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Mai 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 263 G - Signature d'une convention avec 3 Caisses des écoles en vue de contribuer au déploiement territorial du programme Paris Santé Nutrition sur les 13e, 15e et 19e arrondissements. - Montant total : 120.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Mai 2009


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 263 G sur lequel l'Exécutif a déposé l'amendement n° 7 G.

Je donne la parole à Mme Annick OLIVIER.

Mme Annick OLIVIER. - Je ne reprendrai pas les attendus du projet de délibération. En effet, depuis plusieurs années, tous les acteurs concernés constatent que l?obésité progresse dans notre pays et, avec elle, les pathologies qui lui sont liées et dont elle est un facteur aggravant. Nous savons que, pour une grande part, l'obésité est le fruit de notre mode de vie de plus en plus sédentaire, ainsi que nos habitudes alimentaires.

Le 13e arrondissement a mis en place, depuis plus de deux ans maintenant, une opération de distribution gratuite de fruits dans les écoles classées en Z.E.P. de l'arrondissement. Cette opération permet de donner le goût à des enfants, qui en ont peu ou pas l'habitude, de consommer des fruits.

Nous sommes très heureux de voir une nouvelle phase dans la lutte contre l'obésité se mettre en place à Paris, sous l?impulsion de l?adjoint à la santé. Il était normal que ce soit la Caisse des écoles qui porte ces postes de coordinateur.

En effet, nous savons que ce sont les enfants, et les enfants des milieux défavorisés, qui sont les plus touchés. Or, en matière de santé publique, nous savons également depuis longtemps que ce sont près des publics les plus jeunes que les messages de prévention et d?éducation à la santé passent le mieux. C'est en direction de la jeunesse qu'il faut diriger nos efforts.

Je ne dis pas qu'il faille se désintéresser des autres classes d'âge mais qu?une attention toute particulière à la jeunesse doit être portée. D?autant que nous savons aussi qu?en sensibilisant les enfants, nous toucherons les parents.

Et c?est bien ce que le Département s'engage à mettre en place en créant ces trois postes de coordinateur. Ainsi, nous serons plus en capacité de recenser, coordonner et promouvoir toutes les actions menées sur ce sujet.

D?autre part, vu la diversité qui le caractérise, il était normal que le 13e arrondissement participe à cette expérience pilote dont je suis convaincue qu'elle portera ses fruits.

Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole est à Mme Catherine BRUNO.

Mme Catherine BRUNO. - Merci, Madame la Présidente. Madame la Présidente, mes chers collègues, au mois de février dernier, nous avons approuvé et voté un programme de lutte contre l'obésité, "Paris Nutrition Santé", car il s'agit d'un véritable enjeu de santé publique dans notre société.

Apprendre à bien manger, à manger des produits variés, équilibrés, c?est ce que nous faisons quotidiennement dans notre Caisse des écoles du 15e, où nous apportons une surveillance étroite à servir des repas de qualité à partir de denrées fraîches, avec des aliments labellisés "Label rouge", qui sont aussi importants que les produits bio dans la fabrication des repas préparés sur place, dans les cuisines des écoles.

Cette exigence de qualité a conduit le maire du 15e et moi-même, qui suis sa déléguée auprès de la Caisse des écoles, à être favorables à ce que notre arrondissement soit pilote dans ce programme "Paris Nutrition Santé".

En effet, le 15e arrondissement est déjà pilote dans ce domaine, puisqu'il participe activement depuis 2004 au réseau de prise en charge et de prévention de l'obésité en pédiatrie et au programme "Pikabouge" qui lui est associé et qui vise à sensibiliser les enfants de maternelle et de primaire à l'importance pour la santé d'une alimentation variée, saine et équilibrée, ainsi que d'une activité physique quotidienne.

Il est important que les enfants aient un repas de qualité diététique d'excellence dans leur restaurant scolaire. Il est tout aussi indispensable que les familles aient cette même exigence de bonne nutrition.

