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Septembre 1997
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Conseil Municipal
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42- 1997, DVD 30 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres ou un marché négocié, en cas d'appel d'offres infructueux, pour l'aménagement de la place Dauphine (1er).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1997



M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 30, donnant autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offre ou marché négocié en cas d'appel d'offre infructueux pour l'aménagement de la Place Dauphine, 1er arrondissement.
La parole est à M. LE GARREC.
M. Alain LE GARREC. - Monsieur le Maire, mes chers collègues. Vous nous demandez de voter le projet d'aménagement de la place Dauphine. Ce projet suscite quelques remous chez les habitants de cette place qui n'ont pas très bien compris la précipitation du Maire du 1er arrondissement à mettre ce sujet à l'ordre du jour et à procéder au vote en Conseil d'arrondissement sans répondre aux questions posées.
Il me paraît utile sur ce sujet de faire la citation suivante : le 15 avril 1996, le Maire de Paris dans sa communication sur l'urbanisme à Paris nous disait, je cite : " je souhaite également développer largement notre système de concertation avec les associations et les habitants en posant les principes d'une information sur les études préalables au lancement des opérations . J'estime normal et nécessaire que les principales études d'urbanisme, qu'elles traitent d'un sujet général ou d'un projet localisé, soient rendues publiques car elles contribuent à alimenter la réflexion collective pour faire évoluer les projets dans le sens de ce que souhaitent vraiment les Parisiens ", fin de citation.
Un peu plus loin et en conclusion, le Maire ajoute : " Mes chers collègues, nous ouvrons aujourd'hui une nouvelle époque de l'urbanisme parisien, celle d'un urbanisme humaniste ", fin de citation.
En ce qui concerne la Place Dauphine, nous sommes à 100 lieues de ce beau discours. Ce projet a été élaboré par la Mairie du 1er arrondissement, conjointement et discrètement avec une association dont le Secrétaire fondateur, restaurateur de son état, était le seul citoyen de son arrondissement à être photographié avec le Maire du 1er en couverture de son journal électoral de juin 1995.
L'autre association qui regroupe les riverains de la Place Dauphine avait été opportunément oubliée et a dû, lors d'un C.I.C.A., demander à être consultée. Ses membres ont rejeté le projet et proposé une concertation plus large et des solutions alternatives permettant de préserver l'avenir.
Votre projet prévoit la suppression des places de stationnement, l'élargissement des trottoirs et la diminution de la chaussée. Hors du contexte, ces modifications semblent de bon aloi, car cela ressemble à une diminution de l'emprise automobile sur une partie de l'Ile de la Cité, mais il faut indiquer que le parking souterrain qui borde la Place Dauphine est en phase d'achèvement et que la circulation va donc augmenter dans ce secteur. De plus, cela ressemble aussi à une incitation à utiliser ce parking concédé.
Elargissement des trottoirs : cela semblerait parfait pour se promener dans ce lieu tranquille et reposant, mais c'est aussi un moyen pour les restaurateurs et cafés d'étendre leur terrasse.
Il n'est pas question pour moi de mettre en cause ces commerces très sympathiques, mais les habitants pensent à juste titre que ces modifications permettront rapidement une autre utilisation de cette place et ils ne le souhaitent pas. Il semble aussi, car la délibération est muette à ce sujet, que les arbres seront coupés pour être replantés de façon moins dense.
Bref, il y a environ 300 personnes qui vivent Place Dauphine qui ont souhaité et souhaitent encore être consultées. Est-ce donc si compliqué ?
Monsieur le Maire, cette place date de la première partie du XVIIe siècle. Les historiens nous disent que les cahiers des charges concernant cette place n'ont jamais été respectés. Vous avez toute possibilité de retarder ce projet qui, à ma connaissance, n'a pas été soumis à la Commission du Vieux Paris, qui n'a pas été présenté dans sa réalité et dans ses conséquences à la Direction régionale des Affaires culturelles et qui pourrait nécessiter une enquête publique, ce que nous souhaitons.
