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Mai 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche en soutien aux salariés de Surcouf.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Le v?u n° 34 en soutien aux salariés de Surcouf a été déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche.

La parole est à M. CORBIÈRE pour une minute.

M. Alexis CORBIÈRE. - Pour une minute, en présence des salariés de l'entreprise Surcouf qui sont présents dans le public depuis plusieurs heures et qui regardent nos débats, je tiens à les saluer particulièrement.

Le magasin Surcouf, vous le savez, a été un temps novateur de ces grandes surfaces de vente de matériel informatique. Il a plusieurs enseignes. Le magasin principal et le siège du comité d?entreprise sont situés dans le 12e arrondissement, qu?il a fortement modifié, en effet plusieurs rues sont aujourd?hui composées de magasins informatiques.

Que se passe-t-il chez Surcouf ? Depuis plus d?un mois, depuis que le groupe a été racheté pour un euro symbolique par M. Hugues MULLIEZ, de nouvelles conditions de rémunération ont été "proposées", et il est désormais proposé que pour 310 salariés, de nouveaux modes de rémunération amènent concrètement à ce qu'ils aient une baisse de 10, 30, voire 50 % de leur rémunération.

De nombreux salariés n'ont pas accepté cela, et pour aller à l'essentiel, 179 d'entre eux se sont vus licenciés. Depuis un mois et demi, il y a une grève, dure si je puis dire. Les salariés, à juste raison, demandent qu'il y ait un autre plan social proposé, non seulement qui soit digne, mais qui respecte en plus le droit du travail, ce qui n'est pas le cas.

Ils occupent le trottoir du magasin et il a semblé normal au Conseil d?arrondissement du 12e et aux élus de soutenir leur lutte. Certains de leurs représentants sont venus lors du Conseil d'arrondissement et ont pu s?exprimer devant les élus du 12e, et c'est ce v?u qui vous est présenté.

Vous le verrez, la conclusion de ce v?u.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S?il vous plaît, déjà 1 minute 28, alors vous concluez.

M. Alexis CORBIÈRE. - Oui, je conclus, mais je crois qu?après avoir passé beaucoup de temps sur de nombreux sujets, le sort de 179 salariés peut prendre aussi quelques secondes.

Oui, la loi? Mais c'est aussi un rapport de force, la loi, mon cher ami !

Je termine : le v?u demande modestement mais fermement que le Maire de Paris s'adresse à M. Hugues MULLIEZ pour que d'autres propositions soient faites aux salariés et que des négociations réelles s?engagent afin que le droit du travail et le droit des salariés soient respectés, merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - M. CORBIÈRE a toujours le sens du rapport de force.

La réponse : Madame Lyne COHEN-SOLAL, s'il vous plaît ?

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Monsieur CORBIÈRE.

L?Exécutif va donner un avis favorable à ce v?u. Tout l'historique et les enjeux de ce conflit en cours ont été bien décrits par l'exposé des motifs que vous avez lu : ce n'est donc pas la peine d?y revenir longuement.

Il faut dire quand même qu'il s'agit là de soutenir des salariés parisiens à qui l?on propose, dans le cadre d'une reprise d'entreprise, un nouveau mode de calcul des salaires qui, pour certains d?entre eux, entraînerait une baisse de plus de 30 %.

D'autre part, pour ceux qui seront licenciés, aucune proposition sérieuse n?a été faite dans le cadre dit du sauvetage de l?emploi.

Il faut souligner que ce conflit dure depuis plus d'un mois et demi, que la mobilisation des salariés ne faiblit pas, et je veux les saluer, bien entendu, pour ceux qui sont venus nous écouter. En outre, l?unité syndicale est totale.

Dans un conflit social, jouer le pourrissement n'est jamais la bonne solution, nous voulons le redire ici, et nous le dirons au groupe MULLIEZ dans la lettre qui lui sera adressée, il faut que les négociations reprennent.

Je voudrais souligner deux points, chaque fois que des salariés parisiens sont ainsi injustement menacés, le Conseil de Paris s?est toujours trouvé à leurs côtés pour exprimer son soutien. Récemment, ce fut le cas pour les salariés de la F.N.A.C. comme pour ceux de Téléperformance. Ce v?u a reçu également le soutien du Conseil du 12e arrondissement, vous l'avez dit.

Aujourd'hui, il est normal que le Maire de Paris s'inquiète auprès du groupe MULLIEZ, des conditions de sortie de ce conflit, naturellement en faveur des salariés.

Au-delà de la dégradation du travail et de la rémunération des salariés, c'est également l'intérêt des consommateurs parisiens qui est en jeu. En effet, la part variable des salaires chez Surcouf sera désormais calculée sur la satisfaction client, basée sur des questionnaires que les clients devront remplir à la caisse, et de la marge du produit vendu.

Cela veut dire que pour obtenir leurs primes, les vendeurs devront orienter la clientèle vers des produits qui rapportent le plus de marges aux magasins, sur le modèle d?autres grandes enseignes de distribution et au détriment des véritables besoins des acheteurs.

La condamnation de telles pratiques commerciales est également, un peu, le sens de notre soutien à ce v?u.

Donc, avis favorable, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Très bien !

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2010, V. 95).