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Novembre 2005
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Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif à la complétude du diagnostic préalable à l’élaboration du Plan de déplacements de Paris (P.D.P.).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2005


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u référencé n° 16 dans le fascicule déposé par le groupe U.M.P. qui concerne la complétude du diagnostic préalable à l?élaboration du Plan de déplacements de Paris.

Monsieur GOASGUEN, vous avez la parole.

M. Claude GOASGUEN. - Je viens de découvrir avec horreur un néologisme terrible : ?complétude?. Je ne le connaissais en tout cas pas et je n?en suis pas le responsable. On dira ?complément?, ?relatif au complément à apporter au diagnostic préalable?, cela serait à mon avis plus simple. Cela étant, je crois que c?est un sujet qui mérite réflexion.

Ce que nous allons faire dans le cadre du P.D.P. est au moins aussi important, sinon plus, que ce que nous avons fait dans le cadre du P.L.U. Tout le monde en convient. Le problème des déplacements à Paris est non seulement un problème de vie quotidienne mais en fonction du choix politique qui sera le nôtre, nous aurons une orientation de Paris dans un sens ou dans un autre, ou dans un troisième sens. La politique de déplacement est une vraie politique et une vraie orientation politique et nos adversaires collègues des Verts le savent bien qui ont une vraie orientation politique sur ce sujet, qui n?est pas la nôtre. Mais nous avons, nous aussi, une orientation politique tout aussi authentique et nous sommes en opposition.

Donc il ne faut pas limiter ce débat à un simple débat sur les inconvénients de tel ou tel moyen de transport. Cela a des conséquences sur ce que sera la Ville de Paris dans quelques décennies ou dans 20 ans. Nous souhaitons donc avoir le maximum d?informations à ce sujet, car c?est l?intérêt des Parisiens.

Lorsque vous avez élaboré le P.L.U., vous avez fait un questionnaire d?une manière un peu artificielle puisque vous l?avez rédigé entre vous. Nous n?en avons eu communication que par La Poste et nous avions à l?époque dénoncé ce procédé. Mais je crois que sur les cartes que vous avez distribuées, il y a un certain nombre de manques et je voudrais que vous puissiez nous apporter des compléments. Des compléments d?abord sur les conséquences économiques. Je le répète le problème des déplacements, c?est un choix politique dans lequel l?avenir économique de la cité est en cause et nous souhaitons avoir des renseignements et des études prospectives à ce sujet.

Deuxièmement, les conséquences sur la santé. Vous vous en êtes préoccupés puisque vous avez participé à un certain nombre de colloques. Nous souhaitons avoir toutes les informations et non pas les informations lacunaires qui ont été données, et je ne critique pas la presse, mais nous souhaitons avoir les dossiers dans leur intégralité.

Enfin, le troisième élément sur lequel j?ai beaucoup de préoccupations est celui qui concerne la sécurité. Car on parle de tout sauf de sécurité en ce qui concerne les déplacements, et notamment en dehors de ce qui est cité dans le v?u, je souhaiterais vraiment que nous puissions avoir la réponse à une question que nous posons en pure perte à la Préfecture de police comme à la Mairie de Paris sur le nombre d?incidents qui ont lieu avec les trottoirs protégés et notamment les couloirs de bus protégés : quelles sont les conséquences sur le plan des accidents ? On nous répond d?une manière dilatoire que les statistiques n?ont pas encore été publiées. Nous souhaitons que les conséquences de cet aménagement de voirie puissent être connues de l?ensemble des Parisiens avant que s?aborde le débat général.

C?est donc une demande d?informations supplémentaires et de publications. Je pense qu?il n?y aura pas lieu à faire de polémiques en la matière. Je crois que nous avons tous intérêt à ce que les publications soient les plus complètes possible pour se déterminer sur ce choix qui est un choix fondamental pour l?avenir.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais remercier M. GOASGUEN du ton modéré de son intervention qui tranche assez largement avec ce que l?on peut entendre ici ou là, y compris dans sa bouche?

