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Fevrier 1999
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7 - 1999, ASES 32 G - Subvention à l'association " Solidarité Saint-Bernard " (18e). - Montant : 70.000 F

Débat/ Conseil général/ Février 1999


M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 32 G, portant attribution d'une subvention à l'association " Solidarité Saint-Bernard ".
La parole est à Mme JUNOT.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - L'objet de l'association " Solidarité Saint-Bernard " qui, par des stages d'initiation au français, contribue à l'insertion de femmes maghrébines en majorité analphabètes, part d'un bon sentiment. Néanmoins, des zones d'ombre subsistent. Le budget prévisionnel fait état d'une somme de 1.260.000 F dévolus aux seuls frais de personnel sur un budget total de 1.825.000 F.
De quel personnel s'agit-il ?
Combien y a-t-il de formateurs en plus des 7 personnes qui constituent le bureau du Conseil d'administration de l'association ? Quelle est leur rémunération ?
Par ailleurs, l'association me paraît lourdement endettée alors que le Secours catholique s'est désengagé en 1996 de cette association.
Il ne faudrait pas que la Ville se substitue financièrement au Secours catholique.
Enfin, le résultat reste très insuffisant, 70.000 F de subvention pour 15 femmes dont 2 seulement ont trouvé un emploi me paraissent disproportionnés d'autant plus que la Ville de Paris organise à travers ses cours municipaux d'adultes des stages d'alphabétisation qui conviendraient parfaitement à ces 15 femmes, sans compter les nombreuses autres associations locales déjà subventionnées par la Ville.
N'y a-t-il pas là mauvaise gestion de l'insertion ? Pour toutes ces raisons est-il possible de revoir à la baisse, sinon de supprimer le montant de la subvention sollicitée ?
Merci, Monsieur le Président.
M. CHÉRIOUX, président. - La parole est à M. LAFAY.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Oui, nous avons souvent des mêmes orateurs les mêmes questions concernant les associations qui se penchent sur l'alphabétisation des populations en voie d'intégration.
Quel que soit le jugement que l'on porte, on ne peut pas dire que cette association ne fasse rien, c'est un travail très difficile. Le coût global du stage pour cette association étalé sur deux années est de 330.000 F pour 30 femmes, le coût par personne formée est donc de 11.000 F durant deux ans ce qui, en réalité est peu et comparable au coût des actions municipales d'alphabétisation.
A l'issue de l'une ou de l'autre année de formation, 6 de ces femmes ont trouvé un emploi, soit 20 % d'entre elles, si on y ajoute celles qui s'orientent vers des stages qualifiants le taux de réussite dépasse 50 %.
Il convient aussi de souligner que ce stage a une utilité immédiate puisqu'il donne à ces femmes les moyens de mieux connaître la société française et d'améliorer leur pratique du français, leurs enfants en sont les bénéficiaires indirectement.
En dehors de cette action d'alphabétisation - c'est pour cela d'ailleurs qu'il faut bien recentrer le problème - cette association ne fait pas que cela, elle a en effet de multiples activités dans le quartier de la Goutte d'Or, elle anime notamment une permanence sociale, une halte-garderie, des cours de soutien scolaire, c'est pourquoi il ne serait pas souhaitable de lui substituer pour cette action les services d'alphabétisation de la Mairie.
En effet, en intégrant ce stage, les femmes ont accès aux autres activités de l'association, qui toutes concourent à faciliter leur insertion.
Sur un plan pratique la halte-garderie par exemple prend en charge les enfants pendant les cours.
Par ailleurs, les cours d'alphabétisation municipaux ne reçoivent qu'un nombre limité de personnes.
Je vous remercie de votre attention.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie, Monsieur LAFAY.
Je dois rappeler que l'alphabétisation est le premier stade de l'intégration ; or l'intégration - quel que soit le groupe auquel nous appartenons sur les bancs de cette Assemblée, comme sur les Assemblées parlementaires - tout le monde en est d'accord pour la considérer comme indispensable.
C'est un devoir de la collectivité, et donc un devoir de la collectivité départementale comme de la collectivité nationale de l'envisager et je ne peux pas entendre dire, que dans ce domaine nous nous substituons à des oeuvres caritatives, comme le Secours catholique.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 32 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 32 G).