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Avril 1997
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5 - Mise au point de M. le Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, avant de commencer nos travaux, je veux faire une mise au point sur un sujet grave qui met en cause mon honneur en tant qu'homme et en tant que Maire de Paris, mais qui a également pour conséquence de faire peser le doute sur les services de l'Administration. Je vais le faire avec calme et sérieux, mais aussi avec force, car je suis écoeuré non seulement par ce que certains (je dis bien certains) dans l'opposition peuvent écrire ou dire, mais aussi par leur méthode. Je dis bien " certains dans l'opposition ", car je suis convaincu que, sur vos bancs, tous, fort heureusement, ne s'associent pas à ces bassesses.
A lire ces communiqués insultants ou à les entendre, ils nous accusent de trafiquer les listes électorales à Paris et spécialement celles du 5e. Cela donne un ton pour le moins nauséabond à la campagne électorale qui s'ouvre en vue des élections des 25 mai et 1er juin prochains.
A la vérité, je ne devrais pas m'en étonner, car depuis deux ans certains n'ont pas hésité à utiliser les arguments les plus bas et les attaques les plus viles pour chercher à occulter ce que nous avons fait, vous et moi, au service des Parisiennes et des Parisiens.
Pour ma part, j'ai toujours mis en avant, pour répondre, le dialogue et un esprit d'ouverture. Peut-être, trop souvent, ai-je eu tort de traiter par le mépris et le silence ces attaques, au risque, j'en ai conscience, de laisser ce que je n'ose pas appeler des idées apparaître dans l'opinion publique comme des vérités.
Alors, je veux dire ce qu'il en est à Paris des conditions dans lesquelles les listes électorales sont révisées et de leur état au jour où nous parlons.
Premier élément : la population parisienne est, à l'évidence, moins stable que ne l'est la population en banlieue ou en province. La mobilité résidentielle entre les arrondissements de la Capitale ou entre la Capitale et l'extérieur est forte. Dans ces conditions, il est normal et parfaitement compréhensible pour le commun des mortels qu'un certain nombre de personnes ne se fassent pas rayer des listes immédiatement après leur déménagement, ou encore que les étudiants (et certains quartiers comme le 5e en accueillent de nombreux) restent encore inscrits dans leur commune d'origine ou dans un autre arrondissement.
Par ailleurs, il n'a échappé à personne non plus qu'au cours de ces dernières années des opérations d'urbanisme importantes se sont déroulées à Paris et qu'elles ont eu des conséquences sur des mouvements du corps électoral.
Tout cela est bien connu.
Les services de l'I.N.S.E.E. ont d'ailleurs, il faut bien l'admettre, parfois des difficultés à suivre ces mouvements de population et nous l'observons notamment à l'occasion des Commissions de révision des listes électorales ou des Commissions de radiation.
Au risque de surprendre ceux qui n'ont pour information que la lecture des récents articles tendancieux, les pourcentages des radiations et des inscriptions concernant le 5e arrondissement sont traditionnellement dans la moyenne des chiffres relatifs à l'ensemble des arrondissements de Paris. Et je tiens, bien sûr, à la disposition des élus, ces chiffres, notamment pour les trois années écoulées.
Ces résultats ne proviennent d'ailleurs pas de je ne sais quel travail réalisé en secret mais des travaux des Commissions de révision des listes électorales dont sont membres les représentants de la Mairie, de la Préfecture et de l'autorité judiciaire...
M. Tony DREYFUS, maire du 10e arrondissement. - Si peu !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ne connaissez pas la loi si vous dites cela !
M. Tony DREYFUS, maire du 10e arrondissement. - Si, j'y ai assisté... et par honnêteté intellectuelle...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Avez-vous la courtoisie de me laisser m'exprimer ?
Je dis bien qu'il y a par tiers des représentants de la Mairie, de la Préfecture et de l'autorité judiciaire. C'est la loi, et elle est appliquée.
M. Tony DREYFUS, maire du 10e arrondissement. - Qui désigne les représentants ?
(Protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes vraiment très désagréable, je ne vous ai pas donné la parole. Avez-vous la courtoisie de me laisser terminer ?
