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Mai 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 181 G - Signature d'une convention pluriannuelle avec la Fondation de coopération scientifique "IMAGINE" (15e) pour l'attribution de deux subventions en faveur de "l'Institut des Maladies Génétiques". - Montant global : 3.000.000 euros. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants.

Débat/ Conseil général/ Mai 2009


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous examinons maintenant le projet DASES 181 G, sur lequel les groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A. ont déposé la proposition de v?u n° 6 G.

Je donne la parole à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Madame la Présidente, mes chers collègues.

Paris marque une fois de plus son soutien à la recherche scientifique et médicale. Il s'agit, avec l'Institut des maladies génétiques, "Imagine", de poursuivre la recherche dans le domaine des maladies génétiques, comme son nom l?indique, en favorisant des interactions fortes entre recherche fondamentale et clinique, un projet conçu par des médecins et des chercheurs de l'hôpital Necker enfants malades que nous tenons à féliciter et à encourager.

Les maladies génétiques, tout le monde en parle ; on les appelle aussi les maladies rares ou orphelines, autrement dit dont la fréquence est inférieure à un malade pour 2.000 personnes. Actuellement au nombre de 6.000, cinq nouvelles maladies génétiques sont décrites chaque semaine par les chercheurs. Elles touchent 1 à 2 % des naissances dans le monde, 10 millions de personnes en Europe, 3 millions en France et constituent la première cause d?hospitalisation pédiatrique en France.

Les personnes qui en sont atteintes sont donc à la fois très nombreuses et très seules. Les maladies génétiques, il en existe un très grand nombre, mais le nombre de malades pour chaque maladie décrite peut être très faible, trop faible même pour intéresser les laboratoires pharmaceutiques et lorsque les traitements existent, ils sont fatalement trop chers.

De leur côté, les malades et leur famille espèrent, attendent, s'impatientent. Il y a donc urgence et nous nous félicitons que notre Département marque un réel soutien à la recherche pour ces maladies dites orphelines et plus encore aux malades en attente d'un futur traitement.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole est à Mme Catherine BRUNO.

Mme Catherine BRUNO. - Merci.

Madame la Présidente, mes chers collègues, alors que les maladies génétiques concernent plus de 3 millions de personnes en France, parmi lesquelles un grand nombre d'enfants, nous ne pouvions rêver mieux que le projet "Imagine" pour Paris et pour la France.

Quand on sait qu'il y a 30.000 nouveaux cas par an, il s'agit bien désormais d'une véritable urgence qui nous concerne tous, notamment en tant qu'élus. C'est parce qu'"Imagine" répond à cet enjeu majeur de santé publique qu'il constitue un formidable projet.

Nous avons tous en tête les images des Téléthon année après année, où l'on voit des enfants atteints de la maladie des os de verre, d'affections neuromusculaires et génétiques, des enfants qui se battent contre la maladie, parce que leur médecin, les professeurs Patricia PATERLINI-BRÉCHOT, FISHER, MUNNICH et tant d?autres, comme Laurence THIENNOT, présidente de l?A.F.M., se mobilisent pour eux et pour la recherche.

Alors que l'on reproche régulièrement à la recherche française d'être à la traîne, avec des financements publics insuffisants et des investissements privés en recul, la création de la fondation "Imagine" est un grand et beau projet, où nous retrouvons une ville de Paris dynamique, créative et ambitieuse. Nous retrouvons notre Capitale à la hauteur des enjeux auxquels doit répondre une ville monde du XXIe siècle, et nous saluons vivement cette coopération.

Je soulignerais également que cette fondation de recherche ne pouvait pas être mieux implantée que dans l'enceinte même de Necker, puisque Necker Enfants malades est le site pédiatrique d'excellence, le premier hôpital pédiatrique créé au monde. Année après année, Necker Enfants malades s'est imposé comme une référence internationale, pour la recherche sur les maladies de l'enfant, et il le prouve encore aujourd'hui avec la création de la fondation "Imagine".