Le rôle de l'intervenant chef de projet local dans chacun des trois arrondissements concernés sera de faire de l'éducation à la santé par l'apprentissage des équilibres alimentaires et la pratique de l'exercice physique, aussi bien auprès des enfants qu'auprès de leurs parents. Il est fondamental de prévenir dès le plus jeune âge la prise de poids excessive chez l'enfant. Il est aujourd'hui avéré qu'un enfant obèse risque fortement de le rester à l'âge adulte, entraînant une augmentation considérable des maladies associées.

Je souhaite donc que cette expérimentation nous permette de faire, dans un an, deux ans et trois ans, un bilan sur les trois arrondissements pilotes de ce plan "Nutrition Santé" et qu'il soit étendu ensuite à l'ensemble de Paris pour que tous les petits Parisiens puissent en profiter et que leur famille soit mobilisée et sensibilisée au problème de l'obésité infantile.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Je donne la parole à M. Jean-Marie LE GUEN et puis, il y aura une explication de vote de la part de M. GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Une réaction courte, si vous le permettez.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Allez-y, mais je ne vous redonnerai pas la parole ensuite.

M. Sylvain GAREL. - Je ne la redemanderai pas.

Je voulais juste réagir à ce que vient de dire Mme BRUNO. Je suis d'accord à 98 % avec ce qu'elle a dit, sauf une phrase où elle dit : "Le label rouge, c'est aussi important que le bio."

Non, non, ce n?est pas aussi important, c'est différent. Le label rouge, c'est sans doute mieux que des produits qui ne sont pas labellisés, mais cela à une grosse différence avec le bio, c?est que cela ne garantit pas qu'il n'y ait pas eu de pesticides et de produits chimiques. Cela ne garantit pas non plus l?environnement des endroits où ont été cultivés ou élevés les produits servis aux enfants. Donc, je pense qu?il est vraiment très important de privilégier le bio, y compris par rapport au label rouge.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Monsieur LE GUEN, vous avez la parole.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. Merci beaucoup, Madame le Président.

A l?évidence, les problèmes de nutrition sont beaucoup plus complexes que nous pouvions le penser il y a quelques années. Nous pensions que toutes ces questions étaient réglées spontanément par le marché, que l'économie du XXe siècle avait permis que tout le monde soit nourri, que le spectre de la malnutrition et de la famine, y compris sur notre territoire, avait complètement disparu. Et puis, en y regardant bien, en écoutant les uns et les autres, on voit bien combien un certain nombre de problèmes sont d'ores et déjà ou plus exactement à nouveau présents dans la discussion politique de façon parfaitement légitime.

Cette fois, c'est moins la capacité quantitative de se nourrir qui est en question que la capacité qualitative dont nous nous apercevons que ce n'est pas une donnée évidente dans notre société.

L'effet lié à l'éducation, à la présentation commerciale et au prix fait qu'il y a des distorsions qui existent, des différences, des inégalités de consommation très préjudiciables pour un certain nombre de nos concitoyens.

Cet effet se fait évidemment sur la composition calorique mais aussi sur la manière dont certains produits peuvent être porteurs d'un certain nombre de produits chimiques qui ont un certain retentissement potentiel sur la santé.

Il est parfaitement légitime qu'une collectivité comme la nôtre se repenche sur cette question, à la fois pour traiter des problèmes de nutrition et plus spécialement au plan qualitatif sur les questions d'obésité, encore que la nutrition pose d'autres problèmes qui vont bien au-delà de l'obésité.

C'est une prévention de bien des pathologies cardiaques ou cancéreuses qui, tout au long de la vie, doivent être présentes dans la réflexion de nos concitoyens.

Nous avons évidemment une responsabilité particulière en direction des enfants, c'est là où s'acquièrent des éléments culturels, d'éducation et de comportement parce que nous sommes face à une épidémie d'obésité qui est très importante.

Il y aura des conséquences considérables sur la vie de nos sociétés, sur l'économie dans nos sociétés, sur le système social dans nos sociétés.

Il est légitime que nous nous mobilisions. Des structures nationales existent, telles que le plan national nutrition santé.

