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Septembre 1997
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20- 1997, DAUC 183 - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la S.N.C.F. d'une demande de permis de démolir et d'une demande de permis de construire visant le bâtiment voyageurs de la gare du Pont-de-l'Alma de la ligne C du R.E.R.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président - Nous passons au projet de délibération DAUC 183 concernant l'autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la S.N.C.F. d'une demande de permis de démolir et d'une demande de permis de construire visant le bâtiment voyageurs de la gare du Pont-de-l'Alma de la ligne C du R.E.R.
Je donne la parole à M. HUBIN.
M. Jean-Philippe HUBIN - Merci, Monsieur le Maire.
Ce dossier n'a pas attiré l'attention de la Commission de notre Conseil, bien qu'il représente une dépense importante de 40 millions de francs. Il s'agit de construire 160 mètres carrés d'un local qui s'appellera une gare, installée à l'angle du pont de l'Alma et du quai Branly. Un calcul rapide vous permettra de constater que nous avons là un prix de l'opération de 250.000 F au mètre carré.
Quand j'ai annoncé ce chiffre aux électeurs du 7e arrondissement, ils ont cru que je parlais en anciens francs, mais j'utilise des nouveaux francs, des francs d'aujourd'hui, et je vous confirme donc que ce projet consiste à dépenser 40 millions de francs pour faire plaisir à la S.N.C.F.
Ce projet, évidemment, n'est pas une dépense de la Ville de Paris elle-même, car c'est la S.N.C.F. qui dépensera les 40 millions de francs. Mais il faut comprendre qu'indirectement le contribuable parisien paiera, car la S.N.C.F. est dans une situation financière déplorable ; elle est en déficit, donc subventionnée, entre autres, par la Ville de Paris qui doit prendre en charge les remboursements d'annuités d'emprunts que la S.N.C.F. est obligée de souscrire pour pouvoir financer les investissements pharaoniques qu'elle fait en région parisienne. Nous avons eu un certain nombre de lignes de métro ou de quasi-métro conseillées par les meilleures experts, et nous avons ce projet de construire cette micro-gare qui nous coûtera 40 millions de francs.
Pourquoi 40 millions de francs ? C'est la deuxième question qu'on peut se poser. La somme est évidemment gigantesque. Tous les gens qui m'ont écouté sur le sujet sont d'accord avec moi pour penser qu'il faut justifier une dépense de 250.000 F par mètre carré à cet endroit. La raison est qu'il faut construire là quelque chose qui puisse accueillir deux agents de la S.N.C.F. pour vendre les billets de banlieue et deux autres qui seront chargées de vendre les billets grande ligne. Les habitants du 7e pourront aller acheter leurs billets à cet endroit. Il se trouve que la S.N.C.F. a une gare aux Invalides où les mêmes habitants du 7e peuvent acheter les mêmes billets de T.G.V. ou les billets grandes lignes. Pour éviter aux habitants du 7e de faire 400 mètres de plus, on est prêt à taxer le contribuable parisien et français en général de 40 millions de francs.
Il est évident que cette justification n'est pas acceptable.
Il s'agit en réalité de rénover cette gare qui, effectivement, n'est pas du dernier cri de modernité, mais le problème est de savoir si c'est le moment.
Pour ma part, je conteste formellement que ce soit le moment. J'aimerais que nous refusions à la S.N.C.F. le droit de démolir ce petit édicule, que nous fassions faire ainsi une économie forcée considérable à la S.N.C.F.
Je terminerai en disant que sur le plan esthétique, cette gare est discutable, elle est en surélévation. Il ne s'agit pas de construire une gare en sous-sol, il s'agit d'une gare qui sera construite au bord de la Seine dans un site prestigieux qui est classé. Si un particulier voulait construire un tel équipement, il serait évidemment formellement interdit, mais il s'agit de la S.N.C.F., Etat dans l'Etat, et il est impossible de critiquer les ingénieurs de la S.N.C.F. Ils sont à un tel niveau de compétence que chacun d'entre nous se rend compte de la stupidité qu'il y a à vous convaincre de voter contre un projet présenté par la S.N.C.F.
Je vous demande de réfléchir à ce dernier aspect des choses, l'aspect esthétique. La gare sera un bâtiment moderne ; quelle que soit la qualité des architectes, j'ai peur qu'il ne s'inscrive pas dans le site des bords de Seine, et je suis très inquiet sur l'avenir de ce site de l'Alma si cette gare est construite. Je voudrais donc qu'elle ne le soit point.
Voilà pourquoi j'interviens dès maintenant. Nous aurons à nouveau l'occasion d'intervenir sur le sujet quand on nous demandera un permis de construire. J'aimerais qu'on revoie l'ensemble de ce projet. Nous ne pouvons plus continuer à dire que nous souhaitons tous la réduction des dépenses publiques, et chaque fois qu'il y a un projet de dépenses publiques supplémentaires, le voter ; il faut être conséquents avec nous-mêmes si nous voulons supprimer les déficits de la R.A.T.P., de la S.N.C.F. et des entreprises nationales qui coûtent au contribuable parisien 1,6 milliard.
Il faut voter non à ce projet car nous ne voulons plus continuer à mentir aux électeurs en leur parlant de réduire les dépenses publiques et en votant systématiquement leur accroissement.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je viens d'écouter avec la plus grande attention l'intervention de notre ami Jean-Philippe HUBIN.
Je rappellerai d'abord que la gare aujourd'hui est dans une situation dramatique, puisqu'elle a brûlé en 1990. Elle a comme simples locaux pour recevoir le public des Algeco.
Il s'agit là, bien entendu, d'une demande de l'Etat, comme le soulignait Jean-Philippe HUBIN, la S.N.C.F. et le S.T.P., pour la restauration de la station du R.E.R. C du Pont de l'Alma. La Ville n'est concernée que parce que la gare est partiellement assise sur des parcelles de la Ville de Paris qui doivent faire l'objet d'un échange foncier avec la S.N.C.F.
Cette rénovation est estimée indispensable par la S.N.C.F., les installations de génie civil datant de 1937 et n'ayant fait l'objet d'aucuns travaux. La création d'un bâtiment est indispensable pour permettre l'accès, notamment pour les personnes à mobilité réduite.
La délivrance de ce permis fera l'objet des contrôles les plus rigoureux, notamment par l'Architecte des Bâtiments de France et l'Architecte des Monuments historiques. Le site est inscrit par l'U.N.E.S.C.O. au patrimoine de l'humanité.
En conclusion, un avis favorable du Conseil du 7e arrondissement nous a été communiqué.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 183.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. HUBIN ayant voté contre et M. KOLLITSCH s'étant abstenu. (1997, DAUC 183).