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Septembre 1997
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6- 1997, DASCO 76 - Communication de M. le Maire de Paris sur la rentrée scolaire 1997-1998.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous passons à l'examen des sujets à l'ordre du jour, et je vais maintenant initier le débat relatif à la rentrée scolaire.
A chaque rentrée, la Ville met tout en oeuvre pour que soient accueillies les centaines de milliers d'élèves concernés, dans des bâtiments en nombre suffisant et adaptés à leurs besoins.
Au-delà du respect de ces objectifs essentiels, deux maîtres mots me paraissent définir la direction à suivre en matière scolaire : évolution et innovation.
Tout d'abord, nous faisons le constat d'une rentrée très réussie. Pour le premier degré, il y a eu un accueil adapté. Nous avons connu une bonne rentrée grâce aux efforts que nous avons poursuivis en matière de construction scolaire et grâce aux postes que la Direction de l'Académie avait pu obtenir du Ministère de l'Education nationale au printemps 1997.
Quatre écoles polyvalentes sont ouvertes cette année dans les 12e, 13e et 19e arrondissements. Deux autres bâtiments sont, par ailleurs, livrés dans les 10e et 19e arrondissements.
Au total, la capacité d'accueil supplémentaire créée en classes maternelles et en classes élémentaires, depuis le début de la mandature, sera, fin 1997, de 140 classes sur les 450 classes prévues à l'origine de la fin de mandature.
Le premier bilan qui peut être fait à l'issue des deux premières années de mandature est donc objectivement encourageant.
Néanmoins, il m'apparaît indispensable d'engager à mi-parcours une nouvelle concertation relative aux écoles du premier degré avec les principaux intéressés.
Il revient, bien entendu, à M. GOASGUEN, mon adjoint chargé des Affaires scolaires et universitaires, de poursuivre le dialogue initié avec les maires d'arrondissement.
Cette réflexion permettra d'assurer une adéquation encore meilleure de notre action aux besoins des familles.
En second lieu, s'agissant du second degré, un grand nombre bâtiments ont été modernisés et rénovés. Au cours de l'année scolaire, plus de 300 opérations étaient engagées dans les collèges départementaux pour un montant supérieur à 50 millions de francs.
Pour répondre à une augmentation spécifique des besoins d'accueil, je me suis engagé à créer deux nouveaux collèges dans le 13e arrondissement pour la Z.A.C. " Paris-Rive gauche ", et le 18e arrondissement pour le secteur de la Chapelle.
Des extensions de capacité sont en outre prévues dans les 14e, 17e et 19e arrondissements ; 1.800 places devraient ainsi être ouvertes.
Pour les ensembles immobiliers comprenant un lycée, les principales opérations sont poursuivies, en particulier les schémas directeurs engagés à Montaigne, Jules-Ferry, Voltaire, Buffon, Honoré-de-Balzac et Bergson.
Pour que cette politique puisse continuer, il est indispensable que la Région Ile-de-France maintienne son effort et sa participation en faveur des patrimoines du second degré, au moins sur les bases actuelles. C'était le premier point.
Le second point concerne, comme je l'ai indiqué, l'évolution et l'innovation au service des enfants.
S'agissant de l'évolution des structures, nous mettons à la disposition des enfants, le midi, un service de restauration scolaire ; le soir, des garderies, des études surveillées, des ateliers les mercredis et pendant les vacances, des personnels municipaux qui assurent des fonctions de surveillance, d'aide à l'étude, d'encadrement, des sorties ou des animations dans le cadre d'activités périscolaires.
Je tiens à rassurer tous ces personnels, qui remplissent un rôle essentiel, sur leur devenir, face aux incertitudes provoquées par l'annonce, par le Gouvernement de la création de postes d'aides-éducateurs. J'ai immédiatement engagé une concertation avec l'Académie, préalable à toute intervention de l'Education nationale dans les écoles parisiennes, étant entendu que ces derniers constituent des atouts supplémentaires pour l'éducation des enfants et qu'en aucune façon ils ne sauraient se substituer au personnel existant. Je resterai très attentif à la mise en oeuvre de ce nouveau dispositif.
Pour ce qui concerne l'innovation, afin de poursuivre l'effort engagé pour équiper les écoles en matériel informatique, j'ai demandé aux services de la Ville de se rapprocher de ceux de l'Education nationale pour élaborer un plan prévisionnel d'équipement des écoles et des collèges parisiens.
A l'issue de ces réflexions, je vous présenterai le contenu du programme que j'entends développer dans ce domaine.
Accueillir tous les enfants d'âge scolaire, leur offrir des conditions de vie optimales, les doter des outils adaptés à la société de demain, tels sont les objectifs ambitieux, mais réalistes, que je me suis fixés avec la Municipalité et que je vous propose de mettre en oeuvre. Merci.
(Applaudissements sur les bancs de l'Assemblée).

La parole est à M. FERRAND.
M. Eric FERRAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais dire, tout d'abord, que ce qui caractérise à tout coup les communications de la Mairie de Paris, c'est une autosatisfaction affichée sans jugement critique et vraiment constructif.
Il n'y aurait pas de honte à mettre en évidence certaines faiblesses de votre politique, et vous vous grandiriez en essayant d'y apporter les réponses les plus appropriées.
Cela étant, comme vous, Monsieur le Maire, j'estime que nous avons connu une bonne rentrée scolaire, mais pas franchement pour les mêmes raisons que celles que vous invoquez.
En effet, c'est d'abord dans un contexte économique nettement plus favorable que les familles ayant droit à l'allocation de rentrée scolaire ont pu aborder le mois de septembre. Il faut rappeler en effet que celle-ci a été portée à 1.600 F, alors qu'elle avait été diminuée de manière drastique l'année dernière par le précédent Gouvernement.
Par ailleurs, un effort considérable a été fourni, conformément aux nouvelles orientations du Ministre de l'Education nationale contre les fermetures de classes. C'est ainsi que des mesures d'ajustement ont permis à plus d'une trentaine d'écoles de connaître des ouvertures ou des levées de blocage à la rentrée. Ces mesures sont remarquables et pourtant vous n'en dites rien.
Je voudrais maintenant répondre à quelques points de votre communication.
Vous déclarez placer parmi vos priorités l'accueil des jeunes écoliers dans des conditions optimales. Louables intentions auxquelles nous nous associons bien volontiers, mais force est de constater que, pour les maternelles, nous sommes un peu loin de l'objectif.
Certes, le nombre moyen d'enfants en Z.E.P. est de 25, conformément aux orientations du nouveau contrat pour l'école, mais vous oubliez de dire que ce contrat prévoit l'entrée des enfants dès 2 ans à l'école, à partir de la rentrée 1998 !
Dans quels locaux ? Je pose la question, alors que Paris a le taux le plus faible en matière d'accueil des moins de 3 ans. A peine 8 % contre 35 % en province.
Il faudra également prévoir un recrutement des A.S.E.M. en conséquence, pour faire face à un accroissement d'effectif. J'en profite d'ailleurs pour vous dire que la gestion de ces personnels est totalement à revoir. Le seul critère retenu de répartition des agents de service est le nombre d'élèves. S'il baisse, le nombre d'agents aussi. Mais la surface de locaux à entretenir, elle, reste la même, d'où un surcroît de travail.
S'agissant des travaux maintenant, vous omettez de dire que de nombreuses écoles de la Capitale ont vu leur rentrée perturbée par des travaux non encore terminés et pour cause, pour les plus importants, ils ont bien souvent commencé en août. Dans le 11e par exemple, le groupe Alphonse Baudin/Saint-Sébastien est en pleine restructuration, et les enfants ont même failli ne pas être accueillis normalement. Les causes de ces retards sont connues. Le vote tardif du budget de la Ville, les délibérations autorisant les travaux votées en juin.
Et puis notre arrondissement du 11e a connu une surprise désagréable qui choque le sens commun. C'est l'école du 22, rue Saint-Maur qui s'est vu flanquée d'un énorme panneau publicitaire sur son mur latéral où précisément tout affichage est interdit (loi du 6 juillet 1881).
Cela a été installé d'une manière autoritaire non concertée et contre l'avis du Maire du 11e. C'est choquant, alors que les associations de parents d'élèves réclament depuis des années de modestes panneaux à usage d'information qui leur sont refusés. Au lieu de cela, on livre les murs de nos écoles, aux marchands de " Coca Cola " ou de " Mac Donald's ". C'est inacceptable, et je demande que ce panneau soit retiré.
Dans le chapitre action éducative, vous soulignez votre priorité pour l'accès aux nouvelles technologies, très bien, mais j'ai le sentiment que la Capitale de la France n'est pas en avance. A l'aube du 3e millénaire, du tout informatique, seulement un quart de nos écoles dispose d'une salle informatique complète. Certaines écoles ne disposent que d'un micro-ordinateur, souvent pas très moderne, il faut bien le dire.
Un mot sur les Caisses des écoles. J'ai déjà exprimé mes inquiétudes à M. GOASGUEN à l'occasion d'une réunion organisée sur ce thème avant les vacances sur les menaces de diminution de la subvention contractuelle. J'ai bien compris les motifs qui présideraient à cette tendance afin de faire réaliser de substantielles économies à la Ville de Paris. Cela, je ne peux l'accepter. Les Caisses des écoles sont des structures de proximité au service des Parisiens, et il serait grave d'entraver leur mission sociale et de solidarité.
