Merci, Madame la Maire.

Vous nous demandez de souscrire à l?effort financier de soutien au Club de football Paris Saint-Germain.

La subvention de fonctionnement proposée s?élève à 2.300.000 euros, une somme importante au regard des contreparties contenues dans la convention dont l?échéance est fixée à 2014.

Lors du Conseil de Paris de mars 2002 qui a entériné la convention de partenariat, Jean VUILLERMOZ, notre président de groupe, indiquait, je le cite : ?le projet de convention qui nous est présenté aujourd?hui nous permet de mettre en ?uvre des activités d?intérêt général permettant l?insertion sportive et professionnelle des jeunes dans les centres de formation de club. De plus tout un ensemble d?actions éducatives, d?intégration sociale, de lutte contre la violence et contre le racisme sont prévus. Tout cela va dans le bon sens?.

A la lumière des récents événements survenus au Parc des Princes et lors des déplacement du P.S.G. en province, il est légitime de s?interroger.

Malgré la convention signée en mars 2003 entre le Club et les associations de supporters, les dérives racistes et xénophobes se poursuivent et dévalorisent l?image de Paris.

On est loin de l?action pour combattre la violence et les discriminations. Ces agissements ne concernent fort heureusement qu?une minorité de supporters.

Mais il faut que les dirigeants du Club s?engagent plus fortement pour les faire cesser.

Il en va de même pour les forces de police qui devraient agir plus efficacement pour faire respecter la loi autour des stades.

Autre élément de préoccupation. C?est tout ce qui gravite autour de l?argent et des problèmes qui vont avec.

On ne peut qu?être inquiets des orientations qui marquent de manière malsaine le sport en général et plus spécifiquement le foot, particulièrement le P.S.G. qui est l?objet d?une instruction de justice concernant les conditions de transfert des joueurs.

En ce qui concerne la formation et l?insertion, nous notons un certain désengagement du P.S.G. puisque le centre de Conflans Sainte-Honorine a été fermé en attendant d?en ouvrir un dans Paris, à la demande de la Ville, fin 2006.

Le projet de délibération indique diverses constatations du comité de suivi concernant les engagements pris par le Club au titre des missions d?intérêt général : écoles municipales durant les vacances scolaires, manifestation ?P.S.G. aux enfants? le 25 mai dernier, tournoi des poussins, ainsi que d?autres initiatives que nous soutenons telle la campagne contre l?homophobie.

Je fais observer que les retombées sportives attendues dans les quartiers ?politique de la ville?, notamment les plus de difficiles, se font attendre.

Souvent, les clubs de quartier ont bien du mal à communiquer avec le Club parisien qui pourtant et malgré tout représente à l?évidence un mythe pour la jeune génération.

Les attentes des jeunes, des clubs de foot, des enseignants sont profondes et prégnantes.

Nous avons la chance de disposer d?un grand Club résident parisien que nous soutenons, mais qu?il nous faut inciter davantage à se tourner vers la jeunesse parisienne qui souhaite plus d?initiatives de terrain.

Nous voterons le projet de délibération par soutien aux orientations proposées dans la convention, mais nous vous exprimons nos craintes et nos inquiétudes, nos critiques et remarques que nous souhaitons voir prises en compte.

Je conclurai en vous demandant, lors du débat budgétaire de décembre, d?apporter un soutien financier plus important aux clubs de quartiers.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup.

Mme Liliane CAPELLE a la parole.

Mme Liliane CAPELLE. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

La Mairie de Paris et le Paris Saint-Germain ont signé une convention de partenariat dont l?échéance est fixée au 30 juin 2014. Le montant de la subvention de fonctionnement au Paris Saint-Germain peut susciter quelques interrogations. 2,3 millions d?euros, c?est considérable et il appartiendra à notre Assemblée d?être vigilante quant au respect des obligations du Paris Saint-Germain.

Paris se doit, nous le savons, d?avoir un grand club de football. Paris se doit d?avoir un club qui rayonne et qui contribue à la bonne image de notre Capitale. L?an passé, la question du comportement des supporters avait été légitimement posée. Le football permet, hélas, parfois la curieuse expression de certaines pulsions et de comportements pour le moins irrationnels.

Notre Mairie, sous l?impulsion de l?adjoint compétent, a su initier une réponse ou un début de réponse à ces manifestations choquantes. Le racisme n?a pas sa place dans le sport ; le racisme n?a pas sa place dans les stades ; je dirais même que le racisme n?a sa place nulle part.

En permettant aux enfants que le sport contribue à socialiser par des actions éducatives d?envergure de comprendre que le football ne doit pas être synonyme de haine de l?autre, le Paris Saint-Germain a, il faut le reconnaître, tenté d?agir dans le bon sens, mais les résultats ne sont pas à la hauteur de tous les espoirs. Les clubs de supporters doivent être responsabilisés pour que les scènes pénibles, auxquelles de nombreux spectateurs sont confrontés, ne se reproduisent pas. J?espère que, cette fois-ci, ce ne sera ce pas un v?u pieux.

Aussi résumerai-je notre position assez simplement.

Cette subvention est utile pour Paris et doit être conditionnée d?année en année au respect des obligations du P.S.G. C?est la raison pour laquelle notre groupe votera cette subvention.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Madame CAPELLE.

La parole est à Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Madame la Maire.

Je trouve les interventions précédentes intéressantes parce que je pense que nos collègues des autres groupes de la majorité commencent à se poser de sérieuses questions sur ce qu?est le P.S.G. et en particulier certains de ses supporters.

