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Novembre 2005
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Vœu déposé par le groupe “Les Verts” tendant à demander que le stade Charléty devienne le stade résidant du Stade français. Vœu déposé par l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2005


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons les v?ux référencés n° 39 du groupe ?Les Verts? tendant à demander que le stade Charléty devienne le stade résidant du stade français et le n° 39 bis de l?Exécutif.

Monsieur PAGÈS, vous avez la parole.

M. Olivier PAGÈS. - Merci, Madame la Maire.

Du ballon rond, nous passons au ballon ovale et je suis ravi de voir que dans cette Assemblée on commence à s?intéresser au rugby et pas uniquement au football. En rappelant que c?est aussi un sport populaire qui ne pose pas de problème de sécurité à l?heure actuelle. Je ferai juste une remarque : la subvention du stade français est de deux tiers inférieure à celle du Parc-des-Princes.

Ce v?u, tout simplement, est une proposition pour sortir la Ville et le club ?Le stade français? d?une situation paradoxale. D?un côté, nous avons un projet très coûteux de remise aux normes et de rénovation du stade Jean Boin, actuel stade résidant du ?Stade français?. Stade dont la capacité d?accueil du public n?est pas à la hauteur de la renommée nationale et internationale de ce club. Et ce n?est rien de le dire. Il n?y a pas si longtemps encore, un match européen qui opposait le ?Stade français? à l?équipe de Leicester a failli se dérouler à Bruxelles parce que le stade Jean Boin n?est plus adapté.

D?un autre côté, nous avons le stade Charléty, quasiment inoccupé alors qu?il est bien situé, bien desservi par le métro, le R.E.R., le futur tramway et qu?il est d?une capacité d?accueil bien plus grande que celle de Jean Boin. C?est d?ailleurs au stade Charléty que le match contre Leicester a finalement eu lieu. C?est donc dans un souci à la fois de bonne gestion, dont le groupe ?Les Verts? est soucieux, de développement des équipements sportifs de la Ville de Paris et de valorisation d?un sport qui fait de plus en plus d?adeptes que nous proposons que le stade Charléty devienne le stade résidant du ?Stade français?, tout en laissant ouvert, bien évidemment, la possibilité de continuer à l?utiliser pour deux ou trois meetings ou manifestations annuels d?athlétisme, sachant qu?il n?y en a pas plus.

Nous proposons la création, d?autre part, d?un groupe de travail sur ce sujet, ainsi que sur le devenir du stade Jean Bouin. A ce titre, de nombreuses pistes peuvent être envisagées dans la direction d?une réflexion sur l?évaluation des équipements sportifs à caractère éducatif.

Voilà la teneur de mon v?u.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La parole est à M. Pascal CHERKI.

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Très brièvement, parce que j?ai été amené à proposer un v?u, mais en discussion avec M. PAGÈS, un v?u de l?Exécutif qui vise à répondre à des interrogations, légitimes, posées par l?auteur du v?u. J?y fais référence dans le v?u.

La problématique à laquelle nous sommes confrontés est la suivante : nous avions prévu la modernisation du stade Jean Bouin, dans le cadre du dossier olympique puisqu?il était nécessaire de construire un stade de hockey de 15.000 places et un autre de 5.000 places. Alors que nous avions limité la construction d?équipements nouveaux, pour éviter les éléphants blancs, nous avons pensé qu?à cette occasion, nous pouvions faire un équipement pérenne, en tout cas pour le stade de 15.000 places, et donc en profiter pour rénover le stade Jean Bouin et après l?attribuer pour un stade de rugby.

Dès la conception, nous le concevrons comme un stade de rugby.

M. PAGÈS qui est un amoureux du ballon ovale sait qu?aujourd?hui les stades de rugby sont organisés sur le principe du chaudron, c?est-à-dire une très grande proximité entre les tribunes et la pelouse, de manière à permettre cette chaleur humaine qui fait partie du rugby.

Il se trouve que nous n?avons pas eu les Jeux, mais le Maire de Paris a demandé que nous lancions la réfection et que nous budgétisions des crédits d?étude conséquents pour réfléchir à la réhabilitation du stade Jean Bouin qui ne pourra pas se faire dans le format que nous avions prévu au moment de l?élaboration des Jeux olympiques, en terme de clés de financement.

Nous sommes au stade de la réflexion sur ce point.

Parallèlement à cela, quel est le problème ? Nous avons un stade qui, au départ, était conçu pour les activités d?athlé-tisme. Tout le monde connaît la genèse du stade Charléty. Nous avons récupéré ce stade, en 2001. Il a été livré au moment où l?athlétisme quittait Paris pour aller au Stade de France.

Nous nous trouvions devant une difficulté, avec une délégation de service public qui, dans sa conception, avait sa cohérence. Mais, avec l?expérience, nous nous sommes rendus compte, notamment par la grille tarifaire qu?elle proposait, qu?elle ne contribuait pas au développement des activités. Nous avions un stade qui n?était pas utilisé à sa mesure.

Je comprends la cohérence intellectuelle de votre raisonnement, Monsieur PAGÈS, mais je vous mets en garde.

Premier élément, pour transformer le stade Charléty en stade de rugby, il ne suffit pas de le dire, il faut voir si c?est compatible. Nous avons lancé des études. Pour transformer un stade comme le stade Charléty en stade de rugby, il faut descendre la pelouse, décaisser, ajouter des tribunes, regarder, etc.

J?attends les retours des études techniques que nous avons lancées.

Le Maire de Paris souhaite fortement que nous menions une réflexion conjointe sur le devenir du stade Charléty et la rénovation du stade Jean Bouin qui, d?ailleurs, devra associer la mairie du 16e arrondissement et les riverains.

