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Avril 1997
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36 - 1997, DAUC 36 - Approbation du principe de la réalisation des travaux de construction d'une école maternelle de 39 classes au lotissement de la S.F.P., 35, rue de la Villette (19e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer le marché de maîtrise d'oeuvre et de déposer les demandes de permis de démolir et de construire correspondants.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1997



M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAUC 36 portant sur l'approbation du principe de la réalisation des travaux de construction d'une école maternelle de 9 classes au lotissement de la S.F.P., 55 rue de la Villette dans le 19e.
La parole est à M. DAGNAUD.
M. François DAGNAUD. - Monsieur le Maire, je souhaitais en quelques mots, à l'occasion de l'examen de ce projet de délibération qui porte sur la construction d'une école maternelle de 9 classes sur le lotissement S.F.P., attirer votre attention sur deux points qui me paraissent importants.
Le premier est que cette école maternelle nouvelle, dont je me félicite, va venir s'installer au voisinage immédiat de l'école polyvalente du 61-65, rue de la Villette, dont le statut d'école polyvalente satisfait tout le monde, les parents d'élèves, l'ensemble de la communauté éducative, alors qu'en règle générale, ce statut pose plus de problèmes qu'il n'en résout.
Quoi qu'il en soit, nous devons prendre acte de la satisfaction générale qui entoure le fonctionnement de cette école polyvalente, et c'est vrai que le projet de construire l'école maternelle semble condamner de façon irrémédiable l'école polyvalente à devenir une simple école élémentaire.
Or, c'est une perspective qui ne réjouit absolument pas l'équipe éducative et les parents d'élèves de l'actuelle école de la Villette.
Donc, je souhaitais vous interpeller là-dessus, vous rappeler l'attachement très déterminé des parents d'élèves à ce statut d'école polyvalente qui fonctionne bien et vous demander d'imaginer peut être un moyen de perpétuer ce statut d'école polyvalente.
C'est vrai qu'il peut sembler peu rationnel, j'en conviens, d'envisager la possibilité que coexistent côte à côte deux écoles polyvalentes, mais après tout pourquoi ne pas innover dès lors que cela fonctionne de façon satisfaisante ? Pourquoi remettre en cause cette situation ?
Le second point sur lequel je souhaitais attirer l'attention d'une façon sinon prématurée, anticipée en tout cas, c'est que cette école fait partie du lotissement de la S.F.P., et donc on peut maintenant considérer que dans les semaines ou dans les mois qui viennent, un grand chantier sur une parcelle de plus de 2 hectares va démarrer. Ce chantier va démarrer alors qu'en périphérie immédiate de ce chantier fonctionne l'école polyvalente de la Villette dont je parlais à l'instant.
Il est évident que pour ceux qui se souviennent de cet épisode, la démolition des anciens studios de la S.F.P. reste un très pénible souvenir pour tout le monde dans le quartier, et il est hors de question, j'attire dès à présent l'attention de la Mairie de Paris là-dessus, que les parents d'élèves, que les élus de l'arrondissement acceptent que le chantier se déroule dans des conditions aussi désastreuses que la démolition.
Je souhaite donc que vous ayez ceci à l'esprit dès maintenant et que vous apportiez le soutien de la Mairie de Paris à la revendication forte des parents d'élèves et de la mairie d'arrondissement pour exiger de l'opérateur du chantier que l'ensemble des mesures nécessaires à la sécurité du chantier, à la santé des enfants qui fréquentent l'école voisine soit respecté.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, je poserai trois questions.
D'abord, la construction de cette école maternelle de 9 classes au sein du lotissement de la S.F.P. dans le 19e arrondissement comporte-t-elle un phasage adéquat ?
Une fois n'est pas coutume dans un projet d'aménagement, les équipements scolaires sont livrés avant ou en même temps que les logements.
C'est une excellente chose.
Deuxième question : nous nous interrogeons sur le nombre de classes créées : 9 sont prévues. Cela représente juste une classe par niveau jusqu'à la fin du primaire, 4 sections de maternelle plus 1 C.P. plus 2 C.M. Les 714 logements prévus amèneront une population estimée à près de 2.000 personnes.
Ces parents là auront-ils si peu d'enfants ?
Les prévisions sont-elles raisonnables ?
Enfin, ce projet suscite des effets pervers et l'inquiétude justifiée des parents d'élèves de l'école polyvalente de la rue de la Villette, on vient de vous le rappeler. En effet, à quelques mètres des anciens terrains de la S.F.P. existe une école polyvalente, maternelle et primaire. Cette école jouit d'une excellente réputation, les demandes de dérogations pour inscrire les enfants y sont très nombreuses, les maîtres s'y bousculent.
Loin d'être une école d'élite, le panachage culturel et social est le même que dans le quartier, ses résultats sont excellents.