Je crois qu'on voit bien ainsi que le débat, que certains dans l'opposition essaient de lancer pour donner le ton de la campagne, est purement politicien et ne repose en rien sur une réalité statistique ou juridique, et je vous mets au défi de contester ces chiffres.
Pour ce qui concerne les radiations des listes électorales, je voudrais que l'on mesure bien ce que cela signifie. Faisons attention aux conséquences de radiations trop rapides qui risqueraient de priver du droit de vote des électeurs. D'ailleurs, Mesdames, Messieurs, ceux qui siègent sur ces bancs depuis longtemps se souviennent des débats de 1981 où, à gauche, aussi bien au Parti socialiste qu'au Parti communiste, vous critiquiez avec véhémence les radiations qui avaient alors été effectuées. Vous expliquiez alors, et c'est écrit, qu'il y avait des mouvements de population à Paris, que nous aurions dû mieux prendre en compte. Vraiment, chacun l'a bien compris, sur les bancs de l'opposition, d'une partie de l'opposition en tout cas, vous avez la mémoire bien courte !
Un autre exemple : vous savez que les cartes d'électeur sont renouvelées tous les trois ans. Les électeurs ont reçu leur nouvelle carte il y a quelques semaines ou, pour certains, quelques jours, avant même que nous ayons connu la décision de dissolution de l'Assemblée nationale.
D'après les informations dont je dispose, le taux de retour des cartes de personnes n'habitant pas à l'adresse indiquée ne révèle pas de surprise majeure, à l'exception, me dit-on, du 18e arrondissement, puisque le taux y est près de 10 points supérieur aux autres arrondissements...
(Rires sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
... c'est une information que je vous donne, et pour le moment bien naturellement je n'en tire, moi, aucune conclusion, mais il ne me semble pas inutile de livrer ce chiffre à votre réflexion.
Mesdames, Messieurs, je ne vous cache pas que je suis inquiet des thèmes et des méthodes qu'une partie de l'opposition utilise aussi bien au niveau national qu'à Paris au début de cette campagne législative. Je vous le dis tout net, non seulement cela est insultant pour ceux dont la mission consiste à s'assurer du respect de la loi - les fonctionnaires, les magistrats, par exemple - mais surtout cela est grave pour la démocratie, et je pèse mes mots, car je suis convaincu que ces arguments contribuent à créer le doute, c'est votre but d'ailleurs, chez certains de nos concitoyens qui se détournent des formations politiques démocratiques au profit de programmes simplificateurs, voire simplistes, ou qui, même, en appellent à la haine !
Si tel est votre but, ayez au moins le courage d'admettre que vos attaques ne sont que des manoeuvres politiciennes. Pour ce qui me concerne, je resterai fidèle aux principes qui ont guidé mon action politique depuis trente ans : la fidélité aux principes de la République, la loyauté aux idées du gaullisme, la préférence au dialogue, à la tolérance et à la solidarité.
C'est une société fondée sur ces valeurs que je souhaite pour la France à l'issue des prochaines élections pour entrer dans le 3e millénaire !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris Libertés ").
M. DELANOË a la parole.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, je trouve tout à fait normal que vous vous exprimiez sur un sujet qui, effectivement, préoccupe les Parisiens. Je vais m'exprimer après vous dans des termes aussi sereins mais aussi exigeants.
Vous savez bien, Monsieur le Maire, que ce n'est pas lié à une actualité récente que nous n'avons pas décidée, si un certain nombre de sujets alimentent l'actualité parisienne et mettent en cause le fonctionnement de cette ville. Cela n'a évidemment aucun rapport avec la dissolution décidée par le Président de la République, puisque depuis plusieurs années, Monsieur le Maire, un certain nombre de modes de fonctionnement non-conformes à la loi, davantage au profit d'un clan, ont été dénoncés dans cette ville.