Nous ne voterons pas cette délibération qui est l'exemple inverse de ce que vous préconisez vous-même, et qui démontre d'ailleurs à quel point vos directives sont suivies par vos propres amis.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Pour répondre, je donne la parole à M. Bernard PLASAIT.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur le Maire, il est décidément très difficile de comprendre, de suivre la pensée des élus de gauche, car si j'ai bien compris sur le fond, lorsqu'un site date de la première partie du XVIIe siècle, il n'est pas bon de vouloir le restaurer dans son caractère historique et d'y supprimer la totalité du stationnement ? Je persiste à considérer que ce projet est un excellent projet qui permet précisément à ce site historique de se retrouver restauré dans sa plénitude.
Quant à la forme, autant que je sache et contrairement à ce que vient d'expliquer M. LE GARREC, la concertation a été très complète et très large, et par conséquent, je considère que ce projet doit être adopté.
M. Michel BULTÉ, adjoint, Président. - Merci Monsieur PLASAIT.
Monsieur LEGARET, vous avez la parole.
M. Jean-François LEGARET, adjoint. - Monsieur le Maire, je voudrais intervenir puisque M. LE GARREC a mis en cause le Maire du 1er arrondissement et la forme de la concertation qui a été voulue et organisée par la Mairie du 1er. D'ailleurs, je puis vous dire que M. LE GARREC pratique la désinformation parce qu'il sait très bien ce qui a été fait en la matière.
Sur le fond, je ne reprendrai pas ce que M. Bernard PLASAIT vient de dire, c'est un bon projet. Mes chers collègues, supprimer le stationnement sur la Place Dauphine, est-ce qu'il y a sincèrement des élus parmi vous pour s'y opposer ?
M. LE GARREC est un nostalgique du stationnement des voitures ventouses. Si M. LE GARREC était seul à décider à Paris, on aurait toujours des voitures sur l'Esplanade des Invalides, sur la Place du Palais Royal, il aime les voitures et il suspecte les élus d'être de mèche avec les gestionnaires de parkings et de vouloir supprimer le stationnement dans des sites historiques, dans des sites classés au motif que cela remplit les parkings. Soyons sérieux, Monsieur LE GARREC. Le réaménagement de la Place Dauphine, croyez-moi, c'est autre chose.
Nous sommes suspectés également de vouloir favoriser les extensions des terrasses. Il se trouve qu'il y a un règlement des terrasses qui est d'ailleurs une délibération de ce Conseil et que l'aménagement des trottoirs sur la Place Dauphine ne permettra aucune extension de terrasse, pas un seul centimètre d'extension.
C'est donc un procès d'intention et c'est donc une désinformation ! On vient même dire que l'on va raser les arbres au milieu de la Place Dauphine ! Ecoutez, Monsieur LE GARREC, je voudrais vous rappeler à un petit peu plus de raison. Nous en avons suffisamment débattu, et toutes les assurances ont été données.
La vérité, je vais vous la dire maintenant. Il y a, Place Dauphine, deux associations, une association qui regroupe un certain nombre de gens et qui est très majoritaire, avec laquelle nous avons organisé une concertation, et puis, il y a la survivance d'une ancienne association qui a les préférences de M. LE GARREC et pour laquelle il a fait preuve d'une très grande partialité.
Moi, je n'en veux pas à M. LE GARREC de ce parti pris. Il se trouve que la Présidente de cette association a été candidate du Front national aux élections municipales. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? M. LE GARREC a le droit de craquer pour la candidate du Front national...
(rires)...

Mais ce n'est pas une raison, Monsieur LE GARREC, pour mettre la Place Dauphine à feu et à sang !
C'est un bon projet que je vous recommande et je suis certain que tous les élus de cette Assemblée qui ne s'attachent pas exclusivement aux opérations de politique politicienne, quitte d'ailleurs à s'engager dans des liaisons dangereuses...
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).

eh oui, Monsieur LE GARREC, je suis navré de vous le rappeler... tous les élus qui seront favorables à ce beau projet le soutiendront. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").

M. Michel BULTÉ, adjoint, Président. - Merci, Monsieur LEGARET.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 30.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe socialiste et apparentés ayant voté contre et le groupe du Mouvement des citoyens s'étant abstenu. (1997, DVD 30).