La création d'une école maternelle à proximité va entraîner la disparition de l'école polyvalente au profit d'une école élémentaire. Nous voudrions être rassurés.
Il existe dans l'école une collaboration réelle entre maternelle et primaire d'un point de vue pédagogique et psychologique.
Les cycles d'enseignement dont l'un chevauche la grande section de maternelle et le C.P. peuvent réellement fonctionner, puisque les classes sont dans les mêmes bâtiments.
Des activités conjointes entre maternelle et primaire sont possibles et ce tout au long de l'année, car ils partent en classe de mer en juin. Ils sont allés proposer à la petite section maternelle toute une documentation sur les mammifères marins, expérience enrichissante pour les uns et les autres. Et ne nous dites pas que rien n'empêche deux écoles côte à côte. Si, beaucoup de choses empêchent. Là, en deux minutes, sans mettre les manteaux, les échanges ont lieu.
La découverte de l'anglais dès la maternelle et le suivi du travail tout au long du primaire grâce à une maîtresse qui propose une initiation dès la maternelle et qui suit les enfants jusqu'au C.M.2.
L'absence totale d'angoisse des enfants lors du passage en C.P., ils connaissent l'école, les maîtres, la directrice, les dames de service, les enfants de primaire, etc. Ils ont visité les locaux, ils connaissent la cantine, ils connaissent tous les enfants
De leur côté, les parents bénéficient également de cette bonne connaissance de l'école, des maîtres. Et puis cela permet de donner accès aux uns et aux autres à divers locaux. Par exemple, la salle de gymnastique de primaire est accessible aux maternelles.
Cela permet aux enseignants de bien connaître les enfants, de faire un travail de fond qui ne peut que leur être profitable. Au centre de loisirs, petits et grands se retrouvent pour des fêtes, c'est très valorisant. A quatre ans, faire carnaval avec des grands de dix ans, c'est très valorisant. Les grands apprennent à respecter les petits, les petits à ne pas craindre les grands.
Pourquoi abandonner une formule qui fonctionne très bien et ne pas profiter de l'expérience menée dans l'école polyvalente de la rue de la Villette pour créer une seconde école polyvalente au 55 de la même rue ?
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci.
M. GOASGUEN a la parole pour répondre aux deux intervenants.
M. Claude GOASGUEN, adjoint, au nom de la 4e Commission. - La construction de l'école sur le site de la S.F.P. suscite effectivement de grandes interrogations, et nous avons essayé de les lever en tenant compte du terrain, des difficultés que nous avons rencontrées et des besoins de la population, notamment de ses besoins scolaires, tout cela dans un climat qui est souvent un peu passionné et qui tient sans doute à la qualité de l'école existante sur les locaux.
A l'origine de l'opération S.F.P. en 1993, les besoins générés par les nouveaux logements nécessitaient, je vous le rappelle, la construction d'une école maternelle de six classes.
En 1995, la modification du programme d'aménagement et la nouvelle répartition : 40 % en P.L.A., 20 % en P.L.I., 40 % par ailleurs, ont conduit à de nouveaux besoins évalués à quatre classes maternelles et cinq classes élémentaires.
La construction d'une école... je ne sais pas comment dire... l'inverse de polyvalente, disons " monovalente ", a été préférée compte tenu justement de la présence d'une école polyvalente, 61, rue de la Villette, école de 10 classes, 5 maternelles et 5 élémentaires.
Le projet a été retenu, a fait l'objet d'un concours d'architecture, et il est donc prévu une école maternelle de 9 classes : 4 classes pour répondre aux besoins nouveaux, 5 classes venant de l'école existante.
Je tiens à préciser, pour marquer les inquiétudes manifestées par un certain nombre d'orateurs, que d'une part les transformations ne se feront qu'au fur et à mesure qu'apparaîtront des besoins nouveaux en élémentaire. Ainsi, dans un premier temps, la polyvalente pourrait conserver trois classes maternelles et offrir sept classes élémentaires. Il y a donc une évolution interne de l'école actuelle qui ne permet pas d'envisager dans l'immédiat la suppression de l'école polyvalente. Je réponds ainsi à la question que vous vous posiez.
Par ailleurs, la polyvalence de la conception du projet retenu offre pour l'avenir, et donc je le dis formellement, il n'y a pas de position prédéterminée de ma part, toute adaptabilité qui pourrait s'avérer souhaitable.
Donc la porte est ouverte. Il n'y a pas un schéma fermé impliquant la disparition de la polyvalence.
La nouvelle école sera terminée et mise à disposition à la rentrée 1999, ce qui nous laisse quand même un certain temps pour pouvoir réexaminer les solutions qui permettent à tous de se retrouver dans ce schéma qui a été difficile à établir, mais qui reste quand même une très belle réalisation pour l'avenir aussi.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur GOASGUEN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 36.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET s'étant abstenus. (1997, DAUC 36).