Nous en sommes là aujourd?hui, dans le processus de réflexion, en sachant que, par contre, la Ville de Paris - vous y faites allusion dans votre v?u - a décidé de reprendre, en régie, l?animation du stade Charléty parce que, dans la configuration actuelle, ce stade pourrait être utilisé de façon plus fréquente pour des activités sportives pour lesquelles les fédérations se montrent réticentes aujourd?hui à venir en raison de la grille tarifaire. Nous pouvons réfléchir sur ce point.

Voilà où nous en sommes pour l?instant. C?est la raison du v?u qui n?est pas un v?u contradictoire, au contraire. C?est un v?u de substitution à votre v?u, que je dépose. J?accède tout à fait à votre demande de groupe de travail. Nous nous rejoignons sur les conclusions qui consistent à réfléchir en commun à l?animation du stade Charléty et à celle du stade Jean Bouin.

Enfin, dernier élément, le fait que le ?Stade français? vienne ou non à Charléty, est une possibilité. On ne peut pas l?imposer à un club. Nous sommes là aussi dans une démarche de dialogue.

Max GUAZZINI est venu jouer à Charléty. Nous avons tous considéré, ceux qui étaient là (j?étais personnellement malade, j?en suis désolé), que c?était un très bel événement. En même temps, vous, les amoureux de rugby, vous dites que ce n?est pas encore cela.

Il y a bien une réflexion conjointe sur le devenir des stades Jean Bouin et Charléty. Il faudra un stade de rugby et un stade d?athlétisme à Paris et c?est la raison pour laquelle je dépose ce v?u.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Maintenez-vous votre v?u n° 39, compte tenu de la réponse ?

M. Olivier PAGÈS. - L?hémicycle s?est vidé depuis que l?on en a fini avec le P.S.G. Il faut pourtant parler du rugby?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Non, on ne veut pas finir à 23 heures !

M. Olivier PAGÈS. - Je suis sur un sujet où on est plutôt en positif et j?aimerais bien que l?on puisse?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous aussi nous sommes en positif sur le rugby. Nous adorons cela.

M. Olivier PAGÈS. - Je suis d?accord pour retirer mon v?u à la place de celui de l?Exécutif avec simplement une petite remarque. J?aimerais être rassuré sur le fait que le groupe de travail sera vraiment un groupe de travail où les possibilités seront ouvertes parce que je suis en partie inquiet par la déclaration de Max GUAZZINI qui indique avoir reçu des assurances de la Ville de Paris que les études étaient d?ores et déjà engagées pour la modernisation et la réfection du stade Jean Bouin à 20.000 places.

Je voudrais être sûr que rien n?est décidé et qu?un groupe de travail va pouvoir travailler globalement sur ce sujet.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Rien n?est décidé, je peux vous le confirmer. Je vous remercie du retrait du v?u n° 39 et de l?acceptation de la proposition de l?Exécutif, notamment du v?u n° 39 bis.

Monsieur LE GOFF, vous avez la parole pour une explication de vote.

M. René LE GOFF. - Après avoir été candidat malheureux à l?organisation des Jeux olympique de 2012, il nous faut revenir sur terre en quittant les rêves qui nous avaient fait espérer que Paris pourrait retrouver la première division des grandes métropoles européennes en matière d?équipements sportifs.

Le rêve passe et il nous faut retrouver la grande misère du sport parisien en traitant à la sauvette un v?u demandant que le ?Stade français? choisisse de s?installer à Charléty.

Nous espérions un grand débat sur l?avenir de toutes les installations sportives de Paris avec, par exemple, la nécessité de bénéficier d?un super dôme, comme le souhaite votre adjoint aux Sports et comme je le souhaite également. Nous retombons dans la politique politicienne voulue par quelques élus qui se soucient plus de savoir que le rugby ne doit pas se trouver à la porte d?Auteuil.

A ce v?u nous répondons que nous ne pouvons pas le voter et que, pour ce qui est du v?u de l?Exécutif, nous nous abstiendrons tant que nous n?aurons pas encore débattu du haut niveau dans la Capitale, accompagné d?une vraie réflexion approfondie.

Ou bien nous traitons le problème par le petit bout de la lorgnette et nous dirions par exemple que le stade Charléty n?est pas fait pour le rugby, aussi bien pour les joueurs d?ailleurs que pour les spectateurs car un stade doit être beau et fonctionnel. Charléty est beau, mais n?est pas fonctionnel. Le terrain est un véritable tourbillon de vent et il n?accueille que des spectateurs peu soucieux d?être sous la pluie et se moquant d?être aussi éloignés du terrain de jeu.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Ce n?est pas une explication de vote, cela? !

M. René LE GOFF. - Il y a quelques années, le P.S.G. omnisports avec Jacques FOUROUX avait essayé d?implanter une équipe de rugby à treize et tous les spectateurs de cette époque peuvent encore témoigner de ce que nous vous disons.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - C?est oui ou c?est non ?

M. René LE GOFF. -? a rempli récemment le stade Charléty pour son match de coupe européenne, mais c?est un magicien.

Que faire ? Transformer Jean Bouin. Transformer Charléty. Faire jouer le rugby au Parc des Princes. Demander au

P.S.G. de jouer au Stade de France ?

Voilà les questions que nous posons et nous souhaitons avoir des réponses. Nous voulons que le problème soit traité globalement.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Ce n?est pas une explication de vote et quand on ne s?est pas inscrit parce qu?on a raté le tour des inscriptions, on en prend pour sa peine et quand on s?inscrit pour une explication de vote, c?est pour dire, oui ou non, on vote pour l?amendement ou le projet de délibération.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2005, V. 421).