Il est du devoir des élus, et pour notre part nous le faisons, d'essayer, chaque fois, de tirer au clair, de comprendre, de porter appréciation et de lutter pour obtenir des corrections. D'ailleurs, c'est la même démarche qui, au niveau du Conseil régional, a guidé des élus qui ne sont pas de gauche.
Il s'agit donc, bien indépendamment des préoccupations politiciennes que vous évoquez, de vivre dans un état de droit transparent et dans lequel les citoyens sont égaux.
Chaque fois que la Ville de Paris est mise en cause dans ses fonctionnements, qu'il s'agisse de sociétés d'économie mixte comme la S.E.M.I.D.E.P., ou qu'il s'agisse d'attribution de logements, vous nous dites à chaque fois : " Oh là là, opération politicienne... malveillance... bassesse... ". Mais non, Monsieur le Maire, je vous réponds : transparence, exigence démocratique, devoir des élus de contrôler pour que justement la démocratie soit égale pour chacun des citoyens.
A présent, la question des listes électorales, qu'il s'agisse du 5e arrondissement ou d'autres arrondissements. Monsieur le Maire de Paris, bien avant l'article du " Canard Enchaîné " de la semaine dernière, il y a eu à propos des listes électorales à Paris des contestations. Bien avant l'affaire du 3e, souvenez-vous, il y a quelques années, d'un certain nombre de scandales qui avaient été révélés où un grand nombre de personnes habitaient dans la permanence de tel ou tel élu de Paris... mais oui... je vous rafraîchis la mémoire... voulez-vous que je vous cite des noms ? Il s'agissait de M. BARIANI dans le 20e !
Il y a eu l'affaire du 3e et maintenant à propos du 5e, Monsieur le Maire, votre arrondissement, considérez-vous comme une bassesse ce que dit votre adjoint, le Professeur GRISCELLI ? Je le cite : " C'est vrai, je n'ai jamais habité dans le 5e arrondissement, mais j'aurais tellement aimé y demeurer ". Et il ajoute dans un autre journal que dans la perspective des élections de 1989, il était souhaité une majorité extrêmement massive et donc que lui, sa famille et certains amis, sont allés voter dans le 5e alors qu'ils n'y avaient jamais habité.
Ce n'est pas une dénonciation calomnieuse, Monsieur le Maire, de l'opposition ou d'une partie de l'opposition. Ce sont les réalités parisiennes, et les Parisiens ont droit à la vérité.
En ce qui concerne le 18e arrondissement sur lequel je crains que vous ne vous soyez engagé sur une manoeuvre basse et politicienne...
(Rires sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
... je m'en suis entretenu hier avec Daniel VAILLANT, Maire du 18e arrondissement...
Attendez ...
(Protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris et " Paris-Libertés ").
... et il m'a dit effectivement que, depuis qu'il était Maire du 18e arrondissement, face - écoutez bien mes chers collègues - au retour extrêmement important de courriers portant la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ", des recherches avaient été faites et effectivement, je crois que plus de 8.000 radiations ont été faites dans le 18e arrondissement, car un certain nombre de gens n'y habitaient plus depuis fort longtemps, donc n'avaient plus à y être électeurs.
Monsieur le Maire de Paris, c'est exactement l'inverse de ce que vous avez essayé de laisser entendre, et je ne veux pas que les Parisiens soient trompés.
Enfin, Monsieur le Maire, et j'en terminerai par là, puisque vous avez fait allusion à un débat national qui se déroule actuellement, cette instance n'est pas le lieu pour que nous nous expliquions sur les choix de société à l'occasion d'une élection voulue par le Président de la République et que nous aborderons sereinement et avec vigueur.
Monsieur le Maire de Paris, il est bien évident que les Parisiens vont s'exprimer le 25 mai et le 1er juin en pensant à un contexte, un système, une manière de faire de la politique, à la démocratie, à la transparence, et le premier des devoirs que nous avons tous ensemble, Monsieur le Maire de Paris, est qu'ils puissent voter, quelles que soient leurs opinions, R.P.R., U.D.F., P.S., P.C., Ecologistes ; ils doivent pouvoir voter le 25 mai et le premier juin dans la transparence la plus totale. Je vous demande à vous, Monsieur le Maire, et au Préfet de Paris de garantir de prendre pendant ces quatre semaines toutes les dispositions pour que tous les Parisiens, quelles que soient leurs opinions politiques, sachent que de toute façon, leur vote des 25 mai et 1er juin se déroulera dans un climat démocratique, de transparence et de sincérité totale.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, ce n'est pas la première fois que de telles affaires éclatent à Paris. Elles mettent en cause la démocratie et le suffrage universel.
