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Octobre 2007
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2007, Evocation de la situation en Birmanie.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - J?ai quelques mots à dire sur la Birmanie.

Un mot très rapide qui nous rassemble: les images parvenues de Birmanie ont provoqué une profonde et légitime émotion parmi tous nos concitoyens.

La violente répression de manifestations, pourtant pacifiques, illustre des méthodes insupportables.

S?il est difficile de connaître précisément le bilan humain de ces exactions, il est malheureusement établi que cette brutalité du régime birman a fait de nombreuses victimes.

Nous gardons le souvenir des violentes émeutes de l?été 1988 qui, à l?époque, avaient fait 3.000 morts, quand furent décrétés la loi martiale et l?état de siège contre les manifestants.

Comme vous le savez, c?est à l?issue de ces semaines de terreur que Aung San Suu Kyi décida de fonder la Ligue nationale pour la démocratie.

Nous pensons évidemment aujourd?hui à cette femme remarquable, prix Nobel de la paix et dont nous avons voulu en 2004 qu?elle devienne citoyenne d?honneur de la Ville de Paris. Combattante admirable de la paix et de la démocratie, assignée à résidence depuis 1989, elle est le symbole du peuple birman et de l?épreuve terrible à laquelle il est confronté.

Avant même ces événements tragiques et récents, Paris s?était mobilisée. Ainsi, cette année, nous avons relayé l?information des associations de soutien à la démocratie en Birmanie. Toute l?année ?Info Birmanie? et des personnalités comme Jane BIRKIN, Philippine LEROY-BEAULIEU se sont également engagées en faveur des démocrates birmans.

Hélas, plus que jamais, les démocraties doivent condamner ce régime dictatorial, et notre pays, la France, l?a fait, et intensifier leur pression diplomatique en direction de pays très influents en Birmanie ; nous pensons en particulier à la Chine et à la Russie.

Mais aujourd?hui, au nom de Paris, en notre nom à tous, je voulais exprimer la solidarité de notre Capitale avec Aung San Suu Kyi et avec l?ensemble du peuple birman. Nous voulons les assurer de notre soutien, de notre amitié et de l?espoir que nous partageons d?un retour à la démocratie, à la liberté, à la dignité pour chaque citoyen de ce grand pays.

(Applaudissements sur tous les bancs de l?Assemblée).

Madame de PANAFIEU, vous vouliez la parole.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Monsieur le Maire, c?était pour intervenir sur la Birmanie et pour dire à quel point nous nous associons tous aux propos que vous avez tenus.

Ce que nous avons vu ces dernières semaines, ces derniers jours, est insupportable : des moines qui sont consignés dans leurs temples, certains qui sont retenus dans les prisons birmanes, d?autres qui sont tués, les temples qui sont pillés, un pays qui a fermé ses portes à toute information et Aung San Suu Kyi qui représente toujours et qui incarne depuis plusieurs années cette résistance du peuple birman à une dictature.

Nous avons tous en tête cette photo admirable, prise par Micheline PELLETIER, de cette femme digne et droite qui regarde par la fenêtre, puisqu?elle ne peut plus bouger de sa résidence.

Mais nous savons aussi que le représentant des Nations unies l?a rencontrée hier dans sa résidence pendant une heure et quart. Et il y a là une vraie fenêtre d?espoir qu?il faut que nous soutenions tous ensemble. Car on peut espérer, à la suite de cela, qu?il y aura un infléchissement et que cette femme pourra enfin de nouveau retrouver la liberté.

Alors, ce que je voudrais avant tout, c?est peut-être, bien sûr au-delà de la situation que nous voyons - que nous voyons mal d?ailleurs, puisque, encore une fois, l?information est quand même assez contrôlée -, que l?on pousse tous ensemble dans une même direction pour demander qu?Aung San Suu Kyi, à la suite de cette visite qu?elle a reçue du représentant des Nations unies hier, puisse de nouveau retrouver une forme de liberté. Et c?est cela, je crois, vers quoi nous devons tous tendre.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Faites attention ! Moi, je suis pour la liberté de parole mais, à partir du moment où une présidente de groupe prend la parole, je ne peux pas la refuser aux autres. Donc, essayez d?être brefs.

On a tellement de travail pendant deux jours !

Si nous pouvions faire efficace dans notre consensus pour nous tenir au côté du peuple birman, ce serait bien.

Monsieur BARIANI, vous avez la parole.

M. Didier BARIANI. - Monsieur le Maire, je ne vais pas non plus en abuser... sur le temps, je veux dire.

Ce qui a été dit sur Aung San Suu Kyi, ce qui est fait et ce que nous voyons, tous le monde le voit, tout le monde le comprend, tout le monde en est ému et tout le monde espère que la mission de l?O.N.U. aboutira à quelque chose de moins sévère.

Néanmoins, on voit bien, quand on suit l?actualité chaque jour, que les manifestations s?essoufflent, et pour cause.

Il n?y a pas pire au monde que ces trois ou quatre régimes totalitaires dinosaures qui existent encore. En s?associant tout à fait à ce que vous avez dit, et en limitant mon propos, je voudrais dire que pas la moindre complaisance, pas la moindre attention, pas la moindre explication ne doivent être retenues de la part d?un régime qui est une des tragédies du monde et qui le demeure au-delà de toutes les évolutions partout ailleurs.

(Applaudissements sur les bancs du groupe MoDem).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

De toute façon, pour que les autres présidents de groupe se sentent à l?aise, je pense que tout le monde est représenté par ces trois interventions. Comme cela, on se rassemble.