Ce projet magnifique, situé au c?ur de Paris, dans le 15e arrondissement, tous les Parisiens doivent se l'approprier. Mais on ne peut s'approprier que ce que l'on connaît. Or, on se souvient tous des problèmes survenus à l'hôpital Necker, lors du projet de restructuration et de la construction du nouveau Necker, en raison d'un manque de concertation avec les riverains, qui se sont mobilisés en association pour faire un recours contre le permis de construire. Cela a provoqué un retard de presque deux ans, qui aurait pu être très préjudiciable au projet.

Nous avons connu les mêmes difficultés avec un arrêt complet des travaux dans l'ancien hôpital Laënnec. Cela veut dire que l'on ne peut plus se dispenser d'une concertation, d'explications, de dialogues avec les conseils de quartier, avec les habitants d'un quartier qui, dans le cas de l'hôpital Necker, sont déjà mis à rude épreuve avec les travaux de Necker, côté boulevard du Montparnasse et rue de Sèvres, et qui maintenant vont voir s'ajouter des travaux, côté rue de Vaugirard et rue du Cherche-Midi.

Il faut pouvoir leur expliquer que ce projet est une véritable chance pour les enfants malades, pour le 15e, pour Paris, pour le Grand Paris et pour la France. C'est pourquoi nous émettons le v?u que soit organisé, au sein de la mairie du 15e arrondissement, une exposition afin de présenter la fondation "Imagine" et l'excellence du projet sur le projet architectural et scientifique. Mais aussi qu'une concertation s'engage entre les différents partenaires de cette fondation.

En conclusion, je reprendrai les propos du professeur GRISCELLI : "Les attentes sont infinies, les espoirs sont réels. Ensemble, nous pouvons les concrétiser".

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - M. Philippe GOUJON a la parole.

M. Philippe GOUJON. - Madame la Présidente, je me joins au concert de louanges, bien sûr, sur ce projet et sur l'hôpital Necker, qui est un établissement d'excellence, de renommée internationale et qui s'est résolument tourné vers le XXIe siècle.

Depuis quelques années, ce site prestigieux amorce une profonde évolution pour optimiser son fonctionnement, améliorer l'accueil des patients et relever de nouveaux défis scientifiques.

Ainsi, dans la perspective de la construction du pôle mère enfant, l'angle Sèvres Montparnasse est aujourd'hui totalement vide. Les anciens bâtiments de la rue de Sèvres ont été démolis, l'hôtel Texier, comme nous le souhaitions, a été déconstruit en vue d'être réintégré, et c'est une très bonne chose, en 2013 en c?ur d'îlot, avec une nouvelle vocation. Plus au sud, côté Sèvres Lecourbe, l'A.P.-H.P. construit actuellement un bâtiment pour loger son personnel.

Aujourd'hui, nous délibérons sur un projet qui serait logé à l'angle Montparnasse Cherche Midi, comme cela vient d'être dit, l'Institut des maladies génétiques. Un projet important, dont les élus de notre groupe se réjouissent, dans la mesure où il favorisera évidemment le progrès médical, mobilisera toutes les compétences scientifiques sur ces graves maladies, et reliera, comme nous l'avons vu, activités de soins et de recherche.

Ce projet ambitieux sur le plan scientifique sera accompagné, non seulement par un geste architectural de grande qualité - c'est ce que nous souhaitons en appartenant au jury de concours d'architectes - mais aussi par une exemplarité en termes d'intégration urbaine et de concertation. Voilà un mot intéressant, surtout quand il s'agit de projets de l'A.P.-H.P., avec la Mairie de Paris, et pourquoi pas la Mairie du 15e, et les habitants du quartier Necker qui subissent déjà les travaux de construction de l'énorme bâtiment Laënnec à l'angle Sèvres Montparnasse.