(Mouvements divers à droite).
Déjà, dans le 3e arrondissement, une affaire du même type a été mise en lumière, sans d'ailleurs que la justice saisie du dossier n'ait encore tranché. Ainsi, il semble bien que pour tenter de maintenir coûte que coûte des choix politiques et sociaux contraires aux intérêts de la population, la majorité municipale dans toutes ses composantes soit prête à beaucoup de choses. Les élus communistes le disent clairement. La justice doit faire son travail en toute indépendance et jusqu'au bout. Si elles sont avérées, les pratiques incriminées dans le 5e arrondissement doivent être sanctionnées.
Pour conclure, je voudrais souligner combien ces méthodes renforcent l'urgence qu'il y a selon nous à exprimer plus fortement à Paris une volonté de démocratie, de moralisation de la vie publique et de changement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, au cours d'une conférence de presse que je tiendrai tout à l'heure à 12 heures 30 ...
(Protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Monsieur GUELTON, j'ai cru comprendre que vous n'avez pas souhaité concourir, alors, laissez-moi parler.
Au cours de la conférence de presse que je tiendrai tout à l'heure avec les candidats du Mouvement des citoyens, aux élections législatives du 25 mai et du 1er juin, après notre Conseil national d'hier, nous présenterons les lignes de notre campagne électorale, débat d'idées et en même temps, propositions, je m'exprime par rapport à ce qu'a dit M. TIBERI, nous nous battrons pour défendre nos idées car nous estimons que la France est à la croisée des chemins et que si nous poursuivons vers la marche forcée à la monnaie unique, que ce soit ici ou là...
(Protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
... Cela vous gêne ?
...le chômage, les délocalisations, la misère continueront à augmenter. Mais aujourd'hui, nous sommes saisis par le Maire de Paris d'un dossier qui a été présenté par le " Canard Enchaîné " et repris dans l'ensemble de la presse nationale. Les anomalies qui ont été dénoncées concernant les listes électorales du 5e arrondissement, Monsieur le Maire, nous interpellent. Que vous n'ayez pas eu besoin de ces suffrages pour l'emporter, comme vous l'avez, semble-t-il, déclaré, n'est pas une défense ou une excuse.
Je voudrais revenir également sur ce que vous avez dit concernant les radiations du début des années 80. En effet, la gauche de cette Assemblée s'opposa à la méthode des radiations massives et brutales. Je rappelle la loi, un nom peut être rayé à la demande de l'intéressé, ou alors s'il y a transmission par l'I.N.S.E.E. de l'avis de décès de l'électrice ou de l'électeur. Aucune radiation ne peut s'effectuer en dehors de ces règles, et quand dans le 11e arrondissement, par exemple, mais cela valait pour l'ensemble de Paris, et notamment les arrondissements de l'Est parisien, il s'agissait de radier d'un coup plus de 5.000 électrices et électeurs dans le seul 11e arrondissement, il y avait bel et bien manoeuvre électorale. Je persiste et signe.
Je voudrais dire également, Monsieur le Maire, que j'ai été véritablement sidéré quand j'ai appris que la Municipalité voulait reconduire dans les vingt arrondissements les mêmes présidents dans chaque bureau de vote que lors des élections précédentes, qu'il s'agisse des présidentielles ou des municipales.
(Protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Quand mon secrétaire général m'a interrogé, j'ai dit : vous voyez avec la minorité combien elle souhaite avoir de présidences, mais il faut que ce soit équitable. Après une réunion à l'Hôtel-de-Ville, il est revenu et m'a dit : voilà, ils souhaitent que ce soient les mêmes.