Je rappelle que les caisses aident au départ en séjour en vacances d'été, précisément ceux qui n'ont pas pu bénéficier de vacances Arc en Ciel dont les places diminuent d'ailleurs d'année en année. Les efforts faits par les caisses représentent un coût important pour permettre à des enfants et adolescents parmi les plus défavorisés de partir. Qu'en sera-t-il demain si un mauvais coup est porté ? C'est un sujet très important et qui mérite un débat approfondi. J'attends des réponses et une concertation sérieuses en ce sens.
Voilà, Monsieur le Maire, les observations que je voulais formuler au sujet de cette rentrée.
Je voudrais conclure mon propos en évoquant la création des emplois jeunes.
La réussite de ce plan suppose la participation des collectivités locales qui sont appelées à créer plusieurs milliers d'emplois dans des secteurs très divers comprenant aussi l'éducation, le logement, la santé, la famille, les transports, l'environnement, la propreté et la sûreté.
Vous vous interrogez dans votre communication sur le rôle que pourraient jouer les aides-éducateurs, alors que vous estimez que les fonctions de surveillance et d'activités périscolaires sont déjà très largement exercées par les personnels municipaux.
Permettez-moi de vous dire que vous pourriez aussi envisager de revoir les statuts des animateurs qui sont, de fait, placés en situation de précarité. J'ai bien noté la concertation engagée avec l'Académie pour la mise en place du dispositif, mais il faudrait penser aussi à l'encadrement des jeunes, notamment dans les quartiers difficiles où l'on pourrait accueillir les enfants et adolescents dans les écoles publiques les samedis et dimanches en après-midi. Il s'agit en effet de lieux publics inutilisés le week-end. Aussi, l'ouverture des écoles en semaine, dès 7 h 30, pourrait être réalisée grâce à ce dispositif et répondrait à une demande fréquemment formulée par les parents.
La volonté du Gouvernement de faire de la question de l'emploi, et de l'emploi des jeunes en particulier, une véritable priorité implique la participation active de la Ville de Paris à cet effort national.
Je vous demande donc, Monsieur le Maire, de tout mettre en oeuvre pour permettre à Paris la réussite de ce plan. Je souhaite d'ailleurs que le Conseil de Paris soit saisi d'un débat lors d'une prochaine séance pour discuter de la meilleure application possible dans notre ville du plan AUBRY ainsi que le Président de notre groupe, M. Georges SARRE, vous l'a demandé dans un récent courrier.
Dans l'immédiat, cela signifie la diffusion dans toutes les mairies d'arrondissement des informations relatives aux conditions d'accès des emplois jeunes créés, en particulier à l'Académie de Paris.
Je vous remercie de votre attention.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. OGÉ.
M. Yves OGÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je souhaite vous exprimer, au nom du groupe " Paris-Libertés ", notre avis sur les éléments dont nous avons connaissance concernant la rentrée scolaire de 1997. Vous ne serez pas étonnés que je me félicite que celle-ci se soit effectuée dans des conditions générales satisfaisantes. Si ces conditions ont été bonnes, nous le devons incontestablement aux efforts budgétaires consentis par la Ville depuis plus de quinze ans et à l'attention toute particulière que vous avez eue, Monsieur le Maire, avec votre adjoint Claude GOASGUEN, sur les problèmes liés à la vie scolaire et éducative pour les jeunes Parisiens depuis le début de votre mandature.
Je pense plus particulièrement cette année encore, aux efforts de la Ville en direction de la mission première représentée par le premier degré ; ce sont dans les écoles maternelles et élémentaires, les efforts financiers consentis dans des dépenses de sécurité, de rénovation, de modernisation et aussi pour les nouvelles constructions - celles-ci permettront de faire face aux évolutions démographiques de la population et aux mouvements de celle-ci d'un secteur à l'autre. A ce sujet, la construction d'écoles polyvalentes permettant, en fonction de l'évolution des effectifs, une plus grande souplesse d'affectation de locaux entre le secteur maternel et élémentaire, me semble une très bonne initiative.
Concernant cette rentrée scolaire à Paris, nous ne pouvons comme vous que regretter les difficultés matérielles rencontrées dans 6 ou 7 écoles sur les 642 établissements du 1er degré, difficultés engendrées dans de nombreux cas par des retard dans la mise à disposition de locaux neufs.
Monsieur le Maire, mes chers Collègues, je ne souhaite pas reprendre en détail les actions et activités que la Ville met à la disposition du " monde scolaire " -enseignants et élèves- ce qui compte, c'est la capacité et la ténacité que vous, votre adjoint et l'administration placée sous votre responsabilité, mettez à favoriser les moyens mis à la disposition de l'enseignement à Paris.
Or la rentrée scolaire n'est pas uniquement une rentrée " matérielle " pour les 138.000 élèves du 1er degré, avec son nombre de classes, ses effectifs, ses pourcentages et ses quotas ! Elle se doit aussi d'être la rentrée d'enfants ou d'adolescents, des Parisiens de demain, qui ont de plus en plus besoin, dans le contexte d'une ville magnifique mais aux côtés parfois inhumains, d'un accompagnement vers les responsabilités futures de la vie et cette ouverture à la vie en groupe, à la vie en société, elle peut se faire, elle doit se pratiquer dans le cadre de l'école et du collège grâce aux nombreuses activités et actions proposées par la Ville.
Ce qui caractérise, en effet, la politique de la Ville en matière d'affaires scolaires, c'est que la Municipalité ne se contente pas d'assumer sa stricte responsabilité légale, elle apporte un plus incontestable aux petits Parisiens dans le cadre de ses actions spécifiques et j'évoque plus spécialement les 850 professeurs de la Ville de Paris et le domaine du périscolaire. Savez-vous, mes chers collègues, qu'il y a six ans, il y avait 20 bibliothèques-centres de documentation dans les écoles, Il y en a 312 aujourd'hui ! Quel formidable outil d'éveil et d'ouverture à la lecture mis à la disposition des enseignants ! Quelle magnifique arme pour lutter contre l'illettrisme et, par la suite, l'exclusion sociale.
Permettez-moi à ce propos, de rendre un hommage particulier aux enseignants de Paris qui ont très bien compris, dans la mise en place de ces bibliothèques où des actions du même ordre, que la Ville n'entendait pas se substituer aux enseignants, mais les aider dans leur tâche si difficile et si primordiale.
Nous nous devons, Monsieur le Maire, de poursuivre et de développer nos efforts en faveur du périscolaire qui représente un budget de 1 milliard, en continuant à former encore plus le personnel appelé à remplir ses missions auprès des enfants.
Ces activités au service des élèves représentent dans chaque école en moyenne 27 heures par semaine ! Une heure de plus que les heures d'enseignement.
Au nom du groupe " Paris-Libertés ", je souhaite remercier les 11.500 professeurs, animateurs, vacataires qui sont au service de la Ville pour le bon travail éducatif effectué par eux.
Vous avez raison, Monsieur le Maire, d'être attentif à la mise en place des jeunes aides-éducateurs recrutés par l'Etat. Nous souhaitons que de nombreux jeunes soient affectés aux écoles et collèges de Paris, mais il ne peut être question qu'ils remplacent le personnel d'animation de la Ville qui est parfaitement à sa place et dans des emplois stables. Les activités diverses évoquées par vous, Monsieur le Maire, pour ces aides-éducateurs ne manqueront pas, dans le domaine de l'aide aux devoirs, de l'accompagnement ou de la sécurité.
L'autre caractéristique de la politique scolaire de la Ville, c'est sa capacité à innover. J'en prends pour preuve " l'action Collégiens " créée il y a quelques années, consistant en la mise en place, dans des collèges situés dans des secteurs sensibles, d'animateurs spécialisés pour aider à transformer les temps libres souvent temps d'activités néfastes en période d'information de jeunes ou de sports. Il faut développer ce type d'actions qui donnent de très bons résultats dans les collèges où agissent les animateurs.
La capacité d'innover, c'est aujourd'hui la poursuite de la mise en place et la modernisation du matériel informatique. C'est également aujourd'hui l'entrée dans le réseau Internet pour 15 écoles, et dans les mois à venir, pour toutes les écoles équipées pour avoir accès au réseau ; aller vers les techniques nouvelles, c'est aussi le Centre Paris-Informatique où plus de 4.000 élèves ou enfants sont passés cette année.
Pour conclure, nous souhaitons, au groupe " Paris-Libertés ", que pour toutes ces actions, tant sur le plan de la construction ou de la modernisation des locaux scolaires que sur le développement des actions éducatives, notre municipalité soit à la hauteur de sa tâche et de ses responsabilités, que le budget relatif à ces dépenses soit préservé ou, si nécessaire, la répartition par poste révisé afin de conforter la partie formation de l'enfant et de l'adolescent qui, pour nous, est une priorité.
Enfin, je ne doute pas qu'après les obligatoires mises au point et ajustements inhérents à tout début d'année scolaire et sous réserve que le Ministre de l'Education nationale puisse assumer sa responsabilité vis-à-vis des postes à pourvoir, les écoliers parisiens puissent passer une bonne année scolaire 1997/1998.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, mon cher collègue.
La parole est à M. VION.
M. Michel VION. - Merci.
Monsieur le Maire, si cette rentrée scolaire s'est passée dans des conditions moins mauvaises que celles des années précédentes, cela ne justifie pas l'autosatisfaction qui s'affiche dans votre communication.
Plusieurs ouvertures de classes ou confirmations d'ouvertures ont été obtenues, notamment dans le 15e et le 18e arrondissements mais ceci grâce à la mobilisation des parents d'élèves.
L'augmentation des allocations de rentrée, les mesures de gratuité dans les cantines scolaires mises en place par le gouvernement pour les familles en grandes difficultés sont d'autres points positifs de cette rentrée scolaire.