M. Claude GOASGUEN. - C?est dans le vôtre.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - ?y compris le texte du v?u sur lequel vous n?êtes pas intervenu. Je répondrais sur le texte du v?u. Je voudrais vous donner quelques éléments d?information puisque vous parlez beaucoup des embouteillages. Moi, je suis très demandeur, vraiment très demandeur d?avoir une définition précise de ce qu?est un embouteillage de la part des services techniques, par exemple du CERTU qui dépend du Gouvernement : ce qu?est un embouteillage, comment on le définit et comment on le mesure, parce que de fait aujourd?hui? Attendez, Monsieur GOUJON, vous pouvez relancer la polémique ! M. GOASGUEN a posé des questions précises?

M. Philippe GOUJON. - Les Parisiens savent !

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Très bien, très bien ! Vous savez tout très bien et d?ailleurs à l?époque où vous avez géré la Ville pendant vingt-cinq ans il n?y a jamais eu la moindre statistique sur les embouteillages. Donc, si elles existaient à cette épo-que-là, nous saurions sur quoi nous baser ! Restons modestes les uns et les autres.

Nous n?avons pas de chiffrage objectif permettant de mesurer précisément ce qu?est un embouteillage, combien de temps il dure et comment cela fonctionne. Je le dis de façon à ce que l?on en discute et que l?on ait des éléments. Mais je vais vous donner des informations sur la vitesse de circulation dans Paris, ce qui est un élément d?appréciation qui n?est pas exactement identique, mais simplement pour que chacun soit bien informé. J?ai eu l?occasion de le dire, mais l?Observatoire des déplacements de la Ville mis en place avant notre arrivée, très largement avant notre arrivée, tient les mêmes statistiques validées avec la Préfecture de police, qui sont des statistiques que chacun peut vérifier et peut considérer comme fiables.

La vitesse de circulation automobile entre 7 heures et 21 heures dans Paris intra muros était mesurée à 18,6 kilomètres/heure en 1995. En 2001, elle avait chuté à 16,6 kilomètres/heure, une chute très significative et depuis elle est restée quasiment stable à 16,3 kilomètres/heure. On peut constater dans Paris évidemment, et notamment du fait des travaux, qu?il y a des axes où la vitesse est plus lente. Ce serait vraiment stupide de prétendre que là où il y a des travaux, il n?y a pas d?em-bouteillage. Il y a des embouteillages et cela rend la chose plus complexe.

J?ai donc demandé aux services de la Ville de m?expliquer comment on pouvait avoir une vitesse moyenne qui reste stable avec des embouteillages. Simplement parce qu?il y a pas mal d?axes sur lesquels on circule mieux aujourd?hui qu?en 2001, par exemple, Saint-Michel et Saint-Germain, les quais Rive gauche, le boulevard Barbès.

La rue de Rivoli est stabilisée. Il y a même des variations à la hausse et à la baisse selon les périodes sur d?autres axes : les quais Rive droite, la rue de Rennes, l?avenue du Général-Leclerc, etc. Constatez donc que évidemment les trains qui n?arrivent pas à l?heure, c?est-à-dire les véhicules qui sont pris dans les embouteillages, font forcément couler beaucoup plus d?encre et couler beaucoup plus de salive, que ceux qui circulent mieux. Mais pour ceux qui circulent mieux, aujourd?hui la situation ne s?est pas dégradée !

En ce qui concerne la sécurité, là aussi vraiment je partage totalement le point de vue de M. GOASGUEN, il faut que la sécurité soit améliorée dans Paris. Tout le monde en est d?ac-cord. Et d?ailleurs, l?effort a été fait au niveau national, et là-dessus je n?ai rien à dire sur le grand chantier lancé par le Président de la République. Il a eu raison. Quel dommage que l?on ait attendu si longtemps pour mettre en place une sécurisation plus grande grâce aux radars, qui ont permis de diminuer la vitesse et d?améliorer la sécurité.