Je vais vous faire une petite revue de presse récente sur le hooliganisme au P.S.G. C?est assez édifiant. Et je n?ai pas choisi des journaux antisport !

Je vais commencer par le ?Journal du Dimanche? qui a publié un rapport des Renseignements généraux. Voilà ce que dit le rapport des Renseignements généraux. Cela date du mois d?octobre : ?Sur l?ensemble des stades, sauf Paris, on constate une baisse de 40 % des incidents par rapport à l?année dernière. Sur ces 130 incidents répertoriés, 16 sont à caractère racistes, dont 3 agressions physiques. Là encore, ces dérives affectent principalement le P.S.G. : 9 incidents sur 16, un club qui plombe les chiffres?.

Deuxièmement, dans une dépêche de l?A.F.P., on apprend que, pour apaiser les extrémistes, les dirigeants du P.S.G. avaient décidé de procéder à l?inverse de l?ancien président, Francis GRAILLE, qui s?était opposé frontalement aux ultras et de son chef de sécurité, Jean-Pierre LARUE. Une politique qui leur avait coûté leur place. ?Sans doute pour éviter pareil épilogue?, c?est le journaliste de l?A.F.P. qui parle, ?les nouveaux dirigeants parisiens ont décidé de reprendre contact avec certains considérés autrefois comme infréquentables, quitte à entretenir certaines liaisons dangereuses?.

Je continue. Maintenant, c?est le ?Figaro? qui n?est pas non plus connu pour être un journal antisportif : ?L?ex-responsable de la sécurité ne décolère pas et s?en prend à la chaîne cryptée et surtout au président de la Ligue de football, Frédéric THIRIEZ : Canal + ne nous a jamais défendus dans ce conflit avec les ultras des supporters. Ce n?était pas bon pour son image. La politique de sécurité ne semble pas la priorité de l?actuelle direction. Et Frédéric THIRIEZ nous a lâchés. Il nous avait d?abord soutenu mais, quand il a vu l?ampleur de la colère des ultras parisiens, il a fait marche arrière. Lors de la médiation avec les associations de supporters, on ne l?a plus entendu défendre une politique qu?il avait pourtant soutenue quelques mois plus tôt. Si la Ligue nous avait aidés jusqu?au bout, notre projet serait passé?.

Je poursuis avec un excellent dossier - une fois n?est pas coutume ! - qui est paru dans ?France Soir?, qui s?appelle ?P.S.G., les tribunes de la haine?, où vous avez un journaliste qui a assisté à un match dans la tribune de Boulogne. Ce sont des citations. Il commence son article par : ?20 ans que ça dure. 20 ans qu?on supporte et qu?on tolère injures, agressions, dégradations. 20 ans qu?une zone de non-droit s?est installée en plein Paris dans un parc dénué de princes. 20 ans que le Paris Saint-Germain et les Pouvoirs publics sont incapables d?identifier et d?enfermer les voyous des stades. 20 ans que ça dure, oui !?

Voilà la description qu?il nous fait de la tribune de Boulogne de l?intérieur : ?On présente les joueurs, mais quand vient le tour de Mario YEPES, un blouson noir frappé de bulldogs, emblèmes des Boys, qui sont l?un de ces groupes ultra, croise ostensiblement les bras et lâche : ?Je ne salue pas les Métèques !?. Le nom de Bonaventure KALOU sera ponctué d?un : ?Putain de Nègre !? aussi évocateur que sobre. DHORASOO aura droit à ?chèvre malgache? tandis que Jérôme ROTHEN sera le vainqueur à l?applaudimètre : ?Un vrai Européen ! Y en a marre de ce championnat de sous-merdes !? Le match commence. Un joueur noir nantais - c?était un match contre Nantes - touche la balle et la tribune se déchaîne : ?Hou, hou, hou ! Le singe au zoo ! Jetez-lui des bananes, au macaque !? Les chants redoublent. La haine aussi. Et là, les gens reprennent : ?Au Parc des Princes, on aime bien les Parisiens !? chanté sur l?air de Nini-peau-d?chien qui devient à la fin : ?Au fond de la Seine, on aime bien les Maghrébins !? Ce sont sans doute les mêmes que l?on retrouvait il y a quelques années dans un match en déplacement et qui laissaient sur place un bombage : ?Hitler est notre maître?.

A la sortie du stade maintenant, vous avez ces jeunes qui sont sortis du club de Boulogne qui, là, voient un Noir qui court. Ils se mettent à courir derrière lui en téléphonant à leurs copains : ?Là, j?en ai un !? Un Noir part au galop. Il dit : ?C?est quand même con, un singe !?. Un jeune Arabe passe à la sortie du stade. Là, un de ces autres jeunes du club de Boulogne dit : ?Hé, Bougnoule, Bougnoule, tu viens jouer avec nous ? Tu feras le ballon !?

Ce qui est intéressant, c?est que ce journaliste, qui a vraiment fait un excellent travail d?enquête, a interrogé un stadier, les gens qui placent les spectateurs dans le stade, qui dit : ?Les fachos ne sont jamais partis. Le club, dit-il, depuis des années, auraient pu faire le ménage, mais laissez-moi rire ! Le P.S.G. sait très bien ce qui se passe et fait l?autruche. Tant que les gars ne cassent rien, font les bien élevés dans le stade, c?est tout et tout le monde est content, mais je vois de plus en plus de gamins embrigadés dans ce type de groupe et qui trouvent marrant de gueuler : ?Putain de Nègre !? ou de taper sur un gars à la tribune d?en face. Quand il y a un problème, le club se contente de prévenir la police qu?il y a un risque, mais ces mecslà sont des abonnés. Ils paient pour venir faire leurs conneries.??