Cependant, la situation, à Paris, reste préoccupante sur bien des aspects, que ce soit celui des effectifs ou celui des conditions d'accueil dont la responsabilité incombe largement à la Ville. A bien des niveaux, la Ville devrait avoir une politique beaucoup plus ambitieuse que ce qui transparaît dans cette communication et ne pas subordonner ses initiatives à celles du rectorat ou du ministère.
En maternelle, tout en notant la disparition de cinq classes, vous vous déclarez satisfait de cette rentrée.
Vous oubliez l'école de Romainville, dans le 19e, tellement surchargée que vous avez tenté de transférer sans succès une partie des enfants sur une école de l'autre côté du périphérique.
Vous oubliez aussi les préfabriqués installés d'urgence à la Goutte-d'Or alors que vous aviez été averti de l'insuffisance des locaux depuis plusieurs mois par les parents et les élus.
Ce n'est pas en passant sous silence les problèmes qui ont subsisté en cette rentrée que nous pourrons éviter que de tels cas se reproduisent. Il convient d'en tirer les conséquences. Une école manque dans le secteur Romainville. L'école de la Goutte-d'Or doit être reconstruite d'urgence pour ne reprendre que ces deux exemples.
Et puis, il reste le problème des 2-3 ans que vous vous refusez à traiter efficacement.
Cela a été rappelé tout à l'heure, Paris reste avec 3 % d'enfants scolarisés dans cette tranche d'âge alors que la moyenne nationale est de 28 %.
L'existence de la classe expérimentale de l'école Maryse Hilsz ne saurait suffire à évacuer la question : ce sont quelques 180 nouvelles classes de maternelles qu'il faudrait construire à Paris pour rejoindre la moyenne nationale.
Quant à la prétendue abondance de crèches et garderies qui pallierait au problème, chacun sait à quoi s'en tenir. Maintenir dans ces structures des enfants de trois ans révolus, c'est déjà entraver gravement leur évolution sociale, mais cela provoque également des attentes inadmissibles au niveau des nouvelles entrées en crèche.
Il faut que chaque enfant, dès ses trois ans, puisse être scolarisé en maternelle. Mais, pour cela, encore faudrait-il correctement évaluer les besoins, encore faudrait-il établir une liste d'attente unique et transparente des 2-3 ans sur chaque secteur.
Il apparaît déjà que les enfants qui auront trois ans avant le premier janvier prochain n'ont pu être tous scolarisés. Mais le problème risque d'être encore plus grave. La hauteur des effectifs actuels laisse planer un doute sur leur accueil en janvier au moment de la rentrée intermédiaire. L'an dernier, vous avez pris pourtant l'engagement de scolariser en janvier les enfants atteignant leurs trois ans pendant le premier trimestre civil. Confirmez-vous ce dispositif pour cette année scolaire ?
Quant aux Z.E.P., comment pouvez-vous affirmer que l'objectif de 25 élèves par classe est atteint ? Vous vous basez sur l'effectif moyen, sans évaluer ce que cela peut signifier au niveau local.
Dans les écoles élémentaires aussi, de nombreuses classes sont surchargées, ce qui augure mal de l'accueil d'élèves supplémentaires lors des prochaines livraisons de logements.
Et puis, il subsiste des questions urgentes à régler, comme la scolarisation de ces enfants dont les familles, expulsées d'un immeuble insalubre, campent dans la cour de l'ancienne gare de Reuilly.
Vous citez les perturbations causées par le retard de livraison de l'école Paris Rive Gauche, mais vous oubliez bien d'autres problèmes, comme l'installation de classes dans des lieux d'activités artistiques ou autres, comme les nombreux retards constatés dans la livraison de matériels, de livres et d'équipement.
De nombreux retards de travaux perturbent ainsi le bon fonctionnement des écoles. Retards dans les constructions, dans les rénovations ou dans le simple entretien. C'est ainsi que les enfants de l'école Prévoyance, dans le 19e, ne disposent plus aujourd'hui de cour de récréation.
Il faut dire que les investissements pour travaux de réparation sont en baisse régulière : ils sont passés de 165 à 100 millions de francs entre 1995 et 1996.
Cette baisse de moyens peut avoir de graves conséquences sur la santé et la sécurité des élèves et des personnels. C'est une des raisons pour lesquelles nous nous associons aux fédérations de parents qui demandent la mise en place d'un comité d'hygiène et de sécurité des écoles pouvant être saisi par tous les acteurs de la vie scolaire.
Il est en effet nécessaire que, sur ces questions de santé et de sécurité, les intéressés soient pleinement informés et puissent agir rapidement.
Dans le secondaire, la situation est encore plus grave du point de vue des effectifs. Beaucoup de sixièmes dépassent 35 élèves, de nombreuses secondes sont à plus de 40. Des enseignants n'étaient pas nommés à la rentrée et il existe de graves manques en personnels A.T.O.S. Des élèves de sixième n'avaient pas d'affectation trois semaines après la rentrée. La Ville se doit d'intervenir auprès de l'Académie pour que ces problèmes soient réglés et ne se reproduisent pas.
Mais au-delà, la Ville doit tenir ses engagements en matière de constructions. Dans le 18e arrondissement, la construction du collège de la Chapelle correspond à un besoin urgent qui ne saurait attendre l'échéance de 2001.
Il y a aussi le cas du lycée Diderot, qui ne dispose d'aucun équipement sportif. Un tel équipement pourrait prendre place sur le terrain inutilisé appartenant à l'Assistance publique jouxtant le lycée, dans le cadre d'un espace de sport et de loisir. C'est la demande de la population du quartier, des lycéens, des parents et des personnels du lycée. Nous souhaitons que la Ville et la Région cessent de se renvoyer la balle sur ce projet et qu'il se réalise.
Je veux dire un mot sur la question des tarifs de restauration. Nous souhaitons aller au plus vite vers une unification des tarifs dans les écoles de la capitale et que soit institué un tarif tenant compte du quotient familial, tant dans les écoles que dans les collèges. C'est au prix de cette équité que les cantines scolaires pourront regagner en fréquentation, avec tout ce que cela implique au niveau de la santé des élèves.
Pour finir, je note avec intérêt le développement envisagé des équipements informatiques. Tout ce qu'il faut souhaiter, c'est que cela s'accompagnera de moyens suffisants en logiciels adaptés, en formation d'enseignant, en techniciens de maintenance et en renouvellement régulier du matériel pour que ces équipements puissent devenir un outil pédagogique efficace au service des enseignants, des enfants et des élèves.
Monsieur le Maire, je vous remercie de votre attention.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je crois qu'il faut avoir un objectif, une priorité et préparer soigneusement sa mise en oeuvre, comme va le faire la Municipalité, M. GOASGUEN, moi-même et le jour où nous le ferons, cela correspondra à une réalité.
La parole est à Mme BLUMENTHAL.
Mme Michèle BLUMENTHAL. - Monsieur le Maire, chers collègues, la rentrée scolaire est le moment où l'on fait le bilan de l'année écoulée et l'on annonce l'année à venir.
La rentrée s'est bien passée grâce aux mesures prises par le gouvernement.
Vous ne pouvez pas me contredire : les occupations d'écoles, nombreuses à la rentrée 1995, notables en 1996, ont quasiment disparu en 1997.
Pourtant, la carte scolaire présentée au Comité départemental de l'éducation nationale, le 28 février 1997, laissait de nombreux blocages, fermetures et ouvertures réservées, en dépit des remarques faites par les parents, les enseignants et les élus de gauche.
Ces décisions avaient suscité des inquiétudes qui ont été partiellement levées lors de la réunion du groupe de travail paritaire du 21 juin.
Pour la première fois depuis des années, les responsables du rectorat de Paris n'ont pu mettre sous le coude des postes pouvant être débloqués au cas où, après la rentrée, la fronde des parents deviendrait une menace tangible.
Cette année, grâce à l'action du Gouvernement, le groupe technique paritaire s'est réuni le 1er septembre avant la rentrée, permettant ainsi l'ouverture de 20 classes avec des possibilités de réajustement.
Le rectorat a donc révisé à la demande du Ministère de l'Education nationale la carte scolaire qu'il défendait mordicus quelques mois plus tôt.
L'autre mesure qui a rendu la rentrée des classes plus facile aux familles a été le triplement de l'aide de rentrée, aide qui avait été diminuée de manière drastique par le Gouvernement précédent. Mais si les classes ont été ouvertes, si chacun a trouvé une place, la réalité c'est aujourd'hui que Paris a épuisé toutes les possibilités de locaux scolaires existants. Les années précédentes, pour pallier le manque de places, vous aviez reconverti en classes des locaux comme les bibliothèques, les salles de dessin, les dortoirs que l'on peut qualifier de centres de vie. Aujourd'hui, il ne reste plus rien à convertir. Comment pourrez-vous assurer l'an prochain la montée pédagogique alors qu'on est, à l'heure actuelle, au bout des capacités d'accueil et même au delà si l'on considère que l'école ne se résume pas aux seules salles de classe ?
Un exemple : dans le 18e, toutes les écoles situées en Z.E.P. sont au maximum de leurs possibilités. Toutes les ouvertures récentes faites et les structures ne peuvent plus suivre.
Votre politique de mise en place des Z.A.C. ne comportait pas suffisamment de constructions d'écoles, constructions qui auraient pu éviter la formation de groupes scolaires trop importants.
Nous constatons de plus que ce que vous avez fait pour les écoles élémentaires et maternelles, vous êtes en train de le faire pour les collèges. Il en manque entre autres dans le 18e, dans le 12e, dans le 19e et il ne faut pas une extension mais une construction pour 1999.
