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Avril 1997
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Conseil Municipal
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49 - QOC 97-179 Question de M. Christophe CARESCHE et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police au sujet de l'interdiction des cars de tourisme sur la Butte-Montmartre (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1997



M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La question suivante de M. Christophe CARESCHE et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police a pour sujet l'interdiction des cars de tourisme sur la Butte-Montmartre (18e).
En voici le libellé :
" Lors de sa séance du 1er avril 1996, le Conseil du 18e arrondissement, unanime, avait demandé à M. le Maire de Paris d'engager une étude sur l'interdiction totale des cars de tourisme sur la Butte Montmartre. Il souhaitait que cette interdiction prenne effet avant la fin de l'année 1996.
Dans sa réponse du 4 juin 1996, M. Jacques DOMINATI, premier adjoint, indiquait, au nom du Maire de Paris, qu'il prenait acte de cette demande et s'engageait à mener cette étude en concertation avec la Préfecture de police, la R.A.T.P. et les élus.
La mairie du 18e arrondissement n'a, depuis, été saisie d'aucun élément d'information sur l'avancement de cette étude. Doit-on en conclure qu'elle est restée au point mort ?
Les beaux jours reviennent et, avec eux, l'afflux des touristes sur la Butte-Montmartre. Même s'il existe actuellement une interdiction partielle de circulation des cars pendant la nuit, d'une part, les week-ends et les jours fériés estivaux, d'autre part, les nuisances pour les riverains et le site subsistent : embouteillages, gaz d'échappement, fragilisation du sous-sol.
Un an après le voeu du Conseil du 18e arrondissement, M. Christophe CARESCHE et les membres du groupe socialiste et apparentés demandent instamment à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police de prendre des dispositions afin qu'avant l'été, l'interdiction de circuler pour les cars de tourisme sur la Butte-Montmartre soit effective et totale. "
Je vous donne la réponse au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint.
L'accès des autocars à la Butte-Montmartre est interdit toutes les nuits de 21 heures à 10 heures toute l'année. De plus, du 15 mars au 31 octobre, son accès est également interdit dans la journée les samedis, dimanches et jours fériés. Le reste du temps, soit du 31 octobre au 15 mars, l'accès des autocars à la Butte est autorisé uniquement pour la dépose des passagers. Les autocars ne peuvent ni stationner, ni revenir sur le site pour y reprendre les touristes après leur visite; la reprise de ces derniers devant obligatoirement être effectuée sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart où des emplacements spécifiques ont été réalisés en leur faveur en bordure du terre-plein central. Sur ces emplacements, les autocars peuvent actuellement stationner gratuitement au maximum 24 heures.
En outre, une aire d'arrêt, autorisée pour le temps strictement nécessaire à la reprise des passagers, a été aménagée sur la section du boulevard de Rochechouart située entre la rue Bochard-de-Saron et la place d'Anvers.
De plus, la Butte-Montmartre a été classée " zone touristique " ; cette disposition permet l'établissement de contraventions de 4e catégorie (900 F) à l'encontre du stationnement gênant pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes, donc les cars, alors que le droit commun ne prévoit que des contraventions de 2e catégorie (230 F).
Sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy, la situation n'est actuellement pas satisfaisante. En effet, de nombreux autocars y stationnent en longue durée sur la centaine d'emplacements disponibles. Cet état de fait ne permet pas d'obtenir un nombre de places vacantes suffisantes pour permettre le stationnement des autocars en attente de la reprise des touristes visitant la Butte-Montmartre.
Aussi est il prévu de ramener à 50 le nombre d'emplacements de stationnement pour autocars et d'instaurer un régime de stationnement payant limité à 2 heures.
Par ailleurs, la création de nouvelles lignes touristiques régulières complétant celle en fonctionnement depuis quelques années, gérée par la Société des cars rouges, est actuellement à l'étude. Il a été demandé aux promoteurs de ces lignes d'assurer la desserte de la station base du funiculaire permettant d'offrir aux touristes un nouveau moyen d'arrivée à la Butte, et d'éviter par là même la présence des autocars sur le site.
Il est à rappeler que le Montmartrobus, qui est équipé en partie de véhicules électriques, assure la desserte de la Butte-Montmartre à partir de la place Jules-Joffrin.
Par ailleurs, il serait envisageable de limiter l'accès à la Butte-Montmartre aux seuls véhicules des riverains, de secours, au Montmartrobus, aux deux petits trains et aux livraisons. Une telle mesure apporterait, probablement, une tranquillisation de ce secteur qui serait très appréciée des résidents. Toutefois, sa mise en oeuvre nécessiterait la permanence aux divers accès de forces de police.
A titre indicatif, lors de la journée du vélo du 23 mars 1997 où les diverses voies de la Butte étaient réservées aux piétons et aux cyclistes, les services de police ont éprouvé des difficultés dans la gestion des barrages, des usagers automobilistes souhaitant se rendre à l'heure du déjeuner à proximité des établissements de restauration situés dans le périmètre.
Il convient de signaler qu'une telle réglementation risque de rencontrer une forte opposition des commerçants de la Butte, en particulier des restaurateurs, qui avaient manifesté leur mécontentement lors de l'instauration des diverses restrictions d'accès relatives aux autocars actuellement en vigueur.
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - L'accès des autocars de tourisme à la Butte-Montmartre est un problème ancien qui, au cours des dernières années, a fait l'objet de réglementations plus restrictives.
En effet, un premier arrêté préfectoral du 21 octobre 1985 autorisait l'accès des autocars tous les jours sur la Butte entre 10 heures et 21 heures pour y déposer leurs voyageurs.
Le stationnement et la reprise des voyageurs y étaient interdits et devaient s'effectuer sur des emplacements réservés sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart.
Compte tenu du nombre croissant de touristes visitant la Butte-Montmartre en période estivale, ainsi que des difficultés de circulation, des risques pour la sécurité et des nuisances engendrées par le trafic des autocars de tourisme en particulier en fin de semaine et les jours fériés, un nouvel arrêté préfectoral a été pris le 19 mars 1993, en accord avec les élus de l'arrondissement, pour réglementer plus strictement l'accès des autocars à la Butte afin d'en préserver le site.
C'est ainsi que l'accès est dorénavant interdit aux autocars de tourisme :
- durant toute l'année de 21 heures à 10 heures du matin ;
- toute la journée les samedis, dimanches et jours fériés pendant la période du 15 mars au 31 octobre.
La Mairie de Paris et la Préfecture de police, conscientes de la nécessité de protéger ce site, demeurent particulièrement attentives à l'évolution de la situation et recherchent activement les solutions qui permettraient de concilier les intérêts de tous, riverains, commerçants, organisateurs de voyages.
C'est pourquoi un certain nombre de mesures sont à l'étude telles que :
- l'accès à la Butte-Montmartre, soit par le Montmartrobus pour la face sud, soit la desserte en bus du funiculaire pour la face nord ;
- le stationnement payant et limité à 2 heures pour les autocars, comme cela est appliqué pour d'autres sites (abords de la Tour-Eiffel et du Champ-de-Mars).
Ces études se poursuivent, avec le souci d'en appréhender toutes les conséquences afin d'éviter un éventuel report des nuisances sur les secteurs environnants.