Nul n'ignore combien il y a quelques années les habitants de ce secteur du 15e ont été surpris en découvrant des projets de transformation de leur quartier, dans le cadre de la construction du futur pôle mère enfant. Vous n'ignorez pas non plus que la concertation autour de ce projet fut pour le moins inexistante, alors que cet imposant bâtiment de 55.000 mètres carrés avait suscité une vive émotion, tant par son implantation et les destructions qu'il générait, que par son volume et son architecture.

Faute de concertation suffisante, même si elle a été a minima en amont, faute d'un véritable dialogue au moment de la présentation du projet, des procédures juridiques ont été engagées, générant un retard important pour la réhabilitation du bâtiment Laënnec, et sans doute un surcoût pour l'A.P.-H.P.

Aujourd'hui, nous constatons que les méthodes de l'A.P.-H.P. semblent avoir évolué, et j'en félicite son directeur général. Ainsi, lors d'une réunion en juin 2008, un comité de pilotage a été mis en place pour ce futur pôle mère enfant, qui se réunit régulièrement, avec des élus de la majorité et de l'opposition, et qui se révèle être une instance de dialogue particulièrement efficace et constructive.

Nous souhaitons qu'un dispositif semblable soit créé pour le projet "Imagine". Ce nouveau bâtiment devant être édifié à l'angle Cherche Midi Montparnasse, sur l'emplacement du bâtiment Maurice Lamy, nous sommes là au c?ur d'un quartier dense, qui subit actuellement plusieurs opérations lourdes de construction, qui impactent énormément la vie des habitants.

Compte tenu de la proximité des riverains, en particulier ceux du square du Croisic, qui seront entourés par ces deux énormes chantiers, nous souhaitons qu'une véritable concertation soit menée, surtout en direction des habitants du secteur Necker - le conseil du quartier se réunit à ce sujet - qui subissent déjà et subiront encore pendant quatre ans un certain nombre de nuisances, liées à la construction du bâtiment Laënnec.

Pour conclure, nous voterons cette subvention. Nous proposons le même v?u qu'a exposé Mme Catherine BRUNO avec beaucoup de talent et d'efficacité, avec l'espoir que le futur bâtiment de la fondation "Imagine" fasse l'objet d'une intégration et d'une concertation exemplaires - nous n'en doutons pas d'ailleurs - et avec la satisfaction évidemment de contribuer tous ici, quels que soient les rangs sur lesquels nous siégeons, à un projet ambitieux qui accélèrera la recherche scientifique et médicale sur les maladies génétiques, et améliorera la qualité de vie de milliers d'enfants atteints par ces pathologies graves.

Je vous remercie.

(Applaudissements).

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Je donne la parole à M. Jean-Marie LE GUEN pour vous répondre.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Je ne reprendrai pas, si ce n'est pour en souligner la qualité des interventions de Mme TAÏEB et de Mme BRUNO qui ont parfaitement montré l'intérêt fondamental de cette fondation "Imagine", la manière dont le Département de Paris, avec d'autres collectivités locales et, je l'espère, bientôt la Région, interviennent au-delà même de ce que sont leurs missions initiales, pour faciliter - j'allais dire pour permettre car s'il n'y avait pas ces aides, il n'y aurait pas la possibilité de doter notre pays d'une base tout à fait essentielle et fondamentale - pour que soit mené à l'avenir dans notre pays, dans les conditions les meilleures par rapport à ce qui existe aujourd'hui tout simplement dans des conditions décentes - une recherche tout à fait essentielle.

Vous avez insisté sur ces maladies génétiques, ces fameuses maladies rares. Bien sûr, nous avons été à de multiples reprises, notamment à travers le Téléthon, confrontés au drame de ces enfants. Mais je voudrais approfondir la chose, en disant que sans doute une partie majeure des recherches dans l'ensemble des pathologies naîtra justement de l'examen de ces pathologies génétiques, de ces fameuses maladies rares, qui nous apprennent beaucoup sur le fonctionnement de nos gènes, et qui nous apprennent beaucoup sur l'ensemble des pathologies, et pas seulement sur les maladies rares et sur les enfants.