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Monsieur GAREL, vous avez épuisé votre temps de parole.

M. Sylvain GAREL. - Je voudrais terminer quand même !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - C?est pareil pour tout le monde !

M. Sylvain GAREL. - ?Quant aux interdictions de stade, ils connaissent le monde. J?ai moi-même vu une personne qui avait été mise dehors. Son dossier, sa photo, son signalement avaient disparu des bureaux de sécurité. Il est entré en me faisant un grand sourire?. Propos confirmés par un policier bien placé : ?Je connais un gars qui est dans les durs de Boulogne. Il m?a dit un jour que, si j?avais un souci dans mon travail, je devais lui en parler, il arrangerait ça. J?ai cru qu?il se vantait, jusqu?au moment où il m?a prouvé qu?il avait un gros appui chez nous. J?étais scié !?

Je vais bientôt finir, mais? Une interview du nouveau chargé des relations avec les supporters?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Vous n?allez pas nous lire toutes les interviews ! Là, vous avez vraiment épuisé votre temps de parole. Il y a d?autres orateurs. Chacun est traité à égalité. Ici, on ne pratique pas de discrimination entre les conseillers.

M. Sylvain GAREL. - Jean-Philippe d?HALLIVILLÉE qui est le chargé de relations avec les supporters dit : ?Ce n?est l?intérêt de personne que des supporters soient exclus.?

Pour terminer, je vais simplement vous lire une dernière dépêche de l?A.F.P. : ?La Ligue internationale contre le racisme et l?antisémitisme, la LICRA, a condamné avec fermeté, lundi, les incidents violents et xénophobes survenus samedi entre supporters rivaux parisiens avant le coup d?envoi du Paris S.G./Nantes?, le match qui a été relaté par le journaliste de France soir : ?Match de la 10e journée de la Ligue 1 de football. Dans un communiqué, l?Association antiraciste dénonce le climat d?insécurité et le règne de terreur, injures racistes, ratonnades, lynchages, menaces de mort dans les allées du Parc des Princes et pointe du doigt l?instrumentalisation faite du football par des factions de supporters à des fins politico-extrémistes.?

Si c?est ce que vous voulez soutenir en donnant 2,3 millions d?euros au P.S.G., ce sera sans nous ! Merci.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je pense que vous pouvez mesurer vos propos parce qu?il va de soi que, dans cette Assemblée, ni le Maire de Paris, ni son adjoint aux Sports, ni l?équipe municipale ne veulent soutenir cela. Donc pas d?amalgame, pas de caricature. Mais Pascal CHERKI vous répondra.

M. Jean-François LEGARETa la parole.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Oui. A condition que notre Conseil puisse retrouver son calme.

Je dirai très calmement à M. GAREL que si des abrutis profèrent des ignominies, c?est affreux mais quand on cite, que l?on relaie ces ignominies, on devient soi-même un propagateur d?ignominies. Il faut donc être très prudent sur ce terrain, Monsieur GAREL, très prudent.

Le football est un sport très populaire. Il mobilise des sommes énormes et beaucoup de passion. Et parmi les sommes que cela mobilise, la subvention de la Ville de Paris n?est qu?une goutte d?eau dans un océan. On a le droit de se poser la question de la justification de cette subvention ; cela fait longtemps d?ailleurs que cette subvention fait débat dans tous les groupes et l?on sait très bien qu?il n?y a pas unanimité sur ce sujet qui est un sujet difficile. Paris ne fait pas autre chose que ce que font bien d?autres grandes villes confrontées au même problème. Mais si on veut lutter contre le hooliganisme et les excès dénoncés par M. GAREL, cela doit aussi mobiliser un certain nombre de moyens.

Non, mon étonnement sera d?une autre nature. J?observerais simplement que nous sommes au mois de novembre et que nous voyons passer aujourd?hui la subvention pour le

P.S.G. pour l?année 2005 mais au titre des activités sportives dela saison 2004.

J?ai entendu encore cet après-midi souvent que l?on fustigeait tous les dysfonctionnements de cette Assemblée avant 2001. Je voulais rappeler à vous tous, mes chers collègues, qu?avant 2001 on ne procédait pas comme cela. On votait lors de la session budgétaire un certain nombre de subventions importantes, dont la subvention du P.S.G.

Cela a été beaucoup critiqué. On a même prétendu de manière absolument mensongère que c?était un vote bloqué. Ce qui n?était pas le cas puisque chaque conseiller pouvait demander un vote par dissociation et voter telle subvention et ne pas voter une autre. Mais je fais observer que ces subventions ont été votées au mois de décembre pour l?exercice suivant. Aujourd?hui, on va voter pour les activités 2004 une subvention 2005 pour le P.S.G. Vous savez très bien qu?en la votant, si elle est votée au mois de novembre, la subvention ne tombera dans les caisses du P.S.G. au mieux qu?au mois de janvier ou février 2006.

De deux choses l?une : ou bien cette subvention est justifiée et de tels retards sont scandaleux, inacceptables et je dirais inexplicables. Comment peut-on justifier le fait que l?administra-tion, le cabinet de M. CHERKI ou d?autres aient mis autant de temps pour instruire un dossier de cette nature ? Ou bien ces sommes ne sont pas utiles, le P.S.G. n?a pas besoin de cette subvention de 2.300.000 euros, parce que s?il en avait vraiment besoin il aurait mis la clef sous la porte, il n?aurait pas pu continuer la saison sportive puisqu?il aurait normalement dû percevoir au plus tard dans les premières semaines de l?année 2005 cette subvention.

