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Avril 1997
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23 - 1997, CL 51 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir visant des constructions situées 236, boulevard de la Villette (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération CL 51 portant autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir, 236, boulevard de la Villette.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, ce projet de délibération, comme nombre de permis de démolir sur lesquels nous sommes appelés à nous prononcer au sein du Conseil du 19e arrondissement, pose le problème de l'exercice effectif par un élu de la fonction de contrôle qui lui est dévolue. Je le dis clairement, nous sommes dans l'impossibilité le plus souvent d'exercer cette fonction de contrôle. Que faisons -nous ? Nous allons sur les lieux, et que constatons -nous ? Nous voyons une façade généralement murée, une porte généralement fermée, nous sommes dans l'impossibilité d'accéder à l'immeuble, nous sommes incapables d'apprécier son état et son potentiel de réhabilitation, hormis la façade, qui le plus souvent mérite d'être nettoyée au karcher ou dans le pire des cas relève d'un ravalement approfondi. Ce qui nous est demandé alors c'est un chèque en blanc, c'est inacceptable !
C'est le cas du 236, boulevard de la Villette, ancien hôtel meublé, à la façade imposante, nullement quelconque, immeuble dont le seul défaut serait d'avoir des éléments de confort dits sommaires et d'entretien médiocre, immeuble dont le triste sort tient à sa situation dans le secteur du passage Goy. Autant, je vous l'accorde, à Belleville nous pouvons nous réjouir d'un urbanisme qui prend enfin figure humaine, autant sur le secteur du passage Goy, c'est l'urbanisme étroit dans toute sa splendeur.
Depuis le début de la nouvelle mandature, c'est la troisième demande de permis relative à des immeubles situés dans ce secteur du passage Goy. Il serait temps de cesser de délibérer au coup par coup et de mettre à plat ce dossier, de pouvoir inventorier l'ensemble des immeubles, leur potentiel de réhabilitation, d'avoir une vision globale, de connaître l'exact nombre de lots qui ont été préemptés, d'immeubles voués à la démolition et de connaître bien sûr aussi les projets de reconstruction qui pourraient s'y substituer.
Pour l'instant, nous avons affaire à un champ de bataille peuplé de friches, d'immeubles murés, d'immeubles qui pourraient être réhabilités et, sur ce plan-là, nous vous demandons de bien vouloir organiser une table ronde pour que le sort de ce secteur du tissu faubourien du 19e puisse être reconsidéré.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à M. BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Maire, il s'agit effectivement, au 236, boulevard de la Villette, d'un immeuble constitué de deux bâtiments à rez-de-chaussée et 5 étages, qui était exploité principalement à usage de café-hôtel meublé.
La Ville a obtenu la libération du bâtiment en indemnisant les locataires et commerçants.
L'hôtel, de catégorie 1 étoile, comprenait 34 chambres très vétustes et sans confort ; les installations sanitaires communes sont particulièrement sommaires et non conformes à la réglementation. Par ailleurs, les conditions de sécurité des occupants de l'hôtel lors de l'acquisition par la Ville n'étaient pas respectées ; en effet, une partie de l'immeuble avait fait l'objet d'une interdiction d'habiter par la Préfecture de police de Paris. En outre, destiné à être démoli, le bâtiment a fait l'objet de travaux de protection afin d'éviter tout risque d'occupation irrégulière.
Dans ces conditions, l'hypothèse de la réhabilitation de cet immeuble de construction ancienne, passablement dégradé, quelconque de façade et d'aspect, et qui de surcroît n'avait fait l'objet d'aucun entretien de la part des anciens propriétaires, ne serait pas envisageable.
En tout état de cause, le coût d'une telle opération serait disproportionné par rapport à l'état général de l'immeuble.
Il est prévu de réaliser sur cette parcelle une opération de construction neuve portant sur une dizaine de logements P.L.A., dont la maîtrise d'ouvrage serait confiée à la S.A.G.I.
Je rappellerai à M. BLET que, par courrier du 13 mars 1997, le maire du 19e arrondissement, M. MADEC, a d'ailleurs bien voulu me faire part de son accord sur le programme envisagé au 236, boulevard de la Villette et sur la démolition du bâtiment existant.
Aussi, compte tenu de l'avis favorable émis par le maire du 19e, je vous demande, mes chers collègues, de bien vouloir approuver cette délibération.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CL 51.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et TAFFIN, MM. BLET, DUMAIT et MESMIN ayant voté contre. (1997, CL 51).