Ce sont des enjeux de recherches au plan mondial, qui sont menées dans le cadre de cette fondation et dans le cadre de ce campus de l'hôpital Necker. Disons les choses très clairement, c'est un choix politique de l'Assistance publique notamment, que de mener ce type de structure, comme l'a été le bâtiment, c'est-à-dire le bâtiment mère enfant, de les installer à l'intérieur de la ville et non pas de les repousser aux frontières de la ville comme un certain nombre nous y poussaient.

Nous avons décidé de faire, non seulement de Paris mais de ce campus, un endroit où au niveau de l'excellence nous allons chercher et soigner pour ces enfants, et mener aussi une activité, qui est sans aucun doute une activité des plus prometteuses du point de vue économique, si je peux me permettre cet aspect des choses, et pas simplement au plan social et humanitaire, mais aussi au plan économique. C'est une institution fondamentale qui est train de se développer sur le campus de l'hôpital Necker.

A ce sujet, ces derniers mois, nous avons eu l'occasion de fréquenter, justement, un peu plus ce campus. Je pense que tous les élus ici ont été frappés de l'invraisemblable sous-investissement dont est victime l'Assistance publique et les hôpitaux parisiens. Très honnêtement, pour ceux d?entre nous qui voient ce qu?il se passe aujourd'hui, alors que nous sommes au niveau de l'excellence médicale - mais si vous êtes passé à Necker, vous avez peut-être vu des enfants sortir des salles d?opération, sur des brancards, passer au milieu des parkings pour aller se faire hospitaliser dans le bâtiment d'à côté ! C'est cela ! C?est dans ces conditions-là que se fait aujourd'hui la médecine d'excellence dans notre pays, à Paris !

Je pense que nous devons prendre conscience, au moment où l?on est très chiche avec les moyens donnés à l'Assistance publique, des besoins réels auxquels nous sommes confrontés.

Deuxième point sur lequel je voudrais insister, parce que la concertation, j?y suis particulièrement favorable, et personnellement, dès que j'ai pu essayer d'ajouter ma pierre à cet édifice, je l'ai fait, en organisant la concertation mais, disons-le aussi, en organisant la remise en ordre des vraies valeurs. Les vraies valeurs, c'était la construction de l'hôpital Necker. Et moi, j'ai souhaité manifester avec l'ensemble des personnels de l'hôpital Necker, des grands professeurs aux infirmières, dès le mois de mai de l?année dernière, pour dire que nous voulions que Necker se fasse, que Laënnec se fasse, et qu'il soit permis que nos projets collectifs ne soient pas submergés par des intérêts individuels, qui doivent être légitimement écoutés et pris en compte mais qui ne peuvent pas venir diriger ce qui est l'investissement public.

Je vous le dis, il faut que l'on soit très clair là-dessus parce qu'il ne faut pas que de petits groupes puissent penser que nous allons subordonner l'intérêt général aux intérêts particuliers. Nous sommes là pour défendre les intérêts généraux dans le cadre de la concertation.

C'est pourquoi j'approuve tout à fait le v?u qui est le vôtre, Monsieur le Maire et Mme BRUNO. Je pense que nous devons organiser, en mairie du 15e notamment, une concertation sur les projets architecturaux.

Mais, si vous le permettez, je voudrais qu'on y développe en même temps, je pense que vous en serez d'accord, ce qu'est la Fondation "Imagine", pourquoi ces gens travaillent et pourquoi ils sont là aujourd'hui, sur le campus de l'hôpital Necker, pour faire avancer le progrès, la santé de nos concitoyens. Il ne s'agit pas simplement de se déterminer sur l'esthétique d'un bâtiment mais aussi sur une des fonctions essentielles de la vie et de notre société qui est de faire progresser la recherche et la santé.

Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

La proposition de v?u est adoptée. (2009, V. 25 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 181 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 181 G).

Ce projet de délibération a été adopté à l'unanimité.