Voilà la question que je pose. Nous avons vu cet aprèsmidi que d?autres subventions qui concernent l?exercice 2005 et qui ne viennent qu?à la fin de l?exercice et qui ne seront en réalité versées qu?au début de l?année prochaine.

Il y a là un désordre inacceptable dans le dossier des subventions. Mme de LA GONTRIE va encore dire que je profite de son absence pour dire des choses qui la concernent, mais on ne peut pas continuer dans un désordre de cette nature. Je le dis pratiquement à chaque séance. Alors, on me dit : ?C?est vrai, vous avez raison, c?est pas normal, on essaiera de faire mieux la prochaine fois?.

Jamais des subventions de cette importance n?ont pris un tel retard dans le calendrier de nos travaux, voilà le point que je soulève aujourd?hui. J?aimerais qu?il en soit tenu compte et que le Maire de Paris et ses adjoints s?engagent et nous donnent des gages certains de voir le système s?améliorer. Faute de quoi, ce qui se passera, c?est d?ailleurs la réponse qui m?a été faite en 1ère Commission lorsque j?ai soulevé le problème, on m?a dit : ?Vous savez, ce n?est pas si grave que cela parce que le P.S.G. a recours à des banques et il y a des financements, des trésoreries donc il n?y a pas de risque de voir le P.S.G. mettre la clef sous la porte?.

Des produits bancaires, vous le savez très bien, mes chers collègues, ça a un coût. Le P.S.G. ne manquera pas de répercuter à la Ville de Paris le coût de ces agios et de ces retards versés dans la subvention du P.S.G.

Moi, je tire la sonnette d?alarme parce qu?il s?agit d?une subvention importante par son montant, importante parce qu?elle est symbolique et parce qu?elle est politique et qu?elle engage notre responsabilité à tous et que je considère que le fonctionnement actuel de notre Assemblés sur l?examen des subventions est absolument inacceptable.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme Laurence DREYFUSS.

Melle Laurence DREYFUSS. - Merci.

Madame la Maire, mes chers collègues, si je ne souhaite pas polémiquer sur la subvention allouée au P.S.G., je voudrais qu?en tant élue du 16e et habitante de la Porte de Saint-Cloud me faire la porte-parole de tous ces riverains qui supportent le

P.S.G. dans les deux sens du terme.

Ce n?est pas trahir un secret que de dire que des nuisances liées à certains matchs de football lorsqu?elles sont régulières, constituent un véritable abcès localisé aux alentours du Parc des Princes.

Néanmoins, Paris a besoin d?une équipe professionnelle de football au même titre d?ailleurs, Monsieur le Maire, Monsieur l?Adjoint au Maire chargé des Sports, que Paris a besoin d?une équipe professionnelle de rugby . Si beaucoup est fait pour promouvoir le football, il appartient à la Ville de développer aussi l?activité de rugby, hélas encore, bien que de moins en moins, considérée comme le parent pauvre du sport collectif.

C?est pourquoi les travaux de rénovation envisagés au stade Jean Bouin vont dans le bon sens et permettront à 20.000 supporters d?encourager leur équipe mais, Monsieur le Maire, en espérant un jour à nouveau pouvoir traverser le Rubicon, c?est-à-dire la rue Claude-Farrère, pour vibrer à nouveau au Parc des Princes pour un beau match de rugby.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. René LE GOFF a la parole.

M. René LE GOFF. - Le football est un sport magique. Le

P.S.G. est un club de référence dans le football français et faitrêver de nombreux jeunes Parisiens, et j?en connais de nombreux qui aimeraient bien porter les couleurs du P.S.G.

Je condamne sans aucune réserve le hooliganisme, et notre Municipalité doit aider le P.S.G. à venir à bout de ce problème. Mais je voudrais aborder, puisque ce projet de délibération nous en donne l?occasion, un autre problème qui est un problème plus profond.

Il se trouve qu?il y a des changements dans la structure du

P.S.G. Il y a eu des changements d?actionnariat, donc certains actionnaires historiques comme M. TALAR ou comme M. CAYZAC ont vendu leurs actions. Canal + a renforcé sa présence dans le P.S.G. On a eu une révocation d?un président, M. GRAILLE que j?appréciais personnellement parce que lui venait aux réunions de contrôle ; il venait nous expliquer un peu sa politique alors que son successeur n?a pas daigné venir lors de la réunion que nous avons tenue il y a environ un mois. Et je le déplore parce que nous avons à l?entendre, nous avons à comprendre pourquoi il a accepté cette présidence alors qu?il a d?autres responsabilités professionnelles importantes, et ce qu?il entend faire en tant que président du club. C?est une question qui est sans réponse.

Donc pourquoi il y a eu un changement d?actionnariat ? Pourquoi le nouveau président n?est pas venu nous expliquer un peu tout cela ? Pourquoi il n?est pas venu nous expliquer quelle sera sa politique en matière de lutte contre le hooliganisme ? Ce que M. GRAILLE avait fait et hélas il a été sanctionné sur ce sujet. Donc, j?aurais aimé l?entendre.