Vous annonciez en 1988 la construction d'un nouveau collège par an. Cependant, on constate que Paris, qui avait 108 collèges en 1994 n'en compte que 109 trois ans plus tard. Il est temps d'intensifier la construction véritable et non celle de préfabriqués, fussent-ils de qualité comme ceux de l'école de la rue Lamé ou de la rue de Torcy.
Vous annoncez dans Interlignes de juin 1997 que la rentrée scolaire 96 a été satisfaisante alors que l'écart constaté entre la prévision et les besoins réels est de 25 %. Pourtant, chaque année, nous dénonçons les sous-estimations systématiques de vos prévisions.
D'ailleurs, ces prévisions, vous ne les respectez même pas puisque, toujours dans Interlignes, on peut lire que vous avez déjà pris du retard, que les résultats 1996 sont inférieurs à vos objectifs. Quant aux créations de capacités d'accueil nouvelles, votre objectif n'a été atteint qu'à 73 %.
Le retard que vous prenez, non seulement vous aurez du mal à le combler, mais pire, il risque de s'amplifier année après année.
Pour le quartier de Bercy, les créations dont nous entendons parler depuis plus d'un an se sont traduites par une école de huit classes devenue une école où seulement deux classes avaient été ouvertes dont une à quatre niveaux. Heureusement, l'effort du gouvernement a permis l'ouverture de la troisième classe.
Dans la Z.A.C. de la Porte d'Aubervilliers, les classes prévues risquent de devenir insuffisantes en nombre, puisque seulement 60 % des logements sociaux ont été livrés à ce jour.
Vous ne vous intéressez aux problèmes que lorsqu'ils sont apparus. Pourtant, on relit, de communication en communication, les mêmes ouvertures d'école. Vous arrivez à en parler trois fois : lors de l'annonce de la création, lors de l'ouverture puis lorsqu'elles sont opérationnelles. A quand l'inauguration des écoles classe par classe ?
En ce qui concerne la sécurité, vous êtes contents d'annoncer que 222 écoles sur 678 ont été contrôlées. Heureusement que les enfants de l'école de la rue des Epinettes dans le 17e n'étaient pas présents quand le plafond s'est effondré !
Dans cette communication, vous mettez l'accent sur la sécurité dans les collèges et les lycées municipaux. Pourtant, vous ne faites qu'appliquer la loi puisque vous y entreprenez des travaux qui auraient dû être effectués avant le 1er janvier 1997.
Si la rentrée scolaire à Paris a été un bon cru, pour ce qui concerne la carte scolaire, les domaines qui sont de la compétence de la Mairie ont montré certains dysfonctionnements.
Par exemple, dans le 12e, à l'école de la rue Bignon, il manquait, le jour de la rentrée des tables et des chaises, bien que le matériel ait été commandé en temps et en heure. Est-ce encore un malheureux concours de circonstances qui a fait que l'école dite du marché dans le 12e n'avait pas le téléphone le jour de la rentrée ?
Souvent, les travaux de réparations demandés attendent plusieurs mois avant d'être commencés et sont inachevés au moment de la rentrée. Comment peut-on justifier, par exemple, dans le 11e, que la reconstruction du réfectoire n'ait pas été terminée à temps au groupe scolaire Saint-Sébastien-Baudin ? Aussi, la Commission de sécurité n'a pu donner son feu vert pour l'utilisation du réfectoire. Pourquoi avoir tardé à donner les ordres d'exécution ?
Dans le 12e, au collège Arago, la température a atteint 40 degrés dans certaines classes. Les climatiser coûtera plus cher que l'économie réalisée sur la qualité des vitrages lors de la reconstruction.
Dans le même ordre d'idée, le self de la rue Bignon a été plus ou moins bâclé : peintures mal faites, carrelages mal posés, du travail qui n'est pas fait pour durer. Dans le 20e, c'est ici la moitié d'un mur qui est repeint, là des tuyaux d'extraction d'air au milieu d'un réfectoire.
Vous avez, dans vos choix, privilégié les façades plutôt que l'intérieur. Est-ce parce que cela se voit de la rue, contrairement au délabrement interne : peintures écaillées, fuites d'eaux, sanitaires en piteux état qui ne gênent que les enfants ?
Le budget que la Ville consacre aux réparations a diminué de 100 millions sur deux ans.
En fait, votre politique dans le domaine scolaire c'est " beaucoup de bruit pour rien " ! Vous avez fait un grand battage sur la construction des écoles et des collèges, sur l'aménagement du temps scolaire, sur la scolarisation des jeunes enfants. Vous avez multiplié les effets d'annonce mais tout est très vite retombé, sans qu'il y ait eu le moindre compte rendu des expériences que vous avez entreprises. La transparence n'est pas de mise à Paris.
Pour la scolarisation des enfants de moins de trois ans, c'est un problème récurrent. Tous les ans, nous constatons que Paris est la ville de France qui scolarise le moins les jeunes enfants puisque vous avez scolarisé moins de 10 % de deux trois ans alors que la moyenne nationale est de plus de 35 %. Faut-il encore rappeler que la scolarisation précoce est le meilleur gage d'intégration pour tous ceux qui ne bénéficient pas d'un soutien familial favorable et qu'à Paris près de 30 % des établissements sont classés en Z.E.P. ?
Le nombre d'enfants scolarisés de moins de trois ans diminue : 3.602 en 1992, 1.404 l'an dernier. Quoi que vous puissiez dire, vous savez très bien que la demande est largement supérieure à l'offre. Pour vous, ce faible nombre est le résultat de la baisse de la demande. En fait, il est probablement dû au découragement des parents devant la carence d'offre dans le secteur public.
Dans certaines mairies, on refuse d'inscrire les enfants quand on ne les renvoie pas tout simplement vers les établissements privés. Combien d'enfants sont maintenus en crèche faute de place en maternelle ?
Toujours sur le même sujet, qu'en est-il de l'expérience qui a été mise en place à l'école Maryse-Hilz ? Peut-on se limiter à une seule expérience, pour seulement une vingtaine d'enfants ?
Dans ce domaine comme dans d'autres, passez enfin de l'expérimentation qui n'engage à rien, à la mise en place !
Pour ce qui est obligatoire, la Ville est déjà défaillante mais elle l'est aussi dans le périscolaire. On a appris que le prix des repas dans les cantines de la capitale n'augmenterait pas à la rentrée des classes mais qu'en sera-t-il plus tard ? Nous avions souligné l'an dernier les difficultés que pouvaient avoir certaines familles à payer la cantine alors que de nombreux enfants viennent à l'école à jeun, ce qui rend le déjeuner encore plus indispensable.
Enfin, certaines caisses des écoles exigent encore pour que les enfants soient inscrits à la cantine une attestation de travail des deux parents. Cela, et c'est le moins que l'on puisse dire, ne favorise pas les enfants des familles où un parent, voire les deux sont sans emploi et sont, de fait, parmi les plus démunies.
Par ailleurs, les caisses des écoles reçoivent depuis 1996 leur subvention avec un an de retard. Enfin, la subvention globale de la Ville aux caisses des écoles baisse fortement quand les besoins augmentent.
La Ville affirme tirer un bilan satisfaisant de l'aménagement du temps scolaire mais le premier prétexte venu est bon pour le supprimer ! Là encore, on n'entend parler que d'expérimentation mais jamais un bilan n'est publié. Vous lancez une grande opération puis cela retombe. Est-ce le coût qui fait que cela reste une expérimentation ?
Il faut donc en revenir à la véritable question : quel est le prix que la Ville de Paris veut bien mettre pour l'école ? Quelle valeur accorde-t-elle à l'école publique ? Le budget étant l'expression concrète de la volonté politique, chacun peut constater que le budget consacré aux affaires scolaires diminue tous les ans, ce que nous dénoncions en mars lors du vote du budget. La ville est passée, pour l'investissement, de 358 millions de francs en 1995 à 290 en 1997.
Quant au Département, le budget est passé de 408 millions de francs à 312. Pour les Z.E.P., le budget alloué diminue de près de 30 %.
Peut-être défendez-vous le principe de l'égalité, donner la même chose à chaque enfant. Quant à nous, nous défendons l'équité, c'est à dire donner plus à ceux qui ont moins pour rétablir l'égalité des chances.
Vous pouvez répartir différemment vos ressources, vos subventions. Le choix de la diminution constante des budgets du scolaire et du périscolaire est un choix politique. Et en plus, les retards pris dans l'exécution des budgets, retards croissants que nous dénonçons inlassablement, provoquent des décalages dommageables au bon fonctionnement des établissements parisiens.
Pour conclure, la Ville de Paris va-t-elle se montrer pionnière dans la mise en place des emplois jeunes ? Va-t-elle se montrer créative ? Va-t-elle partir de la demande, recenser les besoins qui ne sont satisfaits par aucun métier, créer des emplois qui pourront être pérennisés dans cinq ans ?
Ce ne sont pas les emplois jeunes qui doivent être une source d'inquiétude pour les animateurs, c'est l'attitude de la Mairie qui ne doit pas être ambiguë. Elle ne doit pas se laisser tenter par une solution de facilité qui lui ferait faire des économies en substituant des emplois jeunes aux animateurs.
N'oublions pas que c'est vous qui avez imposé, en 1992, le temps partiel aux animateurs de la Ville de Paris. C'était votre choix politique et les enfants ont été les premiers à en faire les frais.
Par ailleurs, la Ville n'a pas à se limiter à un seul domaine ; elle peut mettre en place des emplois en signant directement des contrats avec l'Etat dans des domaines tels que la prévention, la santé.