Indiscutablement, une ville comme la nôtre doit se mobiliser. Elle a adopté un cadre général il y a maintenant quelques mois. Nous passons cette fois à la mise en ?uvre d'une politique ciblée particulièrement sur trois arrondissements : les 13e, 15e et 19e arrondissements, arrondissements quantitativement importants dans Paris.

Si nous commençons seulement par trois arrondissements, c'est parce que nous pensons que notre méthodologie doit être testée et mise en ?uvre avant d'être généralisée.

Fondamentalement, nous avons vocation, avec l'appui de tous évidemment, de généraliser ce type d'attitudes, d'environnement éducatif, d'environnement de prévention afin que les enfants acquièrent les meilleurs comportements et la meilleure éducation vis-à-vis de la santé et qu'on puisse aider ceux qui connaissent un certain nombre de difficultés en matière d'hygiène alimentaire.

Lorsque je parle d'hygiène alimentaire, n'oublions pas l'autre aspect, à savoir celui du bouger. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'avoir une vision unilatérale et considérer simplement l'alimentation mais aussi, nous le savons, il y a un besoin d'activité physique de plus en plus, paradoxalement, contradictoire avec une certaine vie moderne, une certaine vie urbaine qui semble vouloir marginaliser l'activité physique.

C'est par ces deux éléments que nous voulons traiter ces questions. Ce sera mis en ?uvre dans ces trois arrondissements, en s'appuyant sur la Caisse des écoles, non pas que nous voulions nous limiter à l'intérieur de la Caisse des écoles, ni même nous limiter à l'intérieur du monde scolaire parce que ce que nous savons déjà des politiques de prévention c'est qu'elles doivent prendre en charge plus globalement, au-delà des enfants, l'ensemble de la famille et l'environnement social d'une façon beaucoup plus large.

Pour des raisons "pratico-pratiques" il était intéressant de s'appuyer sur la structure Caisse des écoles de façon à innover dans la mise en place de ces politiques.

A cette occasion, les Caisses des écoles vont sortir de leur rôle traditionnel puisqu'elles n'interviendront pas seulement aux vacances scolaires, aux cantines des enfants, elles aideront à ce que le monde scolaire dans son ensemble se mobilise mais aussi le monde associatif et le monde sportif autour de cette question.

Voilà l'objet de ces résolutions que je vous propose d'adopter.

Il y a un amendement technique rectificatif concernant le 15e arrondissement.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Absolument. M. Jean-François LAMOUR m'avait demandé la parole.

M. Jean-François LAMOUR. - Pour un rappel au règlement.

Il y a quelques instants, mon collègue M. Yves POZZO di BORGO a exprimé son mécontentement quant à la façon dont vous présidiez cette séance, en particulier parce que vous aviez émis un certain nombre de réserves au travers d'attitudes de votre part quant à un vote.

Je ne vois pas en quoi vous pouvez vous permettre ce type de comportement.

Vous avez donné la parole à M. GAREL alors qu'il n'était pas inscrit sur ce projet de délibération. Dans le même temps, vous avez refusé sur le dossier "Imagine" la parole à Philippe GOUJON qui vous la demandait.

Nous vous demandons à nouveau, de manière la plus officielle, de faire en sorte de respecter les équilibres au sein de ce Conseil et de respecter surtout les procédures qui sont inscrites dans le Règlement intérieur de notre Conseil.

M. Sylvain GAREL. - C'était une explication de vote !

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - M. GAREL s'est effectivement exprimé, davantage sur un aspect technique, une précision technique qu'il a apportée pour éclairer notre Conseil.

Je ne vois pas là une intervention toxique. Pour le reste, j'ai donné la parole à M. GOUJON. Peut-être a-t-il manifesté un geste qui m'aurait échappé, auquel cas j'en suis désolée.

Pour le reste, lorsque nous présidons, nous ne sommes pas des robots. Nous avons parfois le droit d'avoir des réactions qui sont toujours mesurées, vous m'en donnerez acte.

Je remarque que curieusement, lorsque les femmes sont appelées à présider à cette tribune, cela suscite constamment des réactions.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

Nous allons poursuivre dans la sérénité.

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 7 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

L'amendement n° 7 G est adopté.

Je mets à présent aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 263 G ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2009, DASES 263 G).