Maintenant il y a une autre question un peu plus fondamentale. J?aimerais aussi savoir, pour reprendre ce que vient de dire ma collègue Laurence DREYFUSS, pourquoi le P.S.G. nouvelle mouture avec son actionnariat renforcé, avec son nouveau président a refusé l?accès au Stade français, alors que cela s?imposait, que le match qui a été livré au Stade de France se déroule au Parc des Princes ?

Pour toutes ces raisons, je dirai que ce projet de délibération me donne l?occasion de dire haut et fort que : premièrement, je ne suis pas satisfait des réunions de contrôle que nous avons annuellement, nous avons à passer plus de temps sur la partie financière, et deuxièmement, on aimerait écouter le nouveau président.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je donne la parole à Charlotte NENNER.

Melle Charlotte NENNER. - Le 28 septembre, le Parquet de Paris a élargi l?enquête sur les transferts du P.S.G. à des faits présumés de faux et de travail dissimulé couvrant la période de 2000 à 2005. Il s?agit ici d?un soupçon de complément de salaire déguisé aux joueurs évitant au club de payer les cotisations salariales et patronales correspondantes.

L?équipementier Nike et le P.S.G. sont mis en cause dans cette affaire. Ainsi selon Rodolphe ALBERT, ancien responsable financier du club, le P.S.G. aurait fraudé pour près de 4 millions d?euros par an de charges sociales. Ce même Rodolphe ALBERT a d?ailleurs été congédié. Il aurait en effet détourné 2 millions d?euros en chèques, achat de voitures et de grands crus.

Depuis novembre 2003, les affaires du P.S.G. défraient la chronique judiciaire : sur-commission à un agent de 1,5 million d?euros, surfacturation de transfert de 3 millions d?euros, contrats d?image gonflés, transferts d?argent passant par des comptes en Suisse, sommes astronomiques versées à l?étranger. En tout, ce sont 28 millions d?euros qui auraient ainsi échappé au Fisc.

Alors que la Ville est désormais exigeante vis-à-vis des dirigeants des associations subventionnées, nous accepterions ce genre de comportement ?

Récemment, un citoyen de Narbonne a tenté de faire annuler auprès du Tribunal administratif trois délibérations du Conseil municipal portant sur des subventions publiques versées au rallye ?Dakar?.

Cette personne, Jean-Louis SYLVESTRE, ?ne voit pas pour quelle raison les Narbonnais devraient donner de l?argent à une entreprise privée dont le but essentiel est la recherche de profit?, fin de citation.

Le P.S.G. n?est pas une association sans but lucratif. C?est une entreprise privée qui appartient à la multinationale ?Vivendi Universal?. Nous ne voyons pas pourquoi les Parisiens devraient donner de l?argent à cette entreprise, qui plus est impliquée dans des affaires qui l?éloignent encore plus de toute attitude citoyenne.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Monsieur CHERKI, vous avez la parole pour répondre.

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Madame la Maire.

La vigueur et le nombre des interventions témoignent de la vigilance et de la vitalité de cette Assemblée. Je m?en réjouis car rien ne serait plus inquiétant qu?un Conseil de Paris qui, dans sa diversité, ne porterait pas l?attention qu?il faudrait à ce club.

Et c?est vrai que le caractère médiatique de ce club appelle, de la part de nos Conseillers, une vigilance particulière.

Je voudrais répondre par ordre croissant à un certain nombre d?interventions.

Tout d?abord, parce que des choses justes ont été dites, je vais y revenir et que d?autres, à mon avis, méritent d?être précisées. Je ne suis pas ici le porte-parole de la Direction du P.S.G. et j?ai sur ce club, sur un certain nombre d?aspects, comme le Maire de Paris, un regard critique. Ce n?est pas cela qui est en cause aujourd?hui.

Pour répondre à mon collègue René LE GOFF, qui est un remarquable Conseiller de Paris et aussi un excellent président de la Ligue nationale de basket et qui, à ce titre, sait ce qu?est un contrôle de gestion des clubs professionnels, je voudrais dire qu?il y a une inexactitude dans ses propos. M. BLAYAU est président du Conseil de surveillance. Dans une société anonyme sportive professionnelle, à forme de Directoire (loi de 1967), l?organe exécutif, c?est le Directoire. Le président du Directoire était présent lors de la réunion du Comité de suivi puisqu?il s?agit de

M. MEAUDRE.

On peut estimer que la personnalité médiatique, M. BLAYAU, aurait pu se déplacer à cette réunion, mais, en droit, celui qui a le pouvoir légal dans la société, le président du Directoire, était présent. Il était présent comme mon collègue René LE GOFF? Beaucoup d?autres collègues étaient représentés, mais je souhaiterais que les élus qui sont invités, les membres de la 7e Commission, participent à ces comités de suivi. C?est le moment privilégié où nous discutons en transparence des relations que nous avons avec les clubs professionnels. Nous examinons ensemble les comptes d?emploi qu?ils nous rendent.

Je ne peux pas avoir comme mode de régulation entre l?Assemblée parisienne et les clubs professionnels des discussions informelles autour d?une coupe de Champagne, lors de visites dans la tribune officielle à l?occasion des matchs de football.

Mon rôle d?élu est d?organiser des cadres de discussion transparents entre les formations qui composent le Conseil de Paris et les directions de clubs professionnels. Et toutes les directions de clubs professionnels s?y rendent et c?est le moment de discuter. On le fait et justement parce que nous sommes sortis avec le Maire de Paris, nous avons décidé que la Ville de Paris n?avait plus à être membre, en tant qu?administrateur, de ces sociétés commerciales car ce n?est pas le rôle d?une collectivité publique d?être administrateur d?une société commerciale.