Quant au nombre d'emplois jeunes, on ne peut à la fois crier haro sur leur mise en place en votant contre et en même temps déplorer leur petit nombre sur Paris.
Nous voulons croire que c'est un dysfonctionnement des services et non des préoccupations politiciennes qui ont été à l'origine de la note enjoignant aux mairies de ne pas diffuser l'information relative aux emplois jeunes.
Cette fois-ci, la rentrée a été bonne mais une année scolaire n'est pas qu'une rentrée. La liste des problèmes que l'on peut imaginer fait qu'on est face à une bombe à retardement.
Quant à nous, nous serons exigeants à l'égard de la Ville, nous accompagnerons le Gouvernement dans ses actions mais nous resterons vigilants pour Paris et les Parisiens.
Je vous remercie de votre attention.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. M. GOASGUEN répondra. Cela étant, je suis un peu stupéfait par ces critiques négatives concernant la politique de la Ville en matière scolaire, politique qui a toujours été reconnue comme exemplaire dans toute la France !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").

La parole est à M. BORDET.
M. Xavier-Marie BORDET. - Vous l'avez souligné dans votre communication, Monsieur le Maire, la Ville a tenu tous ses engagements pour la rentrée scolaire et au-delà.
Le contrat pour l'école nous oblige en quelques années à baisser les normes d'accueil des élèves dans le primaire. C'était un défi ! Beaucoup avaient prédit que la Ville ne pouvait le relever et honorer les délais. D'ailleurs, Mme BLUMENTHAL joue à nouveau les prophètes de malheur.
Sous l'autorité de votre adjoint, j'avais moi-même reçu il y a deux ans beaucoup de maires d'arrondissement pour une concertation sur les nouvelles structures d'accueil nécessaires à ce contrat pour l'école et sur les constructions et aménagements qui en découlaient.
Je rappelle qu'à l'époque, M. FERRAND avait prédit le pire. L'objectif était élevé. Au bout du compte, cet objectif, nous l'avons tenu. Monsieur le Maire, vous vous êtes engagé et vous avez tenu.
Avec les autres objectifs sur la sécurité, particulièrement dans les établissements techniques et les ateliers technologiques, avec les professeurs de la Ville en éducation physique, artistique et musicale, avec les salles spécialisées, les salles audiovisuelles, les salles informatiques, tous ces plus qu'offrent les écoles parisiennes par rapport aux autres communes, cette rentrée est pour la Ville réussie.
Au nom des petits Parisiens, de leurs parents et des enseignants, je voulais rendre hommage à tous les services qui ont contribué à cette réussite et à vous même, Monsieur le Maire.
La réussite du système d'enseignement parisien est un des atouts majeurs de la Capitale, Madame BLUMENTHAL, et ce dès ses premiers échelons. Cette réussite, les Parisiens y sont très attachés ; c'est un lien avec leur Ville, un des plus forts. Ils sont fiers et contents que leurs enfants fassent leurs études à Paris.
Ce n'est pas le cas dans toutes les communes de France !
C'est pourquoi je suis au regret, avec les parents d'élèves, de devoir attirer votre attention, Monsieur le Maire, mes chers collègues, en présentant ce bilan de la rentrée sur certains dérapages dus à un excès de centralisation des services de l'Académie.
Ainsi de trop nombreux élèves de collège ou de lycée n'avaient pas d'affectation ou une affectation très éloignée de leur voeu le jour de la rentrée et même plusieurs jours après. Or, les premiers jours sont très importants.
C'est là que sont donnés les consignes, les objectifs pédagogiques, les emplois du temps, les fournitures, la liste des manuels. Rater ces premiers jours, c'est avoir un handicap lourd à remonter.
J'ai entendu dans les médias le chiffre de 1.000 élèves de terminale non affectés ; qu'en a-t-il été exactement ? Le " zéro défaut " du Ministre, c'est un objectif que nous partageons, mais que n'a-t-il été appliqué à Paris ?
J'ai l'exemple d'un élève entrant en 6e. Ses parents ont remis son dossier le 20 juin aux services de l'Académie. Il a été affecté le 27 septembre. Il a donc raté 17 jours ! Ce n'est pas admissible !
Ces ratés sont particulièrement fréquents pour les élèves sortant de B.E.P. et qui souhaitent poursuivre leurs études. Certains cherchent un établissement ou une formation encore à ce jour.
Nous vous demandons d'intervenir auprès des services de l'Académie pour que ces dysfonctionnements ne se reproduisent pas.
Mais pour les médias, l'affaire de cette rentrée scolaire, le grand changement, ce sont les emplois-jeunes. On en parle, on en parle, la rentrée s'est faite sans eux, et pour cause, ils n'existent pas encore légalement. Qu'à cela ne tienne, on recrute. Des milliers de dossiers, des files d'attente à Paris, moins en banlieue, l'Administration s'attelle à ce que dès le 15 octobre, tout soit prêt.
Cette fébrilité nous empêchera-t-elle de poser quelques questions ?
Pourquoi tant d'emplois-jeunes dans les écoles primaires et si peu en collège alors que les problèmes des collèges sont plus importants ?
Pourquoi plusieurs milliers d'emplois pour l'Académie de Créteil et 500 à Paris ?
Y aura-t-il une prime au chômage alors que certains jeunes, pour ne pas rester inactifs et pour survivre, avaient accepté des contrats-emploi-solidarité ou d'autres formations ?
Ne doivent-ils pas être prioritaires ? Quelle formation pour ces jeunes placés précisément là où le système a presque toujours trébuché : dans les technologies nouvelles, l'éducation, la prévention ? N'est-ce pas les envoyer à l'abattoir entre les jeunes, d'une part, les enseignants, de l'autre, avec un statut privé, des horaires sans comparaison dans l'enseignement. Bref, est-ce en ajoutant une cinquième patte au mammouth qu'il courra plus vite ?
Ces questions méritent débat, méritent des réponses claires en faveur des jeunes et du système éducatif.
Un autre point mérite que l'on s'y arrête : la sécurité des petits Parisiens : un problème douloureusement vécu pour beaucoup d'entre eux. Les phénomènes de petit racket, dépouille, petite et grande violence dans et aux abords des établissements scolaires sont trop nombreux. Trop de jeunes vont à l'école avec la peur au ventre. Ce n'est pas admissible ! Pour étudier, pour vivre tout simplement, les enfants, les jeunes ont besoin de sérénité.
Tous les adultes doivent concourir à cette sérénité quelle que soit par ailleurs leur mission. C'est un problème dont on doit se saisir à tous les niveaux.
En relation avec ces questions et les contrats jeunes, je voudrais, Monsieur le Maire, insister sur les expériences de " l'action Collégiens " que vous avez mise en place dans plus de 10 collèges depuis quelques années.
Des assistants éducatifs recrutés sur profil, formés en permanence, débriefés et rebriefés chaque semaine, s'occupent dans chaque collège prioritairement des élèves en inappétence scolaire ou en voie de désocialisation. En liaison avec les enseignants, les conseillers principaux d'éducation, les assistantes sociales, les chefs d'établissement, ils assument un lien avec les familles, avec le quartier, les associations, avec les bandes. Ils concourent à l'équilibre à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement.
Beaucoup de jeunes en collège vivent trop de ruptures, scolaire, familiale, sociale, dans leurs loisirs. Les assistants éducatifs sont là pour les aider à vivre ces ruptures et à les assumer.
Voilà une expérience positive de l'avis général, réfléchie, menée avec obstination et réflexion. C'est une réflexion dont il faut s'inspirer.
Monsieur le Maire, pour conclure, je voudrais encore une fois souligner les considérables moyens mis en oeuvre pour cette rentrée, les multiples actions que la Ville de Paris mène, seule en France, pour l'avenir de tous les petits Parisiens.
Nous vous en remercions au nom du groupe R.P.P.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme SILHOUETTE.
Melle Cécile SILHOUETTE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues. En cette rentrée 1997, un certain nombre de problèmes restent posés. Le plus grave, à mon sens, concerne l'inscription des enfants à l'école.
Vous n'êtes pas sans connaître l'hostilité du Maire du 12e quant à l'inscription de 40 enfants qui campent au seuil de la société d'économie mixte qu'il préside, la S.E.M.A.E.S.T.
Faut-il le rappeler que dès qu'un enfant reste plusieurs jours dans une commune du fait de la situation de ses parents, il doit remplir l'obligation scolaire. C'est le cas des gens du voyage, des enfants de pénichier, etc... mais ce n'est pas le cas dans le 12e parce que les parents ont été expulsés de leur domicile.
Cette situation est très dommageable pour les enfants et leur intégration dans une classe sera d'autant plus difficile pour eux, mais aussi pour les enfants des classes d'accueil.
Ces enfants doivent obligatoirement être scolarisés au plus vite car cette situation est vraiment scandaleuse. Peut-être faudrait-il considérer une fois pour toutes que les enfants ne sont pas responsables du manque de revenu, de travail et de logement de leurs parents.
Dans le 18e, avec les familles en situation similaire, les problèmes sont tout à fait différents. Ce sont celui des sureffectifs des classes et celui des enfants d'âge maternel non concernés par la loi sur l'obligation scolaire.
Peut-être faudrait-il revoir les programmes de construction puisqu'une seule école est prévue dans le 18e à l'horizon 1999. Comme cela est dit dans votre dossier, " la priorité de notre action demeure l'accueil dans des conditions de qualité optimale, de tous les jeunes Parisiens en âge d'être scolarisé ".