Les chantiers mis en place par la Ville de Paris ont permis des améliorations supplémentaires. Je ne sais pas pourquoi vous n?avez pas les chiffres sur les axes concernés. J?en ai et ils montrent clairement que sur les axes concernés où il y a des couloirs d?autobus, il y a une baisse de l?accidentologie.

M. Claude GOASGUEN. - Je parle du Mobilien.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - C?est la même chose. C?est une façon différente de le dire. Il y a une diminution de l?acciden-tologie. Sur la rue de Rivoli, on a les chiffres. On a mis en place les couloirs d?autobus, en 2001 et on connaît les chiffres.

A Montparnasse, c?est plus récent. Il faut une certaine antériorité. Ce sont les chiffres de la Préfecture de police. Nous ne remettons pas en question leur fiabilité. Sur des aménagements plus récents, il faut un minimum d?antériorité pour mesurer et comparer. Je peux vous le dire sur Rivoli et Sébastopol.

Je vais devoir malheureusement donner un avis défavorable à ce v?u qui dit que l?un des premiers objectifs que devrait rechercher toute municipalité est de fluidifier le trafic routier. Non, veuillez m?excuser, ce n?est pas l?un des premiers objectifs que nous nous sommes fixés en matière de déplacement dans la ville. Notre volonté, c?est de diminuer la pollution de l?air. Nous inscrivons cela bien avant la fluidification de la circulation automobile. Il s?agit de favoriser les transports collectifs et donc de fluidifier les déplacements des transports collectifs et de sécuriser les déplacements des cyclistes.

Voilà pourquoi je donne un avis défavorable à ce v?u.

M. Claude GOASGUEN. - Si j?enlève la phrase, vous êtes pour le v?u ?

M. Denis BAUPIN, adjoint. - On ne va pas reprendre...

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On est d?accord. Il n?a pas dit le contraire. Quelle est votre phrase ?

M. Claude GOASGUEN. - Enlevez ce que vous voulez, je m?en moque. Simplement, je veux avoir des renseignements, c?est tout.

Il n?y a rien qui prête à confusion. On demande des chiffres économiques, des chiffres sur la santé et des chiffres sur la sécurité. Il n?y a vraiment pas de quoi se rouler par terre !

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Que les choses soient claires. Tous les chiffres dont dispose l?adjoint au Maire chargé de ces questions vous seront donnés. Il n?y a pas d?ambiguïté là-dessus.

M. Claude GOASGUEN. - Alors, votez !

J?enlève la phrase : ?C?est pourquoi l?un des premiers objectifs que devrait rechercher??.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Etes-vous d?accord, Monsieur BAUPIN ? La phrase a été retirée.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Devant la demande générale, je vais donner un avis favorable.

C?est à reculons car le terme ?une étude portant sur les embouteillages??.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - C?est une grande victoire pour l?U.M.P., Monsieur BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. -... pose un problème de définition précise du terme ?embouteillage? pour que ce soit non contestable.

M. Claude GOASGUEN. - Vous l?avez fait sur le Mobilien, vous pouvez parfaitement le faire?

M. Denis BAUPIN, adjoint. - On donnera les éléments, ils sont déjà sur le site Internet? Si cela fait plaisir à M. GOASGUEN de faire voter...

M. Claude GOASGUEN. - Visiblement, cela fait plaisir à beaucoup de gens.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - ? un voeu disant que l?on va mettre sur le site Internet ce qui y est déjà, votons ce v?u.

M. Claude GOASGUEN. - Cela n?a pas été sans mal.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Ce que vote l?Assemblée, ce ne sont pas les considérants, c?est le v?u lui-même.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u amendé assorti d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u amendé est adopté. (2005, V. 404).