Nous avons voulu qu?un cadre de contrôle s?exerce dans le cadre de comités de suivi qui réunissent, annuellement, la Ville de Paris, les formations présentes au Conseil de Paris et les directions de club. Je suis toujours à votre disposition, les uns et les autres, pour que nous fassions ce travail.

René LE GOFF y assiste avec beaucoup d?assiduité car nous savons tous que c?est un passionné de sport.

Pour en revenir aux propos de Jean-François LEGARET relatifs à la subvention, l?article premier couvre une partie de la subvention pour l?année 2004 et l?article 2 couvre une partie de la subvention pour l?année civile 2005.

Pourquoi ? Parce que c?est une grande différence que nous avons entre la saisonnalité sportive qui va de septembre à septembre et l?annualité budgétaire qui est civile. Nous votons les exercices budgétaires de décembre à décembre, alors que les saisons sportives vont de septembre à septembre.

Traditionnellement, que faisions-nous ? Nous passions généralement, depuis 2001, depuis que nous avons arrêté le fléchage des subventions lors du vote du budget?

M. René LE GOFF. - Quelle erreur !

M. Pascal CHERKI, adjoint, rapporteur. - Nous votions cela en septembre, une fois le bilan de la saison sportive écoulée fait avec la direction du club, avec le comité de suivi et, après, nous faisions le vote de la subvention. C?est à dessein, en accord avec le Maire de Paris, que nous avons décalé le vote de cette subvention à novembre parce qu?il y a eu un changement de direction entre temps.

Personnellement, je ne donne pas de chèque en blanc. Nous voulions vérifier si la nature des relations que nous aurions avec cette nouvelle direction justifiait ou non que la Mairie de Paris continue son partenariat pour une année.

Je ne cache pas que nous avons eu des relations qui ne sont pas toujours faciles avec la Direction du P.S.G. Il faut qu?une nouvelle équipe se mette en place, mais la Ville de Paris fera valoir ses droits et les droits des Parisiens, notamment sur le Parc des Princes. Je ne cache pas que nous aurions préféré, même si je peux entendre un certain nombre d?arguments, qu?un autre dialogue s?engage, entre la Direction du P.S.G. et la Direction du Stade français.

A la décharge du P.S.G., je tiens à dire que depuis que les matches du tournoi des six nations se déroulent au Stade de France, ? Traditionnellement, à partir du moment où il avait été renoué avec la pratique des ?matches? de rugby au Parc des Princes, ils avaient lieu au cours du printemps.

Là, c?était une demande nouvelle par rapport à la prévision d?utilisation de la pelouse qui était faite traditionnellement au Parc des Princes. Un effort aurait peut-être pu être fait.

Le Maire de Paris l?a dit.

Bien évidemment, une nouvelle direction arrive et nous entendons être vigilants. C?est la raison pour laquelle nous avons, à dessein, décidé de retarder le vote de ces subventions le temps qu?un certain nombre de discussions et de messages puisse être échangés et passés.

J?en viens à l?intervention de Charlotte NENNER. Je ne suis pas juge d?instruction. Cela vaut pour José ESPINOSA. En effet, des instructions sont ouvertes sur la question des conditions de transfert d?un certain nombre de joueurs, ainsi que sur la manière dont auraient été versés quelques salaires.

Je défends la présomption d?innocence. C?est peut-être un défaut de ma formation professionnelle d?avocat, mais, selon moi, une personne est coupable quand elle a été reconnue coupable par une juridiction pénale de dernier ressort, pas avant.

Je peux vous dire que cela n?affecte pas le lien conventionnel qui existe entre la Ville de Paris et le P.S.G. On peut discuter ensuite, en opportunité, de maintenir la subvention par rapport à l?appréciation morale, sur la base de comportements que la justice pénale aurait sanctionné. Mais nous n?en sommes pas là.

Pourquoi dis-je que cela n?affecterait pas en droit la qualité du lien conventionnel ? Justement, la loi BUFFET nous protège de ce genre de chose. Elle sépare des prestations de nature commerciale, dans le cadre des marchés de prestations de service, et des missions d?intérêt général qui donnent lieu à la production, de la part du club, d?un compte d?affectation et d?emploi et à un examen de ce compte par les services de la Ville et par le Préfet de Paris en général parce que, jusqu?à preuve du contraire, depuis la loi BUFFET, les délibérations portant sur l?attribution des subventions n?ont jamais fait l?objet d?un déféré préfectoral.

Je dirais même de la part de la Direction nationale de contrôle et de gestion chargée de surveiller la légalité des comptes des clubs de football professionnels. Nous n?avons pas de raison a priori au vu des documents qui nous sont présentés de soupçonner qu?il y ait pu avoir des détournements de ces sommes. Non seulement nous n?avons pas de raison de le supposer mais en plus de cela, sur la base des engagements que nous exigeons du club, nous estimons que ces engagements sont réalisés. Je vais en venir à la partie positive sur plusieurs points.

Tout d?abord qu?y a-t-il dans la convention ? Je ne hiérarchise pas parce que je terminerai par la question importante du hooliganisme et de la sécurité autour du parc. Premier élément : la question de la formation, le Paris Saint-Germain avait une politique et une stratégie de formation qui avaient donné des résultats contrastés. L?interrogation et la réflexion qu?ont les grands clubs de football professionnels français, depuis l?arrêt Bosman qui a libéralisé complètement le marché des transferts de football au sein de l?Union européenne, ont amené les clubs de football professionnels français, qui organisaient principalement le recrutement en intégrant des joueurs venant des clubs de football professionnels, mais qui avaient un moins grand rayonnement dans leur propre championnat, à essayer d?aller en amont travailler à la détection de joueurs de football avant que ceux-ci, avant l?âge de 15 ans, 16 ans, 17 ans, voire 13 ou 14 ans, soient repérés et contactés par des clubs de football étranger.