Malheureusement s'ajoute à cela, votre circulaire, plusieurs fois dénoncée, et toujours en application, demandant aux familles deux justificatifs de domicile au lieu d'un antérieurement, qui met toutes les familles en situation de logement précaire devant une difficulté supplémentaire quant à l'inscription de leurs enfants à l'école.
Je vous le demande une nouvelle fois, Monsieur le Maire, cette circulaire va-t-elle être enfin changée pour reprendre sa forme antérieure ?
Un certain nombre de classes n'ont pas été fermées, grâce au Gouvernement, mais M. ALLÈGRE a maintenu des fermetures de classes en Z.E.P., ce que nous regrettons vivement et un certain nombre de classes spécialisées restent menacées aujourd'hui.
Par ailleurs, nous n'avons à ce jour aucune certitude sur la présence ou non d'amiante dans les établissements scolaires.
De plus, et par ailleurs, le rapport récent de " Médecins du Monde " sur le saturnisme n'est pas très optimiste. Or, ces enfants vont aussi à l'école et vous n'êtes pas sans connaître les atteintes au système nerveux central que cette maladie induit, vouant toute scolarité aux difficultés d'apprentissage. Le relogement des familles dont les enfants sont atteints n'est pas encore malheureusement à ce jour une vraie priorité de la Ville.
Pour le reste, votre communication est, comme d'habitude, pleine d'optimisme et de satisfaction, ce qui est nécessaire et justifié par un certain nombre de réalisations, dont la construction de 6 écoles et l'ouverture de 46 nouvelles classes.
Mais je voudrais cependant vous interroger sur un certain nombre de points qui figurent dans ce rapport et qui apparaissent contradictoires avec vos précédentes communications de 1995 et 1996.
Vous rappelez, page 2, l'expérimentation menée à l'école Maryse-Hilrz pour la scolarisation des moins de 3 ans. L'an passé, il était question de 30 enfants, cette année on ne parle plus que de 20 enfants, que s'est-il passé ?
Comme l'ont rappelé mes collègues, la scolarisation des deux-trois ans, n'est pas résolue à Paris, puisque cette ville reste lanterne rouge pour cette classe d'âge. Combien sont aujourd'hui en liste d'attente ?
La communication de la rentrée 1996 annonçait 17 nouvelles écoles, 27 opérations d'extension et d'aménagement en 3 ans, soit 213 classes. Cette année, 6 écoles ont été construites, dont l'une n'ouvrira qu'en décembre, soit 42 classes et 4 opérations d'extension ont été réalisées, soit 4 classes.
Or, en page 3 de votre rapport, vous indiquez l'ouverture de 79 classes, ce qui n'est pas tout à fait juste, et en tout cas indépendant de votre politique, puisque les 33 classes supplémentaires sont liées à des fermetures de classes dans les écoles existantes.
De plus, vous prévoyez la construction de 10 écoles en 1998 et 1999, soit un total de 16 écoles qui auront été construites entre 1996 et 1999.
Or, notre programme de construction développé l'an passé faisait état de la construction de 17 écoles et l'ouverture de 213 classes. Il manque donc une école à votre programme. 204 places par constructions et extensions d'écoles seront ouvertes entre 1996 et 1999. Vous en prévoyiez 213 l'an dernier sur les mêmes années. A quoi donc sont dus ces changements ?
Page 6, vous insistez sur l'action éducative municipale liée à " un dispositif exceptionnel par son importance et sa diversité ". En 1996, vous faisiez état d'une expérimentation sur les rythmes scolaires devant être menée à partir de janvier 1997 sur 3 écoles des 13e, 16e et 18e arrondissements. Plus un mot aujourd'hui alors que vous nous aviez assurés que cette expérimentation donnerait lieu à évaluation. Où en est-on ?
Comme en 1995 et 1996, 850 professeurs de la Ville de Paris travaillent dans les écoles. Nous nous en réjouissons, mais nous tenons à signaler que ce nombre n'a pas augmenté malgré la construction de nouvelles écoles.
Vous indiquez le succès des ateliers bleus et leur fréquentation par 25.000 enfants. Ces ateliers bleus sont effectivement très populaires et la demande des familles est toujours importante dans les écoles. Malheureusement, l'an passé 30.000 enfants les fréquentaient. Il y a donc eu baisse de l'offre faite aux familles.
Pour les vacances d'été, là aussi, les résultats sont plus contrastés que ce que vous nous en dites. Si l'on se reporte aux communications de 1995 et 1996, l'offre est restée stable pour les centres de loisirs d'été, pour les sorties en bases de loisirs, mais elle est passée de 7.580 places dans les espaces verts de la région parisienne à 7.500 places. Les " voyages autour de Paris " concernaient l'an passé 700 adolescents contre 600 cette année. De même les vacances " Arc-en-Ciel " ont permis cette année à 8.000 enfants de partir contre 8.500 en 1996 et 10.000 en 1995. Auparavant, ces séjours accueillaient les enfants de 3 à 14 ans, maintenant ils doivent avoir au moins 4 ans. Bref, il y a une diminution de l'offre pour les vacances d'été.
Plus inquiétant est le silence de votre communication sur le " dispositif de prévention et de protection dans une approche de santé globale ", je cite la phrase du rapport de 1995. En ces temps là, vous souligniez l'effort du Département en matière de prévention et de santé par la présence de 80 médecins scolaires, de 6 infirmières, de 80 secrétaires médico-sociales et de 156 assistantes sociales. Ces chiffres étaient déjà ridiculement bas à l'époque, aujourd'hui ils ne sont même plus cités. Pourrait-on connaître le nombre actuel de ces personnels catégorie par catégorie ?
Nous nous réjouissons de l'application qui n'allait pas de soi, on l'a vu, des textes réglementaires pour la mise en sécurité des équipements et installations électriques des lycées municipaux d'enseignement industriel et des écoles d'art.
Concernant les équipements informatiques, comme le veut le Premier Ministre, nous passerons à Internet d'ici à peu, et M. GOASGUEN souhaite permettre que les écoles élémentaires y soient reliées.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous demande de conclure.
Melle Cécile SILHOUETTE. - J'ai fini.
L'équipement informatique des écoles est à ce jour plutôt obsolète, et bien peu disposent d'un équipement multimédia. Pourtant, certaines pourront être reliées à Internet : pourrions-nous les connaître ? A l'heure où les écoles ne sont pas encore équipées de fax et que, d'après vos chiffres, 35 élèves peuvent travailler sur un seul ordinateur, les exceptions méritent d'être soulignées.
Enfin, vous soulignez la nécessaire clarification du rôle des aides-éducateurs. Nous sommes convaincus que ces emplois-jeunes ne devront en aucun cas remplacer les personnels de la Ville qui oeuvrent avec professionnalisme. Ceux-ci méritent effectivement que leurs compétences soient reconnues, y compris par des conditions de travail et de rémunération convenables. Les emplois-jeunes, recrutés par l'Education nationale, doivent être employés durant les heures scolaires, où leur présence et leur collaboration correspond à des besoins maintes fois exprimés par les enseignants.
Placés sous la responsabilité pédagogique des équipes enseignantes, ils ne peuvent assurer des fonctions ne relevant pas de l'Education nationale mais de la Ville. Créés pour répondre à une demande d'emploi, ils ne peuvent servir à en supprimer ou précariser d'autres. Les enseignants seront vigilants, tout comme notre Assemblée municipale, et exigeants, pour que ces emplois ne deviennent pas des sous-emplois, mais de vrais emplois.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Très bien.
Merci, Madame. M. GOASGUEN a la parole.
M. Claude GOASGUEN, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Beaucoup de questions et beaucoup de remarques. Je vais essayer d'y répondre ; que les intervenants m'excusent si j'en ai oublié quelques-unes, mais je suis, bien entendu, à leur disposition tant par écrit que dans les réponses directes.
Je voudrais dire, Monsieur le Maire, et vous l'avez très bien dit, que la rentrée - sans triomphalisme - comme celle de l'an dernier s'est bien passée. Elle s'est bien passée et la presse qui est très attentive, à juste titre, aux questions de rentrée, ne s'y est pas trompée. Nous avons rompu, je l'espère définitivement, mais j'y reviendrai, avec ce spectacle souvent difficile des parents qui en maternelle ne trouvent pas de place pour leur enfant.
La rentrée s'est bien passée, et je voudrais en remercier l'Académie qui a mis à la disposition de la Ville de Paris, cette année comme l'année dernière, les moyens qui nous ont permis d'éviter les plus graves incidents.
Cela ne veut pas dire bien entendu qu'il n'y ait pas eu des incidents ou des difficultés. Je voudrais dire à mes collègues de l'opposition que je souhaite sincèrement, et que j'espère qu'eux aussi le souhaitent, encore qu'ils ne m'écoutent pas, notamment les plus importants d'entre eux, M. le Ministre est là...
Mme Martine DURLACH. - Comment cela les plus importants !
M. Claude GOASGUEN, adjoint, rapporteur. - Je souhaite vraiment que la rentrée de l'an prochain, celle de 1998, se passe dans d'aussi bonnes conditions. Je souhaite notamment que ceux qui donnent des leçons, même quand il n'y a vraiment pas de quoi exercer leur véhémence s'expliquent aujourd'hui sur les difficultés que je sens venir de la part de la vision gouvernementale de l'Académie de Paris, je vais y revenir avec des chiffres précis. Je voudrais donc vous dire, mes chers collègues, que cette rentrée s'est bien passée ; sans autosatisfaction, nous pouvons dire que la municipalité de Paris et l'Académie peuvent être satisfaites de la manière dont elles ont rendu en commun ce service public aux jeunes Parisiens, de la rentrée dans le primaire comme dans les collèges.
