Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2005
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2005, DF 85 - Fixation des tarifs de la taxe de séjour à compter de 2006.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2005


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DF 85 concernant la fixation des tarifs de la taxe de séjour à compter de 2006.

Madame AZZARO, vous avez la parole.

Mme Nicole AZZARO. - Oui, j?interviens au lieu et place de M. NAJDOVSKI qui a été empêché aujourd?hui, pour vous dire notre satisfaction de voir enfin cette taxe qui concerne les hôtels 4 étoiles et 4 étoiles luxe portée à son maximum par une augmentation très modique de 30 centimes qui permettra tout de même à la Ville de gagner environ 2 millions d?euros en année pleine.

Nous sommes heureux, cela faisait longtemps que nous demandions cette augmentation. Cependant, une petite remarque : je ne m?explique pas que le mois dernier, étant intervenue sur le même sujet pour M. NAJDOVSKI qui était absent, notre v?u qui demandait ce qui nous est proposé aujourd?hui ait été refusé par le Maire chargé du tourisme, au motif qu?il était nécessaire d?avoir une concertation avec les professionnels concernant les tarifs qui étaient déjà imprimés.

Je me félicite aussi que la concertation ait été menée de manière record en moins de trois semaines.

Donc, nous voterons évidemment ce projet de délibération.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

La parole est maintenant à M. LEBAN.

M. Gérard LEBAN. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous souhaitez au travers de ce projet augmenter la taxe de séjour des visiteurs séjournant dans les hôtels 4 étoiles et 4 étoiles luxe afin, dites-vous dans cet inimitable jargon des financiers, d?assurer une progressivité des tarifs représentatifs entre cette catégorie, celle des 3 étoiles et celle des 4 étoiles.

En réalité, vous avez besoin d?argent, et en cette matière, comme en bien d?autres, l?occasion fait le larron.

Vous justifiez cette hausse, qui intervient alors que la précédente date seulement de 2003, par le fait que l?hôtellerie se porte mieux après les difficiles années ayant suivi le 11 septembre. Dans ce style toujours aussi parfait, vous nous dites même que ?cette hausse de 30 centimes doit s?apprécier dans un contexte de redémarrage de l?activité touristique depuis 2004 appuyé notamment sur le tourisme étranger et d?affaires, clientèle privilégiée des 4 étoiles?. Le grand mot est lâché : privilégiés.

Outre le fait que ces hypothèses de reprise restent à démontrer et pas uniquement du fait que nous ne mesurons encore que très imparfaitement les conséquences des émeutes de ces derniers jours sur ce type de séjour, il est imprudent de faire référence au tourisme d?affaires, alors même que Paris cède des parts de marché grandissantes en matière de congrès comme la presse s?en est récemment fait l?écho. Les difficultés de circulation dans lesquelles vous engluez à plaisir les Parisiens n?y sont pas étrangères, tout comme le peu d?estime, à tout le moins, dans laquelle votre majorité a toujours tenu ce type de visiteurs. Pour vous rien n?était plus noble que de soutenir le tourisme écolo-bobo, les chambres d?hôtes et autres ?crapahutes? typiques d?un Paris mythifié, de type ?Amélie Poulain?, qui présente certainement le grand mérite de se situer dans le 18e arrondissement. Le tourisme d?affaires, pas besoin de le mettre en avant. Les affaires c?est honteux. En plus, depuis le temps que les autres s?en occupent, cela roule tout seul et les jeux olympiques feront le reste. Et bien non, pas de jeux olympiques et, avec le temps, même le bateau doté de la plus forte aire finit par s?arrêter.

Tout cela pourrait prêter à rire si votre adjoint aux finances, suppléant l?absence en Commission de son collègue chargé du tourisme, ne nous avait déclaré tout de go que les 2 millions d?euros de recettes supplémentaires escomptées dans les conditions que je viens d?évoquer seront affectées subséquemment à l?installation de bornes dans les aéroports mais surtout à la rénovation des hôtels meublés destinés à l?hébergement d?ur-gence.

Que vous preniez vos alliés ?Verts? et communistes pour des enfants de ch?ur, cela vous regarde. Mais que vous donniez encore à croire aux Parisiens qu?un problème aussi grave que celui-là sera résolu avec les 2 millions perçus sur les privilégiés, des 4 étoiles, c?est indigne et scandaleux, surtout lorsqu?on est, comme vous, assis sur le tas d?or des 750 millions d?euros des taxes de mutation.

Merci, Monsieur le Maire.

(Mme Anne HIDALGO, première adjointe, remplace M. Eric FERRAND au fauteuil de la présidence).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vais donner la parole à Christian SAUTTER puis à Jean-Bernard BROS.

M. Christian SAUTTER, adjoint, au nom de la 1ère Commission. - Je trouve M. LEBAN, comme rarement, un tantinet excessif. Pourquoi ce projet de délibération ? D?abord, il correspond à un v?u qui avait été adopté par notre Conseil. Puis, je ne pense pas qu?il faille faire un grand débat de principe sur une taxe de 30 centimes sur les nuitées dans les hôtels 4 étoiles. Je ne pense quand même pas qu?il s?agit là d?une dépense bouleversante qui pourrait décourager des touristes de venir à Paris.

Je dirai que les maladresses gouvernementales dans le domaine des violences coûtent, à mon avis, beaucoup plus cher au tourisme parisien mais c?est une digression. Je trouve personnellement tout à fait honorable que les clients des hôtels 4 étoiles financent, évidemment seulement en partie mais à titre symbolique, la rénovation des hôtels meublés où, malheureusement, s?entassent des pauvres gens en surnombre.

Quant au fait d?ouvrir dans les aéroports parisiens des lieux d?accueil pour les touristes, je crois que c?est une excellente décision proposée par mon collègue et ami Jean-Bernard BROS. Je trouve qu?elle est pleinement justifiée.

Monsieur LEBAN, ne montez donc pas trop sur vos grands chevaux. Je pense que c?est un projet de délibération modeste qui ne va pas bouleverser la vie parisienne.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Christian SAUTTER.

La parole est à Jean-Bernard BROS.

M. Jean-Bernard BROS, adjoint, au nom de la 2e Commission. - J?interviendrai en complément de ce que vient de dire Christian SAUTTER.

Je voulais dire à Mme AZZARO que trois semaines c?est court mais nécessaire pour se concerter et informer les syndicats professionnels de notre projet de délibération, de l?augmentation de la taxe de séjour et de ses conséquences. Pour autant, je me félicite de ces 2 millions d?euros supplémentaires qui rentreront dans les caisses, ce qui permettra au budget du tourisme de bénéficier d?une petite augmentation qui servira à implanter avec la Région et Aéroport de Paris, des points relais accueil dans les aéroports de Roissy et d?Orly.

Depuis bientôt cinq ans, on entend que Paris manque d?accueil. Dans Paris intra-muros, nous avons, en plus du dispositif des ambassadeurs de l?accueil, des kiosques pérennes dont le prochain sera inauguré au métro Anvers, boulevard Rochechouart, et dont un autre est déjà ouvert porte de Versailles. Trois autres seront ouverts dans les mois à venir. Les aéroports et les gares nécessitaient un effort budgétaire supplémentaire.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Monsieur BROS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DF 85.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DF 85).