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Mai 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 101 G - Signature d'une convention avec l'association "Bus Social Dentaire" (16e) pour l'attribution d'une subvention. - Montant : 25.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Mai 2009


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DASES 101 G.

Je donne la parole à Mme Karen TAÏEB ; il s?agit de la convention avec l?association "Bus Social Dentaire".

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Madame la Présidente, mes chers collègues.

Nous voulons nous féliciter de la poursuite du soutien du Département de Paris à l'association "Bus Social Dentaire", dont l'adresse n'est autre que celle du Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes qui, en 1995, a eu cette excellente idée de faire d'un camion de médecine du travail un véritable cabinet dentaire itinérant, d?abord installé dans les Hauts-de-Seine, puis à Paris à partir de mai en 1998.

En septembre 2002, un nouveau bus, dont l?aménagement intérieur a été financé à hauteur de 35.000 euros par le Département de Paris a été mis en circulation.

Outre son rôle dentaire, le bus a, de toute évidence, un rôle social majeur. Aujourd'hui, il stationne à proximité de structures d?hébergement d?urgence et de stabilisation dans différentes villes des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et à Paris.

En 2008, il accueillait les patients sur deux sites parisiens, celui de "la Mie de Pain", rue Charles-Fourier, dans le 13e, et celui du centre d'hébergement d'urgence "Pereire" géré par "Emmaüs" dans le 17e arrondissement.

Le centre d'"Emmaüs" ayant déménagé au cours de l?été 2008 dans le 14e arrondissement, dans un lieu inaccessible pour le bus, ce dernier a renforcé ses vacations à proximité de "la Mie de Pain", mais un nouveau site est recherché par l?association, notamment dans le 18e arrondissement.

Le bus s?adresse ainsi aux personnes sans aucune couverture sociale et les dentistes soignent prioritairement les urgences.

La question que l'on se pose est : si les soins d'urgence sont prodigués, où vont donc ces patients qui n'ont accès aux soins dentaires ni dans les hôpitaux, ni dans les centres de santé pour obtenir une prothèse dentaire ? Sont-ils orientés vers l'hôpital ?

Je pense à une des phrases de l'un de mes professeurs de Garancière qui nous disait : "L?édentation partielle est l'antichambre de l?édentation totale" et je vous fais grâce des conséquences en cascade d?une telle situation.

S'il est vrai que la carie dentaire reste un problème de santé buccodentaire majeur dans la plupart des pays industrialisés, les problèmes de santé buccodentaire et certains problèmes de santé générale sont étroitement liés, d'où l'importance de ce bus dentaire, qui permet de déceler des problèmes dentaires et d?y apporter les premiers soins, de pratiquer une dentisterie de proximité, plus que nécessaire pour ces personnes dans des situations de grande précarité, à la rue, en errance.

Je voudrais conclure en félicitant mes confrères qui interviennent de façon totalement bénévole.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. Merci beaucoup, Madame TAÏEB.

Je crois que votre intervention a déjà souligné l'intérêt majeur de cette structure et la légitimité du soutien de notre collectivité locale à une intervention sanitaire, puisque c'est bien de cela dont il faut parler s'agissant des soins dentaires, en l'occurrence plutôt vers les précaires et même au-delà, les plus défavorisés. Vous avez rappelé l'histoire et, à juste titre, montré la nécessité de ce type d'intervention.

Le point sur lequel je pense qu'il faut que nous nous interrogions, c?est qu'il existe malheureusement de plus en plus de nos concitoyens qui se situent entre le seuil des interventions sollicitées par ce bus et ceux qui peuvent avoir naturellement accès aux soins. Il y a une part croissante de la population qui ne se retrouve pas dans une action sociale et sanitaire du type de celle que nous soutenons à juste titre, parce qu'elle est efficace, et qui ne trouve pas place dans le système de soin tel qu'il existe habituellement.

Il faut que nous ayons une réflexion, surtout que vous avez eu raison de le rappeler, toutes ces questions dentaires ne sont pas des petites questions de santé mais peuvent avoir un effet majeur sur la santé des populations, ce qui me permet d'ailleurs d?insister tout particulièrement sur le fait que lorsqu'on parle de la mort de personnes dans la rue, de S.D.F., il est extrêmement rare que celles-ci meurent de froid ; la plupart d'entre elles meurent de maladie aggravée par les conditions de vie, notamment les conditions thermiques dans lesquelles elles sont. Evidemment, nous sommes là avec des personnes qui ont une espérance de vie et une dégradation de la situation sanitaire colossales.

Pour les médecins en rapport avec ces personnes, je pense notamment aux gens du Samu social, j'en parlais avec le Président EMMANUELLI, on retrouve des pathologies et notamment des pathologies qui sont des infections secondaires à des infections dentaires, etc. que l'on ne retrouve nulle part ailleurs et qui montrent une aggravation certaine de l'état de santé.

Cette préoccupation sur laquelle vous avez insisté - je vous remercie d'avoir souligné l'importance sanitaire de cette action - nous la soutenons avec beaucoup de détermination et nous souhaitons qu'elle puisse répondre, y compris quantitativement, à la demande des personnes qui peuvent en avoir besoin.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 101 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 101 G).