Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 1998
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

8- 1998, DAEE 5 G - Subvention à l'association " La sauvegarde de l'adolescence " (10e). - Montant : 80.000 F.

Débat/ Conseil général/ Février 1998



Mme Nicole CATALA, président. - Nous passons à l'examen du dernier projet de délibération ayant fait l'objet d'une inscription, référencé DAEE 5 G. Il concerne l'attribution d'une subvention à l'association " La sauvegarde de l'adolescence ".
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Madame le Président, vous nous proposez d'attribuer une subvention de fonctionnement de 80.000 F à l'association " La sauvegarde de l'adolescence ", association agréée par la Préfecture comme gestionnaire du Fonds local emploi-solidarité pour le Département de Paris.
Je suis évidemment favorable à cette subvention compte tenu de la qualité du travail rempli par cette association.
Mais je souhaite attirer votre attention sur les difficultés rencontrées par les associations faute de locaux stables et financièrement accessibles et faute peut-être aussi d'une politique municipale ambitieuse en la matière, et ceci au travers de deux exemples significatifs.
Au début des années 90, l'association " La sauvegarde de l'adolescence " occupait partiellement un magnifique ensemble bâti situé au 8-10, rue Titon, dans le Faubourg Saint-Antoine, en fait une petite maison d'un étage, et elle partageait le site avec une entreprise de menuiserie-ébénisterie, la société " ADLER & Cie ", qui occupait un très beau bâtiment d'ateliers de deux niveaux, l'ensemble étant réparti autour d'une même cour. C'était l'exemple même d'une parfaite cohabitation entre des activités sociales et artisanales, symbole de la réussite du faubourg.
Et ce jusqu'à l'irruption de la spéculation, jusqu'à ce qu'un promoteur fasse main basse sur cet ensemble avec un projet de table rase et d'immeuble de standing.
L'association s'est alors retrouvée avec un bail précaire, puis en a été expulsée. Il en fut de même pour l'ébénisterie.
Certes, les ressources de " La sauvegarde de l'adolescence " lui ont permis de transférer ses activités dans le 19e arrondissement qui m'est cher, rue d'Anjou, mais tel n'est pas le cas de nombreuses autres associations.
Quel sera l'avenir par exemple du C.A.T. Bastille - le Centre d'aide par le travail - implanté depuis de nombreuses années dans le rez-de-chaussée d'une cour au 29, rue du Faubourg Saint-Antoine, cour magnifiquement réhabilitée avec sa très belle verrière ? Malgré son travail social exemplaire, cette association est aujourd'hui menacée d'expulsion par un promoteur.
Vous ne l'ignorez pas, Madame le Président, mais qu'attendez-vous pour agir ? Qu'attendez-vous pour soutenir et aider cette association ?
Ces deux exemples montrent qu'aujourd'hui les associations et les artisans continuent d'être chassés du Faubourg Saint-Antoine au profit de la promotion immobilière.
C'est l'activité sociale et économique du faubourg qui est menacée, et cela alors qu'un plan de sauvegarde, de protection et de mise en valeur est , nous dit-on, mis en place...
Il vous faut donc une politique ambitieuse de soutien au secteur associatif de la Capitale, non seulement sous forme de subventions (et nous nous apprêtons à la voter), mais aussi et surtout sous forme de locaux associatifs stables et financièrement accessibles pour ces associations.
L'association " Onze de pique " vous a d'ailleurs interpellée par lettre du 5 novembre 1997 sur l'avenir des bâtiments de la rue Titon. Elle souhaite que vous préserviez ce magnifique ensemble bâti et que vous lui redonniez sa vocation initiale, celle d'une subtile cohabitation entre des associations et des activités artisanales, comme ce fut le cas naguère avec l'association " La sauvegarde de l'adolescence ".
Cela est possible si vous intégrez ce bâtiment au périmètre de l'opération " cité Prost " dans le cadre de la prochaine enquête publique.
Il vous est demandé d'agir vite pour préserver les activités du C.A.T. Bastille dans le faubourg. Faute de quoi ce faubourg deviendrait un Disneyland pour touristes, un quartier résidentiel de standing, aseptisé, vidé de son âme.
Mme Nicole CATALA, président, au nom de la 7e Commission. - Monsieur BLET, il y a plusieurs observations dans votre intervention plutôt qu'une véritable question.
Vous avez évoqué, d'une part, la conservation d'un certain nombre d'immeubles. Je ne peux vous répondre dans le détail au cours de cette séance, mais si la Ville est saisie, comme vous le dites, d'un certain nombre de courriers, il y sera bien évidemment répondu.
En ce qui concerne les associations dont vous louez le travail - et je m'associe à ce compliment car nous savons combien elles sont précieuses pour faire face aux difficultés de beaucoup de nos concitoyens - la Ville, vous le savez, est très attentive à leurs efforts et la preuve en est qu'elle va abonder les moyens de " La sauvegarde de l'adolescence " alors que cette association traverse une période difficile.
Je crois que nous sommes, les uns et les autres, d'accord ici pour estimer qu'il faut maintenir notre soutien à ces associations qui poursuivent un objectif d'ordre social et si celles-ci viennent s'implanter dans votre arrondissement, je crois que vous vous en réjouirez à juste titre, Monsieur BLET.
Donc, je pense avoir répondu à l'ensemble de vos observations et je vais maintenant mettre aux voix, à main levée, ce projet de délibération DAEE 5 G.
Que ceux qui sont pour son adoption veuillent bien le manifester en levant la main ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, DAEE 5 G).