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Juin 1999
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Conseil Municipal
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43 - 1999, ASES 76 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'O.P.A.C. de Paris une convention pour la construction d'une crèche de 60 berceaux dans la Z.A.C. "Porte d'Asnières" (17e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1999


M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 76 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec l'O.P.A.C. de Paris une convention pour la construction d'une crèche de 60 berceaux dans la Z.A.C. "Porte d'Asnières" (17e).
Je donne la parole à Mme SILHOUETTE.
Mme Cécile SILHOUETTE. - J'interviens pour Mme SCHERER sur ce projet de la D.A.S.E.S., pour nous réjouir de cette délibération qui vise à la construction d'une crèche publique de 60 berceaux dans la Z.A.C. "Porte d'Asnières".
En effet, la situation de l'accueil parisien de la Petite enfance est pour le moins préoccupante.
Mme SCHERER rappelle qu'elle est déjà intervenue pour souligner la nécessité du développement des modes de garde pour les petits et d'un service public de qualité, apte à répondre à la très forte demande. Mais la Mairie de Paris ne consent que de maigres efforts en la matière.
Pourtant, la question des modes de garde est cruciale pour les Parisiens et les Parisiennes. Elle recouvre des enjeux de société fondamentaux et notamment celui de la place des femmes dans la société.
A cet égard, je vous rappelle que le Conseil d'analyse économique a sorti il y a quelques mois, un rapport très instructif. Battant en brèche un certain nombre d'idées reçues, ce rapport met notamment en valeur le fait que les femmes actives sont un moteur de la croissance, notamment parce qu'elles consomment plus et qu'elles permettent la création d'emplois (emplois familiaux, emplois en crèche...), que quand elles arrivent à concilier vie familiale et professionnelle, elles font plus d'enfants.
En dehors même du point de vue du principe de l'égalité entre les sexes auquel nous sommes très attachées, les pouvoirs publics se doivent d'encourager le travail des femmes et leur donner les moyens de concilier vie familiale et vie professionnelle. Dans ce cadre, l'accueil de la Petite enfance doit être développé pour permettre aux femmes de ne pas renoncer à leur carrière professionnelle, mais aussi de ne pas renoncer, si elles le souhaitent, à avoir des enfants.
Il en va de leur émancipation dans la société et de leur liberté.
C'est pourquoi l'accueil de la Petite enfance devrait figurer parmi les priorités de l'action municipale et départementale. Voilà qui est très loin d'être le cas.
Nous pouvons par exemple en juger en lisant le compte d'investissement pour l'année 1998. L'effort fourni en matière de crèches est totalement dérisoire voire anecdotique, comme l'ont dit certains collègues tout à l'heure.
Avant toute chose, un état des lieux s'impose ; nous demandons donc, à l'instar des élus socialistes, un audit sur la situation : quel est le taux de desserte, arrondissement par arrondissement ? Quel est le temps moyen d'attente ? Quelle est la part de chaque type de structures dans l'accueil global à Paris et par arrondissement.
Forte de ces diverses informations, la collectivité parisienne pourra s'engager. Les propositions des socialistes, que nous avons pu lire dans la presse, nous semblent aller dans le bon sens. Un schéma pluriannuel devrait en effet être engagé.
Monsieur le Maire, comme nous vous l'avons demandé lors du précédent Conseil de Paris, à quand un plan "crèches" ?
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme HERMANGE.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Madame SILHOUETTE, je suis étonnée parce que nous avons voté - je ne sais plus ce qu'a fait le groupe socialiste à l'époque - un contrat enfance avec la Caisse d'allocations familiales. C'est un contrat pluriannuel dans lequel vous avez un certain nombre d'informations.
Je suis tout à fait d'accord avec vous.
La politique que nous conduisons est une bonne politique. D'ailleurs encore récemment, vendredi dernier, l'adjoint au Maire de Rome était à Paris pour visiter nos structures. Il a été très impressionné de la diversité de structures que nous avons.
D'après une étude qu'a fait faire M. MOREAU, nous sommes aussi en Europe l'une des capitales qui a le taux de couverture le plus important et, puisque vous parlez de clichés, j'ai bien lu les conclusions du Conseil économique et j'approuve tout à fait ce que dit Mme Béatrice d'INTIGNANO.
Par ailleurs, la dernière enquête du CREDOC, commandée par la Caisse d'allocations familiales sur "Conciliation entre vie familiale et vie professionnelle" montre aussi très bien que la crèche est le mode de garde qui, aux yeux de 49 % des Français, a le plus d'inconvénients et que de plus en plus de Françaises et de Français souhaitent avoir un mode de garde individuel. Or, je constate aujourd'hui que, pour des raisons sans aucun doute dogmatiques, nous n'avons pas su faire évoluer ce mode de garde individuel. Il est vrai qu'on a un discours sur les emplois de proximité et les emplois familiaux mais que le discours ne correspond pas à la réalité puisque, si nous affirmons en fait ce discours, dans le même temps le Gouvernement que vous soutenez supprime les emplois familiaux et les avantages y afférant.
Or, il faut savoir aussi que la crèche n'est pas neutre pour le contribuable parisien puisqu'un berceau en crèche coûte 30.000 F au contribuable.
C'était quelques informations que je voulais donner, Monsieur le Maire, à notre Assemblée.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 76.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 76).