Vous savez que les lycées ne sont pas de la compétence de la Ville et par conséquent, je n'évoquerai leur cas que de manière tout à fait indirecte.
Pour répondre très précisément à chaque intervenant, je voudrais faire quelques remarques, notamment à M. FERRAND dont l'exposé était très charpenté.
D'abord pour l'autosatisfaction j'ai répondu. Ce n'est pas mon habitude de faire de l'autosatisfaction sur les rentrées, mais je connais le mécanisme éducatif. Je sais qu'une rentrée est toujours difficile et qu'on est toujours à la merci d'un accident.
Je me garderai de faire de l'autosatisfaction même s'il faut bien reconnaître que les choses se sont bien passées.
En ce qui concerne les fermetures de classes, je crains que vous n'ayez une mauvaise connaissance du dossier. En effet, en ce qui concerne Paris, je ne parle pas du schéma national, les postes qui ont été attribués l'ont été par l'Académie de Paris dès l'année dernière, et le mécanisme qu'a évoqué, avec sa véhémence coutumière, Mme BLUMENTHAL, n'aboutissait pas à fermer des classes. Il aboutissait simplement à garder des postes en réserve pour répondre à la demande en fonction des pressions qui se manifesteraient dans telle ou telle école.
La vérité consiste à dire que non seulement Paris n'a pas rouvert de classes, mais que sur le nombre qui avait été attribué l'an dernier par le Rectorat, il reste encore, à ma connaissance - et j'ai une connaissance assez précise des affaires de l'Education nationale - un ou deux postes en réserve, qui permettrait, je crois, à l'Académie, de les débloquer, si cela était nécessaire au vu de certaines circonstances un peu difficiles.
D'où ce mythe qui consiste à dire : " nous avons, par l'opération du Saint-Esprit, fait rouvrir des classes " qui vient se heurter à la réalité administrative qui veut faire que par un mécanisme administratif bien compris, l'Académie et la ville ont réussi à répondre à une demande.
On ne pouvait pas le faire au mois de février pour une raison simple : nous ne savions pas quels seraient les effectifs par classe !
Je tiens à faire remarquer aussi par la même occasion, car je voudrais tordre le cou à un canard que je vois dans la presse depuis longtemps, qu'il est faux d'attribuer au Gouvernement actuel la réouverture de 800 classes. Ce n'est pas le cas puisque 500 postes existaient déjà. Le Gouvernement a peut-être rouvert 300 classes, et encore dans des équipements ruraux.
En matière scolaire, comme ailleurs, il faut avoir le goût de la précision.
En ce qui concerne les interventions de M. FERRAND, Mme BLUMENTHAL, Mme SILHOUETTE, M. VION et d'autres sur l'entrée des enfants à l'école dès 2 ans. Ils regrettent que la Ville de Paris n'ait pas une politique à l'égard des enfants de 2 ans à la hauteur des statistiques d'autres villes.
Tout cela sert à faire des annonces politiques, mais la réalité est plus compliquée.
Je vous ai dit à plusieurs reprises que la Ville n'était pas hostile à mettre en place une politique en faveur des enfants de 2 ans à condition bien entendu que nous ayons une pédagogie différenciée ; l'école n'est pas une garderie d'enfants.
La scolarisation des enfants de 2 ans nécessite une pédagogie particulière qu'il faut étudier. Il faut également des locaux adaptés, ce qui n'est pas le cas dans de nombreuses écoles parisiennes, et dans toute la France.
Toutefois, nous nous sommes engagés - et nous avons tenu nos promesses - à faire accéder à la maternelle jusqu'au mois de février, les enfants qui auront 3 ans dans l'année et qui n'ont plus accès à la crèche ou à la halte-garderie.
Cependant, la Municipalité a mis en place une école adaptée au enfants de 2 ans. Je note, excusez-moi, et je n'ai aucun intérêt à le dire, que cette école que nous avons mise en place sur nos deniers, manque de candidatures.
Ce manque de candidatures est également dû à la baisse de la démographie, ce qui nous échappe. Je suis le premier à le regretter parce que cela a des conséquences sociales qui seront peut-être, à terme, handicapantes. La baisse des effectifs atteint près de 400 éléments.
Je ne peux pas faire une politique incitative dans une période où la démographie parisienne, dans les maternelles, a tendance à diminuer tandis que la démographie, dans l'élémentaire, a tendance à augmenter.
Là encore, il faut avoir une connaissance exacte du sujet avant de déclarer à l'emporte-pièce que la Ville de Paris est contre une politique d'accès à l'école pour les enfants de 2 ans.
Tout cela mérite d'être nuancé en particulier socialement et vous savez fort bien que je n'ai jamais manifesté d'hostilité, au contraire, dans les situations les plus difficiles. Je suis favorable à un mécanisme éducatif avec des formules nouvelles pour les enfants de 2 ans, mais ce ne doit pas être une généralité.
Il faut étudier cela au cas par cas et évaluer la demande.
En ce qui concerne les effectifs, M. FERRAND a reconnu que nous avions rempli le contrat pour l'école qui consiste à atteindre un certain effectif dans les classes. Les éléments du " contrat pour l'école " sont d'ailleurs repris par le Gouvernement actuel.
Il a posé une question qui me préoccupe et je tiens à le dire : il s'agit du problème des travaux d'urgence qui n'ont pas été terminés. Il est vrai que la Ville de Paris a souffert d'un retard sur un certain nombre de travaux d'urgence, mais vous imaginez bien que cette affaire m'a préoccupé dès le mois de mai. Je m'en étais d'ailleurs ouvert au Maire de Paris et nous avons fait notre possible. Il y a des procédures que je regrette et croyez bien que je ferai mon possible pour que désormais ces procédures de travaux soient allégées dans notre ville, au niveau administratif.
Nous avons été handicapés par la lourdeur des procédures, handicapés aussi par l'ouverture d'une campagne électorale, comme vous le savez. En effet, il était difficile de convoquer les conseils d'arrondissement à cette période car les conseillers d'arrondissement étaient peu disponibles, mais je ne le leur reproche pas.
Nous devons mener ensemble, je crois, une recherche de procédures d'urgence. J'ai été le premier à regretter qu'un certain nombre de travaux d'urgence, pour des raisons procédurales et conjoncturelles, n'aient pu être réglés en temps utile.
Croyez-moi, je ne fais pas de triomphalisme. C'est une question qui me préoccupe beaucoup. Je vous assure que dans les mois qui viennent, je ferai des propositions pour que nous puissions débloquer au plus vite les travaux dans les écoles de manière à répondre le plus rapidement possible à la demande.
M. VION a évoqué aussi ce problème.
En ce qui concerne le panneau publicitaire qu'a évoqué M. FERRAND et qui se trouve sur un mur d'école, nous avons donné notre accord pour un certain nombre d'expérimentations. Je n'y suis pas très favorable, mais croyez bien que c'est une expérience.
Si l'expérience ne convient pas, elle sera retirée.
En ce qui me concerne, j'ai émis des réserves. Il faut noter que ces panneaux publicitaires sont soumis à des contraintes légales notamment sur la nature de la publicité. Il est hors de question qu'un certain nombre de publicités qui passent dans certains secteurs puissent être affichés sur ces panneaux publicitaires.
Je suis tout à fait ouvert à réexaminer la question avec les représentants du 11e arrondissement, sur ce sujet, comme d'ailleurs dans tous les autres arrondissements.
En ce qui concerne les caisses des écoles, nous avons eu une rencontre et il y en aura d'autres. Les mécanismes des caisses des écoles à Paris sont complexes. Je voudrais en dire deux mots devant nos collègues qui ne connaissent pas toujours la réalité des choses.
Les caisses des écoles sont des établissements publics autonomes, indépendants, qui ont une personnalité juridique à la différence des arrondissements.
Elles peuvent avoir une conduite complètement indépendante. Cela peut poser des problèmes et cela en a posé à la Ville de Paris.
En effet, au fond, la Ville de Paris pourrait donner des injonctions à une caisse des écoles qui pourrait parfaitement les refuser.
Je crois qu'il faut que nous trouvions un système qui nous permette de conserver une subvention à une hauteur raisonnable pour les caisses des écoles et que la Ville de Paris puisse passer, avec chaque caisse des écoles d'arrondissement, un contrat de développement. Car la Ville de Paris ne peut pas se désengager des travaux, notamment des travaux de restauration dans les écoles, et en particulier dans un certain nombre d'arrondissements. Mais, pour autant, la Ville de Paris doit tenir compte du fait qu'il s'agit de personnalités juridiques et qu'elle traitera donc avec ces personnalités juridiques comme avec une personne autonome et indépendante, et bien sûr ce sera soumis au Conseil.
Puisque vous avez parlé des caisses des écoles et des cantines, je voudrais rappeler à la véhémence de Mme BLUMENTHAL, un chiffre. Je souhaiterais que sa véhémence s'exerce à l'encontre du Ministère de l'Education nationale, car je vais vous donner les chiffres attribués sur le fonds social de la cantine par le Ministère.
