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Septembre 1997
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Conseil Municipal
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21- 1997, DAUC 240 - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la R.I.V.P. d'une demande de permis de construire visant un bâtiment situé 170, rue Nationale (13e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 240 donnant l'autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la R.I.V.P. d'une demande de permis de construire visant un bâtiment situé 170, rue Nationale.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, la R.I.V.P. envisage de transformer des locaux à usage de garages à vélo et passage commun en poste de télésurveillance.
Outre le fait que les objectifs recherchés par cette modification ne sont pas décrits dans le projet de délibération qui nous est présenté, je m'étonne que rien ne soit dit quant au devenir du garage à vélos.
Je vous demande donc, M. le Maire, où les vélos pourront désormais se garer. L'usage du vélo va à nouveau croissant à Paris. Il ne suffit pas multiplier les voies qui leurs sont réservées. Il est urgent de maintenir les lieux existants et d'en développer d'autres pour les garer en toute sécurité.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président - Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Merci, Monsieur le Maire.
Ce projet de délibération est doublement inquiétant : la R.I.V.P. sollicite un permis de construire pour édifier un poste de télésurveillance en lieu et place d'un actuel garage à vélos. Alors que vous vous efforcez d'implanter des garages à vélos dans les nouveaux programmes, vous nous demandez maintenant d'en détruire un. Il est pour le moins étonnant de voir la R.I.V.P. supprimer un espace fermé de stationnement pour vélos utilisé par les locataires de ses immeubles et contrecarrer ainsi ouvertement votre politique de développement du vélo. Vous vous êtes engagés, à juste titre, dans une politique d'aménagement de pistes cyclables dans la Capitale, après une prise de conscience un peu tardive des effets de la pollution automobile, mais il ne suffit pas de faciliter la circulation des cyclistes pour inciter les parisiens à développer cette pratique de déplacement. Il faut aussi leur offrir des espaces de stationnement faciles et sécurisés, non seulement publics sur l'espace de voirie, mais aussi privés dans les immeubles de travail ou d'habitation.
Après avoir absorbé l'air pollué de la Capitale, les Parisiens en deux-roues ne pousseront pas l'acte sportif jusqu'à monter leur vélo dans leur appartement au 3e ou 6e étage. Au prix du mètre carré, ils n'auront certainement pas la place de l'y mettre.
Incitez donc vos S.E.M. à prévoir des garages à vélos dans leurs programmes de logements et dissuadez-les de supprimer les garages existant si aucun espace de remplacement n'est prévu.
Songez aussi, Monsieur le Maire, à ajouter un alinéa à l'article 12 du Plan d'occupation des sols pour prévoir des dispositions relatives au stationnement des vélos dans les programmes de construction.
Mais ce projet de délibération nous inquiète d'autant plus que la suppression de ce garage à vélos a pour objet la construction d'un poste de télésurveillance. Gare à l'esprit Big Brother et à aux dérives sécuritaires.
Les immeubles télésurveillés, avec triple sas codé et ascenseurs magnétiques ne sont pas du tout rassurants.
Les expériences de votre ami BALKANY à Levallois-Perret ont soulevé des vagues de protestation qui l'ont contraint à réviser ses choix.
Par arrêté n° 97-10397 du 8 mars 1997, vous avez créé à Paris une Commission départementale des systèmes de vidéo-surveillance. Notre collègue, Philippe GOUJON y siège. J'aimerais connaître les objectifs de cette commission, son programme de travail, ses résultats.
Il serait urgent d'engager un débat ouvert et transparent sur ce thème avant d'engager notre capitale dans un XXIe siècle orwellien.
Contactez l'association " Souriez vous êtes filmés " qui a nombre d'idées sur ce sujet et intégrez-là à cette commission. La composition actuelle de la commission mériterait d'être complétée. Y siègent, en effet, des spécialistes du droit, des télécommunications, un joaillier, un pharmacien et un représentant de la Chambre de commerce, mais pas un seul sociologue ni un seul représentant associatif de la Ligue des Droits de l'Homme, par exemple, pas un seul représentant pour plaider les points de vue de l'individu citoyen soucieux de sa tranquillité, mais aussi de la protection des libertés individuelles.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à Mme SCHNETER et à M. BLET. Mes chers collègues, je crois qu'il faut faire un effort, on entend très mal les orateurs, alors, si vous voulez bien interrompre vos conversations, je crois que nous gagnerons du temps et de l'intérêt.
Monsieur BULTÉ, vous avez la parole.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Dans cette affaire, Monsieur BLET, le permis de construire a pour objet de créer, à partir du regroupement d'un local à vélos non utilisé et d'une aire de jeux désaffectée, un local de télésurveillance dans un immeuble de grande hauteur.
Il existe dans cet immeuble un local de sécurité où sont actuellement effectuées la surveillance de la tour de logements et la télésurveillance des ascenseurs.
Les pompiers ont souhaité que les deux missions soient réalisées dans deux locaux différents, d'où la création du local en cause. Il existe dans cette tour un autre local à vélos qui fonctionne. Un second, je vous rassure, va être créé en sous-sol qui permettra de répondre à la demande de l'ensemble des habitants de l'immeuble.
Je rappellerai également que le Conseil du 13e arrondissement a voté à l'unanimité ce projet de délibération. Merci mes chers collègues.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 240.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET ayant voté contre. (1997, DAUC 240).
Je vous remercie.