J'ai dit : il ne saurait en être question.
Monsieur le Maire, croyez-vous que ce soit acceptable ? Evidemment non.
Et pour conclure, je dirais que le Conseil de Paris n'est pas un tribunal. Je lis le réquisitoire dans la presse. J'entends les plaidoiries au Conseil municipal. Ce n'est pas, je le rappelle, la première fois que des listes électorales d'arrondissement sont contestées. Je vous fais une proposition, Monsieur le Maire, ainsi qu'à vous tous, mes chers collègues : la seule manière, il n'y en a pas d'autre, de lever toute ambiguïté, c'est un contrôle judiciaire de toutes les listes, du premier au vingtième arrondissement inclus. Ce n'est pas un faux débat dans cette enceinte. Il était utile et nécessaire. Il faut crever l'abcès. Je vous demande de retenir la méthode que je préconise au nom des élus du Mouvement des Citoyens.
(Applaudissements sur les bancs des élus du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. Les deux derniers orateurs sont Mme BILLARD et M. CALDAGUES.
Mme Martine BILLARD. - Monsieur le Maire, effectivement à Paris, il y a beaucoup de déménagements. Il est vrai que les électeurs parisiens ont parfois tendance à ne pas assez attacher d'importance à l'endroit où ils s'inscrivent et à l'endroit où ils habitent. Ils ont tendance à laisser traîner les procédures en se disant qu'après tout, c'est une même ville et parfois, et que cela ne change pas grand chose sur le sens de leur vote, que ce soit d'ailleurs à gauche, à droite ou encore chez les écologistes.
Il y a, en ce moment, de nombreuses radiations. Beaucoup de gens se rendent compte, à cause de l'anticipation des élections, qu'ayant déménagé quelquefois à 200 mètres, ils ont été rayés des listes parce que la carte électorale est revenue dans les Mairies.
J'aimerais d'ailleurs avoir une précision pour ces électeurs qui ont été un peu pris de court : ceci étant, si c'est la loi, après tout, peut-être qu'il faudra faire appel aux électeurs pour qu'ils fassent à Paris un peu plus attention à leurs inscriptions sur les listes électorales.
C'est un problème de transparence qui est posé : quelquefois les électeurs sont inscrits réellement parce qu'à un moment donné, ils ont eu cette adresse, et que cela ne date pas d'il y a 20 ans. La question qui est posée par le " Canard Enchaîné " est de dire : " il y a des électeurs qui ont été inscrits alors qu'ils n'auraient pas dû l'être !
C'est le problème de la transparence qui est posé. Est-ce vrai oui ou non ?
Je rappelle que dans le 3e arrondissement, la question a été posée. Une plainte a été déposée par les " Verts " si je me souviens bien en 1989. La plainte a été relancée en 1995. La justice ne s'est toujours pas prononcée et nous sommes en 1997.
S'il n'y a pas de problèmes, que la justice se prononce et tranche et on verra qui avait raison. Pourquoi cette lenteur de la justice sur ces questions ?
Cette lenteur introduit le doute dans l'esprit de beaucoup de Parisiens et dans l'esprit de l'ensemble des forces politiques de la Capitale. Y avait-il ou non problème concernant les listes électorales ?
La même question est posée dans le 5e arrondissement. La proposition de Georges SARRE est une bonne proposition de ce point de vue : il faut qu'on arrive, une fois pour toutes, à trancher sur tout Paris, pour savoir si les listes électorales sont des listes électorales avec des pratiques douteuses ou non.
Je rappelle quand même qu'il y a eu, sur Paris, en 1978, l'annulation d'une élection dans le 14e arrondissement, pour avoir fait voter des morts. Il y avait donc bien un problème !
Le tribunal, à l'époque, avait tranché, annulé l'élection et cette élection avait été recommencée. Une fois pour toute arrêtons ces pratiques sur tout Paris, installons la transparence pour que les électeurs et les électrices, quelles que soient leurs opinions politiques, puissent voter en toute connaissance de cause et au bon endroit.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. DESTREM.