De ce point de vue, une lacune de la législation parfois fragilise des jeunes. On voit des gamins de 10 ans, 11 ans, 12 ans approchés par des grands clubs étrangers. Il existe toute une réflexion sur un enjeu de politique de formation et de détection des jeunes talents par les clubs de football professionnel s?ils veulent pouvoir rester compétitifs. Ils n?ont pas les moyens aujourd?hui vu l?économie du football, après tout tant mieux en un sens, d?aller chercher des joueurs de football à l?étranger. La formation du Paris Saint-Germain a été articulée autour d?une structure classique de deux centres de formation : un à Conflans, un à Verneuil.

Le club a décidé de regrouper ses activités de formation au sein d?un seule centre, celui de Verneuil. Nous avons dit au club, et il l?a intégré, qu?à partir du moment où il regroupe les activités de formation à Verneuil, il a intérêt à développer des activités de préformation à Paris et dans l?ensemble des autres départements de la région parisienne qui permettent une détection des jeunes football de 10 ans, 11 ans, 12 ans, 13 ans. Si ces jeunes footballeurs sont jugés avoir un potentiel, il a intérêt à faire un travail avec les club filleuls de la région parisienne, pour les connaître, les suivre et pour certains d?entre eux les intégrer dès l?âge de 10 ans, 11 ans, 12 ans, 13 ans dans les équipes de jeunes du Paris Saint-Germain.

Après, il ne suffit pas de dire que l?on veut faire un centre de pré-formation, il faut le monter. Cela n?est pas si simple. Notre discussion avec le PSG actuellement est de monter un centre de préformation dans Paris. Un ancien footballeur professionnel fait partie de la direction du club, Alain Roche qui est chargé du dossier. Nous sommes en train de voir, une fois que le Paris Saint-Germain - c?est sa mission, à lui de la faire - aura déterminé les conditions dans lesquelles il juge un projet abouti, comment le mettre en ?uvre. Le terme fixé est la fin de la saison 2005-2006.

Je viens aux questions de violence. Là aussi je voudrais dire à Sylvain GAREL, que si je peux partager certaines de ses positions, je vais revenir sur le racisme, je l?invite à ne pas faire une confusion. Je ne mets pas sur le même plan et je ne mettrais jamais sur le même plan ce que l?on appelle les ultras et les hooligans. Les ultras sont à la tribune Auteuil. Ce sont des supporters qui sont dynamiques, expansifs mais non racistes. Pour moi, la ligne jaune est là, sur la question du racisme.

Pourquoi je dis cela ? Parce que vous avez fait référence au conflit des supporters de l?an dernier et vous avez laissé entendre que ce conflit des supporters, en tout cas, le comportement des ultras aurait amené la démission de Francis GRAILLE car il aurait voulu faire barrage aux dérives racistes. Nous avons toujours eu d?excellentes relations avec Francis GRAILLE et nous avons regretté son départ. Ce n?est pas à cause des supporters racistes qu?il est parti mais pour d?autres raisons.

Le conflit de l?an dernier est un conflit qui, au départ, opposait des supporters ultras de la tribune Auteuil qui ont fédéré l?ensemble des supporters sur la manière dont les relations étaient organisées entre un club et les supporters. Le rôle de la Ville de Paris était d?exercer une action de médiation pour faire en sorte qu?un dialogue ait lieu entre ces supporters et la Ville sur des éléments de relation, de discussion qu?il doit y avoir entre la Ville et ces groupes de supporters.

Vous parlez d?autre chose, d?un problème qui retourne en force au Parc-des-Princes et que l?on connaît dans d?autres villes d?Europe, généralement, dans les capitales. On le voit, à Rome avec La Lazio de Rome, on le voit arriver dans d?autres villes des pays de l?Est. C?est la résurgence d?un hooliganisme d?extrême droite raciste et antisémite. C?est d?abord un problème européen à tel point qu?un réseau européen s?est constitué. On travaille, avec notre collègue Pierre SCHAPIRA, sur un réseau qui regroupe des associations, des O.N.G. et des organisations antiracistes française, européennes, des groupes de supporters.

Nous avons demandé au Paris Saint-Germain, qui l?a accepté, que la prochaine de rencontre de ce réseau ait lieu en France, à Paris, au Parc-des-Princes avec le Paris Saint-Germain et que soit engagé un dialogue et une discussion avec nos collègues des villes européennes qui sont confrontés au problème comme nous.

Sur la question, en France, le problème est connu, je me suis exprimé publiquement. C?est 150 à 250 - je ne suis pas un spécialiste de ces questions, je ne travaille pas aux Renseignements généraux - hooligans d?extrême droite qui provoquent des actions dans le stade avec des cris de singe et des insultes à caractère raciste et qui, pour certains d?entre eux, à l?extérieur du Parc-des-Princes, organisent parfois des ?ratonnades?, il faut appeler un chat un chat.

Ce sont des actions de nature pénale. La constatation et la poursuite des infractions n?est pas du ressort d?une collectivité locale. Nous exerçons un magister moral. C?est une prérogative de puissance publique qui appartient à l?autorité policière, à l?autorité judiciaire.

