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Septembre 1997
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Conseil Municipal
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13- V - Question d'actualité de M. Soizik MOREAU, au nom du groupe du Mouvement des citoyens, à M. le Maire de Paris sur la situation des théâtres parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question de Mme Soizik MOREAU concernant la situation des théâtres parisiens.
Madame MOREAU a la parole.
Mme Soizik MOREAU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, tout le monde sait que les théâtres subventionnés, comme le Théâtre de la Ville, le Théâtre de la Bastille, le Théâtre musical de Paris-Châtelet et tous ceux que soutient la Ville et qu'elle soutient bien, parviennent, avec leur subvention, à offrir une programmation de qualité.
Mais en revanche, trop de nos petits théâtres ne sont pas ou guère soutenus. Je voudrais appeler l'attention de l'Assemblée sur nombre d'entre eux qui multiplient leurs efforts pour offrir de bons spectacles, font un réel travail auprès des habitants et organisent avec les gens du quartier des rencontres, des débats avec les gens de théâtre, les metteurs en scène, les comédiens, et ainsi réussissent à constituer un véritable réseau culturel de valeur. Et ce réseau est souvent très bénéfique, aux jeunes notamment, qu'ils soient scolarisés ou non. Alors je pense que la Ville devrait mieux reconnaître ce travail en accordant des subventions un peu plus substantielles aux compagnies, aux associations qui oeuvrent avec efficacité et dont les projets méritent soutien.
Certes tous les projets ne le méritent pas, mais certains oui.
L'emploi, de plus, chez les artistes et les gens de théâtre, vous le savez, est terriblement précaire, menacé : si la Ville peut permettre à certains d'entre eux de vivre, même très modestement, de leur art, il faut qu'elle s'engage un peu plus à le faire.
Des théâtres, et j'aurai fini mon intervention, comme l'Actéon, le Théâtre du Temps, le Théâtre de Proposition pour ne parler que des petits théâtres que je connais bien pour suivre leur travail de très près, ont fait de modiques demandes d'aide et j'aimerais évidemment qu'on les soutienne davantage.
D'autre part, il y a dans d'autres arrondissements des théâtres qui comme ceux que je viens de citer, méritent qu'on les aide. Alors, si grâce à la Mairie de Paris, de jeunes compagnies, des petits théâtres pouvaient voir leurs efforts méritoires un peu mieux soutenus, eh bien ! On pourrait promouvoir un meilleur emploi, et promouvoir aussi la jeune création. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
Mme MACÉ de LEPINAY a la parole.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
La situation des théâtres en France, comme ailleurs dans le Monde, est certes fragile. Paris est riche de 150 salles de théâtre au moins et reflète donc particulièrement cette fragilité.
Mme MOREAU m'a plusieurs fois exprimé son souci de ces petites salles de théâtre qui ont effectivement du mal à vivre, mais je voudrais rappeler que la Ville de Paris fait énormément pour le théâtre et que la fragilité des théâtres est liée à beaucoup de choses, on l'a vu au moment des grèves de 1995 ; les mouvements sociaux, les variations climatiques, voire les conflits internationaux, peuvent influer sur le comportement des spectateurs, la fréquentation des salles.
Des inquiétudes concernant les restrictions budgétaires au Ministère de la Culture comme à la Ville de Paris placent souvent effectivement nos théâtres dans des situations difficiles, et je ne peux que le regretter parce que les théâtres, nous le savons, sont vraiment l'humus de la vie culturelle parisienne.
Je veux donc rappeler qu'outre les théâtres municipaux au nombre de 6 qui reçoivent plus de 72 millions de francs en 1997, la Ville de Paris soutient l'association pour le soutien aux Théâtres privés, pour une somme de 18,4 millions en 1997 qui donc regroupe des mécanismes de solidarité au profit d'une quarantaine de théâtres.
Par ailleurs, la Ville de Paris intervient dans le financement du fonctionnement de 18 autres théâtres parisiens pour une somme de 10,5 millions.
Je veux parler du théâtre de la Main d'Or, que vous connaissez bien, Madame MOREAU, du théâtre de la Bastille, de la Comédie italienne ou du Théâtre 18, par exemple.
D'autre part, vous savez que nous avons un mécanisme qui s'appelle l'aide au projet qui nous permet de soutenir en 1997, 35 compagnies théâtrales qui se produisent dans les théâtres parisiens.
Nous sommes obligés d'appliquer des critères pour octroyer ces aides. Vous savez que sont pris en compte le nombre de représentations, le mode d'occupation du théâtre. Nous ne pouvons pas subventionner des salles qui font uniquement de la location. Nous souhaitons que tous les acteurs soient impliqués dans la production des spectacles.
Nous sommes donc obligés de regarder le mode de fonctionnement, mais je peux vous dire que toutes les demandes d'aide au projet sont examinées avec beaucoup d'attention et en fonction de l'intérêt des spectacles qui nous sont proposés.
D'autre part, nous participons au financement de 6 festivals ou manifestations exceptionnelles, comme le Festival d'automne, " Paris Quartiers d'été ", " Allumez les feux ", etc. et puis l'opération " Paris vous invite au théâtre : prenez une place et venez à deux ". Ce sont des incitations à la fréquentation par les Parisiens des salles de spectacle.
Je vous rappelle aussi que la Ville de Paris a mis en place un mécanisme de subventions d'investissement destiné à permettre aux théâtres parisiens de moderniser leurs équipements.
Enfin, la Ville accorde aux salles de théâtre la réduction de taxe professionnelle maximale autorisée par la loi au taux de 50 %, ce qui implique pour la Ville, pour le budget de la Ville, un manque à gagner d'environ 3 millions de francs.
Pour terminer, la Ville accorde des facilités pour la communication aux théâtres qui le sollicitent, en particulier pour les colonnes Morris ou les kiosques théâtre.
Voilà si on additionne tout cela, cela fait environ 120 millions de francs que la Ville, par un biais ou un autre, accorde aux théâtres parisiens.
C'est une somme importante. Je sais bien que toutes les initiatives ne sont pas soutenues et j'ai passé sous silence tout ce qui est fait dans les conservatoires municipaux et dans les écoles pour développer chez les petits Parisiens le goût du théâtre.
Je crois que certes, on peut en faire toujours plus, certes il y a des salles qui font des choses innovantes et nouvelles, et qu'on devrait peut-être mieux suivre, mais l'effort que nous faisons est déjà important.
Je vous promets en tout cas, Madame MOREAU, de regarder les dossiers que vous m'avez particulièrement signalés.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
Nous en avons terminé avec les questions d'actualité.