M. Alain DESTREM, adjoint. - Monsieur le Maire, je suis étonné par ce débat portant sur telle ou telle personne inscrite sur les listes électorales de tel ou tel arrondissement à Paris.
Je voudrais d'abord signaler que ce reproche vise aussi bien les personnels de la Ville de Paris, que l'Administration parisienne.
Or, il existe des procédures mises en ?uvre par des fonctionnaires qui font correctement leur travail, du mieux qu'ils le peuvent, en fonction surtout de la difficulté pour les Parisiennes et les Parisiens de respecter le fait que chaque fois qu'ils déménagent, il faut qu'ils s'empressent de demander une nouvelle inscription de l'électricité, du téléphone, mais aussi dans les Mairies d'arrondissements pour être inscrits au nouveau lieu de leur habitation.
Mes chers collègues, je tiens à vous dire qu'il y a trois problèmes difficiles à gérer par l'Administration parisienne : les inscriptions, les radiations et la gestion des retours.
Il y a, à Paris, une mobilité importante et il faut bien reconnaître que les Parisiens, les Français en général, ne sont pas très disciplinés en ce domaine.
On s'aperçoit, d'ailleurs, que les radiations et nouvelles inscriptions sont plus fortes lorsqu'il y a des échéances électorales importantes. A Paris, en année normale, il y a à peu près 30.000 radiations. Dans une pré-campagne présidentielle, il y a 140.000 radiations et mouvements, ce qui démontre bien que les Parisiennes et les Parisiens prennent alors conscience de la nécessité de se mettre en conformité avec la loi, au moment des grandes échéances électorales, qu'elles soient présidentielles ou législatives. Ce sont des chiffres que je tiens à la disposition de notre Assemblée.
Je rappelle, Messieurs les Maires d'arrondissement, qu'avec votre Secrétaire général, et les Commissions des listes électorales, vous avez la possibilité de veiller à ce que les intéressés, lorsqu'il y a des retours, soient alertés.
J'indique d'ailleurs que dans certains arrondissements lorsqu'il y a des retours de cartes, il y a un envoi en recommandé. Il y a ensuite un envoi en lettre normale, car parfois, les habitants ne vont pas chercher les recommandés. Il y a enfin un troisième envoi en recommandé. Enfin, après, l'Administration met en oeuvre sous l'autorité des commissions compétentes, la radiation.
M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Dites ce qui s'est passé. Il y a 1.400 personnes devant le Tribunal d'Instance. Vous êtes venu vous-même... Tenez-vous informé !
M. Pierre REY. - C'est ce qui est indiqué dans le " Canard Enchaîné ! "
M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - C'est n'importe quoi, Monsieur DESTREM !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur DESTREM.
La parole est à notre collègue Michel CALDAGUES.
M. Michel CALDAGUES, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, au cours de ce débat, il a été abondamment démontré, et d'abord, par vous-même, que les situations prétendument dénoncées ne pouvaient pas être incriminées. Il a été démontré ensuite qu'elles n'étaient nullement propres au 5e arrondissement contrairement à ce qu'on a dit et qu'elles ne sont d'ailleurs propres à aucun arrondissement, si ce n'est peut-être au 18e, dont le Maire, comme chacun le sait, est socialiste, sans que cela veuille dire quelque chose de plus que dans le 5e arrondissement.
Nous ne le disons pas à l'avance, bien que nous soyons nous aussi en campagne électorale.
Vous avez rappelé que la révision des listes est faite par une commission tripartite dans laquelle le pouvoir judiciaire est présent ainsi que le pouvoir préfectoral. Par conséquent, on n'y fait pas ce qu'on veut ou alors c'est une accusation extrêmement grave contre le pouvoir judiciaire.
Quatrièmement, vous avez rappelé fort opportunément qu'il y a quelques années la gauche a fait au Maire de Paris le reproche exactement contraire à celui que l'on prétend vous faire aujourd'hui.
La conclusion est très simple : les attaques dont vous avez été l'objet ne sont que de basses attaques calomnieuses de campagne électorale.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").