Nous sommes disposés à ce qu?un dialogue ait lieu et nous l?avons fait en contribuant à l?élaboration d?un contrat local de sécurité. Nous finançons chaque année ces 2,3 millions d?euros pour, notamment, des dépenses de sécurité et la modernisation du dispositif de vidéo surveillance, la Ville de Paris l?a financé par son concours.

La formation des stadiers, la Ville de Paris la finance en partie par sa dotation y compris les dépenses de sécurité notamment la facture qu?adresse à chaque fois le ministère de l?Intérieur ou la Préfecture de police puisque, à chaque fois que l?on mobilise des compagnies républicaines de sécurité, une facture est adressée au club. C?est en partie les sommes versées par la Ville de Paris qui contribuent à cela.

Nous remplissons nos obligations en matière de sécurité. Maintenant, il s?agit d?obtenir des résultats. Je ne doute pas de l?engagement du Préfet de police, des efforts ont été faits. Un phénomène arrive. J?ai entendu le Ministre de l?Intérieur dire qu?il voulait que cela cesse. Je jugerai les gens aux résultats. Je n?ai pas de raison a priori de ne pas faire confiance à la détermination du Ministre de l?Intérieur, surtout sur la qualification des problèmes posés. Il a dit que les cris de singe, les actions à caractère racistes étaient insupportables, je jugerai sur les résultats.

Je souhaite simplement que l?on ne fasse pas la confusion entre les supporters ultras et les hooligans et que l?on se concentre sur le problème du hooliganisme car ceci pose problème aujourd?hui et peut amener un dérapage. Ce sont des questions extrêmement compliquées à régler. Cela se passe dans une enceinte close de 40.000 personnes. Je ne suis pas un spécialiste des questions de maintien de l?ordre mais je peux comprendre que, de ce point de vue, on essaie d?avancer d?une certaine manière.

Je terminerai, ce sera mon dernier mot, pour dire que dans ce débat, il ne faut pas confondre l?institution club et une partie de ces supporters. Il ne faut pas confondre. Ce qu?on doit exiger du Paris Saint Germain est qu?il n?y ait pas de complaisance par rapport aux hooligans. Or, l?an dernier, cette assemblée avait exprimé une émotion légitime à l?issue du match Paris Saint-Germain/Marseille où des banderoles à caractère homophobe avaient été brandies dans les tribunes.

La Ville de Paris a appelé le club en disant que cétait inadmissible et intolérable et qu?il fallait rencontrer les associations qui ont été extrêmement choquées par cette affaire inter SGBT, il faut qu?il y ait une discussion puisque vous dites que vous le regrettez.

Une rencontre a été organisée avec la Ville de Paris, l?inter SGBT et le club qui a débouché sur quoi ? J?invite aujourd?hui les contempteurs du P.S.G. à réfléchir, en effet, car cette réunion a débouché sur la première campagne en France organisée par un club de foot professionnel sur la lutte contre les discriminations, que ce soit à caractère racial ou les discriminations à caractère sexuel, menée par le Paris Saint-Germain, la Ville de Paris, l?U.S.E.P. le Paris Foot Gay, l?inter SGBT, l?U.N.S.S. et le Ministère de la Jeunesse, des sports et de la vie associative avec une brochure diffusée à plusieurs milliers d?exemplaires dans les collèges et les lycées avec des débats organisés dans les collèges et lycées par le Paris Saint-Germain et ces associations pour faire prendre conscience aux gamins que le sport méritait un barrage à cela. Et c?est le premier club de football qui l?a fait en France.

Donc, je voudrais un peu de modération dans les critiques que l?on fait à l?encontre de ce club.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - On sent la fibre de l?avocat qui a aussi parlé. Je partage en tous points ce qu?il a dit.

M. BARIANI a demandé une explication de vote pourl?U.D.F.

M. Didier BARIANI. - Madame la Maire, entre la passion de M. CHERKI, la compétence de mon ami René LE GOFF, vous l?avez remarqué, le groupe U.D.F. est resté sobre, non pas parce qu?il s?intéresse peu à la question, au contraire, presque passionnément, mais j?ai préféré que nous nous en tenions à cette simple déclaration. Oui, nous voterons ce projet de délibération malgré des réticences exprimées au sein de notre groupe, notamment par le sénateur Yves POZZO di BORGO et par Mme Géraldine MARTIANO.

C?est bien qu?il y ait un comité de suivi, Monsieur CHERKI, c?est bien qu?il y ait un contenu à la convention. C?est bien qu?il y ait un centre de préformation intra muros à Paris et qu?il y ait un jour un district aussi à Paris. La seule chose que je voulais dire, vous voyez je n?aurais pas encombré longtemps la discussion générale, c?est que - je le sais d?expérience - il y a le contenu qu?on y met : les titres d?une convention, cela compte moins que l?état d?esprit avec lequel les dirigeants d?un club veulent collaborer avec la collectivité locale.

Tout ce qu?on met dans une convention, franchement c?est bien. C?est mieux qu?elle soit la plus complète possible, la plus détaillée possible, mais ça ne remplace jamais l?état d?esprit. Je veux croire que la nouvelle direction du PSG a une vraie détermination à considérer la Ville comme autre chose que comme la collectivité locale de référence qui paye et qui honore une convention et qu?elle a vraiment le souhait d?avoir avec la Ville, sa Municipalité et son Conseil, un vrai partenariat, tant dans les formes que sur le fond.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Monsieur BARIANI.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 194.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DJS 194).