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Septembre 1997
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Conseil Municipal
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43- 1997, DVD 39 - Approbation du principe de passation d'une convention de délégation de service public pour le renouvellement du contrat d'exploitation des lavatories dépendant de la Direction de la Voirie et des Déplacements de la Ville de Paris conformément aux dispositions de la loi n° 93-122 du 29 janvier 1993 dite " Loi Sapin ", codifiée au Code général des collectivités territoriales dans les articles L. 1411-1 à L. 1411-18. - Approbation du principe de prolongation du contrat actuel avec M. Guy CHRISTIN pour une durée de 6 mois.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1997



M. Michel BULTÉ, adjoint, Président. - Nous allons maintenant examiner le projet de délibération DVD 39. Je donne la parole à l'orateur inscrit M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, après l'augmentation, il y a un an, du prix des toilettes publiques, vous nous proposez aujourd'hui un nouveau contrat consistant en un affermage complet de ce service rendu au public.
Si j'ai bien compris ce que l'on a dit en Commission, il s'agit pour la Ville, avec ce projet, d'économiser 4 millions de francs correspondant au déficit annuel d'exploitation des 24 lavatories et chalets de nécessité en service. A ce petit jeu-là, pourquoi ne pas dire clairement qu'on entend à terme s'en défaire et les privatiser ? Pourtant, le nombre des toilettes publiques dans Paris est totalement insuffisant. Il faut, à notre avis, en augmenter le nombre et envisager leur implantation dans les stations de correspondance du métro, dans les parcs et jardins de la Ville, qui en sont trop souvent dépourvus.
Ce projet n'est pas bon. Il ne répond pas à un réel besoin sanitaire, ce qui peut avoir et qui a d'ailleurs déjà des conséquences sur l'environnement.
On me dit également que l'on envisage l'accès gratuit pour ceux qui ne peuvent pas en payer le prix. Mais à quelles conditions ? Des Parisiens vont-ils ainsi disposer d'une carte de la Ville délivrée par le C.A.S. ou autre, avec la mention " Peut uriner gratuitement " ?
(Rires)
En réalité, je le répète, le service public doit permettre à tous les Parisiens et les visiteurs de la Capitale d'utiliser gratuitement les lavatories.
Je dois ajouter que j'ai du mal à comprendre un tel projet, parce qu'enfin, de l'argent, dans cette ville, il s'en gâche ! Par exemple, à cette séance, rien que pour régler un contentieux qui l'oppose à deux sociétés immobilières, la Ville va verser à ces deux sociétés 13 millions de francs. C'est peu dire !
Enfin, les conditions financières proposées au futur gestionnaire des lavatories ne peuvent se traduire que par une augmentation des tarifs pour les usagers et la disparition progressive des toilettes publiques à Paris.
Afin d'assurer ce service, la Ville doit au contraire y mettre le prix.
Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, l'homme au sens générique du terme a des besoins qui ne sont pas différents d'il y a vingt ans !
(Vifs applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).

M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Bernard PLASAIT pour vous répondre, M. TUROMAN.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Permettez-moi, Monsieur le Maire, de saluer le talent de M. TUROMAN, qui d'ailleurs nous avait fait passer un très bon moment en 3e Commission ; je vous invite tous à y participer la prochaine fois !
Mais pour essayer d'être plus sérieux, tout en comprenant très bien la préoccupation d'ordre public ou de service public de M. TUROMAN, je voudrais simplement indiquer deux chiffres :
Dans l'hypothèse d'une gratuité totale, le coût pour la Ville serait de 7.500.000 F.
Et la fermeture totale nous imposerait le licenciement de 34 personnes.
Donc, ayant bien examiné le dossier, qui d'ailleurs avait été reporté une première fois pour permettre une enquête et pour que l'on puisse disposer d'un dossier complet, la Commission a estimé que nous devions reconduire, quitte à voir dans l'avenir comment les choses pourraient s'aménager.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 39.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe socialiste et apparentés, Mmes SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER, MM. BLET et REVEAU s'étant abstenus, le groupe communiste ayant voté contre. (1997, DVD 39).