Paris, sur 290 millions de budget national, a obtenu 6 millions ! Alors, si vous pouviez téléphoner au Ministre de l'Education nationale avec la même véhémence que celle contenue dans vos propos au Conseil, vous pourriez lui expliquer que l'Académie de Paris n'est pas une académie hors de tout besoin et que donner 6 millions pour les cantines à Paris, Madame BLUMENTHAL, permettez-moi de vous dire, c'est se moquer des Parisiens, de l'Académie de Paris et de la Ville de Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

Même remarque sur les emplois jeunes, en répondant implicitement à mon collègue DELANOË que j'ai entendu et vu à la télévision. On me dit souvent : " les emplois jeunes, au fond, vous n'avez rien à dire parce que vous ne les avez pas votés ! ". Singulière conception de la démocratie ! Et si nous retirions aux arrondissements, dont vous êtes les titulaires, tout ce que vous n'avez pas voté, est-ce que vous croyez qu'il resterait quelque chose dans les 18e, 19e, 20e et 11e arrondissements ? Soyons sérieux ! Nous n'avons pas voté les emplois jeunes, et vous savez pourquoi. Cela ne veut pas dire que désormais, puisque la loi est adoptée, nous ne soyons pas tous unanimes pour veiller à ce que l'Académie de Paris, puisqu'il s'agit des emplois jeunes du Ministère de l'Education nationale, soit dotée du maximum de postes !
En ce domaine, au lieu d'avoir la critique facile, vous auriez pu apprécier l'effort de la Municipalité pour vous aider dans des arbitrages toujours difficiles, et je les connais, à obtenir le maximum de postes.
En toute hypothèse, il est clair que les 500 postes plus 150 qui nous seront attribués ne sont pas à la hauteur de l'Académie de Paris.
Je vous rappelle que sur la répartition de ces emplois-jeunes faite par le Ministre, la Réunion, dont les problèmes sont intenses, a obtenu 1.200 postes; la Corse, dont les problèmes sont connus mais qui ne dispose que de 200.000 habitants, alors que Paris en comporte dix fois plus, a obtenu 900 postes ; l'Académie de Mme AUBRY, qui a certes des problèmes mais qui est quand même beaucoup moins importante que l'Académie de Paris, a obtenu 3.000 postes, et nos voisins de Créteil qui ont des problèmes, en ont obtenu 4.000.
550 ou 600 postes pour l'Académie de Paris, mes chers collègues, soyez véhéments, soyez dynamiques, allez voir en délégation le Ministre de l'Education nationale et éventuellement invitez le Maire de Paris, pour essayer d'obtenir davantage d'emplois-jeunes pour une académie dont vous savez, vous qui êtes dans des arrondissements difficiles, qu'elle a besoin d'un renfort et que ce renfort, je souhaiterais que le Ministère le donne en toute équité, sans tenir compte de la nature politique de la municipalité parisienne.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

Bien sûr, je remercie M. BORDET et M. OGÉ des messages qu'ils ont adressés à la Municipalité.
Monsieur VION - un certain nombre de problèmes ont déjà été traités dans ma réponse à M. FERRAND - je voudrais vous dire qu'effectivement nous avons un problème supplémentaire - je ne fais pas de triomphalisme - qui est celui d'ajuster les effectifs des écoles aux créations de logements.
Là, nous avons un problème que nous partageons avec l'Académie, je tiens à le dire, qui tient vraisemblablement à une défectuosité de renseignements informatiques qui ne nous permet pas de faire coïncider suffisamment rapidement la demande de logement et de construction avec effectifs dans les écoles. C'est un véritable problème car la mobilité des effectifs est grande à Paris mais nous souhaitons le résoudre avec l'Académie. Nous avons commencé à le faire.
Je reconnais parfaitement la réalité de votre remarque en ce qui concerne les problèmes de la Porte de la Chapelle. Je crois que le Maire y a répondu. Il y un engagement. Là encore les procédures sont effroyablement lourdes, mais nous n'en sommes pas responsables car dans ce domaine, ce sont des procédures d'Etat.
Je me souviens d'une réunion avec M. VAILLANT où nous avons essayé d'expliquer aux parents d'élèves que la bonne volonté de la Municipalité, celle de Paris comme celle de l'arrondissement, n'était pas en cause, que nous faisions le maximum pour obtenir, de la part de la S.N.C.F., des possibilités, mais qu'en toute hypothèse nous ne pouvions pas, je vous en donne acte, déroger à la loi et que, malheureusement, les formalités de la loi nous imposent des délais qui sont des délais d'environ trois ou quatre ans pour la construction. Encore pouvons-nous étudier ensemble des possibilités d'accélération des procédures, mais actuellement la loi est extrêmement rigide et elle ne permet pas de faire n'importe quoi.
Il faut avoir le courage de dire aux parents d'élèves, et c'est le cas d'ailleurs, j'en donne acte, qu'on ne peut pas en six mois, mettre un collège n'importe où et régler le problème sur un claquement de doigts. C'est une procédure extrêmement lourde et aucune loi, si rigide soit-elle, ne saurait être transgressée.
A Mme BLUMENTHAL, et très rapidement parce que je ne voudrais pas allonger à l'excès ce débat, je voudrais dire que tout ce qui est excessif paraît quelquefois dérisoire, et que votre réquisitoire contre la Ville de Paris a prêté à sourire.
Je crois avoir répondu à un certain nombre de vos remarques. Je voudrais simplement vous dire qu'il convient de ne pas trop en faire. Et vraiment je souhaite, parce que je connais votre compétence, que vous puissiez l'exercer désormais, avec une vigilance accrue, à l'égard d'un ministère qui m'inquiète. Je voudrais saluer ici tout le travail qui a été fait par l'académie. Je voudrais dire aussi, moi qui suis enseignant comme vous et qui ai exercé toutes les fonctions à l'Education nationale et notamment celle, noble, d'enseigner aux enfants et aux étudiants, que j'ai ressenti avec gêne les propos du Ministre de l'Education nationale à leur égard. J'aurais pensé, Madame BLUMENTHAL, que votre véhémence aurait pu s'exercer aussi contre la mise en cause qui a été faite injustement par le Ministre de l'Education nationale à l'égard d'un corps enseignant à qui nous devons reconnaissance et mérite. En effet, il assure, dans des conditions, et vous le savez, extrêmement difficiles, l'éducation des jeunes Parisiens. Alors, Madame BLUMENTHAL, de temps en temps, essayez de balayer devant votre porte !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

Enfin, en ce qui concerne Mme SILHOUETTE, sur un problème différent qui est celui de ceux qui n'ont pas de domicile, je voudrais l'assurer que nous appliquerons la loi sans ambiguïté. Les élèves qui sont des enfants de personne, sans domicile ou bien qui viennent d'être expulsés seront accueillis dans les écoles parisiennes. Je lèverai personnellement toutes les difficultés, s'il y en avait dans des mairies d'arrondissement ou dans les écoles, pour que ces élèves puissent être affectés convenablement. Nous avons un devoir de service public à leur égard malgré les difficultés d'affectation géographique. Je vous assure que la Ville de Paris fera respecter fermement la législation en vigueur, qui n'est pas la législation de droite ou de gauche, mais la législation applicable à tous les enfants sans exception.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Soyez patients, mes chers collègues, la loi n'est pas encore votée.
Monsieur DELANOË, vous vous sentez mis en cause ?
M. Bertrand DELANOË. - Oui. Monsieur GOASGUEN, dans mon intervention que vous avez mise en cause, j'ai dit simplement, qu'avant de critiquer la mise en oeuvre d'une mesure à Paris qui n'était pas signée, qui n'était pas votée, pas encore complètement votée, d'abord, ces emplois, on les fait. On doit ces emplois à la majorité nouvelle et au Gouvernement. Premier point.
Pour la cohérence, je vous laisse vous débrouiller avec François BAROIN qui dit les choses autrement que vous.
En ce qui concerne les chiffres, pour tous les emplois jeunes comme pour tout ce qui concernera Paris, nous souhaitons que Paris soit traité avec équité. Je m'explique. Pour moi, tous les Français sont égaux, des critères doivent être retenus, niveau social, etc. Ces critères doivent être appliqués de la même manière à Paris, Lille ou en Corse, mais c'est une question de critère.
Puisque vous êtes exigeants, et figurez-vous que nous le sommes aussi, j'attends évidemment que le Maire de Paris sur les autres emplois jeunes qui vont être créés fasse des propositions créatives, dynamiques, correspondant aux besoins des Parisiens, pour que cette loi, même si vous ne la votez pas, nous en tirions, dans l'équité, dans le souci de justice pour l'ensemble du pays, un maximum de bénéfice, non pas pour nous, mais pour les Parisiennes et Parisiens.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout ce que nous faisons ici a pour seul objectif l'intérêt des Parisiennes et des Parisiens.
M. Claude GOASGUEN, adjoint, rapporteur. - Parmi les emplois-jeunes, vous confondez deux types d'emplois qui n'ont rien à voir : les emplois-jeunes classiques à l'intérieur desquels il y a une participation de la Ville, et là, nous verrons en temps utile ce que la Ville de Paris proposera, et les emplois jeunes du Ministère de l'Education Nationale qui sont des emplois d'Etat à 100 % et pour lesquels je note, et je vous en remercie, que l'opposition sera solidaire de la Ville et de la Municipalité pour obtenir le maximum d'emplois-jeunes.
Je n'avais pas cru comprendre cela dans les propos anciens et je me félicite que nous ayons retrouvé cette unanimité. Je souhaite que, par la même occasion, nous puissions bénéficier de la véhémence de Mme BLUMENTHAL pour obtenir beaucoup d'un Ministre qui n'a pas l'air ouvert à la réalité parisienne.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je me réjouis de ce qui vient d'être dit.
M. GOASGUEN a répondu en rappelant qu'il nous faut obtenir le maximum de ces emplois. Je note qu'il résulte de ces débats que cette rentrée scolaire a été une bonne rentrée scolaire, comme l'année dernière. Le débat est clos.